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Les jeunes précaires touchés de plein fouet par la crise

En novembre dernier, le Secours catholique a tiré la sonnette d’alarme : sur les 33 000 situations de pauvreté accueillies par l’association en 2010 dans les Bouches-du-Rhône, 12 % sont des jeunes entre 18 et 25 ans ! Avec 17 propositions, le Secours catholique entend peser dans le débat de 2012 et améliorer la situation des jeunes.

Difficultés pour trouver un logement, un emploi, ou pour se nourrir… Aujourd’hui, « il est plus difficile pour un jeune d’être autonome », s’accordent à dire Christophe Lenfant, président du Secours catholique d’Avignon et Brigitte Cavalaro, directrice générale des missions locales de Marseille.

En novembre dernier, le Secours Catholique a focalisé son rapport annuel sur l’évolution de la pauvreté des jeunes Français. Son constat est alarmant : « Sur les 33 000 situations de pauvreté accueillies par le Secours Catholique en 2010 dans les Bouches-du-Rhône, 12 % sont des jeunes entre 18 et 25 ans ».

Étudiants, chômeurs, ou travailleurs pauvres… Il n’y a plus d’exemple type du « jeune précaire ». « Un quart d’entre eux ont un niveau d’études supérieures », affirme l’association qui entend porter la question des jeunes dans le débat présidentiel de 2012.

Victimes de la crise

« L’étude a été menée sur le public qui fréquente le Secours Catholique », insiste Christophe Lenfant. Néanmoins, ces statistiques correspondent, toute proportion gardée, à des réalités nationales.

« La plupart des jeunes qui viennent au Secours Catholique sont au chômage. Ce sont des étudiants ou des jeunes en formation », explique Christophe Lenfant. Un public « fragile », au moindre « accident de vie », ils sont obligés de trouver un petit boulot pour financer leurs études. « Il y a une vingtaine d’années, cela n’existait pas », affirme Brigitte Cavalaro.

Autre type de jeunes, les travailleurs pauvres. Ces derniers occupent des emplois dits « précaires », par « intérim ou temps partiel ». Avec près de 780 € par mois, difficile de se trouver un logement. Pour rappel, le seuil de pauvreté, qui définit un individu comme « pauvre », s’établit actuellement à 950 €.

Qui est responsable d’une telle situation ? En premier lieu la crise et le chômage qui en découle. « Les jeunes ont été touchés de plein fouet », confirme la directrice générale des missions locales de Marseille. Aujourd’hui en France, près d’un jeune sur 5 est au chômage, soit 21,6 %, ce qui touche 613 000 personnes contre 532 000 en 2009. Et selon l’OCDE, ce n’est pas prêt de s’arranger…

La région PACA avec son augmentation de 7 % du nombre de chômeurs en novembre dernier est « une zone sinistrée pour l’emploi », lance Brigitte Cavalaro qui fait référence à la désindustrialisation de la région. « Et les TPE (très petites entreprises) sont le principal tissu économique ». Paradoxalement, selon la même source, les offres ont connu une augmentation de 10,5 %. Manque d’expérience ? Déficit de qualification ? Les Provençaux ne font visiblement pas l’affaire.

Certains patrons accordent difficilement leur confiance aux jeunes. D’ailleurs « s’ ils doivent en embaucher, ils préfèreront ceux qui ont fait des études supérieures », rajoute le responsable associatif. Puisque de plus en plus de jeunes « avec un diplôme d’études supérieures : bac + 2, 3 ou 5 » fréquentent le Secours Populaire ou les missions locales. Cependant le manque de qualification et décrochage scolaire est une réelle problématique.

Enfin, la part des jeunes étrangers qui viennent au Secours Catholique est en nette augmentation. « Ce sont des jeunes d’Europe de l’Est ou d’Afrique comme on a pu le voir avec l’arrivée des migrants tunisiens. Eux viennent pour travailler ».

Codes de société : chaînon manquant

En plus de faire monter la courbe du chômage, la crise a dévoilé certaines évolutions sociales. Ces étudiants, diplômés issus des classes pauvres et moyennes restent plus longtemps à la charge de leur famille. «  Avant un jeune partait de la maison pour travailler, aujourd’hui il part pour faire ses études mais reste à la charge de la famille », expliquait sur France Info, le secrétaire général du Secours Catholique. Cet amusant cliché du « Tanguy » peut impacter « le budget de la famille à hauteur de 25 % ».

Au-delà de ces transformations, l’évolution des familles et leurs rapports entre ses membres a changé. Les « ruptures familiales », sont de plus en plus fréquentes chez le public accueilli par le Secours Catholique. Ce qui constitue « un facteur aggravant ». La multiplication des familles monoparentales, principalement des jeunes femmes peu diplômées peuvent avoir des conséquences sur l’avenir du jeune et de sa capacité à « s’insérer dans la société ».

« Bien souvent, les enfants de chômeurs longue durée n’ont pas les codes de société pour être employables et autonomes », explique Brigitte Cavalaro. La condition des parents et les liens que le jeune entretient avec eux « influe beaucoup sur sa capacité à se sociabiliser ». « Un jeune soutenu moralement et financièrement par sa famille s’en sortira toujours beaucoup mieux qu’un jeune sans soutien », note Christophe Lenfant.

17 propositions pour les jeunes

« Entre 18 et 25 ans, vous n’avez droit à rien. Les APL ne vous sont versées que lorsque vous travaillez et pour toucher le RSA jeune, il faut justifier au moins deux années de travail », lance Marc*, 18 ans qui fait la manche rue Paradis.

Le handicap de ce jeune, en « conflit avec sa mère » est à la fois sa « raison de vivre » : son chien. Les animaux n’étant pas acceptés dans les logements étudiants, impossible pour lui de reprendre ses études… Quant aux contrats CIVIS, « on m’a dit clairement qu’il n’y avait pas assez d’argent ». De son côté, la directrice générale des missions locales nous assure que les subventions qu’elle perçoit à la fois de la ville, du conseil général n’ont pas diminué !

Le Secours Catholique appelle donc à revoir certaines aides sociales ou du moins leurs critères d’attribution. Dans un panel de 17 propositions, l’association humanitaire propose de créer une allocation de soutien à l’autonomie des jeunes ainsi que l’extension du RSA « activité » pour tous les jeunes en situation de travailler dès 18 ans.

Difficile en cette période de crise et à l’heure où les mesures de rigueur rentrent en application. Mais le Secours catholique a déjà trouvé la source de financement : réviser le plafonnement de l’avantage fiscal lié au quotient familial. Traduction : imposer un peu plus les familles riches ou leur donner moins… « Cela permettrait de donner leur autonomie plus tôt à ces jeunes pour qu’ils puissent construire leur propre famille ».

Des revenus oui, mais pourquoi faire ? Les deux organismes se rejoignent sur le fait qu’il « faut responsabiliser les jeunes » pour qu’ils « se bougent »« On a besoin aussi de développer les formations par alternance », précise l’association. « Les jeunes ont le bulletin de vote assez difficile », reconnaît Chritophe Lenfant qui les incite à s’investir davantage dans la vie politique ou associative. Sous-entendu : l’effort doit venir des deux côtés pour améliorer la situation. Rendez-vous donc en 2012 !

Visionner le reportage vidéo : hausse de la précarité chez les jeunes

Coralie Molaret - News of Marseille


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2 réactions à cet article    


  • alain_àààé 6 janvier 2012 16:20

    je vois qu aujourdhui une association dénonce la pauvreté et le reste c est trés bien mais sans remettre en cause se grave probléme nous avons eu sous mitterrand dans les années 80 le méme probléme mais personne n as rien FAIT j ai eu comme d autres gens les enfants obligés de rester chez leurs parents et ne pouvais pas travailler sans experience mais les socialistes on fait passé de plus de 200 D2PUT2S A PLUS DE 300 PENDANT CETTE PERIODE


    • easy easy 6 janvier 2012 18:19

      «  »«  »«  Son constat est alarmant : « Sur les 33 000 situations de pauvreté accueillies par le Secours Catholique en 2010 dans les Bouches-du-Rhône, 12 % sont des jeunes entre 18 et 25 ans ».  »«  »«  »

      Je ne vois pas que cette proportion de jeunes pauvres soit spécialement alarmante. Ce que je vois d’alarmant c’est la proportion croissante de pauvres, tous âges confondus. 

      Depuis 1945, d’année en année, je ne vois pas spécialement de palier décennaux ou générationnels, les jeunes se sont montrés de plus en plus indisposés au travail dur, au travail de marin pêcheur ou de carreleur. 
      je n’avais aucune prétention à la prophétie, mais je me demandais in petto ce qu’allait devenir des jeunes de plus en plus portés par le jeu. 

      Je n’arrive même pas à comprendre comment 88% de ces jeunes nés en 1990, que j’ai pourtant vus collés sur leurs jeux vidéos en 2007, qui n’avaient encore jamais travaillé de leur vie, qui n’avaient jamais fait le ménage chez leurs parents, sont parvenus à ne pas être pauvres

      Heureusement qu’en 1950 il existait des jobs pour les blousons noirs devenus adultes (Disquaire, barman...) pour les beatniks devenus adultes (Fringue, musique...)
      Heureusement qu’en 2012 il existe des jobs pour les geeks devenus adultes.

      Mais il ne peut pas y avoir que des boutiques de jeux vidéos et d’ordinateurs. Il faut des pâtissiers, des charpentiers, des plombiers, des poissonniers, des chaudronniers, des imprimeurs. Non seulement les jeunes méprisent ces emplois mais ils refusent aussi d’entrer dans les PME (Pour le dire vite, ils n’apprécient de bosser que pour des entreprises dont ils ont entendu parler donc des majors. Ils préfèrent donc Mac Do à Sopredim) 

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