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Les locations meublées de courte durée n’ont pas l’heur de plaire à Monseigneur Delanoë

Dans un communiqué diffusé il y a deux ou trois jours, la Fnaim Ile-de-France déplore l’interdiction des locations meublées de moins d’un an dans la capitale, décidée par la Mairie de Paris sans « concertation ».

Gilles Ricour de Bourgies, le Président de la Fnaim-Ile-de-France ne décolère pas. « Je demande l’arrêt immédiat des poursuites engagées par la Mairie de Paris à l’encontre des propriétaires bailleurs, dont je constate qu’elles visent en majorité des petits propriétaires-occupants, contrairement aux déclarations de la Mairie ». Il en appelle au secrétaire d'Etat au Logement, il parle de 17 000 familles propriétaires - occupants spoliées par cette décision, évoque plus de 2 000 emplois menacés....

Quelle mouche (totalitaire) a donc piqué M. Delanoë pour "interdire" la location meublée de moins d'un an dans la capitale, sauf "autorisation" dûment accordée par le premier magistrat ou son représentant ? Dans sa réponse, la Mairie précise que ce sont « près de 20 000 logements qui ont ainsi été soustraits du marché locatif traditionnel », et que la réglementation vise principalement à endiguer la pratique de « la location meublée touristique, à la nuit ou à la semaine essentiellement, (…) particulièrement développée à Paris ». Elle s’applique, parait il, uniquement aux résidences secondaires, et conditionne cette activité à l’obtention d’une autorisation par la Mairie.

N'empêche que la Ville de Paris ne rigole pas et a déjà engagé des poursuites à l'encontre de 200 personnes environ, selon Le Figaro.

Même si la polémique engagée par Gilles Ricour de Bourgies (« la Mairie se trompe de cible et de priorité », « depuis 10 ans, les professionnels de la location meublée ont permis le retour au secteur locatif de 20 000 appartements qui seraient demeurés vacants et qui risquent de le redevenir », « Il reste 116 000 logements vides à Paris, auxquels s’ajoutent 80 000 résidences secondaires ») n'est pas dénuée d'intérêt, cette affaire repose une fois encore la question fondamentale de la propriété privée. Nous vous parlions il y a quelques jours du fisc qui s'autorise à vous taxer sur la valeur locative de votre bien, sans considération du fait que vous pouvez, pour aider un enfant, un ami, un sdf, avoir fait le choix de le louer largement en dessous. Aujourd'hui, c'est la Mairie de Paris qui vous interdit, ou soumet à son autorisation discriminatoire, de louer à la nuit ou à la semaine votre appartement, moyen de mettre du beurre dans les épinards pour beaucoup de jeunes couples ou de célibataires.

Que veut dire "être propriétaire" dans notre société d'aujourd'hui ? Vous "possédez" un bien mais n'avez pas le droit de le laisser vide, pas le droit de le louer en dessous du prix fixé par le fisc, pas le droit de le louer à qui vous voulez pour la durée que vous voulez, pas le droit de le céder à qui vous voulez à moi d'en donner 60% de la valeur à l'Etat.... Tout cela ressemble de plus en plus à un usufruit sous condition. En fait, tout appartient à un seul maître, un seul seigneur, qui vous accorde un droit d'usage sous conditions, droit qui ne peut se céder qu'à condition que le seigneur soit d'accord et que l'impôt soit payé.

Rappelez moi, c'était quoi le statut des serfs....

un article MaVieMonArgent.info


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13 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 8 février 2012 10:27

    Je ne suis pas d’accord avec votre approche , la décision de la mairie vient aussi d’une concurrence déloyale envers les hôtels.


    Ces locations meublés loués en saisonniers pour une nuit ou une semaine n’ont pas vocation à rentrer dans la location saisonnière , il s’agit d’une activité d’hôtellerie dont certains propriétaires de meublés ont trouver bien plus intéressant de louer sur de courtes durées pour gagner plus sans être assujetti aux taxes hôtelières.

    Philippe



    • Fergus Fergus 8 février 2012 10:47

      Bonjour à tous.

      Delanoë a raison, et son combat ne vise que les résidences secondaires, le plus souvent des placements, certains propriétaires, et j’en connais personnellement, possédant plusieurs logements mis sur ce marché touristique trsè juteux.

      Actuellement à Paris, un studio ou un deux-pièces rapporte facilement de 500 à 1000 euros par semaine à son propriétaire, autrement dit nettement plus qu’un loyer à l’année. Et cela avec la garantie de réaliser intra muros des taux de remplissage dépassant les 80 à 90 %.

      Avec la garantie en outre pour le propriétaire d’être payé rubis sur l’ongle, la plupart des paiements étant effectués en amont sur internet. Résultat : des milliers de petits appartements, mais aussi de plus grands très prisés des touristes étrangers aisés, échappent au parc locatif destiné aux parisiens.

      C’est pourquoi, je le répète, Delanoë a raison.


      • Hermes Hermes 8 février 2012 11:03

        Bonne remarque ! D’ailleurs avez vous cherché un loyer étudiant sur Paris ?


      • sleeping-zombie 9 février 2012 09:28

        Tout a fait d’accord. J’allais commenter quelque chose comme « ça me surprendrait que les location à la semaine soient moins cher que le pseudo-prix-du-marché, comme le laisse supposer l’auteur », mais tu m’as devancé


      • Massallia 8 février 2012 11:40

        Bonjour ,
        La mairie confond location touristique (location pour quelques nuits) et location meublée temporaire (location pour moins d’une année) !!
        Il n’y a aucune concurrence entre l’hôtellerie (durée de séjour moyen : 1,9 à 2,7 nuits) et la location meublée (durée moyenne 3 mois)
        La location meublée est le BOUC ÉMISSAIRE de Delanoë pour masquer le vrai problème de logement Parisien, en effet : 
        à Paris 18.000 appartements HLM sont occupés par des ménages riches disposant d’au moins 11.200 euros par mois lorsqu’elles comptent un seul enfant et d’au moins 13.500 euros par mois avec deux enfants, soit 31,4 % des locataires du parc locatif social parisien !!?!!
        Que la mairie laisse tranquille les propriétaires qui louent pour moins d’une année !!
        Selon l’Insee : 116.000 appartements sont vacants et 80.000 sont occupés partiellement (retraités) . Selon les chiffres annoncés les agences immobilières spécialisées ont déjà récupéré 20.000 de ces appartements vacants ou partiellement occupés .. Espérons que ce n’est qu’un début !! CAR CE FAISANT CES AGENCES ONT CRÉÉ PLUS DE LOGEMENT A PARIS QUE LA MAIRIE de PARIS !! 



        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 8 février 2012 12:11

          Monsieur de l’Arche de Noé sentirait il une vague venir... ?


          en effet, «   »interdire« la location meublée de moins d’un an dans la capitale  » touche de près quantité d’étudiants qui ne feront qu’un an en université entre septembre et juin.

          Monsieur Delanoël fait bien d’interdire la location à la nuit et laisser libre le secteur du Carlton

          Nous n’auront bientôt plus qu’un seul droit...........PAYER..... et no taire... ! 

          • Fergus Fergus 8 février 2012 12:59

            Bonjour, Lisa Sion.

            Les logements destinés aux étudiants ne devraient pas être touchés par cette « croisade » qui vise bel et bien les locations touristiques au motif que non seulement celles-ci privent le marché locatif ordinaire de milliers d’appartements, mais leurs propriétaires bénéficient d’avantages fiscaux liés à un usage locatif non saisonnier.


          • Massallia 8 février 2012 12:29

            Vous n’êtes pas prêt de trouver un hôtelier qui qui se sentirait en concurrence avec des locations de 2 semaines de 2 mois ou de 6 mois :) !! En France, la durée moyenne du séjour en hôtel est de 1.9 à 2.7 nuitée selon les villes .. En revanche si les appartements sont loués pour des nuitées , c’est sur que ça fait du tord aux hôtels ... Mais la mairie s’attaquent à toute les locations de moins d’une année 


            • Surya Surya 8 février 2012 14:35

              Je ne suis pas d’accord du tout avec cette mesure. Il est vrai que les propriétaires de logements de courte durée les louent à un prix exhorbitant, mais c’est un abus de pouvoir que d’interdire purement et simplement.
              Il aurait fallu simplement mettre des plafonds dans les tarifs, ou créer un impôt spécial pour ce type de locations. Le vrai problème, c’est l’abus des tarifs.

              Tout d’abord, il y a un vrai marché touristique pour ce genre de locations. Certains touristes préfèrent nettement loger dans ces logements plutôt qu’à l’hôtel, ça les regarde et c’est leur droit. Il doit y avoir une offre disponible pour eux. D’autres préfèrent l’hôtel, et c’est très bien comme ça. Maintenant, les touristes n’auront plus le choix ?
              Paris n’accueille déjà pas toujours très bien ses touristes, alors n’en rajoutons pas sinon ils délaisseront cette belle capitale pour aller ailleurs, et loger là où l’on a un minimum de droits et où l’on interdit pas aux gens de louer leurs studios à la semaine. Londres, New York... le choix ne manque pas.

              Deuxièmement, il y a des gens qui travaillent spécifiquement dans le secteur de la location à la semaine. Des petites agences s’étaient créées, avec les emplois qui allaient avec. Ces personnes risquent de se retrouver au chômage.

              Troisièmement, il y a un certain nombre de gens qui viennent sur Paris ou proche banlieue pour travailler quelques mois, notamment des Anglosaxons. On les appelle les « contractors ». Ils ont des contrats temporaires et ont besoin de se loger sans être contraints de vivre trois mois ou six mois à l’hôtel. Peut être iront-ils travailler ailleurs, accepteront plutôt les offres de contrats situées ailleurs qu’à Paris, et iront offrir leur expertise à des entreprises d’autres pays que la France.

              Alors non, je ne suis pas d’accord. Interdire, ça n’a aucun sens.
              On continue d’autoriser, parce que la France n’est pas un pays dictatorial qui fait une chasse moralisatrice aux gens possédant un peu de biens dont ils veulent tirer des revenus, mais on régule le marché, on empêche ces gens d’abuser, car en effet, les tarifs sont totalement abusifs, car les propriétaires savent que les touristes ou les contractors ont les moyens d’assurer, mais on n’interdit pas.


              • FYI FYI 8 février 2012 18:24

                Toutes les villes touristiques pratiquent cet abus.
                Aix en provence par exemple ...


                • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 8 février 2012 20:07


                  C’est un abus de droit et bravo de le dénoncer !


                  • sleeping-zombie 9 février 2012 09:32

                    Ho, c’est vrai que c’est monstrueux et inefficace. Mais à supposer que Delanoe ait le droit de plafonner les loyer, et à supposer qu’il le fasse à un prix raisonnable, par exemple 15€/m² et par mois. Vous réjouiriez-vous pour les étudiants qui pourraient enfin se loger ? Que nenni, vous râleriez contre l’entorse à la sacro-sainte propriété privée...


                    • JCD39 28 février 2012 14:50

                      Tout à fait d’accord avec Fergus, Delanoë a raison.

                      Les Parisiens qui cherchent à se loger en ont assez de ces propriétaires qui leur disent « non, je ne vous louerai pas l’appartement, je préfère le louer à la semaine à des Américains (ou dans mon cas à des Russes), ça me rapporte plus ».
                      Il est temps de remettre ces 20 000 appartements dans le parc des locations légales. Et aussi de s’intéresser de plus près à ces deux cent mille autres appartements qui, selon l’INSEE - cité par Massallia - sont soit vacants, soit servent de résidence secondaire, souvent à de riches étrangers pour qui « money is not a problem ».
                      Manque ce chance, pour beaucoup d’entre nous, « money is a problem ».

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