• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Les Indignés ont tenté de prendre la Bastille
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(24 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les Indignés ont tenté de prendre la Bastille

Ce dimanche 29 Mai un appel à la solidarité au mouvement espagnol "Los indignados" a été lancé. Des milliers de personnes étaient attendus à la place de la Bastille. Ce mouvement apolitique, et non structuré a été lancé à travers les divers réseaux sociaux.

Toujours connecté, je m'y suis rendu tout naturellement. Motard, je me dis que le mouvement sera tellement important qu'il serait plus sage de prendre les transports en commun. Vingt minutes plus tard, je sors du métro, Boulevard Henri IV, et c'est avec admiration, et une ferveur révolutionnaire que je tombe nez à nez avec le marché des antiquités...

Interrogation ? Mais où sont les indignés ? Je me tourne vers la colonne de Juillet, personne ? Je me dis que la place est grande, et les bâtiments du marché des antiquités me bouchent la vue. Et c'est deux rues traversées plus loin que je trouve mes indignés. Ils se sont tous installés à coté des grandes marches, un bon millier de personnes.

Comme un Sarkozy en campagne je me jette dans la masse, et je comprends vite pourquoi les indignés n'étaient pas visibles, un cordon de CRS habillés en kevlar les retient, et les empêche d'atteindre la colonne de Juillet. Un homme lance "Prenons la Bastille", et nous ordonne d'avancer vers la colonne. Mais les CRS nous repoussent. On nous crie de nous asseoir mais nous sommes forcés de nous lever. C'est alors qu'une bonne dizaine de camions de gendarmerie débarquent et forment un arc de cercle derrière le cordon de CRS, nous empêchant de rejoindre la colonne.

Etonnant, en moins de cinq minutes nous avons été refoulés, et les camions nous bouchent l'accès. Je comprends mieux pourquoi Michèlle Alliot Marie se vantait de l'efficacité de la police française. Bon je reste dans la masse, je regarde, j'écoute, des dialogues anti-capitalistes commencent. Non loin une cantine, une tente, et des dizaines de pancartes un peu partout. Je regarde, accroché sur un réverbère, le programme de la journée :

14h00-16h00 : Concert

16h00 - 18h00 : Débat

18h00 - 20h00 : Percussions

20h00 : Assemblée Générale

Curieux de voir si le mouvement a pu essaimer ailleurs sur la place, j'en fais le tour et laisse les indignés à leurs débats. Je traverse la rue, et constate qu'un deuxième marché a lieu. Je me dis que c'est quand même bien fait, il n'y avait qu'un seul espace où nos indignés pouvaient aller. Je continue, je regarde dans une rue d'à coté, un groupe fait des percussions devant une banque, quelques CRS à coté d'eux. Quand j'arrive à l'extrémité opposé d'où se trouve les indignés, je constate que les gens sont au terrasse des cafés comme si de rien était, on entend même pas les slogans. Quelle efficacité ! Puis je reviens vers les grandes marches.

Nos indignés ont décidé de s'asseoir pour écouter des intervenants crier leur ras le bol dans un micro au son aléatoire. La fin de nos services publics, le ras le bol du Sarkozysme, le non à l'oligarchie en place, le soutien au mouvement espagnol, l'arrêt au fichage de masses, l'appel à la révolution. Certains se font siffler en précisant qu'ils appartiennent à tel groupe politique. Même les anarcho communistes révolutionnaires ne récupèreront pas ce mouvement apolitique. Tant mieux je me dis.

Je les écoute pendant quelques heures, je les vois applaudir les mains levés, en les tournant, crier lors d'interventions énergiques. Ils rient, se lèvent, chantent. Ils ne sont pas tous jeunes, pas tous blancs, il y a un vrai melting pot d'âges, de sexes, de races. A coté de moi, j'entends de l'espagnol, je me tourne et vois un reporter devant une caméra expliquer ce qui se passe. D'autres caméras sont là, ici et là, des appareils photos nombreux. Nous sommes filmés, et passons sur un écran géant Dieu seul sait où...

Finalement je décide de les quitter toujours par curiosité en me demandant si un appel a eu lieu place de la République, je profite donc d'une pause dans leur débat pour partir. Je prends le métro, et je vais à la place de la République. Malheureusement, il n'y a personne. Je me suis emballé. Pas grave, j'ai aimé voir des gens s'indigner, et le dire. Les indignés parlaient d'installer un village à la Bastille, en rentrant chez moi je me demande si demain je les reverrai ?

JPEG

JPEG

par Jeremy971 (son site) mardi 31 mai 2011 - 54 réactions
yahoo
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(24 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.22) 31 mai 2011 10:26
    Alpo47

    Tout le monde sait qu’un mouvement populaire ne peut avoir la moindre chance d’avancer et de gagner en force que s’il est entrainé par un maximum de jeunes. C’est le cas de celui ci, il est donc dangereux pour le Pouvoir en place:Il faut "l’étouffer dans l’oeuf". C’est la première mesure qui vise donc à empêcher le mouvement de démarrer. Pour l’instant, on multiplie les mesures, parfois brutales ou judiciaires, à Paris ou Bayonne ..., pour les empêcher de se rassembler.

    Il y a d’autres chausses trappe devant les pieds de ces mouvements, comme la récupération par les partis ou syndicats et la tentative de "déplacer" les mots d’ordre et objectifs de ces mouvements.
    Pour ce qui concerne l’Espagne par exemple, les intervenants des divers débats télévisés, communicants de l’oligarchie au pouvoir, s’efforcent de détourner le mouvement en parlant de "conséquence du chomage" , alors qu’il s’agit d’un rejet de la société actuelle.

  • Par Bovinus (xxx.xxx.xxx.65) 31 mai 2011 14:49
    Bovinus

    Les révolutions "classiques", les grands rassemblements, c’est bien, mais face à une police surentrainée, surarmée, suréquipée, en nombre supérieur (où trouvent-ils tous autant de connards ?), ça ne vaut plus le coup. Il faut employer d’autres moyens.

    Il vaut mieux être présent partout simultanément, quitte à être beaucoup moins nombreux, qu’à un seul endroit tous en même temps ; comme on le constate de plus en plus, les rassemblements de masse sont aujourd’hui neutralisés, encadrés, dispersés par une flicaille de plus en plus efficace et de plus en plus nombreuse.

    Des rassemblements fréquents et dispersés permettent de se parler, de se connaître, de créer un lien social plus facilement ; cela permet aussi d’être vu. Si un tel mouvement est pris au sérieux, la présence policière, elle aussi, sera vue. Et en général, elle ne génère pas la sympathie.

    Par ailleurs - et les Espagnols ont au moins le mérite de l’avoir très bien compris - il ne faut plus aujourd’hui s’en prendre au Président de la République, au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, aux partis politiques etc, mais à leurs bases C’est à dire, aux valeurs, usages, règles tacites, opinions, comportements, idéaux, etc., qui ont généré toutes ces institutions, leur ont permis de se mettre en place, de se maintenir, et même de prospérer.

    Sarkozy n’est pas à l’Elysée par hasard, il y est parce que tout ce qu’il véhicule, tout ce qu’il représente, tout ce qu’il sert, tout ce qu’il tient pour ses principes et ses "idées", tout cela s’est répandu au sein de la société comme un cancer. Il s’est trouvé assez d’imbéciles pour voter pour lui, tout comme les CRS se trouvent toujours assez de connards volontaires pour tabasser du manifestant. Et il se trouve encore aujourd’hui des imbéciles qui se déclarent prêts à voter Sarkozy une deuxième fois, sans même mentionner ceux qui se déclarent prêts à voter FN. Entre les deux, ça représente au minimum 30% de voix. C’est à ce cancer-là qu’il faut s’en prendre, et non aux excroissances hideuses qu’il génère. Si aujourd’hui une révolution renversait Sarkozy, il s’en trouvera aussitôt un autre pour le remplacer. Il sera éventuellement moins méprisable, mais poursuivra la même politique. M. Obama est certes plus sympathique que M. Bush, mais à part ça, la différence n’est pas énorme. Mais par contre, il ne se trouvera personne, en revanche, pour abolir les lois, règlements, décrets qu’il aura eu le temps de faire passer.

    C’est à se demander, même, si tous ces guignols ont encore un quelconque pouvoir ; personnellement, j’en doute.

    La façon la plus efficace et la plus radicale de les atteindre et de résister, c’est de s’en prendre directement à la base l’ordre socio-économique existant. Ne plus aller voter. Ne plus consommer que le minimum nécessaire. Ne plus acheter de voitures. Ne plus avoir de télévision. Ne plus laisser d’argent sur son compte en banque. Acheter d’occasion. Répandre cette attitude. Se rassembler pour en parler.

    Ce serait déjà un bon début.

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.189) 31 mai 2011 15:53
    LE CHAT

    Tant que les gens foutront pas le feu à la corbeille et aux banques , le système restera le système ! ce monde tourne trop autour du pognon , c’est par là qu’il faut commencer ..................

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.22) 31 mai 2011 11:25
    Alpo47

    Mais c’est de la France dont je parlais.
     Je faisais entre autre, allusion à ces "messes médiatiques" comme "Cdanslair" où tous les participants vont dans le même sens. Démolir ou dénigrer tout ce qui remet en cause l’ordre établi.

    "Faisons mine de changer pour que rien ne change"

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox