• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Les infirmières en colère contre France 2
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(80 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les infirmières en colère contre France 2

Polémique grandissante concernant un reportage diffusé au 20 heures de France 2 le lundi 18 février 2008 concernant "la vérité sur le salaire des fonctionnaires".

Quel ne fut pas l’émoi de la communauté infirmière de découvrir le reportage de Jean-Paul Chapel intitulé : "Fonctionnaires qui gagne quoi ?"

C’est le lundi 18 février 2008 à 20 h 17 qu’un grand nombre de fonctionnaires se sont étranglés devant leur poste de télévision.

Le reportage est introduit par David Pujadas par ces mots : "Voici le plus précisément possible la vérité sur le salaire des fonctionnaires".

Premier exemple, celui des instituteurs (terme déjà désuet), puis vient celui des gardiens de la paix et enfin celui des infirmières.

Des chiffres absurdes ! Selon le reportage, un gardien de la paix débute à 2 133 euros alors qu’en réalité c’est plutôt 1 500 euros, et concernant le sujet qui nous intéresse, JP Chapel annonce qu’une infirmière débute à 1 802 euros net, primes comprises (!) alors qu’en réalité une infirmière débute à l’indice 322 correspondant à 1 396 euros avant primes et retenues qui bien souvent s’annulent.

Il est impossible, en ajoutant toutes les primes imaginables de la fonction publique hospitalière (travail de nuit (+ 1,06 euros/h), prime de dimanche/férié (45 euros), NBI (...) d’arriver à un résultat de 1 800 euros (qui correspond au salaire d’une infirmière après douze années d’ancienneté minimum, primes comprises).

Comment une erreur aussi grotesque a pu se glisser à une heure de si grande écoute ?

Quel journaliste ne vérifie pas ses sources ? Apparemment Jean-Paul Chapel.

Les grilles indiciaires connues de tous, disponibles sur une multitude de sites institutionnels et syndicaux, ont-elles échappées à ce "journaliste" ?

Le standard de France 2 saute, les forums internet sont pris d’assaut

Les professionnels infirmiers exigent un rectificatif pour les plus modérés, des excuses publiques, voire la démission du journaliste pour les plus blessés.

En effet, à l’heure actuelle, les luttes de la communauté infirmières peinent à se faire connaître du grand public, notre droit de grève étant sans cesse bafoué par les réquisitions abusives, une formation de 37 mois temps plein à laquelle on refuse la reconnaissance bac +3 (L dans le schéma LMD), des salaires misérables au vu des responsabilités exercées quotidiennement, des conditions de travail de plus en plus exaspérantes, un abandon de la profession pour toutes ces raisons. Rappelons que la durée moyenne d’exercice d’une infirmière est de douze années (!)

Il a suffit d’un simple reportage bâclé pour effectuer ce travail de sape auprès du plus grand nombre.

Malgré la multitude de messages transmis, la rédaction refuse toujours d’admettre son erreur et ne fait aucun rectificatif !

Pire, la rédaction se défend en disant que ses sources sont gouvernementales, donc apparemment du pain béni. Le ministère recontacté par France 2 se cacherait derrière son devoir de réserve pour ne pas répondre à la polémique.

Pire, Agnès Molinier, responsable du service économique et social à la rédaction, use d’une mauvaise foi déconcertante en expliquant que les chiffres énoncés sont une moyenne, alors que les grilles indiciaires et les primes sont communes à tous les agents de la fonction publique hospitalière : preuves à l’appui les bulletins de salaire des infirmières débutantes des quatre coins de la France transmises par fax à leur rédaction. On comprend par sa réponse qu’elle aussi est bien loin de maîtriser son sujet !

Nous attendions tous l’émission hebdomadaire du médiateur de l’information (Christian Marie Monnot) qui, à la fin de son émission, diffusa un droit de réponse de JP Chapel actuellement en vacances ("il a bien travaillé, il les a méritées ses vacances à courch’", ironiseront certains).

Celui-ci ne fait que répéter les arguments de sa rédaction : "source gouvernementale", "moyenne".

"Les personnes qui râlent se trouvent dans la partie inférieure de la moyenne, c’est pour cela qu’ils ne se retrouvent pas dans les chiffres !" Apparemment, il n’a toujours pas compris...

Christian Marie Monnot s’engage pourtant personnellement à revenir sur ce reportage dans une prochaine émission hebdomadaire (lorsque M. Chapel sera revenu de ses vacances). Dont acte.

La mauvaise volonté dans le traitement de ce dossier égratigne encore la crédibilité de la rédaction de France 2, certains s’autorisent même à penser que toute cette histoire est voulue car, étrangement, le lendemain, un reportage sur l’hôpital public recrutant 200 000 agents a été diffusé.

France 2 est-il à la solde du gouvernement qui cherche à faire croire qu’il rémunère correctement ses fonctionnaires ?

Enfin, nous aimerions faire réfléchir les journalistes qui nous lisent.

Sachez que, dans notre travail, une erreur de chiffre n’a pas du tout les mêmes répercussions que dans votre profession.

Un calcul de dose erroné, une posologie non respectée et c’est la vie humaine qui est en jeu, mais aussi également notre carrière professionnelle...

C’est peut-être pour cela que nous exigeons plus de rigueur dans le traitement de l’information nous concernant.

par Nozinan lundi 25 février 2008 - 28 réactions
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(80 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Ronny (xxx.xxx.xxx.50) 25 février 2008 13:39
    Ronny

    Et oui...

    Comme le dit M. Harel plus haut, il ne faut pas attendre de la télévision, qu’elle soit publique ou privée, qu’elle vous donne de l’information. la TV n’est là que pour servir la soupe, soit aux industriels qui la possèdent, soit aux politicines qui la controlent (on se rappelera de certains nominations pro sarkozistes récentes). . . Et entre temps, elle ramolit votre cerveau pour vendre de la pub.

    L’erreur révélée pour les instituteurs est aussi vraie pour d’autres personnels de la fonction publique (FP). La stratégie suvie vise à mon avis deux objectifs.

    Le premier, assez immédiat, est d’allumer des contre feux aux revendications salariales. Les fonctionnaires sont bien payés, de quoi se plaignent-t-ils. Tel est le message. Comme on a dejà répété aux français que la FP ne foutait rien, le tableau est donc complet ! Rappelons simplement que l’augmentation de salaire pour l’année est de 0,5% auxquels s’ajoutent 0,3% en octobre ou novembe, ce qui ne fait pas 0,8 au total comme la aussi la TV et d’autres media l’ont annoncé, mais 0,575% puisque les 0,3 ne couvrent que 2 à 3 mois des 12 mois de 2008. Remarquez là aussi la belle manipulation ! Ajoutez les augmentations récentes de 5 à 50% de l’alimentaire, qui représente un peu moins de 20% des dépenses des français en moyenne, et un peu plus chez les catégories les plus défavorisées , et vous vous retrouvez déjà avec de 1 à 10% de hausse du coût de la vie rien que sur ce poste. On passe sur le gas oil, les transports, le logement...

    Second objectif dans la lignée du premier mais s’inscrivant dans du long terme : bien insister sur les coûts que représente la FP, pour ensuite mieux faire accepter sa disparition ou son laminage. De plus cela justife toutes les attaques qu’elle subit et qu’elle va encore subir surtout depuis que nos députés ont - très respectueusement de leur électeurs - signé le traité de Lisbonne. J’entends dejà M. Sarkozy de Nagy-Bocsa "La vérité, c’est qu’il existe des secteurs entiers de la FP qui ne correspondent pas à une justification quelconque et qui appauvrissent nos concitoyens. Je vais changer cette situation parce qu’elle est indigne"...

    Pour parodier une citation récente, j’ai envie de dire à la télé qu’elle salit l’information. Quant à moi, pauvre connard, cela fait longtemps que je me suis cassé de devant un petit écran !

  • Par le Plouc (xxx.xxx.xxx.176) 25 février 2008 14:44

    Ma femme est infirmière en scteur psychiatrique depuis 18 ans , salaire mensuel : 2000 euro .... parce qu’elle ne travaille que de nuit...

    Quant aux conditions de travail , c’est alarmant ! Depuis le drame de Pau , ou deux infirmières ont été tuées , la solution a été enfin trouvée : non remplacement des départs en retraite , bien sur les effectifs minimums prévus par les réglements ne sont plus réspectés ! On nous en avait promis des belles choses au JT de TF1 France 2 et France 3 à l’époque. Si le bon peuple était réellement informé sur ce qui se passe dans les hopitaux , la musique ambiante changerait !

    Pour anecdote : un détenu psychotique (mais en prison quand meme) arrive de nuit dans le seul pavillon ou il reste une place , escorté par sept (oui SEPT) flics , qui le laissent aux bon soin de .... 1 infirmière diplomée et deux ASH sans protection. On croit rever !

    Il existe un service indépendant de controle de sécurité dans les hopitaux (le CHSCT), qui en théorie est là pour relever ce genre l’abberrations.Dans la pratique , les personnels sont vivement incités à ne leur communiquer aucune information. Et de toute façons , ce service est en passe de changer de statut , pour etre administré par.......la direction de l’hopital !!!!

    Les faux chiffres donnés dans cette émission ne sont pas des erreurs , c’est voulu ! il faut bien préparer l’opinion à la suppression progressive du service public.

     Les poufendeurs de fonctionnaires sont donc invités à aller passer une semaine en HP histoire de voir si les personnels sont surpayés....

    P.S : je ne suis pas fonctionnaire

  • Par Lafeuille (xxx.xxx.xxx.237) 25 février 2008 13:07

     La même "erreur" a été commise, mais avec un peu plus d’habileté concernant le salaire des instituteurs. Le tableau donnait un montant d’un peu plus de 2900 € pour un instituteur en fin de carrière. Cette rémunération est exceptionnelle de nos jours. Elle correspond à ce que toucherait un professeur des écoles au dernier échelon appartenant à la hors-classe en fin de carrière. Sachant que c’est Jospin qui a créé cette soi-disante "requalification" professeur des écoles, la majorité des collègues qui partent en retraite ont fait la majorité de leur carrière au grade d’instituteur. La grande majorité termine avec un salaire de 2200 à 2400 €, selon l’échelon, ce qui n’est pas tout à fait la même chose (aucune prime à ajouter à ce salaire net). Belle manipulation que celle qui consiste à prendre un cas particulier ultra minoritaire pour en faire le cas général.

    Avec ou sans publicité, peu de choses changeront, le "service public" ne vaut déjà plus tripette en tant que média d’information !

  • Par Yannick Harrel (xxx.xxx.xxx.152) 25 février 2008 12:34
    Yannick Harrel

    Bonjour,

    Pour être laconique et ironique je vous dirais : pensez-vous encore que l’on puisse apprendre quelque chose au travers des journaux télévisés ? La télévision est une arme, de moins en moins un médium d’informations.

    Cordialement

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox