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Les intouchables, film pour Bisounours bien pensants qui en sont encore à « Y a bon Banania »

Un noir, quand il n’est pas footballeur, qu’il ne gagne pas une course sur une piste d’athlétisme, il sait au moins danser et faire de la musique, sinon, où allons-nous ? On entend ce genre de poncif à longueur de journée de la part de ceux qui critiquent Tintin au Congo, écrit et dessiné dans un contexte bien différent et qui date désormais. Donc, pas beaucoup d’espoir de se distinguer pour un Africain en dehors de ces domaines de prédilection au risque de tomber dans la petite délinquance, le chômage ou l’aide sociale. Et s’il n’est doué ni pour le sport ni pour la musique, mais veut rester honnête, il ne reste au noir que l’espoir d’être vigile devant un super marché, videur de boite de nuit et s’il n’est pas assez costaud, livreur de pizza ou balayeur.

Le héros des Intouchables est un petit délinquant, roublard, caricatural, racaille de cité reconverti dans le compassionnel qui lui sert de rédemption au service d’un riche paralysé dans son fauteuil roulant. L’inverse est inconcevable, et pourtant. Un homme d’affaires d’origine africaine, à la tête d’une entreprise qui se paye un platane en voiture et qui veut malgré tout continuer à diriger sa société et son personnel, ce n’est pourtant pas inimaginable. Et de petits blancs vivant en milieu rural ou défavorisé, tentant de se débattre dans l’existence et de trouver un boulot stable, il y en a légion en France.

Alors, on peut se demander pourquoi dix millions de spectateurs sont allés voir ce film dégoulinant de bons sentiments, à l’humour facile, s’adressant comme pour les Chti’s ou Rien à déclarer, à un public au vocabulaire limité ou de petits bourgeois influencés par la propagande des promotions cinématographiques sur les grands médias.

Or, un noir qu’il soit résident légal avec un titre de séjour, qu’il soit né français ou soit naturalisé peut devenir architecte, médecin, chef d’entreprise, journaliste, sociologue ou petit commerçant. Pourquoi Petrossian, le « Roi du caviar » a pris Mademoiselle Rougui Dia comme chef de cuisine ? Non parce qu’elle est noire, mais parce qu’elle est douée pour la restauration. Et son origine ne doit pas la condamner éternellement au mafé. De plus un noir quel que soit son origine peut très bien porter un costume et un cravate sans se sentir obligé de se déguiser en traîne-savate paradoxalement pieds nus comme Yannick Noah, ou de s’affubler en street-wear avec capuche, pantalon baggy, Nike aux pieds et casquette à l’envers vissée sur la tête. Il en est de même pour l’expression orale, mais là, c’est plutôt l’éducation nationale qui est en cause, incapable de donner un apprentissage cohérent de la langue française à une population défavorisée vivant dans des ghettos sociaux quelque soit l’origine ethnique des habitants. Vous l’imaginez Harry Roselmack commençant son JT par un tonitruant « Hey brothers, l’actualité d’aujourd’hui c’est relou et ça craint grave les mecs ! », il n’aurait pas tenu une semaine à l’écran en tenant ce genre de propos. Aucun patron aussi libéral et antiraciste soit-il ne mettra au contact de la clientèle un employé blanc, arabe ou noir (pas plus qu’un handicapé) qui ponctue toutes ses phrases d’un « voilà » itératif et qui s’exprime dans un sabir stigmatisant et caricatural. Ca marche avec Alibi Montana sur un plateau télé, mais pas à la BNP, chez Hermès ou dans un cabinet d’avocats devant des clients. En dehors de quelques véritables racistes invétérés qui convulsent à la vue d’un noir ou d’un arabe, l’exclusion et le rejet sont avant tout d’ordre social et culturel.

Le noir n’est pas condamné à la délinquance et aux petits boulots du fait de sa pigmentation cutanée. La mélanine n’intervient pas au niveau des neurones et si un noir est un con, cela arrive comme pour les blancs, cela ne vient pas de la couleur de sa peau. Le recours à l’argot, au MacDo, à la délinquance n’est pas génétique mais d’origine sociale. Le libre-arbitre existe aussi, il y aura pour chacun des choix et des obstacles, des injustices flagrantes, mais celui qui veut s’en sortir peut y arriver, pour certains cependant cela sera seulement beaucoup plus difficile. D’autre part, rien n’empêche d’être pauvre et à la fois honnête et poli ; il n’y a pas de déterminisme ethnique mais des inégalités sociales et il faut le reconnaître pour certains de la mauvaise volonté et de la victimisation.

La complaisance est avec la condescendance lénifiante ce qu’il y a de pire et ce n’est pas en plaignant les noirs, en les infantilisant qu’on les aidera à progresser dans la société française. Ce n’est plus avec « Y a bon » que l’on ridiculise le bon nègre, mais avec des blagues à deux balles comme « pas de bras pas de chocolat ». Avec ce film, l’Africain, redevient un Bamboula de banlieue qui fait les yeux ronds, un Oncle Tom ou un Oncle Ben’s réactualisé banlieue, pas de quoi crier au génie. Avant de parler de diversité, il faudrait rechercher avant tout ce qui nous rassemble, ce que nous avons en commun pour créer une nation et non les petits détails qui nous diversifient et finalement nous opposent entre citoyens d’un même pays.

par Georges Yang lundi 12 décembre 2011 - 149 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par dhbasse (xxx.xxx.xxx.226) 12 décembre 2011 12:40
    dhbasse

    en même temps ne peut on pas simplement regarder un film pour ce qu’il est, une comédie, pas transcendante certes, mais simplement une comédie et ne pas chercher systématiquement le message subliminal derrière...

    PS : je ne suis qu’un spectateur, donc un con, qui a vu ce film, a pas particulièrement accroché mais qui se prend pas le choux à faire de l’exégèse à la mord-moi-le-neud à son propos...

     

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 12 décembre 2011 11:27
    Gabriel

    Tous n’est pas blanc, tous n’est pas noir, c’est sur ! Mais j’ai du mal à comprendre ceux qui se font une spécialité de salir, critiquer ou trouver suspect ce qui tend vers un peu plus d’humanisme. On peut aimer ou pas ce film, encore faudrait-il le voir avant de le critiquer. Quoi qu’il en soit, dés que vous parlez d’altruisme, de fraternité ou d’humaniste, vous êtes suspect car dans l’esprit de certain, tout le monde est pourri. Comme pareille vision me semble triste …

  • Par Krokodilo (xxx.xxx.xxx.111) 12 décembre 2011 11:36
    Krokodilo

    La critique est aisée, mais l’art est difficile !
    Ceux qui criitquent et veulent censurer Tintin au Congo ont un raisonnement qui obligerait à revisiter et à censurer des siècles d’oeuvres en tout genre, procédé que vous refusez.

    Pourtant, interdire (ou presque) de montrer un personnage de noir de banlieue, ex-racaille ne s’exprimant pas comme Obama, est aussi une forme de censure et de politiquement correct.

    "Alors, on peut se demander pourquoi dix millions de spectateurs sont allés voir ce film dégoulinant de bons sentiments, à l’humour facile,"
    Peut-être parce qu’en ces temps de crise et d’incertitudes, on a justement envie de bons sentiments ? La tradition des histoires et des films qui font chaud au coeur est ancienne.

  • Par gaetan003 (xxx.xxx.xxx.120) 12 décembre 2011 14:49

    1er commentaire foiré (enfin je pense, moi un peu bête) !!!

    Donc que de bons français sur ce forum ...

    Je vais tout d’abord m’attarder aux commentaires :

    - "des enseignants syndiqués passer le DVD à l’école pour faire une animation participative sur le handicap et la diversité"
     Cher M.Yang, ce film ne se veut en aucun cas historique, ou assimilé à un documentaire et je pense que la grande majorité des spectateurs l’ont perçu ainsi. Pas vous apparemment, mais me direz-vous, vous ne l’avez pas vu... (un comble pour une critique ?)

    - "Hélas oui, mais j’essaie de leur ouvrir les yeux, ils sont plus naifs que méchants"
     Votre intelligence m’a justement frappé dès vos 1ers mots, d’où l’adhésion presque immédiate à vos propos et votre article...

    - "celle si est magnifié, caricaturale"
     Merci pour ces précieuses informations, il me semblait que ce film avait un vice caché. Les personnages issus de la réalité s’y sont eux même perdus !

    - "Le film est plus consensuel que raciste, plus con que sensuel, il s’adresse aux cons"

     Alors là, j’hésite !! Vous allez loin, M.Yang, vous allez même très loin. Alors d’où vient toute cette rancoeur ? D’où vient toute cette amertume ? D’où vient cette étroitesse d’esprit qui puisse vous permettre, O vous grand maître Yang, de juger tout un peuple de la sorte ?
    Quel est ce complexe d’infériorité qui vous élève inconsciement sur ce pédestal imaginaire ? L’origine de votre nom apporte-t-il un rejet social qui rempli d’animosité votre coeur contre tous ces citoyens français racistes et débiles ?
    OU Suis-je trop "con" pour percevoir la subtilité de vos propos et la qualité de vos argumentaires ?

    - "Un mec qui " se croute " en parapente, je n’ai pas spécialement de compassion pour lui ; c’est comme pour ceux qui font du hors piste ; ils connaissent les risques."
     Alors là, cher Antonio, je reste sans mots... Votre débilité n’a d’égale que l’énormité de vos propos. Mais vous savez quoi ? vous avez raison ! Nulle compassion pour le footballeur (ou autre sportif, pour pas faire de jaloux) qui se fracture un membre ou pire meurt d’une crise cardiaque pendant le jeu ! Vous avez raison ! Il aurait dû rester chez lui plutôt que de se laisser aller un loisir totalement bête et dénué de sens.
    Une fille qui se fait violer et tuer car elle rentrait chez elle après son cours de danse ne pouvait-elle pas rester chez elle et éviter de trémousser son popotin à un cours qui ne lui apportait rien dans la vie ?
    Nulle compassion pour le fumeur atteint d’un cancer du poumon, nulle compassion pour l’alcoolique défunt, nulle compassion pour le pompier meurt dans un incendie (il avait choisi son métier en connaissant les risques).

    BREF, votre commentaire me DEPITE...

    - "d’apporter soutien et joie de vivre à un milliardaire paraplégique"
     Tétraplégique, non ?

    - "dont beaucoup immigrés ou d’origine immigrée ; parmi eux, une proportion non négligeable s’adonne aux trafics, aux vols, à la délinquance." ... "Dès que j’ai entendu parler du film , j’ai pensé à " Ya bon Banania " comme vous dites. En fait, sous prétexte d ’ antiracisme, c’est encore plus raciste que raciste !"
     
    Bizarement, vos propos font écho au racisme, bien plus que le film lui même. Vous avez une vision bien triste de la société...Si ce n’est erronée...Pas sûr que vous passiez votre temps libre dans les banlieues ...

    - "Le film nous montre un handicapé " montrable ", un aidant noir à montrer absolument !"
     
    FAUX, ce film montre comment une grande partie des handicapés aimeraient être considérés, c’est à dire sans compassion ou devrais-je dire sans fausse compassion, mais avec sincérité, comme tout homme.

    - "Surtout, ne pas faire réfléchir les gens : tout à la télé et ailleurs fonctionne à l’émotion, des kilos et des kilos nous en sont " balourdés " continuellement."
     Je dirais plutôt que tout dans l’ART (qu’importe lequel) fonctionne à l’émotion ou à l’interprétation (l’intelligence ?), et ce film a choisi son camp ! Vous (et M.YANG) avez une bien grande estime de votre personne et celle-ci vous permets de mettre à bas la grande majorité de la population. Que cela vous préserve, bien que je pense que ce manque d’émotivité et d’objectivité vous desserve...

    - "Encore bravo pour votre article !"
     Encore bravo à votre commentaire, j’espère qu’il permettra au lecteur d’aller voir ce film étant donné le peu de bien-fondé...

    - "Tous n’est pas blanc, tous n’est pas noir, c’est sur ! Mais j’ai du mal à comprendre ceux qui se font une spécialité de salir, critiquer ou trouver suspect ce qui tend vers un peu plus d’humanisme. On peut aimer ou pas ce film, encore faudrait-il le voir avant de le critiquer."
     Totalement d’accord avec vous, le français n’aime pas la réussite française ! Le français n’aime pas la réussite tout court ! Ici, on court après l’égoisme main dans la main avec la jalousie. Partez, voyagez, étudiez, et imprégnez-vous de cette fierté des autres de voir un des leurs réussir ! Ceci manque à la France et ceci l’empêche d’avancer ! Chacun chez soi et pourvu que l’autre ne nous en prenne pas ...

    - "Faux, dans les endroits qui craignent genre Somalie, Sud Soudan, les ONG dont les françaises envoient de plus en plus de noirs pour deux raisons qui n’ont rien à voir avec l’égalité des chances mais parce que les noirs sont moins "visible" et risquent moins d’être abattus ou kidnappés et que médiatiquement quand on enlève ou tue un noir, ça fait moins de vague médiatiquement
    Et les rançons sont moins élévées"
     Grand amateur d’actualités et d’informations (pas TF1 hein ;) ), encore une chose que je découvre aujourd’hui, je vais vraiment finir par me coucher moins con grâce à vous, O Yang. C’est bien connu, on envoie les noirs se faire tuer... Bien qu’on envoie pas étant donné que ces gens (noirs ou blancs) sont volontaires...

    - "Téléchargez Bénabar et vous serez heureux"
     Télécharger Damien Saez, vous l’idolâtrerez.

    - "Un noir, quand il n’est pas footballeur, qu’il ne gagne pas une course sur une piste d’athlétisme, il sait au moins danser et faire de la musique, sinon, où allons-nous ? On entend ce genre de poncif à longueur de journée de la part de ceux qui critiquent Tintin au Congo"
     
    Mais sérieusement, où vivez-vous ??? Suis-je le seul à être choqué par de tels propos ? Personne ne vous contrôle avant de publier de telles âneries ? Ces propos que vous dissumulés comme rapportés nous apparaissent comme sorties de vos pensées et c’est dela qui discrédite tout votre argumentaire !!

    BREF, votre critique est finalement plate et sans intérêt (bien que je l’accorde, j’ai pris un peu de temps à la lire et donc me suis fait prendre au piège. Pauvre de moi). Le premier paragraphe en gras se suffisait à lui même pour l’intégralité de votre article. Tout n’est que couleur, noir ou blanc... L’article ne nous apporte rien au fil de la lecture, tout n’est que répétition du précédent propos.
    J’aurais aimé un article à l’image de votre fiche personnelle qui me laissait présagée bien meilleure lecture qu’il ne fut.

    Pour finir, j’ai vu un film drôle, parfois émouvant (je dis bien parfois car ce n’est pas le but de celui-ci) et contrairement à certaine personne, je n’ai pas vu de couleur. Bizarement, décrivant le film à mes amis, je ne pense pas avoir évoqué les termes "noir", "couleur", "riche", "pauvre" etc... Aux personnes qui voient des clichés dans ce qui resort de la société actuelle, attention à ne pas les créer.
    Mais bien évidemment, je ne suis qu’un jeune de 25 ans, abruti par la télévision (que je ne regarde presque pas), corrompu par la politique (en qui je ne crois pas). Je ne suis pas fonctionnaire, pas prof, non issu des banlieues mais certainement un peu bête, ne décelant pas la subtilité, n’ayant aucune capacité de réflexion, d’interprétation et n’utilisant que des mots simples que je comprends. Je correspond donc tout à fait au citoyen moyen décrit par M.Yang, qui a aimé ce film car celui-ci était fait pour moi, était à la hauteur de mes capacités.

    Je ne suis pas médecin, je ne peux donc me mesurer à l’intellect de M.Yang, je peux seulement rire devant ce film et me satisfaire de l’avoir compris...

    PS : Si je peux me permettre les clichés M.Yang, après tout vous les avez bien maniés pendant quelques lignes, je dirais pour finir que :

    - Vous êtes médecin (félicitations en passant) ce qui signifie que vous avez fait de longues études et donc que vous devez être issu d’une famille aisé ! Comprenez bien, il est difficile d’allier études de médecine et travail pour se payer ces études, donc une famille qui assure les dépenses du petit pendant quelques années. très loin du niveau de vie actuel des résidents de banlieues ... Aussi, Yang, origine asiatique ? Issu d’une famille d’immigrée ? Issu d’une famille riche expatriée en France afin d’obtenir une meilleure qualité de vie et fournir à leur petit fils chéri la meilleure éducation possible ! Puis le fils, ayant profité des services Français, ayant obtenu son diplôme s’en ai allé à l’étranger pour vivre sa vie...

    Ne le prenez pas mal, tout ce paragraphe est absurde, aussi absurde que votre article. Il démontre bien comme il est aisé de fabriquer des raccourcis pour chaque situation, comme il est facile de détourner un sujet dans sa propre interprétation et d’en faire une généralité.

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