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Les indijeunes

« Indijeunes » est le nom que je propose pour désigner les personnes qui sont à la fois pauvres, jeunes et dont l’origine immigrée (« indigène » étranger) est extérieurement visible. Ce terme très générique permettrait d’éviter la focalisation de l’opinion publique sur le groupe social des jeunes Maghrébins. Etre « indijeune », c’est à la fois présenter des signes apparents d’origine étrangère et être jeune, « jeune » évidemment dans le sens péjoratif : celui qui pose problème à la société, qui s’oppose à elle, voire qui habite simplement dans une banlieue « chaude ». Etre « indijeune », c’est cumuler les handicaps dans la recherche d’emploi, dans le logement ou l’accès aux soins, et plus généralement dans la vie quotidienne en général.

Evidemment, cette appellation d’indijeunes n’a rien d’une notion sociologique reconnue. C’est une dénomination créée de toute pièce pour étayer mon propos. Mais le groupe social des « jeunes Maghrébins » a-t-il une plus forte légitimité sociologique, une meilleure pertinence ? Cette qualification n’est-elle pas source de stigmatisation et de renforcement des préjugés ? La notion de racisme étant appréhendée aujourd’hui sous le vocable plus large de discrimination, pourquoi ne pas étendre aussi les catégories ?

Un « indijeune » se voit quelquefois sommé de « retourner dans son pays » même s’il est né français en Outremer ou si ses parents et grands-parents avaient, avant lui, déjà acquis notre nationalité. Il est l’objet de contrôles d‘identités plus fréquents.

1 - La stigmatisation du groupe social des « jeunes Maghrébins »

L’émergence médiatique et politique de la figure du « jeune d’origine immigrée » montre qu’il y a durcissement de ce stéréotype et par conséquent montée des ségrégations, celles-ci apparaissant dès l’école. La stigmatisation des « Maghrébins » particulièrement ceux de la « seconde génération » est partiellement due à l’histoire de ce courant migratoire. Leur forte « visibilité sociale » attire l’attention des médias qui prospèrent aujourd’hui grâce au thème de la « violence dans les banlieues » après avoir exploité le filon de « l’affaire du foulard islamique ». Dans l’imagerie populaire, les jeunes d’origine maghrébine sont tous des fauteurs de troubles en puissance. Ce cliché bien installé n’est pas démenti par l’appellation de racailles. Mieux encore, « l’assimilation » des jeunes « Maghrébins » étant proclamée acquise, toute affirmation identitaire ou religieuse est perçue comme une résurgence anormale. On ne peut y voir que le mal et il faut le réprimer sans analyser plus loin. L’instrumentalisation des peurs collectives se nourrit facilement de stéréotypes bien identifiés. Or, y a-t-il des différences si grandes entre le jeune Maghrébin de banlieue et son voisin « Français de souche » ? Pas vraiment. Les préoccupations sont les mêmes, la « galère » aussi... La stigmatisation d’une catégorie peut se révéler à double tranchant : ceux qui s’y reconnaissent affirment leur spécificité et des droits attachés à leur identité particulière. D’aucuns diraient une « discrimination positive ».

2 - Qui seraient les « indijeunes » ?

Sous cette appellation nouvelle pourrait être étudiée et aidée la catégorie très large des jeunes en grandes difficultés sociales et d’origine immigrée visible ou supposée. Ce qui inclurait nos compatriotes d’Outremer parfois mis au même rang que les immigrés du seul fait de la couleur de leur peau. Cette approche serait plus amorcée sous l’angle de la nation que sous l’aspect identitaire, communautaire. Elle s’appuierait sur l’analyse des valeurs et des problèmes au-delà des appartenances ethniques particulières. Car tous ces jeunes ne portent-ils pas le message d’un même mal de vivre, un langage et des codes communs plus liés à un quartier, une ville, qu’à une origine migratoire déterminée ?

Cette méthode permettrait de traiter un phénomène globalement et donc sans considérations ethniques, sans heurter l’interdiction en France de tenir des statistiques ethniques. Les indijeunes seraient aidés indifféremment quelles que soient leurs origines voire leurs appartenances proclamées. Principe d’égalité républicaine qui vaudrait surtout bien sûr pour l’effort continu qu’il suppose d’amener ces jeunes au même niveau de droits et de garanties que leurs concitoyens de même génération.

Evidemment, la réduction du racisme ne peut passer par cette seule modification sémantique. D’autres moyens de lutte contre le racisme existent. Dans les années 1980, ils ont pris le pli que j’indiquais plus haut de revendication identitaire, de positionnement victimaire spécifique du racisme.

Aujourd’hui des réponses, institutionnelles cette fois, voient le jour et se développent.

3 - Des réponses institutionnelles au phénomène des discriminations

En décembre 2005, donc juste après la crise violente qui a secoué les banlieues, le premier ministre Dominique de Villepin a légalisé le « testing » contre les discriminations. Depuis, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité ) peut infliger des sanctions allant jusqu’à 25 000 euros en cas de discrimination avérée. Le projet de loi sur l’égalité des chances allait aussi renforcer les pouvoirs de cette autorité.

Qu’est-ce que le testing ? Initié en France par SOS-Racisme en 1998, le « testing » consiste à présenter d’abord des jeunes d’origine européenne, puis des jeunes d’origine maghrébine ou africaine, à l’entrée de discothèques, restaurants, campings ou à l’embauche dans une entreprise ou la location d’un logement, afin de permettre la preuve de l’existence de comportements discriminatoires. Grâce au testing, SOS-Racisme a déjà réussi à porter devant la Justice une bonne cinquantaine d’affaires et la Cour de cassation a reconnu cette méthode à trois reprises comme mode de preuve à part entière.

Les leçons et résultats tirés des testings : la Halde a présenté, le 5 juillet, les résultats de deux tests de discrimination - mis en ligne sur le site - sur l’emploi (recrutement) et sur l’accès au logement locatif privé. Conduit par le cabinet Asdo, ce dernier test a été réalisé auprès de 120 agences immobilières en Ile-de-France, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Paca. A profil identique (ressources, nationalité française, CDI), alors que lors du contact téléphonique le candidat de référence obtenait dans 35% des cas une visite d’appartement, ce ne fut le cas que dans 20% des cas pour le candidat d’origine maghrébine et 14% des cas pour celui d’origine d’Afrique noire, le candidat monoparental ne subissant à ce stade aucune discrimination. Lors de la visite du bien, le candidat de référence obtient le logement dans 75% des cas, le candidat d’origine maghrébine dans 17%, celui d’origine d’Afrique noire dans 22% et le candidat monoparental dans 26%. Les différences de traitement observées sont plus élevées en Ile-de-France qu’à Nice ou à Lille.

La Halde réalisera régulièrement des tests dans des domaines comme l’emploi ou le logement.

L’âge et l’origine sont les principales discriminations à l’embauche comme le montre une enquête publiée le 21 novembre. Il s’agissait du premier baromètre national réalisé par Adia, un des leaders du recrutement en France, en collaboration avec le sociologue Jean-François Amadie. La plupart des discriminations à l’embauche, à l’exception du handicap, se sont aggravées par rapport à une étude de 2004. Le testing a porté sur l’envoi de 6 461 CV factices envoyés pendant un an en réponse à 1340 offres d’emploi. Les convocations à un entretien d’embauche obtenues par le candidat de "référence" ("Français de souche" masculin âgé de vingt-huit à trente ans) et des candidats susceptibles d’être discriminés ont été comparés lors de cette enquête. Autre constat : le cadre maghrébin a 36% de chances d’être convoqué à l’entretien d’embauche (et encore moins s’il est cadre : 17%), autrement trois fois moins de chances que le Français de souche.

N.B :

Site de la Halde : résultats du testing logement :
http://www.halde.fr/IMG/pdf/resultats_testing_logement.pdf


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88 réactions à cet article    


  • boubou414 (---.---.42.93) 30 novembre 2006 13:10

    Cet article ets trop focalisé sur les maghrébin. Ilo n’y a pas qu’eux qui sont discriminés, il y a aussi les NOIRS !! et les noirs le sont plus encore que les maghrébins.


    • Panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 14:25

      J’allais le dire ! Les RG ont bien montré que la plupart des émeutiers de 2005 étaient d’origine des pays d’Afrique noire.

      Les maghrébins sont mieux intégrés en France, semble-t-il.


    • fouadraiden fouadraiden 30 novembre 2006 16:36

      a bobo,

      oui,les noirs sont victimes de racisme pur.ils ont beau donner des gages culturels ils continuent à le subir de la part de la société majoritaire.

      les arabes relèvent ,leur exclusion, d’une autre stratégie.


    • panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 17:10

      On va dire que les maghrebins sont « économiquement » mieux intégrés.


    • Gab (---.---.169.26) 30 novembre 2006 13:20

      Faut arrêter avec les étiquettes, c’est vraiment encore rentrer les gens dans des cases.


      • Gab (---.---.169.26) 30 novembre 2006 13:20

        Faut arrêter avec les étiquettes, c’est vraiment encore rentrer les gens dans des cases.


        • Yann (---.---.123.176) 30 novembre 2006 13:35

          Il faut appeler un chat, un chat.


          • LE CHAT (---.---.75.49) 30 novembre 2006 14:56

            tu as raison Yann , pour moi petit félin domestique c’est trop long , je préfere rester LE CHAT

            mais sans rire , y’en a plus que marre de toutes ces expressions de bobos bienpensants comme exclus de la prospérité ,personnes à mobilité restreinte , personnes mal voyantes etc.......

            Alors , indijeunes , c’est vraiment indigeste !ça fait indigents et à mettre dans une reserve


          • Bill Bill 30 novembre 2006 13:47

            Flute, pas le temps de tout lire ! Le terme d’indigène est déjà inapproprié, les indigènes sont les Français de souche ici. Allogènes conviendrait donc mieux !

            Je propose : les allojeunes ! Ce sera plus proche de la réalité !

            Bien à vous !

            Bill


            • LE CHAT (---.---.75.49) 30 novembre 2006 14:57

              c’est à cause de leur faculté à passer toute la journée cramponés à leur portable ? AH AH


            • seb59 (---.---.180.194) 30 novembre 2006 13:56

              Oh, les pauvres indijeunes, encore une race de persecutés par la société francaise.

              C’est une plaisanterie j’espere ?

              Indijeunes, ca me donne vraiment l’impression que nous sommes encore de mechants colonialistes....


              • zozo (---.---.79.1) 30 novembre 2006 13:58

                Moi je propose « indigent ».


                • Panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 14:26

                  Rhôôôô !!! On m’a déjà pris toutes mes bonnes idées !!!


                • La Taverne des Poètes 30 novembre 2006 14:27

                  à ZOZO :

                  Mon idée d’injeune est issue d’une contraction de : indigène, indigent, et jeune (sens discrimant et handicapant du terme). Mais indigent est un peu vieillot et possède un sens trop fort pour qualifier de façon générique l’ensemble disparate des Indijeunes : Beurs, Noirs, Français de l’Outre-Mer, Asiatiques... Indigents s’appliquerait plutôt aus SDF.


                • La Taverne des Poètes 30 novembre 2006 14:37

                  Je reprends (trop de fautes) :

                  Mon idée d’indijeune est issue d’une contraction de : indigène, indigent, et jeune (sens discriminant et handicapant du terme). Mais indigent est un peu vieillot et possède un sens trop fort pour qualifier de façon générique l’ensemble disparate des Indijeunes : Beurs, Noirs, Français de l’Outre-Mer, Asiatiques... Indigents s’appliquerait plutôt aus SDF.


                • Marie Pierre (---.---.236.76) 30 novembre 2006 14:16

                  @La Taverne de Kemper,

                  Pas d’accord avec votre aticle. D’abord sur votre définition d’indigène, puis sur une enième façon de catégoriser les gens.

                  D’une senior qui a souvent du plaisir à vous lire


                  • La Taverne des Poètes 30 novembre 2006 14:35

                    Merci Marie pierre.

                    Mais ma démonstration est justement de dire qu’il faut englober les catégories dans des goupes bien plus larges pour réduire les stigmatisations particulières. Un moyen de contrer la parcellisation des populations, de défragmenter la société. Bon ça vaut ce que ça vaut, ce n’est qu’un article en forme de thèse.

                    Je m’inquiéterais si cette idée avait l’effet inverse, celui de renforcer le racisme. mais sincèrement, je ne pense pas que ce soit le cas.


                  • Marsupilami Marsupilami 30 novembre 2006 14:59

                    D’accord avec Marie Pierre. Poète, on t’a connu mieux inspiré. T’as bu du mauvais picrate dans ta taverne ? Ton néobobologisme, c’est tout simplement du politiquement correct. C’est pas en forgeant des néologismes indigents qu’on modifie le réel ou la perception qu’on a du réel.

                    Bon, j’en fais un très mauvais moi aussi avant qu’un mec du FN n’y pense : pourquoi ne pas les appeler des indijhaines ?


                  • LE CHAT (---.---.75.49) 30 novembre 2006 15:54

                    très bon jeu de mots marsu , leur ennemi est le nabcher , contaction du nabot au kärcher


                  • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 30 novembre 2006 14:47

                    L’auteur je te propose le terme d’américain qui serait plus proche de la réalité. Ces jeunes mangent américain, boivent américain, s’habillent américain, écoutent de la musique américaine, dansent américain, utilisent des mots américains dans le langage, s’identifient aux américains, reproduisent à outrance les néfastes schémas américains, leurs héros sont américains, l’idéal est américain etc...

                    Que leurs restent-ils de Français, voire de maghrébin, ce ne sont que des refuges lorsqu’ils sont en mal d’identité..ou lorsqu’ils ouvrent les yeux sur le pernicieux système américain importés par les doubles drapeaux qui se prétendent bien français eux alors que leurs seuls credo est de faire du fric et de casser toute les cultures et mode de vie qui ne s’y apparentes pas..


                    • LE CHAT (---.---.75.49) 30 novembre 2006 15:11

                      Sur cette catégorie là , voir le film avec lorent deutch...


                    • Antzo Bayle (---.---.12.240) 30 novembre 2006 18:32

                      Une partie de la culture de la rue vient des états-unis mais elle a été décliné à la Française. On ne danse pas Américain, on ne rap pas américain... On danse et rap le hip-hop, c’est tout à fait différent. Le Hip-Hop c’est universel, elle appartient pas à une nation en particulier. C’est une langue parlée partout et dans le monde entier.

                      Si l’on boit et mange américain, c’est parce qu’on a pas les moyens de manger français ou même Italien. Cependant il est vrai qu’on s’identifie à la misères des ghettos Américains.


                    • mescouyenski (---.---.252.50) 1er décembre 2006 04:16

                      « si on mange ou on boit américain c’est parqu’on n’a pas les moyens de mangers français ou italien »

                      Argument sans valeur, car manger américain coute bien plus cher que d’aller faire une course pour se faire un repas « français »

                      Va falloir trouver d’autres excuses mon gros.


                    • LE CHAT (---.---.75.49) 1er décembre 2006 10:43

                      t’as pas tort ! même un kebab coûte moins cher qu’un maxibestofbigmac !


                    • miaou miaou 30 novembre 2006 14:50

                      En dehors des nombreuses et justes critiques sur le fond, je reprends la critique de Bill (critique sur la forme, mais qui a son importance) :

                      en effet, l’indigène, par définition, est une personne originaire du pays où il vit, c’est-à-dire qui n’y est pas immigré et suivant les pays un certain nombre de générations (reprise de la définition de wikipedia) ; en l’occurence, il s’agirait du « Français de souche ». Ainsi, toutes les personnes évoquant les « indigènes de la République » ou les « indijeunes » effectuent un véritable contresens.


                      • DEALBATA (---.---.166.140) 1er décembre 2006 07:52

                        Cette inversion de sens est de mauvais augure : N’est-elle pas prémonitoire de l’état de la France dans quelques années ... et le pire c’est qu’elle est réalisée par un indignène(un vrai) lui-même. Le ver est dans fruit.


                      • farid (---.---.218.193) 30 novembre 2006 15:07

                        Bon,

                        certains coms me chagrine mais c’est une tribune...

                        Sans être des colons on maintient une sorte de post colonialisme, et on créé des neo indigenes. Sans les clefs de la société, on reste sur la palier malgré la meilleure volonté du monde...(surtout quand on a pas la bonne couleur)

                        Meme avec les bons codes sociaux, rien n’y fait. Il ne s’agit pas de se plaindre(loin de moi cette idée) mais de faire prendre conscience que la vie est suffisamment difficile pour qu’on y ajoute...

                        Mon bon ami du 59, ne serais tu pas le premier à crier à l’infamie si tu étais soupçonné de mauvaise foi sans même qu’on te le dise ?

                        quoi qu’il se passe, quand on est un peu (ou tres) bronzé, on ne te dit rien, on sourit et on trouve une excuse.

                        Regarde les statistiques, ça ne ment pas.ça t’userait plus vite que moi.


                        • Toutatis (---.---.117.178) 30 novembre 2006 15:15

                          Absolument d’accord avec Farid :

                          la 1ère partie et surtout la 3ème sont très intéressantes. Cela fait un minimum de 2/3 en faveur de l’article. Sur le 1er point,on peut donner 10 sur 20 pour l’effort de constructivité et de bonne volonté contre le racisme non ?

                          Les votes « contre » proviennent surtout des racistes généralament lepénistes.


                        • seb59 (---.---.180.194) 30 novembre 2006 17:05

                          @ farid et Toutatis

                          Precision : je me suis pas lepeniste (en tout cas pas encore).

                          Je trouve qu’en ce moment certains FRANCAIS (car seul l’avis des FRANCAIS m’interessent vu que les autres ne sont qu’invités) issus de l’immigration (ca n’est pas un mal) ont une forte tendance à se plaindre, à se poser en victime de la société, des blancs, des politques, des medias, des riches, des entreprises. Pourquoi ? je ne sais pas ! Surement parce que la vie c’est dur. Parce que s’integrer quand on a une autre couleur de peau c’est difficile au debut. Parce qu’il y a un rejet de certains aspects de leurs cultures, de leurs traditions et de leurs religions.

                          Je reprend (en grossissant le trait) les evenements qui nous y ont amenés :
                          - ah les malheureux jeunes qui se sont electrocutés en fuyant la police !
                          - ah les malheureux sans papiers (illegaux) ne peuvent plus squatter.
                          - ah les malheureux jeunes de banlieues harcelés par la police.
                          - ah les malheureux casseurs de voitures et d’ecoles. etc...

                          pourtant certains arrivent à s’integrer, a se fondre dans la masse, a trouver du travail, a prosperer sans avoir besoin de se plaindre : portuguais, italiens, chinois, etc...

                          Les « indijeunes » sont protégés par la loi, sont dans des zones d’education prioritaires, de l’argent est debloqué pour les cités, les assos, la formation. On veut mettre en place de la discrimination positive, on cree des « forums » de banlieues...

                          Qu’est ce qu’il faut de plus ? J’aimerai des exemples concrets.

                          Une place dans la société, une reconnaissance, cela s’obtient par les actes, par le travail, la creativité, par l’implication dans la société. Ca n’est pas un cadeau qui s’obtient en revendicant a tout va « plus que les autres ».

                          Je prend un exemple (tiré d’un post mais je ne sais plus lequel) : un jeune (des banlieues) cherche du travail.

                          S’il en obtient un, il considere que c’est normal. Mais si on lui refuse c’est automatiquement « Va Ch... sale raciste, jt’e..... ».

                          Ca n’est pas vraiment une attitude positive, et ca n’aide pas à etre consideré.


                        • Antzo Bayle (---.---.87.92) 30 novembre 2006 18:49

                          Les dispositions prisent par les gouvernements qui se sont succédés ne sont pas suffisantes. Il faut continuer d’aider nos Français démunis, organiser la mixité social, améliorer leurs conditions de vie, changer le visage de la France, les intégrer dans les emblèmes nationaux (Changer les paroles de la marseillaise ou modifier le drapeau français) C’est un processus qui prendra du temps mais il faut continuer à combattre les inégalités et toujours favoriser les conditions d’intégrations. Et surtout, toujours considérer des français comme des français, et pas comme des immigrés. Le meilleur moyen de se considérer Français c’est d’être considéré comme un français.


                        • Yann (---.---.123.176) 30 novembre 2006 19:18

                          Je suis absolument contre ce que vous avez mis entre parenthèse. Et pourquoi pas changer le nom du pays et l’appeller mixité ? Il y a des choses auxquels ils ne faut pas toucher, le drapeau et la marseillaise en font parti. Aux etrangés de les accepter et non de les faire changer.


                        • DEALBATA (---.---.166.140) 1er décembre 2006 08:03

                          On est donc dans un processus de colonisation à rebourg : si on inversait les propos de Bayle et qu’on les appliquait à des colonisateurs de type européen, on aurait une déclaration hégémonique en vue de soumettre un peuple et sa culture sous la contrainte d’une autre. Juste retour des choses diront certains, mais il est normal qu’elle sucite, chez nos concitoyens, des réactions comme celles qui ont pu exister chez les anciens colonisés.


                        • farid (---.---.218.193) 30 novembre 2006 15:13

                          le fait d’etre né en france en ne se sentant pas accepté n’est il pas un contresens en soit ? C’est l’utilisation d’un contresens qui explique une situation paradoxale non ?


                          • fouadraiden fouadraiden 30 novembre 2006 16:33

                            salut farid,

                            javais posté une reponse complete mais disparue.

                            mais en quoi selon toi le lieu de naisance devrait il assurer une garantie quelconque ?


                          • farid (---.---.218.193) 30 novembre 2006 17:23

                            Gilles,

                            si on ne considère pas les raisons historiques des pays concernés, on ne comprend effectivement rien.

                            musulman ne rime pas avec systématiquement avec intolérance, c’est chaque religion qui a ses fanatiques...et à l’époque de l’inquisition ce n’était pas eux.

                            Le problème est qu’il faut voir que la décolonisation de l’algérie(car ce sont eux les musulmans de france, comme les turcs pr les allemands et les pakistanais pour les anglais), comme l’occupation(enfin la periode de colonisation) n’ont pas été un bonheur pour les « indigènes ». parqués dans les bidonvilles, mauvais traitements par la police etc... croyez vous que cela amène quelqu’un à l’intégration ? Surtout que la seule intégration proposée(meme aujourd’hui) n’est faite que pour seduire l’electorat beur... Si vous ajoutez la récession et la ghéttoisation...

                            D’une manière générale, il me semble que vous évoquez un désir de rejeter ses racines...considérez ca plutot comme une simple évolution, une adaptation à l’environnement, une migration en somme car la société matraque doucement qu’il faut devenir européen, pour rentrer en boite ou avoir du travail.

                            Je désire enfin ajouter que votre réponse me choque un peu. Fouad dit que votre raisonnement est bizarre, moi je dirais qu’il « craint ». Il est réducteur et ne tient en rien compte du passé de la France.


                          • farid (---.---.218.193) 6 décembre 2006 13:39

                            excellent article !!! l’ironie juste et un poil facho(n’y voit rien de péjoratif, j’ai vraiment aimé)

                            un indigène bien trop français pour son époque.


                          • farid (---.---.218.193) 6 décembre 2006 13:41

                            oups me suis trompé d’article. toutes mes excuses à l’auteur.


                          • farid (---.---.218.194) 30 janvier 2007 15:14

                            je suis désolé que nombre de personnes ne trouvent pas « constructives » le fait que certaines personnes essaient d’expliquer aux autres ce que c’est que d’être étranger en France(entendre par là anciens colonisés et descendants d’indigène). ce que c’est que la vie d’étranger et le regard de la société majoritaire sur eux.

                            Nous sommes dans un pays démocratique. liberté EGALITE fraternité. cela semble évident...en droit, mais qu’en est il en réalité. Il est difficilement possible de comprendre ça à moins de le vivre de façon pratique.(et pour ça il faut ressembler à un arabe ou un noir...)

                            Alors je vous invite à regarder une émission sur canal ce soir(je fais pas de pub !!)

                            Le concept est simple :

                            des amis, blancs et noirs échangent leurs vies (maquillagez très soigné à l’appui). Les(amis) blancs pensent que les noirs sont paranos et se trompent sur le fait qu’ils sont jugés sur leur couleur. Les amis noirs(transformés à l’occasion en blancs) pensent que leurs amis blancs ne peuvent comprendre leur situation.

                            Ce sera une surprise pour l’ensemble des participants.

                            Plus que tous les discours, ceux qui recherchent la vérité et l’honnêteté intellectuelle regarderont. Les autres ne font que discuter pour avoir raison.

                            En espèrant sincèrement que ça permettra d’ouvrir les esprits à autre chose que sa propre vie.


                          • fouadraiden fouadraiden 30 novembre 2006 15:31

                            salut l’auteur,

                            les problèmes que vous tentez de soulever sont très interéssants.mais vous n’abordez pas,meme en deux lignes, les enjeux réels de cette affaire.

                            je pense ,comme vous ,qu’aujourd’hui le problème des discriminations de la part de la société majoritaire cible le graçon arabe et les noirs.

                            il faudrait un long développement pour rendre compte des raisons de la première cible et distinguer l’unique raison de la seconde.

                            les personnes qui sont victimes d’un racisme millénaire sont les seuls noirs. car un noir meme quand il adopte la culture religieuse du blanc, et tous les outils(prénoms,mariages,etc) qui vont avec, force est de constater leur exclusion.

                            pour le garçon arabe les raisons de son exclusion sont plus elaborées et théorisés par la société majoritaire,là où la discrimintion du noir n’est que pur racisme.

                            vous dites que la stigmatisation est liée à cette jeunesse ,c’est évidemment faux ,nos parents l’étaient déjà.cette impression indique l’origine de vos sources:la médiatisation du problème.

                            vous avez vu une chose d’assez juste .le piège aux allouettes que constituent les débats autour de l’islam ,debats qui n’ont d’autres intérets que d’attribuer aux garcons arabes un attribut supplémentaire ,celui de l’integriste en puissance.

                            l’islam n’intéresse pas la société majoriatire mais il lui permet de fonder en droit l’exclusion theoriques des arabes.

                            les noirs sont exclus en raison de leur couleur, les arabes en raison de leur idéologie supposée nuisible aux corps social.

                            d’ailleurs ,il suffit de voir le destin social des judéo rabe (juifs maghrébins) d’avec les arabo musulmans pour saisir les regles du jeu insaturée par la société majoritaire.

                            la france réussira t elle ?

                            évidemment non.elle n’a aucune raison de réussir là ou les sociétés anglo américianes ont échoué.

                            les mesurettes que vous evoquez avec les medias sont l’indice définitif de leur exclusion.

                            n’oublions pas qu’aujourd’hui le problème des minorités arabo musulmanes ( avec les turcs et quelques asiatiques musulmans) concerne toute l’europe occidentale et pas seulement la france.et que constate t on si on fait un tour rapide de cette europe ?

                            par exclusion il faut entendre l’indice de concentration d’une meme population dans des ecoles ghettos,l’absence dans les corps constitués de ces populations,bref, l’exclusion du pouvoir est la marque qui permet d’établir l’inclusion ou l’exclusion de quelques populations

                            en allemagne les turcs sont exclus. en hollande,qui s’est caché sous sa tolérance,exlut les marocains. en belgique ,les maghrébins sont exclus. en angleterre ,les pakistanais sont exclus.

                            la france ,comme tous les autres ,exclut ces gens pour les memes raisons qui l’ont poussé ,hier, à les coloniser. alors ,pourquoi ferait elle autrement chez elle ce que chez eux elle refusait de leur accorder : un partage équitable du pouvoir

                            malheureusement la société majoritaire a le droit de refuser untel ou untel meme si les raisons qu’elle invoque sont maladroites.

                            pour les maghrébins(arabo musulman) ,la vérité profonde de notre exclusion traduit une seule réalité qu’il ne faut jamais éluder.

                            ici nous ne sommes pas chez nous,et chez nous c’est tout pourri.


                            • La Taverne des poètes 30 novembre 2006 16:00

                              à fouadraiden :

                              Je vous réponds rapidement à l’occasion de ma pause :

                              Je ne prétendais pas tout évoquer dans un seul article. Et je ne suis pas un spécialiste de la question des discriminations. Les immigrés des années 60 étaient stigmatisés aussi, ainsi que vous le faites remarquer, mais la stigmatisation aujourd’hui est d’une forme différente. Il ne faut surtout pas céder au fatalisme mais au contraire lutter pour contrer les discriminations. La création de la HALDE et des testings est une chose efficace. Mais les esprits doivent aussi évoluer et c’est pourquoi j’ai souhaité résolument hier rédiger un article pour contrer certaines idéologies dangereuses (assez présentes sur ce site) par une approche qui se veut constructive. Evidemment le débat est ouvert sur les autres améliorations efficaces imaginables.

                              Les Français que je qualifie d’indijeunes sont chez eux en France. Et c’est là-dessus qu’il faut agir résolument pour que cette réalité soit plus perceptible par eux et par le corps social.

                              Précision utile : il s’agit ici des Français d’origine immigrée et déjà installés en France. D’autres questions (tout aussi délicates à aborder) comme celle des flux d’immigration, du codéveloppmeent, des aides aux étudiants étrangers, méritaient aussi d’être traitées. S’il y a un rédacteur que cela intéresse...

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