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Accueil du site > Actualités > Société > Les faux Amish de la Décroissance

Les faux Amish de la Décroissance

Amish et Décroissants partagent un même catéchisme : foi en un homme meilleur, parcimonie économique et débauche de progénitures. Le postulat d’une décroissance économique mais ultra nataliste surfe sur crédo béat et anthropocentriste affabulant une démographie hors-sol et donc illusoire. C’est d’un idéalisme nunuche que d’imaginer pouvoir changer les travers égoïstes et cupides de l’espèce humaine, il faut seulement agir en conséquence de cause éthologique et alléger politiquement notre effectif pour une moindre nuisibilité.

Alors que notre surnombre déborde et recouvre les niches écologiques des autres espèces, les sympathiques adeptes de la simplicité volontaire renoncent joyeusement à l’obésité mais refusent de se pousser un peu pour laisser de la place à la Nature. Pourquoi donc ne pas faire d’une pierre de bonne intention deux coups de bonnes actions, pourquoi ne pas accorder décroissance économique avec décroissance démographique ? La décroissance est-elle une nouvelle déclaration de guerre offensive de l’homme contre le Vivant ? Est-ce si dramatique de ne pas se multiplier sans réfléchir, de ne pas exhorter à la procréation de futurs sujets malheureux ou de citoyens otages ? Ca vous démange de continuer à vous reproduire à la louche et à votre superbe image ? 

Les Amish de mes Amish ne sont pas mes Amish

Les Amish ne nous ont pas attendus pour inventer la décroissance à la lettre, y compris avec son paradoxe vertueux et contre-productif d’une doctrine invasive de progénitures.

Les Amish sont une communauté anabaptiste présente en Amérique du Nord, surtout implantée en Ohio et Pennsylvanie, vivant en autarcie et de façon simple. Leur première règle, plutôt sympa, est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ». Les Amish ont conservé, contre vents et marées, le mode de vie et la langue qui les a vu naître en Suisse allemande sous la férule de Jacob Amman (d’où le sobriquet d’Amish) à la fin du XVIIe siècle.

Les plus rigoristes appartiennent à l’Ancien Ordre qui regroupe quelque 300.000 membres. Suite à une scission, un Nouvel Ordre dissident et un peu moins sectaire regroupe une dizaine de milliers de personnes.

Les Amish n’étaient que 120.000 en 1992 et leur effectif a plus que doublé en moins de 20 ans ! De 1900 à 2008 la population Amish était déjà passée de 5.000 à 227.000 (+ 4440 %).

Ce dynamisme démographique, proche de la génération spontanée, est celui d’une hyper natalité puisque la famille nombreuse est de rigueur, avec une moyenne de huit enfants par couple. De vrais décroissants exponentiels purs et durs !

Si le look de première apparence des tenues vestimentaires, des chevaux et des buggys fait son effet, une étude plus rapprochée du mode de vie Amish interpelle par bon nombre d’incohérences techniques, souvent relevées par les observateurs, et qui tiennent plutôt d’une approche maniaque : générateurs diesels mais pas de jonction au réseau électrique, usage du tracteur pour certaines tâches mais pas pour d’autres, recours à la calculatrice mais refus de l’ordinateur, téléphone prohibé à la maison mais planqué dans un abri de jardin, transport aérien mieux accepté que celui automobile…

Ces communautés étrangères au melting pot américain, non solubles dans la modernité, ont même fini par obtenir de ne plus être imposables car ils ne coûtent quasiment rien à l'État : pas d'eau courante, pas de raccordement électrique, pas de sécurité sociale, pas de recours à la justice...

Le rapprochement avec les militants de la décroissance est évidemment facile. On y retrouve une même critique des possessions matérielles, le refus du consumérisme et des dépendances techniques, une prééminence des valeurs de partage : « moins de biens plus de liens ». Bien qu’avant tout humanistes, les décroissants new look sont peut-être un peu plus, non pas écologistes radicaux, mais gentiment environnementalistes que les Amish. Les deux démarches sont en tout cas anti-progressistes, quasiment médiévale pour les uns, postindustrielle pour les autres. J’ajoute que les Amish vivent en phallocratie niaise et triomphante, mais que les décroissants sont indemnes d’un quelconque sexisme. 

Contre tout risque de confusion

Ma conception prétend aborder l’écologie comme un thème universel, en qualité de cause majeure et d’enjeu cardinal de notre humanité. Simplement parce que la Nature a toujours raison, parce que l’homme a besoin de la Nature, mais que la Nature n’a pas besoin de l’homme. La posture écorésistante est donc nullement solidaire du projet politique de la décroissance. C’est clair, mais il est bon de le redire. La notion écologique, la vraie, continue à manquer à notre conscience ainsi amputée. Comme il existe des cultures hors-saison, notre conscience est hors-raison. L’erreur en incombe à notre égo qu’il serait salutaire de relativiser par une meilleure dose d’éco. Ce n’est pas la faute à Rousseau, ce serait plutôt la faute à Voltaire, et donc à cet anthropocentrisme outré, mal de tous les maux, lequel forge notre humanisme dans une perspective contre-productive. C’est intrinsèque à Homo sapiens, dont le taxon usurpé. Il faut faire avec, et donc gérer en conséquence.

Fondé dans les années 1970 par l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen, le courant de pensée de la décroissance découle du concept de la bio-économie et prône d’en finir avec la logique du « toujours plus », concilier croissance infinie et ressources limitées étant l’absurdité qui anime une économie de marché qui semble pourtant assez incontournable. La notion de développement durable est très justement vue comme une imposture par les décroissants. Le produit intérieur brut (PIB) est la cible légitime des objecteurs de croissance puisqu’il autorise la création de valeurs sur des activités néfastes. En exhortant à la simplicité volontaire, en suggérant de travailler moins, de délaisser la grande distribution, la télévision, l’automobile…, les actuels décroissants font aussi de l’écorésistance, mais dans une posture ultra-spéciste et contre-nature qui est celle de la suprématie de l’espèce humaine. Là réside le grand hiatus avec les idées auxquelles je crois.

Cette doctrine de la décroissance pure, très minoritaire, postule pour une autre croissance dite verte, laquelle découplerait les flux matériels et immatériels. Les flux matériels seraient rendus de moins en moins importants par l'amélioration de l'efficience technologique, c'est à dire par une amélioration croissante de l'efficacité à produire autant, ou plus, mais avec moins. Une telle amélioration de l'efficacité qui devrait se faire au même niveau que la croissance est très utopique car une augmentation de l'efficience technique est impossible à l’infini, non seulement au niveau logique ou technologique, mais aussi parce que toute production nécessite un certain nombre de matériaux basiques indispensables.

En qualité de tiers-mondiste, on peut se gausser d’une telle idéologie en la voyant comme un concept de pays riches et empêcheur de développement des pays émergeants. À moins d’être doux rêveur, d’entreprendre une impossible quête en faveur du partage, dans la folle espérance de vaincre à l’horizon la disparité Nord-Sud. Les chances de succès du postulat semblent psychanalytiquement contredites par l’observation millénaire de l’égoïsme humain, individuel et collectif. Comment guérir de ce « toujours plus » inhérent aux aspects négatifs de notre intelligence, inscrit jusque dans notre métabolisme social ? En dépit de nos cris du cœur, insuffisamment suivis par une ouverture du porte-monnaie, la misère s'étend inexorablement dans les pays appauvris : 3 milliards de personnes vivent avec moins de 3 dollars par jour, dont 1,4 milliard avec moins d’un dollar.

Permanente promesse fallacieuse des vertueux, le délire du partage n’est jamais loin quand il s’agit de défendre ou justifier un acte crasseux. Ce n’est pas pour rien que nous avons inventé la charité durable.

À l’image de la symbolique Conquête de l’Ouest, toutes les croisades, colonisations historiques et néocolonisations contemporaines sont là pour nous rappeler qu’en fait de promesses de partage, notre seule hantise n’est que l’appropriation. Après 2000 ans de vœux pieux, partagerons-nous enfin lorsqu’il n’y aura plus qu’une planète scalpée et exsangue ? Partager quoi ? Des ressources en voies épuisement, les derniers restes des énergies fossiles, des sols biologiquement morts, une planète chauve et en déliquescence, des mers vidées de leur contenu, une première phase d’extinction massive des espèces provoquée par l’homme, une crise écosystémique qui ne fait que commencer… 

L’écologisme dénataliste est un urgentisme

Au lieu d’en appeler à l’utopique altruisme, prenons donc en compte notre égoïsme héréditaire et économisons des vies malheureuses en nous réduisant démographiquement et de toute urgence. S’il est encore temps. Et y compris nous autres Occidentaux dont l’enfant même unique équivaut en consommation-pollution à des dizaines d’enfants des pays du Sud.

Je comprends mal comment on peut en appeler à une décroissance économique sans sous-tendre conjointement l’idée d’un pacte dénataliste. La sobriété de l’humanité passe par la légèreté de son effectif. Mais les décroissants ne sont nullement écologistes, tout au contraire, ils sont animés par un anthropocentrisme hystérique et leur tentation écologique se limite à l’environnement du seul Homo sapiens roi.

La décroissance est une idéologie archi-humaniste, peu ou pas écologique, éloignée de tout éco-malthusianisme et bien évidemment à l’opposé de toute doctrine affine au biocentrisme. Les décroissants estiment que l’être humain pourrait perdurer sur « sa » planète en l’absence de toute autre espèce végétale et animale. C’est une position dogmatique et bornée. S’ils proposent des solutions à la crise écologique, ce n’est que par soucis de permettre la sauvegarde de l'espèce humaine et non celle de l’ours blanc.

Évidemment loin de tout anarcho-écologisme, la mouvance décroissante semble se situer entre le monothéisme et le marxisme, ou du moins s’en démarque fort peu. Le mouvement de la décroissance fait l’éloge de l’homme dans un paradigme de paradis humain qui serait un enfer puisque toute autre forme de vie en serait congédiée.

L’écorésistance que je prône a aussi pour objectif de damer le pion au capitalisme, notamment sous sa forme dangereusement masquée d’économie verte, verdie, reverdie par des résolutions radicales, lucides, indépendantes et pour la plupart dissidentes de l’écologisme électoral. Mais, nuance d’importance (bel oxymore !), l’écorésistance est éminemment écocentriste et ne place pas l’homme au sommet d’une pyramide des espèces. C’est bien pour cela que l’écorésistance exhorte à la dénatalité, ne souhaitant pas voir l’humain provoquer l’éviction et l’extinction des espèces végétales et animales. L’écorésistance en appelle à Gaïa, à Pachamama, à la Terre-mère. L’écorésistance est autant naturaliste et animiste que la décroissance est humaniste et gardienne du dogme dans sa version athée et laïque.

Dans le même esprit préventif et afin d’écarter tout risque d’amalgame en dépit des ressemblances : tout en reconnaissant sa légitimité, je refuse de faire l’apologie de l’école du très sage et père de famille nombreuse Pierre Rabhi, parce que j’estime insupportable que les charognards qui nous gouvernent s’emploient à nous faire jouer les colibris. On sait ce que valent toutes les formes de scoutisme. 

Note. Parmi ses « œuvres » (sic Wikipédia), Paul Ariès, ténor français de la Décroissance, est l’auteur de Libération animale ou nouveaux terroristes ?, livre où il fustige le mouvement antispéciste considéré comme terroriste, l’accusant de « saboter l’humanisme ». Selon cet homme peut-être névrosé, l’humanisme ne pourrait donc subsister sans accomplir les pires cruautés aux animaux. Nous sommes en pleine psychopathie, mais pitié, pas de vivisection en vue de nouveaux médicaments pour lutter contre le mal qui ronge Ariès ! 

Révolte chez les Amish

http://www.dailymotion.com/video/xdjgse_15-la-revolte-des-amish_news

http://www.dailymotion.com/video/xdjgj4_25-la-revolte-des-amish_news

http://www.dailymotion.com/video/xdjg94_35-la-revolte-des-amish_news

http://www.dailymotion.com/video/xdjfx6_45-la-revolte-des-amish_news

http://www.dailymotion.com/video/xdjfn3_55-la-revolte-des-amish_news

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Les faux Amish de la Décroissance Les faux Amish de la Décroissance

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17 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 3 novembre 2011 10:35

    La décroissance propose aussi de diminuer l’empreinte écologique de nos
    sociétés. Une société qui consomme toujours plus ne peut respecter
    l’environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne peut
    y avoir de croissance infinie sur une planète finie. Il ne s’agit pas de se priver ou
    de vivre dans la frustration. Vivre simplement, c’est de ne pas succomber aux
    tentations inutiles et de résister au dictat des marques. C’est vivre mieux avec
    moins, c’est être responsable. Mais c’est aussi comprendre que notre boulimie
    d’achat est le reflet d’un mal-être, d’une insatisfaction, engendrés précisément par
    cette société dite d’abondance ? Nous possédons de plus en plus de biens
    matériels, sommes-nous de plus en plus heureux ? Au seuil de la vie, la véritable
    richesse est le vide que l’on laisse et pas les biens que l’on lègue ........

    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/03/de-quoi-avons-nous-besoin/


    • OrphelinPolitique 3 novembre 2011 11:10

      Où avez-vous vu que la philosophie de la décroissance est aussi ultra-nataliste ?


      • Michel Tarrier Michel Tarrier 3 novembre 2011 11:20

        Dans leurs insultes aux dénatalistes, par leur journal souvent gratuitement hargneux et les déclaration de Paul Ariès. Je crois qu’eux aussi, m’ont traité de malthusien, de nazi vert ou d’eugéniste, au choix. Faire moins d’enfant pour vivre sur une planète vivante, c’est de l’eugénisme ! Ils enseignent qu’en décroissant économiquement il faut ipso facto s’accroître démographiquement. Un point de vue psychopathique. Rien à espérer de gens qui ne voient la Nature que par le biais de s’en servir.


      • Èè Possível 4 novembre 2011 04:29

        Il me semble bien maladroit de vouloir figer la fourmilière idéologique des décroissants derrière l’opinion de Paul Ariès. De multiples mouvements citoyens pour la décroissance existent aujourd’hui, et s’il n’existe pas aujourd’hui un programme en bonne et dûe forme de la décroissance, c’est bien pour laisser à tout un chacun la capacité de vivre sa décroissance.

        Pour être abonné au journal de La décroissance depuis quelque temps déjà, je me dois de rectifier vos propos qui sont tout simplement faux.

        Selon vous les « décroissants » revendiquent une « décroissance économique mais ultra nataliste », c’est incorrect. L’ultra-natalité n’est une revendication dans aucun des textes que j’ai pu lire. Je me souviens même d’un débat dans l’un des numéros au sujet de la natalité. Par définition du mot débat, si l’un des intervenant prônait une décroissance économique associée à une ultra-natalité, je suis désolé de vous decevoir, mais cela n’implique pas que l’ensemble des décroissants partage cette idée.

        Vous osez même affirmer que « Le mouvement de la décroissance fait l’éloge de l’homme dans un paradigme de paradis humain qui serait un enfer puisque toute autre forme de vie en serait congédiée. » Je vous met au défi de poser la question suivante à 20 objecteurs de croissance : « Faites-vous l’éloge d’un paradis humain où toute autre forme de vie est congédiée ? » Vous devez vous en rendre compte à présent : il est insensé pour vous d’esperer ne serait-ce qu’une seule réponse positive.

        Comment expliquer de telles erreurs au milieu d’un article plutôt bien documenté sur la décroissance ?

        La réponse, je n’ai pas besoin de la chercher bien loin, c’est vous-même qui nous la donnez :

         « leurs insultes [...] gratuitement hargneux [...] m’ont traité de malthusien, de nazi vert ou d’eugéniste »

        Cher Monsieur, je peux comprendre que vous ayez été blessé dans votre amour propre par de tels propos. Adressez une lettre à Paul Ariès, mais s’il vous plait, ne diffusez pas de fausses informations de manière si peu cachée ? Cela en devient presque risible.

        Je voudrais terminer mon intervention en vous disant qu’étant moi-même objecteur de croissance, il n’est pas rare que nous abordions le thème du malthusianisme entre amis. Et cela n’a rien d’étonnant.


      • Melara 4 novembre 2011 10:24

        D’accord totalement avec Possivel.

        Être décroissant n’implique absolument pas d’être nataliste ou insensible à la condition animale. Tout au contraire.
        Sans doute n’en avez vous pas fréquenté beaucoup.

        Il me semble même que le refus d’une consommation outrageuse ne peut qu’être bénéfique à la cause animal.


      • Michel Tarrier Michel Tarrier 3 novembre 2011 11:58

        Les Amish me font aussi penser aux survivalistes, sauf que ces derniers sont lucides, non seulement de la finitude du monde, mais que nous devons gérer les restes, tout ayant été vite gaspillé par le monde occidental dont le secret de la réussite fut l’irrespect. Alors, j’imagine mal les survivalistes utopistes et faisant autant de petits que Cécile Duflot ou Pierre Rabhi.

        Aux États-Unis, les survivalistes redoutent le pire… La première vague du survivalisme remonte aux années 1950, lors des craintes nées du développement de la bombe atomique. Un regain nord-américain non négligeable de cette attitude a été enregistré suite aux attentats du 11 septembre 2001, puis aux effets de l’ouragan Katrina. Le consensus dominant parmi ces adeptes d’une vie de retranchement répond au proche effondrement de notre civilisation, suite aux pénuries annoncées de pétrole, d’eau et de nourriture. Films, littérature et maintenant sites et blogs ne manquent pas sur le sujet, qu’il s’agisse de survivre à des catastrophes dites naturelles où à cette faillite estimée inéluctable et prochaine de la société. Les survivalistes s’adonnent ainsi à un apprentissage constant de techniques de survie.

        « Buskirk, New York - Ils ne cherchent pas à sauver la planète, juste leur vie. Convaincus que les réserves de pétrole décroissent irrémédiablement et que l’économie mondiale va dans le mur, des Américains s’installent à la campagne pour mener une vie frugale et autarcique, et certains stockent même des armes pour se protéger de hordes d’affamés non préparés à faire face à la grave crise qui menace, selon ces survivalistes, le pays. » (Samantha Gross, Associated Press, 26 mai 2008).

        De l’existentialisme des années d’après-guerre au survivalisme des années d’effondrement, il n’aura fallu qu’un demi-siècle d’insouciance ! À l’opposé du déterminisme, l’humanisme existentialiste pouvait être vu comme une « désinvolture exigeante ». Selon la théorie sartrienne : « L’existence précède l’essence » et « Chaque personne est un choix absolu de soi » (L’Être et le néant, 1943). Quelques décennies plus tard, nourri par la peur inouïe d’un point final de plus en plus inévitable, telle la morale simpliste d’une fable, le survivalisme est une réponse à nos abus, à notre incurable insouciance, à notre fieffé anthropocentrisme, le tout couronné d’une réfutation écologique indécrottable.


        • foufouille foufouille 3 novembre 2011 12:19

          3 milliards de personnes vivent avec moins de 3 dollars par jour, dont 1,4 milliard avec moins d’un dollar.

          ce qui veut dire qu’ils seraient morts sauf si les prix etaient pas tres faible


          • Rémi Manso Manso 3 novembre 2011 12:39

            Qu’ils soient ouvertement natalistes ou qu’ils se contentent de taper (durement) sur celles et ceux qui appellent à une natalité raisonnable, ces décroissants dont parle Michel Tarrier font clairement le jeu de la société de consommation pour laquelle la croissance démographique est synonyme de profit. 

            Lorsqu’ils se réveilleront, ils devront assumer la dévastation de la planète et le fait que leur aveuglement passé à fait grossir la population mondiale de milliards d’êtres humains démunis.

            • jacques lemiere 4 novembre 2011 00:15

              Et comment fixez vous le niveau de population souhaitable ?

              Quelle politique pour y parvenir ?
              Pourquoi ne considérez vous pas que l’homme est un animal comme les autres qui suit sont évolution..naturelle...
              pourquoi ne vous fiez vous pas aux mécanismes naturel de régulation des populations ;...famine maladie etc...
              comment comprenez vous les fait que tout le monde ou presque est d’accord pour dire que la surpopulation est un problème... ? ne sont ce pas des sophismes ?

              Du point de vue personnel à part « resister » ( huh ??) vous faites quoi ? avez vous des enfants par exemple ?

              • partynazi 4 novembre 2011 14:42

                cet article est une ineptie d’une telle absurdité que je n’ai pas besoin d’étayer mon propos.

                La décroissance est Mort, vive la décroissance !


                • partynazi 4 novembre 2011 14:58

                  Enfin, avez vous au moins lu un livre de Paul Ariès ?
                  Ils ne sont pas longs je pense que vous pourriez supporter, aussi je vous recommande 
                  Décroissance ou barbarie, ou encore La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance.

                  Et si le ton du Monsieur vous agace tant, je vous invite à lire un économiste de génie qui traite de la Décroissance d’un point de vue plus « rationnel » ou scientifique, j’ai nommé Serge Latouche dans son récent Vers une société d’abondance frugale : Contresens et controverses sur la décroissance.

                  Ce dernier prend un malin plaisir à démonter point par point les critiques les plus acerbes du projet de société d’objection de croissance, critiques dont vous faite partie dans sa forme la moins éloquente (et la plus absurde).

                • Michel Tarrier Michel Tarrier 4 novembre 2011 18:28

                  Voici un texte de Jean Brière qui a parfaitement sa place ici .
                  Très long, je le publie en 3 parties.

                  Les Pieds Nickelés de la « La Décroissance » : Vincent Cheynet, Paul Ariès et Bruno Clémentin sont au service de qui, de quelle cause et de quelle classe ? 

                  PARTIE 1

                  Citation de François de Ravignan : « Bientôt lorsque l’on ne pourra plus nier l’effondrement des écosystèmes, la tentation de réduire brutalement et par tous les moyens cette population, deviendra vite puissante. »

                  Paul Ariès, figure de proue de la revue La Décroissance et de Sarkophage et ses associés co directeurs de la revue La Décroissance bénéficient d’une couverture médiatique qui leur permet de passer pour des idéologues décroissants et à ce titre peuvent abondamment diffuser leurs obsessions natalistes et antimalthusiennes parmi une gauche qui vit sous l’emprise de l’antimalthusianisme marxiste.

                  Remarques sur le numéro 3 des cahiers de l’IEESDS (cahiers de l’institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable), Président Bruno, Clémentin, dont le titre est : La décroissance contre Malthus.

                  Nos trois idéologues accommodent Malthus à leurs propres fantasmes : c’est un eugéniste, un infâme, etc. Bien entendu, ils n’ont jamais lu l’essai sur le principe de population et Il est donc nécessaire de situer au préalable Malthus dans son siècle et d’expliquer son actualité. Reportons nous à : Essai sur le principe de population Malthus, profil d’une oeuvre par Louis Salleron, pour rappeler l’essentiel sur Malthus.

                   

                  Citation du paragraphe de la première édition de l’Essai, supprimé dans les éditions suivantes et qui souleva l’indignation générale : « Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s’il ne lui est pas possible d’obtenir de ses parents les subsistances qu’il peut justement leur demander, et si la société n’a nul besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la moindre part de nourriture et, en réalité, il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n’y a point de couvert disponible pour lui, elle lui ordonne de s’en aller, et elle ne tardera pas elle-même à mettre son ordre à exécution, s’il ne peut pas recourir à la compassion de quelques convives du banquet. Si ceux-ci se serrent pour lui faire place, d’autres intrus se présentent aussitôt, réclamant les mêmes faveurs. La nouvelle qu’il y a des aliments pour tous ceux qui arrivent remplit la salle de nombreux postulants. L’ordre et l’harmonie du festin sont troublés, l’abondance qui régnait précédemment se change en disette, et la joie des convives est anéantie par le spectacle de la misère et de la pénurie qui sévissent dans toutes les parties de la salle, et par leurs clameurs importunes de ceux qui sont, à juste titre, furieux de ne pas trouver les aliments qu’on leur avait fait espérer. »

                  Le poète Coléridge ancien condisciple de Malthus au Jésus Collège condamnera Malthus en ces termes : « Je déclare solennellement qu’aucune des hérésies, sectes et factions engendrées par l’ignorance, la faiblesse et les vices des hommes n’ont déshonoré l’humanité autant que cet abominable essai ».

                  Les protestations d’innocence du Révérend n’y feront rien : « Tout lecteur équitable doit, je pense, reconnaître que l’objet pratique de l’auteur a eu en vue par-dessus tout, quelque erreur de jugement qu’il ait pu faire d’ailleurs, d’améliorer le sort et d’augmenter le bonheur des classes inférieures de la société »

                  Malthus vivait une période où la population anglaise croissait rapidement 5 800 000 habitants en 1700, 9 168 000 habitants en 1801, l’essai est de 1798. L’enclosure des communaux favorise l’élevage au détriment de la production céréalière. D’exportatrice de blé, l’Angleterre devient importatrice. Cette mutation entraîne des souffrances considérables pour les campagnes, aggravées par l’état de guerre endémique. Cette réalité qu’il a sous les yeux est pour Malthus, avec l’échec des workhouses, un démenti formel à l’optimisme des utopistes révolutionnaires qui promettaient l’abondance grâce à la révolution.

                  L’Essai est en fait une réponse directe à Godwin qui dans « The inquierer » essai sur « L’avarice et la prodigalité, enquête concernant la justice politique et son influence sur le moral et le bonheur » écrivait : « Des myriades de siècles de population toujours croissantes peuvent s’écouler sans que la terre cesse de suffire à la subsistance de ses habitants ».

                  Il reproche aux utopistes et révolutionnaires d’être des hypocrites et des égoïstes. Il leur dit en substance : vos aumônes n’empêchent pas la misère de croître, vous promettez que la révolution va résoudre tous les problèmes or la révolution n’a jamais éradiqué la misère. Vous n’attaquez pas le mal à la racine, si les pauvres limitent leur progéniture ils pourront alors et seulement alors accéder à l’aisance.

                  Ce que ne voyait pas Malthus, c’est qu’il s’agit là d’une condition nécessaire mais non suffisante.

                  Les débats avec les penseurs de son temps et la situation tant de l’Angleterre que du développement démographique de la colonisation de peuplement de l’Amérique du Nord au détriment des populations amérindiennes, l’amènent à penser que si les masses sont dans la misère, c’est parce que la production agricole ne peut suffire à les nourrir. Le doublement de la population des colons d’Amérique tous les 25 ans est dû à ce qu’ils disposent de nouvelles terres. Ce doublement tous les 25 ans a été à l’origine de la « loi » de progression géométrique de la population. Signalons que Malthus n’a pas une pensée pour les Indiens : « une race appelée à disparaître » En dernière analyse, le chiffre de la population s’aligne sur la masse des subsistances, Il écrit : « Plutôt que de considérer les maladies et les épidémies comme des châtiments de la providence, il vaudrait mieux y voir une indication de la violation de quelques lois de la nature  »

                  Ni le progrès technique ni le progrès par la révolution ne peuvent remettre en cause les lois de la nature. En bref il était persuadé avoir trouvé la recette du bonheur collectif de l’humanité, recette fondée scientifiquement. 

                  En fait il applique à l’homme les lois de la nature. Raynal un contemporain écrivait : « c’est une observation du docteur Franklin, qu’il n’y a aucune limite à la faculté productive des plantes et des animaux, si ce n’est qu’en augmentant en nombre ils se dérobent mutuellement leur subsistance ».

                  L’espèce humaine n’échappe pas à cette loi. C’est d’ailleurs la lecture de Malthus qui chez Darwin est à l’origine du concept de la lutte pour l’existence comme moteur de l’évolution. La compétition pour les subsistances est la seule loi générale du vivant (végétaux, animaux , humains ).

                  Le même Raynal écrit : « La plus sûre marque de la population de l’espèce humaine est la dépopulation des autres espèces ».

                  En clair, l’effondrement de la biodiversité est directement lié à la multiplication de l’espèce humaine.

                  L’exécration vouée à Malthus par tous les révolutionnaires. Exemple, Proudhon : « Il n’y a qu’un seul homme de trop sur la terre, c’est Monsieur Malthus ». Et Karl Marx : « Ce qui caractérise Malthus, c’est la vulgarité absolue des sentiments, vulgarité que seul peut se permettre l’ecclésiastique qui voit dans la misère humaine la punition du premier péché, qui a besoin de cette vallée de larmes, mais à cause de ses grosses prébendes et à l’aide du dogme de la prédestination, juge avantageux d’adoucir aux classes dirigeantes cette vallée de larmes  », s’explique par sa prétention à l’objectivité scientifique. Laquelle explique la brutalité du petit apologue de la première mouture de l’Essai.

                  Malthus écrivait : « Depuis cette loi de population, qui toute exagérée qu’elle puisse paraître énoncée dans ces termes, n’en est pas moins celle qui répond le mieux à la nature et à la condition de l’homme, IL EST BIEN EVIDENT QU’IL DOIT EXISTER UNE LIMITE A LA PRODUCTION DE CES SUBSISTANCES ET DE QUELQUES ARTICLES NECESSAIRES A LA VIE ».

                  Paradoxe, ce croyant, on ne peut plus sincère, désacralise l’homme : l’homme est un animal ordinaire qui doit respecter les lois de la nature qui régissent la vie sur terre. ( Lois crées par Dieu).

                  Partant, il saccage les illusions d’une croissance sans limites promise par nos révolutionnaires après la mise à bas du capitalisme, d’où leurs hurlements.

                  Il est le premier a avoir attiré l’attention sur les problèmes démographiques et le premier à prendre en considération que la terre est un espace fini et que les ressources ne sont pas inépuisables.

                  La crise écologique actuelle met nécessairement Malthus au premier rang de l’actualité, l’explosion démographique du XXe siècle est une composante fondamentale de la crise écologique.

                  Les emprunts de citations à l’ouvrage de Salleron m’autorisent à citer les considérations personnelles de Monsieur Salleron le rédacteur : elles montrent à quoi se réduit l’argumentaire antimalthusien des tenants de la croissance : « Le cas le plus grave est celui de la France, non pas à cause du taux actuel de natalité, mais si la France avait eu au XIXe siècle une natalité analogue à celle de nos voisins, elle serait actuellement un pays de 80 ou 100 millions d’habitants, mieux armée pour la compétition mondiale. Cet accroissement est nécessité par le progrès technique  ».

                  Fi d’autres considérations, il faut plus de travailleurs parce que le progrès technique et la compétitivité l’exigent.

                  Autre citation de l’ouvrage : « Mater et Magister 15 mai 1961 ....... S’il y a un problème démographique la solution ne doit pas être cherchée dans des expédients qui offensent l’ordre moral établi par dieu et s’attaquent aux sources même de la vie humaine, MAIS DANS UN NOUVEL EFFORT SCIENTIFIQUE DE L’ HOMME POUR AUGMENTER SON EMPRISE SUR LA NATURE ».

                  Jusqu’à preuve du contraire, c’est grâce à l’effort scientifique que la contraception existe, mais les antimalthusiens ne sont pas a une contradiction près.


                  • Michel Tarrier Michel Tarrier 4 novembre 2011 18:30

                    PARTIE 2

                    Pourquoi les écologistes sont nécessairement malthusiens ? Comment se fait-il que l’homme ne croit pas ce qu’il sait ?

                    En dehors de toutes considérations sur l’effet de serre, nous savons que la croissance de la production de pétrole qui assure 38 % de l’énergie primaire va prendre fin sous peu.

                    Qu’il en sera de même pour le gaz et le charbon exploitable. Qu’en aucun cas les énergies renouvelables ne pourront qualitativement et quantitativement remplacer les énergies fossiles.

                    Que l’explosion démographique humaine est directement liée à l’explosion de la production de biens matériels et de subsistances qui est due à l’utilisation par l’hommes d’innombrables esclaves mécaniques qui fonctionnent grâce aux énergies fossiles.

                    Le corollaire de cette explosion démographique est l’effondrement des écosystèmes naturels remplacés par les espaces agricoles, l’immensité des territoires artificialisés par l’urbanisation, les routes et les infrastructures industrielles.

                    Qui dit effondrement des écosystèmes dit évidemment effondrement de la biodiversité.

                    De plus, la production agricole est menacée par l’érosion des terres arables. La révolution verte s’achemine vers une catastrophe par stérilisation et empoisonnement des sols.

                    A cela, nous devons ajouter que 43 % de la population mondiale est dépendante de nappes phréatiques qui ne se renouvellent pas ou sont fossiles. Cette pénurie d’eau est directement liée à l’augmentation de consommation per capita et à la croissance démographique. 70 % de l’eau douce consommée par l’homme va à l’agriculture. La quantité d’eau disponible reste globalement constante, c’est sa sur utilisation qui est en cause.

                    Constatons également la disparition à une vitesse sans cesse accélérée des forêts primaires et par dessus tout depuis 1950 une explosion des déchets divers et variés, les déchets atomiques ne sont que la cerise sur le gâteau. La terre devient une gigantesque poubelle et est incapable de recycler nombre de molécules de synthèse qui résistent aux processus habituels de dégradation.

                    Tôt ou tard, nous reviendrons à une situation qui était celle de l’humanité avant l’utilisation des énergies fossiles. Actuellement certaines années le taux de croissance de la Chine à atteint 12 % grâce à une boulimie énergétique sans précédent. Cette civilisation du pétrole du gaz et du charbon ne saurait être qu’une bulle transitoire dans l’histoire de l’humanité. La situation post fossile, si l’effet de serre ne transforme pas la terre en une nouvelle Vénus, sera pire que celle du Moyen Age, car nous aurons détruit la majorité des écosystèmes naturels et que nous devrons gérer une pollution considérable. Nécessairement nous nous acheminons vers une décroissance énergétique et autre : minerais biomasse, donc vers une décroissance démographique inéluctable.

                    Tout le problème est de savoir comment l’espèce va être capable de gérer cette transition.

                    Dés 1974, René Dumont reprenait en 1974 les conclusions du Club de Rome et citait la phrase suivante : « Néanmoins la grande majorité des hommes politiques semble s’obstiner à prendre des décisions allant à l’encontre des évidences : La croissance illimitée, exponentielle, donc toujours plus rapide, de la population et de la production industrielle, deviendra vite impossible, dans notre planète, qui est un monde fini ».

                    Nous étions en 1973 lorsque Dumont écrit ces phrases dans L’utopie ou la mort. La population mondiale n’atteignait pas 4,5 milliards d’habitants. Très critiqué comme malthusien il écrit page 49 : « Il n’est plus possible de s’en remettre à la seule planification familiale, car elle se contente d’empêcher la venue au monde des enfants non désirés. La survie de l’humanité ne peut plus être confiée au bon vouloir d’un nombre aussi élevé de procréateurs plus ou moins irresponsables. Ceux qui les encouragent peuvent désormais, maintenant que nos limites sont enfin reconnues, être considérés comme criminelles, cherchant à satisfaire quelque volonté de puissance. Des mesures limitatives autoritaires de la natalité vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres ».

                    Il est indiscutable que la crise écologique serait moins aiguë si René                                              Dumont avait été entendu en 1973. Il est à noter qu’il n’a pas été entendu dans les pays riches mais en Chine, pays émergent régi par un régime communiste, converti par la force des choses au malthusianisme.

                    Pour ce qui est de la situation en France deux catégories d’experts se distinguent par leur antimalthusianisme : les économistes et les démographes. Pour ce qui est des démographes citons l’un des plus illustre Hervé Lebras : Pour lui la surpopulation : « C’est une vieille crainte. Si la population s’accroît trop vite, il n’y aura pas de quoi la nourrir. Il est vrai que la population mondiale croît plus vite que les surfaces cultivées, mais depuis 1950, en gros, les rendements, et donc la production de vivre se sont nettement accrus, plus vite que la population. Le problème est donc ailleurs  ».

                    Pourquoi a-t-on si peur de la surpopulation ? Réponse : l’eugénisme, il faut liquider les pauvres. Mais aujourd’hui l’eugénisme a mauvaise presse. Il y a eu transposition de l’eugénisme vers les pays pauvres : c’est l’explosion démographique des pays pauvres qui constitue une menace. De toute manière aucune raison de s’inquiéter, on peut espérer une stabilisation de la population vers 2040 : 8,5 milliards d’habitants. L’explosion démographique est pratiquement terminée.

                    Il n’y a donc pas de problème démographique.

                    Il est remarquable de constater avec quelle magnifique inconscience Hervé Lebras ignore à la fois les données de la crise écologique et bien entendu les données de géopolitique internationale La dénutrition croit, 1 milliard d’habitants sont affamés, la production a cru mais sa répartition est tout sauf équitable.

                    Tout est pour le mieux dans le meilleur monde occidental possible. – citations extraites de Siné hebdo no 82, une interview du démographe Hervé Le Bras, commentaire de Siné hebdo : « En fait, la peur c’est toujours le seul argument de la droite, sauf que la droite est antimalthusienne ».


                    • Michel Tarrier Michel Tarrier 4 novembre 2011 18:32

                      PARTIE 3

                      Analyse de trois articles de la Décroissance contre Malthus

                      Il va de soi que la revue Décroissance ne se prétend pas écologiste mais antiproductiviste. Reste à définir le terme qui fait fureur mais qui ne veut rien dire. Aucune civilisation n’est contre la productivité et une société quelle qu’elle soit est nécessairement pour une forte productivité du travail humain. Quant a la forte productivité et non productivisme de la société occidentale libérale, nos trois auteurs refusent de la lier clairement à l’utilisation des ressources fossiles. Reste également à définir le productivisme modèle soviétique.

                      Premier texte signé par Bruno Clémentin  : La maladie infantile de l’écologie.

                      Le vocabulaire est à la hauteur de la réflexion : « Manque de bol, Malthus n’a pas toujours vu juste, et le débat en cache un autre : la peur du partage ». Donc traitons de la peur du partage.

                      Tout abord scientifique quantitatif de la question est écarté : « Quand on commence à traiter scientifiquement de quantité de vivant ça finit toujours par déraper ... cela peut être exploité par ceux qui veulent éradiquer les malades, les malformés ou les pas tout à fait comme nous, par ceux qui zigouillent les populations décrétées indésirables ». Ce qui signifie que si vous essayez d’aborder le problème scientifiquement, vous êtes des nazis potentiels.

                      La peur de manquer, cette peur n’est pas nouvelle, nous ne le contredirons pas.

                      L’injonction malthusienne se résume d’après Clémentin à : « S’il n’y a pas assez à manger pour tous, plutôt que d’envisager que les goinfres se restreignent, yaka diminuer le nombre de convives  ».

                      Le hic, c’est qu’il serait utile que Clémentin nous explique comment les goinfres vont volontairement se résigner à une frugalité heureuse, et combien de goinfres la planète peut sustenter.

                      Ceci n’est qu’anecdotique par rapport aux affirmations péremptoires que nous assène Clémentin : « Peu importe que vous apportiez la preuve de capacité de biomasse suffisante sur la planète pour nourrir de 3 à 4 fois notre nombre actuel d’humains  ».

                      On attend cette démonstration que l’on ne trouve nulle part. Curieusement il ne craint pas par ailleurs d’affirmer que 20 % de la population, en gros nous occidentaux, consommons 80 % des richesses naturelles .Mais pour lui Il n’y a pas de problème politique. La prédation des pays occidentaux disparaîtra par la conversion des goinfres à une frugalité heureuse. Le problème est celui d’une conversion individuelle.

                      Pour ce qui est du nombre d’humains que peut permettre l’utilisation de la biomasse, nous avons une approche (nous disons bien une approche) de la réponse : la population mondiale pendant tout le Moyen Age a oscillé entre 400 et 600 millions d’habitants. Le mode de régulation naturel étant les trois cavaliers de l’apocalypse de G. Bouthoul : famines, guerres, épidémies.

                      Enfin notons qu’il reproche à la politique malthusienne de la Chine de créer un déficit féminin. Peu lui chaut d’admettre que cette politique a évité un surcroît démographique de 300 millions de Chinois ou plus.

                      Il est vrai que cette politique a exacerbé la tradition de la prééminence de l’héritier mâle indispensable à la perpétuation du culte des ancêtres et à la malédiction de la fille qui va servir de bonne reproductrice dans une autre famille comme en Inde. Il oublie que cette élimination des foetus femelles fait également rage en Inde où la fécondité est de trois enfants par femmes contre 1,6 en Chine.

                      En bref emporté par ces certitudes fantasmées il oublie tout simplement le rôle de l’échographie qui a permis de déceler le sexe de l’enfant précocement et de remplacé la traditionnelle élimination des nourrissons filles, par manque de soins, par l’avortement des fœtus féminins.

                      Pour Clémentin, pas de doute l’ultime conviction des malthusiens est la peur du partage.

                      On en revient à la trouille des partageux, sauf qu’il n’explique pas comment on peut obtenir de la population telle qu’elle est un partage volontaire avec les plus pauvres !

                      Avec Cheynet on monte d’un cran dans la spéculation métaphysique comme le montre le titre de son article qui prête à réflexion : « Pour sauver l’humanité, faut-il sacrifier ce qu’il y a d’humain en nous ? »

                      Tout le discours s’appuie sur cette certitude Cheynésienne que la part d’humain en nous qu’il faut sauvegarder même au péril de la destruction de l’humanité, c’est la fonction reproductrice.

                      Nous apprenons que le débat est miné ? Que le qualificatif de malthusien est infâmant.

                      Débat miné dont nos héros antimalthusiens s’en sont sortis jusqu’à présent en affirmant que le problème n’est pas qu’il y ait trop d’humains mais trop d’automobilistes.

                      Cheynet convient que l’argument est un peu court. Faudra-t-il occire les automobilistes trop nombreux ?

                      On nous prévient : « La présence du PSY est ici nécessaire : en fréquentant les milieux écologistes, nous croisons inévitablement les militants pour la réduction de la population humaine. Chez eux, pour lesquels ce sujet constitue la préoccupation prioritaire, il est particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique de leur démarche. Leur expression se caractérise par tous les traits de la phobie sociale. Ouvrir un débat avec eux présente donc peu d’intérêt ».

                      La démocratie à ses limites, Cheynet devrait se souvenir qu’à l’Est les opposants étaient enfermés comme fous. Il est bien évident qu’il doit lui être plus facile d’avoir comme interlocutrice Madame Boutin. A un lecteur de La Décroissance qui ose évoquer que l’intégrisme chrétien de M. Cheynet est pour quelque chose dans son antimalthusianisme, il répond : imagine-t-on nous interpeller en écrivant : « mais peut-être Cheynet est-il juif ? » (Serait-ce interdit ?). Bien entendu M. Cheynet est un grand pourfendeur d’antimalthusiens et d’anticolonialistes parce qu’ils sont par essence antisémites.

                      Il est difficile d’analyser un article assez confus, mais nous sommes en pleine pataphysique : Je cite : « La question est là : pour sauver l’humanité, faut-il sacrifier ce qu’il y a d’humain en nous ? Le débat sur le contrôle des naissances renvoie à des questions métaphysiques qui vont bien au-delà de la seule réflexion d’écologie scientifique. Ces interrogations engagent l’idée même que nous faisons de la condition humaine : LE PIEGE LE PLUS IMPORTANT FACE A CETTE PROBLEMATIQUE CONSISTE A ALLER CHERCHER UNE REPONSE DEFINITIVE DANS LE REEL ».

                      Fermons le ban : le sacré ne se discute pas. Evacuons la réalité gênante.

                      De toutes ces considérations il ressort qu’en, dehors des contorsions sémantiques, Cheynet est contre la contraception et qu’en résumé ce qu’il y a d’humain en nous et que nous devons préserver avant de penser à sauver la planète c’est sauvegarder notre pulsion reproductrice.

                      Dans le paragraphe suivant ou il évoque son ami le député Vert Yves Cochet, il confirme que ses arguments se limitent à la croyance, il écrit : « Quoiqu’il en soit, des scientifiques en tirent la conclusion, suite à la raréfaction des ressources fossiles, la quantité d’énergie disponible va se réduire, entraînant une réduction de la population humaine. ON NE PEUT NE PAS ETRE D’ACCORD AVEC CETTE THESE ; L’ELIMINER AU MOTIF QUELLE NE CADRE PAS AVEC NOS CROYANCES NE SERAIT PAS SERIEUX ».

                      Encore un peu de sérieux Monsieur Cheynet et vous accepterez de discuter avec les fous malthusiens après cette profession de foi antiscientifique et négatrice du réel

                      L’ensemble de l’article nous livre les états d’âme d’un chrétien intégriste qui pose les problèmes en terme uniquement de morale personnelle et qui refuse l’analyse de la réalité dans sa globalité et exclut toute analyse géopolitique susceptible d’éclairer pourquoi 20 % des occidentaux s’approprient 80 % des richesses naturelles. Il n’est question nulle part d’aborder le rôle prédateur de l’empire américain et de ses marches européennes, de prendre position sur le rôle historique de l’occident judéo-chrétien dans la situation mondiale actuelle.

                      Avec Paul Ariès, l’emphase sémantique est de rigueur, titre de son article : « De l’humanisme à l’humanicide ».

                      « Les non-dits des discours néo malthusiens et pédophobes se révèlent clairement dans les groupuscules états uniens qui prônent ouvertement l’Euthanasie générale de l’humanité ».

                      J’ignore si M. Ariès appartient à une secte stalinienne, mais il manie l’amalgame avec l’absence de scrupule d’un stalinien de l’époque du communisme triomphant. D’après lui les néomalthusiens plaident la haine de l’enfant à naître.

                      Ariès cite Hervé Lebras : « Est-ce le nombre trop élevé des hommes qui entraîne le rétrécissement de la couche d’ozone et le réchauffement du climat ? Est-ce lui qui épuise les ressources naturelles et affame les plus pauvres ? ».

                      Monsieur Lebras devrait penser au moins que c’est le nombre des goinfres dont parle Clémentin qui pose problème, mais non, la pollution tombe certainement du ciel, le nombre des hommes n’y est pour rien. Ariès écrit à la suite de cette citation : « Cette fixation sur la question démographique servirait en fait les intérêts d’un Nord opulent qui entendrait bien se passer d’un partage plus égalitaire avec le Sud ».

                      Que les bêtes fauves du Tea Party de Sarah Palin soient prêtes à adopter cette position, nul n’en doute, mais cela ne répond pas au problème actuel qui est : L’empreinte écologique globale de l’espèce à largement dépassé les capacités d’accueil de la planète d’une part, et d’autre part c’est la surconsommation occidentale qui doit être réduite prioritairement, si l’on veut résoudre la crise écologique.


                      • Michel Tarrier Michel Tarrier 4 novembre 2011 18:33

                        PARTIE 4 (FIN !)
                        (Un découpage en 3 ne suffisait pas !)

                        Après une longue critique des politiques non nataliste ou antinataliste, il écrit : « Méfions –nous du piége qui consisterait à dire : puisque je suis impuissant à changer le monde, je peux déjà réduire l’empreinte humaine en n’ayant pas ou peu d’enfants. Cette liberté individuelle (d’avoir ou pas une descendance) ne peut tenir lieu de projet politique. Remarque amusante quant on sait que la solution proposée par le groupe à la crise écologique est la frugalité heureuse volontaire donc nécessairement une décision individuelle et non politique ».

                        Le malheureux néomalthusien vu par M. Paul Ariès est un humanicide qui a transféré sa haine du pauvre à l’ensemble de l’humanité. Il faut en conclure que les malthusiens appartenant à l’espèce homo sapiens sapiens pratiquent la haine de soi ?

                        Nous avons droit encore une fois au trop plein d’automobilistes

                        « LE PROBLEME N’EST PAS CELUI DE TROP D’HUMAINS MAIS TROP D’AUTOMOBILISTES ... C’EST A DIRE QUE LA PLANETE PEUT NOURIR 12 MILLIARDS D’INDIVIDUS, MAIS PAS AVEC NOTRE MODE DE VIE, LE PROBLEME N’EST PAS DE TROP D’HUMAINS MAIS DU TROP DE PRODUCTIVISME ».

                        Qu’on nous explique : il y a trop de production car il y a trop de productivisme ? Où passe le trop de production qui pourrait alimenter le milliard de sous-alimentés ?

                        Chez Ariès, l’angoisse de la disparition de l’espèce apparaît d’une manière récurrente dans son discours.. Exemple il écrit « Dans ce domaine particulièrement vital cette thèse souligne que la société de consommation conduit à choisir la production de richesses économiques avant même notre propre reproduction ».

                        Dans : Objectif décroissance édité par la revue Silence, sous-titré, sans rire, vers une société harmonieuse, P. Ariès dénonçant les faux décroissants, écrit : Pour ceux-ci, « Ce mot d’ordre de la décroissance, ne serait-il pas aussi la traduction en langage moderne, donc économique, de la vieille posture religieuse du renonçant aux plaisirs de la vie. » « Ce point de vue de la décroissance serait aussi, selon certains, une bonne entrée en matière pour banaliser la haine du pauvre ou des humains afin de provoquer un humanicide souhaitable dans l’intérêt des autres espèces animales où végétales, voire pour la survie de notre mère Gaia ».

                        Ce texte nous apprend d’une part, que selon P. Ariès la joie de vivre modèle Ariès, n’aurait rien à voir avec un quelconque renoncement aux biens de ce monde et que d’autre part l’effondrement de la biodiversité liée à la surpopulation humaine n’entre pas dans le champ de pensée de notre politologue…

                        L’imposture est dans la trahison du sens des mots. Monsieur Ariès veut nous faire croire que la décroissance est tout sauf la décroissance : moins de voitures, moins de chauffage, moins de déplacements, moins de consommation de viande, moins de loisirs : Non « Nous pensons que le choix de la décroissance n’est en rien une corvée et qu’il est donc possible d’y rallier majoritairement les électeurs : il y a de la joie à entrer en décroissance et à ne plus être un forçat du travail et de la consommation  ».

                        Monsieur Ariès oublie que 4 millions de chômeurs, préféreraient être des forçats du travail sinon de la consommation.

                        Enfin toujours la même antienne je cite : « La thèse néo-malthusienne (ou populationniste ) ne doit pas être combattue parce qu’elle serait fausse scientifiquement, mais parce qu’elle charrie politiquement des leçons inacceptables ».

                        Loin de nous de penser que la science est idéologiquement neutre. Mais comment récuser tout abord scientifique, toute méthodologie aussi objective que possible pour appréhender la réalité ?

                        Personne ne peut sérieusement récuser un minimum de rationalité, nous sommes dans le domaine du subjectivisme le plus total, il poursuit : « Inacceptable est en effet l’idée que les guerres seraient dues à « trop de population ». Elle justifie l’idée d’un « espace » vital et confond surpeuplement – le rapport objectif entre population et les ressources- et surpopulation qui relève d’UNE PSYCHOSE ».

                        Même position que Cheynet, les néomalthusiens sont des psychotiques.

                        Au delà du problème (guerre et surpopulation), P. Ariès est brouillé avec toute approche rationnelle du problème de la surpopulation, qui diffère selon lui du surpeuplement. Par ailleurs même Gasthon Bouthoul n’a jamais établi une causalité mécanique entre surpopulation et guerre. Que je sache il n’a jamais non plus justifié la doctrine nazie du lebensraum.

                        On est dans la logique des procès de Moscou.

                        On s’interroge, quant à l’appui de sa thèse du surpeuplement, il décrète que les Pays Bas ne souffrent pas de surpeuplement. C’est vrai ils mangent à leur faim parce que l’essentiel de leur consommation vient de l’extérieur. Tout cela revient à jouer sur les mots. L’empreinte écologique des Hollandais dépasse de plusieurs fois les capacités d’accueil de leur territoire. On retombe dans la confusion, quand il cite Christian Godin « c’est le nombre des miséreux et pas celui des hommes qui fait de Bombay une ville surpeuplée ».

                        Conclusion logique les miséreux ne sont pas des hommes ?

                        Après un panorama des groupes humanicides il ne craint pas d’affirmer : les néomalthusiens ou pédophobes font l’impasse sur les grands enjeux du moment : « Comment apprendre à se nourrir autrement pour se nourrir tous, comment se soigner autrement pour se soigner tous, ou, selon le mot de Gandhi, comment vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre ?  ».

                        Il faut se demander si Ariès est un naïf impénitent ou s’il se moque du peuple. Depuis quand les néo malthusiens font abstraction du mode de vie ? Ils ont toujours affirmé que deux facteurs intervenaient dans l’empreinte écologique d’une population dans un territoire donné : le mode de vie et le nombre des hommes.

                        Encore une fois, il existe chez Ariès une forte propension à la chasse aux sorcières.

                        En bref, Monsieur Ariès est en plein idéalisme platonicien : la décroissance est un mot obus. Il devrait relire Platon, il apprendrait que l’homme est un être désirant et qu’à ce titre non seulement il n’est jamais satisfait par l’appropriation de biens matériels ou de puissance et que de ce fait il est amené sans cesse à se projeter dans le futur qu’il veut meilleur.

                        Il reste également à Ariès de démontrer que la consommation ne crée pas du plaisir.

                        On veut bien admettre qu’il se considère comme un forçat de la consommation, mais reste à prouver qu’il s’agit là d’une opinion qui peut prétendre à l’universel.

                        Résumons : les néomalthusiens tels qu’ils les dénoncent sont des psychotiques, donc on ne discute pas avec eux.

                        Deuxièmement l’écologie en tant que science doit être rejetée, elle conduit à la shoah.

                        D’ailleurs : « Le piège le plus important face à cette problématique consiste à aller chercher une réponse définitive dans le réel » Cheynet.

                        Tout débat rationnel est difficile dans ces conditions .Comme dans le Coran, ils ne veulent s’adresser qu’aux croyants.

                        Le pire est leur position politique Dans « Sauver la terre, oui, mais d’abord la démocratie », article d’Ariès paru dans La Décroissance numéro 66, on mesure le degré d’imposture et de confusion qui caractérise le trio de penseurs de la Décroissance.

                        Lao Tseu affirmait que l’important était de bien nommer les choses.

                        On ne peut que conclure à la lecture de cet article que la démocratie est un concept en soi. Il n’est pas nécessaire d’analyser ce qu’il recouvre. En fait ils considèrent la démocratie occidentale, comme l’essence de la démocratie. Pour Cheynet notre démocratie est républicaine et humaniste, et j’ajouterais bourgeoise.

                        L’objectif de l’article est de nier l’importance de la crise écologique, c’est un problème secondaire, le vrai problème est de dénoncer le complot qui se trame sous le mot poison de « démocratie écologiste » en prenant conscience qu’il recycle des thèses anciennes.

                        La plus grosse escroquerie du groupe est de prétendre : Un que la décroissance n’est pas une donnée objective : non la production de pétrole ne va pas décroître, deux, même si elle décroissait cela ne serait pas un problème.

                        Sur le plan politique, ils font totalement abstraction de la réalité politique nationale et internationale. La revue s’emploie à dénoncer les Hulots et autres écotartuffes qui feraient soit disant reculer la prise de conscience écologiste. Même Jancovici est dénoncé, il est vrai qu’il n’annonce pas la croissance, ni la décroissance heureuse. Je ne parle pas des malheureux qui osent évoquer la surpopulation, Tarrier, Dumont, Cousteau, Pacalet, Ehrlich. Cheynet est formel : ces gens doivent être internés.

                        La démocratie dont il se recommande reste à préciser. Quel pouvoir (de classe) va appliquer leur programme de revenu universel garanti couplé à un revenu maximal ?

                        Curieusement Cheynet écrit : « Les ressources de la planète pourraient être infinies, nous serions tout autant pour la décroissance et l’antiproductivisme ».

                        En clair, le salut de l’humanité passe par la conversion à un monachisme comportemental généralisé qui permettrait de peupler la planète de 40 milliards d’individus. Le trio n’est pas à une absurdité écologique prés, il ignore totalement les lois de l’écologie scientifique qui montrent qu’il existe un équilibre générale des espèces et qu’aucune espèce ne peut proliférer indéfiniment sans se mettre elle-même en péril.

                        Est-ce compatible avec l’idéologie de gauche ?

                        Dans le numéro 1005 de Politis, appel de Politis, Paul Ariès écrit : « Nous devons créer une troisième force à gauche. Oui nous devons créer un troisième force capable de peser sur les choix politiques notamment du P.-S. ».

                        Ce discours prête à sourire lorsqu’on se rappelle qu’il est, d’après lui possible, de rallier la majorité des électeurs à entrer dans la décroissance dans la joie, alors que ses partenaires PCF, NPA, PS, ne jurent que par la croissance. Leur seul point commun : l’antimalthusianisme économique et démographique.

                        Monsieur Ariés, qui pourfend la « démocratie écologiste » ferait bien de s’interroger sur l’impasse gauchiste, pense-t-il que cette gauche puisse faire indéfiniment ignorer le terrorisme étatique du communisme réel et de ses millions de morts ?

                        C’est vrai la question importante qui est posée aux écologistes est : quelle démocratie va pouvoir anticiper, avec ses conséquences économiques et sociales, l’inéluctable décroissance de la production de biens matériels ? Apparemment ni la sociale démocratie ni les chapelles gauchistes ne sont prêtes à dire la vérité sur la décroissance. Or pas de vérité, pas de démocratie et le groupe La Décroissance participe au mensonge général en laissant croire que la décroissance n’est pas la décroissance. Outre la décroissance mot obus, une autre définition de la décroissance selon Ariès  : « La décroissance est l’inverse de la néantification du passé et donc de l’avenir »

                        Brière Jean, MCU-PH, membre du bureau politique du MEI, Mouvement Ecologiste Indépendant, membre fondateur du MEP : Mouvement D’Ecologie Politique (1981) , des Verts Parti et des Verts.

                        Adresse : 3, rue de Prévieux, 69500 BRON. tel : 04 72 81 92 38. E-mail : j.briere@wanadoo.fr


                        • Marie-Pierre Hage marie 4 mars 2013 11:26

                          Michel, tout à fait d’accord avec ton opinion sur La Décroissance (Cheynet , Ariés etc....) C’est aussi le sentiment que j’ai eu en la lisant régulièrement !
                          J’ai les mêmes visions sur l’humanité, l’écologie... que toi !
                          mais comment pouvons nous faire passer nos discours ??? nos livres étant écartés par les médias ?? L’écologie radicale n’étant plus représentée politiquement parlant ???
                          Marie


                        • Takeo85 24 décembre 2011 14:03

                          Article qui aura eu l’intérêt de me faire découvrir une facette de Paul Ariès qui m’était inconnue ; à savoir sa critique des position dé-natalistes.

                          Ceci étant, je me qualifierait néanmoins de décroissant - en y apposant éventuellement le terme dé-nataliste afin de me démarquer de Paul Ariès.
                          Après tout, Nicholas Georgescu-Roegen, considéré comme l’inventeur du concept de décroissance, conseillait de réduire la population jusqu’à un niveau où une agriculture organique suffira à la nourrir convenablement.

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