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Accueil du site > Actualités > Société > Les méfaits de la « nouvelle laïcité »

Les méfaits de la « nouvelle laïcité »

Nous avons viré de bord à 180° à propos de laïcité par la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école. Les problèmes de mésententes et d’agressions entrent croyants ou pratiquants de religions différentes, ou entre croyants et non croyants augmentent. C’était tout-à-fait prévisible. Cette loi viole les principes de notre République et même de notre civilisation. (Je n’ai pas peur de l’emphase). Cette augmentation du nombre des « objets » de frictions, de la fréquence des frictions, de leurs intensités, où les inimitiés radicales et les volontés de mort de l’autre vont s’exprimer de plus en plus forts et surtout, surtout de plus en plus près du réel.

La laïcité est un attribut de l’Etat. Et seulement de l’Etat. Ce n’est pas un attribut du citoyen. C’est devenu un attribut du citoyen par la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école. Ce qui est un renversement de ladite laïcité, renversement qui brouille les cartes et majorent nos difficultés sociétales relationnelles.
 
La laïcité est le principe qui oblige l’Etat à réguler les relations des religions entre elles et avec lui, dans une indifférence méthodologique et le choix de la liberté du citoyen. La laïcité de l’Etat est la garantie de la pratique religieuse de chaque citoyen.
 
La laïcité de l’Etat est favorable à l’exercice des religions par les citoyens. Sans jugement, ni préférence. La laïcité de l’Etat est tout autant favorable à l’athéisme des citoyens athées.
 
Nous avons déraillé avec une loi qui inverse cette valeur fondamentale de l’action étatique et en fait une valeur servant à contraindre les citoyens. Avec cette loi sur les signes religieux des écolières et écoliers, la laïcité est devenue une « valeur » de commandement, en lieu de place du caractère libératoire de la laïcité. La laïcité est devenue commande de ne pas montrer sa religion à l’école. C’est-à-dire que l’Etat commande au citoyen de prétendre, à l’école, d e n’avoir aucune religion. La laïcité est devenue une non-religion d’Etat. Un Etat non-religieux commande aux citoyens d’affirmer publiquement leur non-religion.
 
En tant que tel, cette laïcité réformée, inversée en fait, cette « nouvelle laïcité » devient une religion, par le fait qu’elle se permet de commander des comportements, avec l’idée que ces comportements signifient des perceptions, des visions du monde, des croyances… Cette religion est l’athéisme. Dans cette nouvelle laïcité, nous devons professer notre athéisme.
 
Le maintien de la liberté est prétendu garanti par les tenants de cette laïcité-athéisme d’Etat, par le fait que l’Etat n’ira pas se mêler de ce que les citoyens font quand ils sont entre eux, dans leur maison, ou dans des lieux de cultes unanimes.
 
Cette posture est intenable. Doublement. Elle implique un être humain divisé entre un espace public aseptisé où l’expression de toute particularité serait un danger de contamination et un espace privé où le citoyen pourrait exprimer toutes ces composantes. C’est intenable pour l’individu. C’est intenable pour une collectivité qui ne peut considérer l’expression de groupes comme une maladie, comprenant un risque de contagion. Il faudrait à terme se comporter dans l’espace public comme des robots, tout manquement à la neutralité pouvant agresser les autres citoyens. De quoi seront faits nos échanges ? De quoi parlerons-nous ?
 
Cette loi ne pouvait que faire monter dans la société les tensions issues des religions. Au lieu que la laïcité les calme. Cependant, ce n’est pas exactement parce qu’elle est contreproductive (pour ceux qui la valorisent) qu’elle est condamnable. Elle est condamnable parce qu’elle est la perversion de nos principes les plus forts, les plus fondamentaux. Et, de plus, elle est contreproductive.
 
Dans la rue, on voit de plus en plus de citoyennes porter sur la tête des fichus liés à l’Islam. On voit de plus en plus de citoyens porter la kippa. La « philosophe » Elisabeth Badinter le déplorait naïvement dans une interview du 28 septembre dernier au Monde des religions : « Je ne comprends pas ce besoin actuel d'exhiber une identité religieuse… » Ce n’est pas pourtant pas difficile à comprendre. Ce « besoin » est réactif. Il est créé par la demande inepte et antirépublicaine, contraire à l’esprit des Lumières de cacher son « identité » religieuse (je reprends entre guillemet le mot d’E. Badinter : « identité » qui ne correspond pas à l’idée de la religion, qui est une croyance et non une identité).
 
Les problèmes augmentent et augmenteront encore. Nous avons eu une nouvelle loi sur la burka, une affaire dite du Quick hallal à Roubaix. Des catholiques intégristes ont tenté d’empêcher une pièce de théâtre… Ce n’est pas fini. L’incompréhension d’E. Badinter et son bon accueil dans les mass-médias n’est pas finie non plus.
 
En confondant la laïcité avec un athéisme de l’Etat, en transformant la laïcité en un principe étatique voulant diriger les comportements individuels, le peuple français a fait, ou laisser faire, de la laïcité une religion parmi d’autres (l’athéisme au moins de façade), en conflit avec toutes les autres religions (toute religion est en conflit avec les autres, conflit pacifique, concurrence. Cela a exacerbé toutes les perspectives religieuses et a poussé chaque citoyen à se dresser contre les autres, y compris les prétendus citoyens laïques, c’est-à-dire, athées, car il n’y a pas de citoyen laïque, ne peut être laïque que l’Etat.

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93 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 7 novembre 2011 10:34

    Il est intellectuellement intéressant de manier le paradoxe. En l’occurence il conduit à justifier le différentialisme social et le communautarisme dont la Grande Bretagne elle-même commence à revenir...


    • Catherine Segurane Catherine Segurane 7 novembre 2011 10:45

      Voici un article plein de mauvaise foi, bien dans la ligne de l’offensive des religions pour faire dire à la laïcité le contraire de ce qu’elle dit.


      La laïcité n’est pas l’athéisme, mais c’est quand même la séparation de l’Eglise (des Eglises) et de l’Etat. Il s’agit donc bien de cantonner le religieux dans l’espace intime, de l’empêcher de s’ingérer dans le politique.

      Juridiquement, il y a une base très claire : c’est la loi de 1905.

      Cette loi veut que la République ne reconnait, ne salarie ou ne subventionne aucune culte. C’est clair, non ? Si elle était correctement appliquée, on ne verrait aucune subvention aux mosquées ni aux églises sous aucune forme, même sournoise (bail emphythéotique ...).

      De plus, cette loi prévoit que les cultes sont libres dans les limites de l’ordre public. Donc, si elle était correctement appliquée, on fermerait les mosquées quand un prédicateur appelle à la discrimination des femmes ou au meurtre des juifs, apostats, etc ...




      • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:41

        "c’est quand même la séparation de l’Eglise (des Eglises) et de l’Etat. Il s’agit donc bien de cantonner le religieux dans l’espace intime, de l’empêcher de s’ingérer dans le politique" : La séparation de l’église et de l’état implique donc logiquement le cantonnement de la religion à l’espace intime ? Vous semblez avoir des problèmes de logique, Ségurane !


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 8 novembre 2011 01:02

        Toute religions révélé met la foi au dessus de la raison, supprimant donc le rôle éminent de celle-ci pour arbitrer les différends entre gens de croyantes diverses. En l’absence de cet arbitrage, chaque religion ne peut régler ces différends que par la force et devient un obstacle a la concorde au sein de la société. On ne peut qu’espérer que la civilisation fera disparaitre progressivement ces tissus d’absurdités qui ont causé tant de mal et de souffrance.



        Pierre JC Allard







      • TigerSean TigerSean 8 novembre 2011 06:20

        Catherine Segurane,

        Vous n’avez pas le sentiment de vous contredire vous même, puisque vous annoncez loi et précipes de laïcité, tout en reconnaissant qu’ils sont transgressés impunément.

        La laïcité n’est donc pas si laïque que cela, non ? Si l’auteur fait dire à cette conception le contraire de ce qu’elle dit, vous soulevez un point tout autant contraire, sinon hypocrite de notre état. Vous oubliez toutefois de mentionner l’interventionisme du Crif dans la politique Française.

        De plus, je ne pense pas que l’auteur confonde Athéisme et Laïcité. Peut-être êtes-vous trop sur la défensive. L’auteur amène remarquablement un fait : on n’est pas Chrétien ou Juif chez soi, et un robot sans étiquette quand on met le doigt dehors ! En ne voulant pas de signe ostentatoire ailleurs que dans la sphère privée, l’état ne murmure t’il pas les bases d’un espace où personne ne croit en rien ?

        Pour finir, je ne sais pas pour vous, mais je trouve une société colorée, tant physiquement, que moralement, ou même vestimentairement, largement plus belle que la société grise que l’on nous promet. Vivent les différences, et mort au formatage !


      • cessacom cessacom 7 novembre 2011 10:45

        "Avec cette loi sur les signes religieux des écolières et écoliers, la laïcité est devenue une « valeur » de commandement, en lieu de place du caractère libératoire de la laïcité. La laïcité est devenue commande de ne pas montrer sa religion à l’école. C’est-à-dire que l’Etat commande au citoyen de prétendre, à l’école, d e n’avoir aucune religion"

        non, ce n’est pas vrai...
        ne pas montrer de signe d’appartenance à une religion ne veut pas dire prétendre ne pas avoir de religion...
        déjà ici votre théorie ne passe pas ...


        • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:43

          Vous voulez dire qu’on a le droit de montrer son appartenance à la religion, du moment qu’on utilise pas de signe religieux ? Mais quel est l’esprit de cette loi, dans ce cas ?


        • Robert GIL ROBERT GIL 7 novembre 2011 10:50

          Nous sommes un état laïc, c’est à dire qu’il y a séparation entre l’église et l’Etat,
          pourtant l’Etat subventionne des lycées privés confessionnels. Dans les villes les
          réparations des églises sont effectuées avec des deniers publics, néanmoins
          l’utilisation des édifices est soumise au bon vouloir de l’évêché ! Les jours fériés
          religieux sont reconnus par l’Etat et le président de la république est chanoine de
          Latran. Lors de catastrophes, il fait donner des messes pour les victimes auxquelles
          il assiste en tant que président et effectue le signe de croix. Et lorsque nos
          politiques rencontrent officiellement le pape, combien d’entre eux s’agenouillent et
          lui baisent la main .........
          http://2ccr.unblog.fr/2011/01/25/vous-avez-dit-laicite/


          • Gabriel Gabriel 7 novembre 2011 10:52

            Il est faut de penser que le fait de ne pas afficher sa religion dans les lieux publics, comme les écoles, est une demande de reniement de sa religion. Nous constatons de plus en plus, que les religions quelles qu’elles soient, par leurs demandes et leurs postures de placer leurs préceptes avant les lois du pays, deviennent de plus en plus expansionnistes. Le principe de laïcité est certes imparfait, mais il nous a permis jusqu’à présent de vivre en paix et en harmonie quel que soient les idées, religions ou philosophies de chacun. Si vous accordez à une religion ou une philosophie des droits sur leurs pratiques qui se place au-dessus des lois d’un pays, vous ouvrez la boite de Pandore et toutes les autres obédiences demanderons à leurs tours les mêmes droits. Ainsi vous créerez une société clanique où régneront les conflits. Vous dites : « En tant que tel, cette laïcité réformée, inversée en fait, cette « nouvelle laïcité » devient une religion, par le fait qu’elle se permet de commander des comportements, avec l’idée que ces comportements signifient des perceptions, des visions du monde, des croyances… Cette religion est l’athéisme. Dans cette nouvelle laïcité, nous devons professer notre athéisme. » Faux, la laïcité ne vous oblige pas à une non croyance mais à une pratique libre de votre religion dans la mesure ou celle-ci ne prend pas l’ascendant sur les lois de la république qui sont faites, je vous le rappel, pour tous les citoyens quelque soient leurs religions. La laïcité n’a jamais été l’athéisme, étant croyant moi-même (Déiste) je n’ai aucun problème avec elle et en aucun cas la loi m’oblige à renier ma croyance par contre, je n’en fais pas étalage pour convaincre, j’accepte la critique et la caricature et ne pratique ni n’affiche mon culte dans les lieux publics afin de ne pas gêner ceux qui pensent différemment, cela s’appelle le respect du vivre ensemble et J’ai bien peur que ce soit plutôt ce genre d’article qui échauffe les esprits. N’ayant pas tous les mêmes idées, la même religion, les mêmes croyances, quel système en dehors de la laïcité pourrait-il garantir l’équilibre sociétale en respectant toutes ces différences ?


            • Gabriel Gabriel 7 novembre 2011 10:55

              Il est faux de penser et non il est faut de penser (Excusez pour la faute) 


            • tikhomir 7 novembre 2011 10:56

              "Les problèmes augmentent et augmenteront encore. Nous avons eu une nouvelle loi sur la burka, une affaire dite du Quick hallal à Roubaix. Des catholiques intégristes ont tenté d’empêcher une pièce de théâtre… Ce n’est pas fini.« 

              Oh oui, c’est très drôle, »intégriste« , c’est toujours collé à »catholique« mais surtout pas les autres... Ces catholiques n’ont rien de particulièrement intégriste, dans le lot, il y en a, mais pas que, loin de là, la troupe est diverse. C’est un biais intellectuel ou un mensonge que vous proférez là en généralisant.

              Du reste, globalement d’accord avec vous et surtout là dessus : la laïcité est la religion d’État, basée sur un athéisme de façade où dieu est la république, l’État lui-même, seul sauveur et seul créateur : celui qui fait de quelqu’un : un citoyen (lui-même appelé à la divinisation, à la participation au divin par le »saint" Droit De Vote). Mais vous auriez pu citer le baptême républicain (ou baptême civil), une autre pratique religieuse parmi tellement d’autres.


              • Robert GIL ROBERT GIL 7 novembre 2011 11:50

                un seul dieu, trois religions, et des tas de complications...........


              • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:45

                Les intégristes, c’est toujours les autres, hein tikhomir ? smiley


              • tikhomir 7 novembre 2011 14:09

                @Traroth

                Comme vous dites, pour beaucoup, ce sont toujours les catholiques qui le sont, alors il faut bien modérer le propos et rétablir la vérité. Comme on dit pour certains (mais ça ne s’applique manifestement pas aux catholiques...) : PAS D’AMALGAME !!!

                 smiley


              • Traroth Traroth 7 novembre 2011 15:24

                Je ne pense pas que vous ayez compris ce que je voulais dire... smiley


              • tikhomir 7 novembre 2011 17:21

                @Traroth

                Si si, vous avez juste du mal avec l’ironie. Disons que si vous n’aviez pas cette tendance systématique à la condescendance, à penser par défaut que celui qui vous fait face est un abruti, vous l’auriez vu, l’ironie et vous n’auriez pas sorti quelque chose d’aussi bête.


              • Rounga Roungalashinga 7 novembre 2011 11:03

                Elle implique un être humain divisé entre un espace public aseptisé où l’expression de toute particularité serait un danger de contamination et un espace privé où le citoyen pourrait exprimer toutes ces composantes. C’est intenable pour l’individu. C’est intenable pour une collectivité qui ne peut considérer l’expression de groupes comme une maladie, comprenant un risque de contagion. Il faudrait à terme se comporter dans l’espace public comme des robots, tout manquement à la neutralité pouvant agresser les autres citoyens. De quoi seront faits nos échanges ? De quoi parlerons-nous ?


                Je trouve moi aussi assez fumeuse cette distinction entre un espace public privé de toute référence religieuse et un espace privé dans lequel les préférences spirituelles de chaque individu pourraient s’épanouir. Ca veut dire quoi, pratiquer sa religion uniquement dans la sphère privée ? J’aimerais bien le savoir. Chez toi, tu as une relation particulière avec Dieu, tu souscris à des dogmes, des normes éthiques, mais dehors tu laisses ça de côté et tu t’en fous ? Ca n’a pas de sens. En réalité, ce discours sert surtout à fermer la gueule des personnes croyantes qui s’opposent à des mesures qui heurtent leur conviction. Un exemple est la polémique de l’enseignement de la théorie du gender : on a vu des personnes chrétiennes (et d’autres, d’ailleurs), protester contre cette décision, et il s’est trouvé des personnes (entre autre sur ce site) pour leur dire « vous dites ça parce que vous êtes chrétiens, donc vous n’avez pas à vous exprimer publiquement sur ce sujet ». Le délire laïque actuel n’est en réalité rien de plus que la détestation radicale de toute forme de foi.

                 

                Dans la rue, on voit de plus en plus de citoyennes porter sur la tête des fichus liés à l’Islam. On voit de plus en plus de citoyens porter la kippa. La « philosophe » Elisabeth Badinter le déplorait naïvement dans une interview du 28 septembre dernier au Monde des religions : « Je ne comprends pas ce besoin actuel d’exhiber une identité religieuse… »

                En ce qui concerne le voile islamique, il faut bien dire et redire que le but n’est pas de montrer, mais de cacher. Ca éviterait bien des contresens si on commençait par là. Après, je me rends bien compte que dans la plupart des cas de voile musulman à l’école sont le fait de têtes à claques qui veulent juste se faire remarquer, mais alors cela relève plus de l’individualisme identitaire qui s’est développé en Occident pendant les deux ou trois dernières décennies. Je suis un individu unique, j’exprime ma différence au yeux de tous pour me sentir exister pleinement et échapper à tout moule dans lequel on voudrait me faire rentrer. L’expression de mon identité est donc un acte anticonformiste, et donc un acte de liberté. Le raisonnement peut faire illusion, sauf qu’il conduit en général à rentrer dans un moule encore plus étroit et qu’il nous coupe des autres qui expriment une autre « différence ». Dans un mond où tout le monde se veut anticonformiste, seuls les « normaux » échappent réellement au formatage. On a donc là une mentalité que n’a, à ma connaissance, jamais encouragé aucune religion.


                • kiouty 7 novembre 2011 11:39

                  Dans un mond où tout le monde se veut anticonformiste, seuls les « normaux » échappent réellement au formatage.

                  Moui, disons plutôt que l’anticonformisme par principe est une chose idiote la plupart du temps.

                  Sur le reste (formatage, normalisation, etc), à chacun sa voie.


                • Rounga Roungalashinga 7 novembre 2011 11:42

                  Moui, disons plutôt que l’anticonformisme par principe est une chose idiote la plupart du temps.

                  Le meilleur exemple pour illustrer mon propos est celui des jeunes dans les cours de lycée, qui s’organisent en groupes de gothiques, de métalleux, d’émos, de cailleras, etc. Ceux qui ne rentrent dans aucun groupe sont généralement considérés comme des ringards par tout le monde.


                • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:48

                  « l’anticonformisme par principe est une chose idiote la plupart du temps » : Ah oui, et pourquoi donc ? Y a-t-il une gloire particulière aux comportements ovins ?


                • Rounga Roungalashinga 7 novembre 2011 13:51

                  kiouty a raison sur ce coup : ce qu’il appelle « l’anticonformisme par principe » n’est rien d’autre qu’un conformisme en négatif : on fait l’inverse de ce que les autres font. On est donc tout aussi dépendant des mouvements de mode et donc on n’est pas libre.


                • Traroth Traroth 7 novembre 2011 14:30

                  Tout dépend donc à quoi se rattache le « par principe »... smiley


                • Rounga Roungalashinga 7 novembre 2011 14:39

                  Ok, je comprends l’origine du malentendu...


                • Manu Manu 7 novembre 2011 11:03

                  Profondément incroyant (et non athée...), je suis tout à fait d’accord avec cet article.

                  Outre que cette loi stigmatise ouvertement une religion (puisque votée très clairement contre le fameux voile), elle est en fait inapplicable : il faudrait pour cela tenir un registre de tous les signes religieux ! Ainsi, un étudiant adorateur de Victor Hugo se laissant pousser la barbe pourrait se voir refuser l’entré de l’université au motif qu’il ferait montre d’un ralliement à l’islam radical, alors qu’un autre, adepte de la mode gothique, pourra entrer sans problème, crucifix à l’oreille !

                  Cette loi ne fait qu’entériner les préjugés de chacun :

                  • rien à redire si une religieuse prend le bus ;
                  • indignation si une femme voilée fait la même chose.
                  Pourquoi une telle différence de réaction ? Dans un cas, il y a l’effet Grande Vadrouille et Gendarme (voire Sœur Marie-Thérèse.com), dans l’autre, l’effet JT (femme soumise, inféodée, sans liberté de penser).

                  • kiouty 7 novembre 2011 11:48

                    Pourquoi une telle différence de réaction ? Dans un cas, il y a l’effet Grande Vadrouille et Gendarme (voire Sœur Marie-Thérèse.com), dans l’autre, l’effet JT (femme soumise, inféodée, sans liberté de penser).

                    Ben on touche là au coeur du problème : parce que la « laïcité » revendiquée par la droite et l’extrême-droite est un déguisement pour l’anti-islam(isme ?).

                    Après, il est clair que certains comportements plutôt extrémistes de certains musulmans radicaux n’aide pas à apporter spontanément la sympathie à l’Islam en général...

                    Je dis ça comme ça, je sais bien qu’il y a des horreurs aussi chez les catholiques (abus pédophiles entre autres) et qu’il y a effectivement une espèce d’indulgence, l’indignation a été étouffée, alors qu’elle flamboie jour après jour dès qu’il s’agit de hallal, de voile, de mosquée.


                  • nenecologue nenecologue 7 novembre 2011 13:16

                    ben en fait il y a une grande difference entre la religieuse et la femme voilée :

                    La religieuse c’est son métier et elle porte son uniforme ...
                    La femme voilée elle ne fait qu’exposer ses croyances.

                  • Ronald Thatcher rienafoutiste 7 novembre 2011 19:07

                    très juste nenecologue


                  • njama njama 7 novembre 2011 23:37

                    religieuse ce n’est pas un métier (ou mieux c’est du black)
                    Elles ont des fiches de paies ? elles cotisent à la sécu, aux caisses de retraites


                  • TigerSean TigerSean 8 novembre 2011 06:01

                    Ou comment avoir des + sur une bétise (à nenecologue) :

                    Une religieuse est une femme ayant choisi d’offrir sa vie à Dieu en vivant selon les vœux évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance. Elle se voile par obeïssance au chapitre 11 du premier épitre aux Corinthiens de la bible (entre autres).

                    Une femme qui porte le voile -islamique, de son vrai nom le hijab- aplliquent simplement leur foi qui se repose sur le Coran (verset 31 de la sourate 24 et verset 59 de la sourate 33).

                    ET C’EST TOUT !

                    Les deux montrent leur foi, aucune des deux n’exerce un « métier » par leur foi, puisqu’elles ne sont pas rémunérées pour leur dévotion. Aucune des deux n’exhibent leur voile pour montrer qu’elles en ont un, mais par soumission à leur Dieu.

                    Bon, après, il y a du cas par cas, mais à la base, c’est ça.


                  • al.terre.natif 7 novembre 2011 11:05

                    @ l’auteur : Vous écrivez

                    « « Je ne comprends pas ce besoin actuel d’exhiber une identité religieuse… » Ce n’est pas pourtant pas difficile à comprendre. Ce « besoin » est réactif. Il est créé par la demande inepte et antirépublicaine, contraire à l’esprit des Lumières de cacher son « identité » religieuse »

                    Ce n’est pas une explication suffisante pour moi.C’est une question fondamentale : « Pourquoi des signes distinctifs visibles ? ». J’aurais plusieurs pistes :

                    - peut être car les communautés et le sentiment d’appartenance à un groupe social est de plus en plus fort en France : que ce soit au niveau religieux, ou autres !

                    - peut être aussi pour des raisons de « chocs des civilisations » comme on l’entends parfois

                    Mais en aucun cas pour la religion !!!! La religion est quelque chose de personnel, d’intime même ! et porter des signes distinctifs d’une religion particulière est une démarche profondément anti-religieuse (au moins pour le commun des pratiquants) !

                    Sans parler de cacher son appartenance religieuse (qui d’ailleurs n’est pas une appartenance à un groupe, mais une conviction personnelle et intime !), vivre simplement sa religion, dans le respect des autres et sans être dans une démarche « commerciale » ou il faudrait convaincre les autres, est toujours la meilleure manière de porter un témoignage aux autres de l’intérêt de sa propre religion.

                    Donc les signes extérieurs et distinctifs ne sont pas une bonne chose, ni pour la religion, ni pour la laïcité smiley


                    • Catherine Segurane Catherine Segurane 7 novembre 2011 11:12

                      L’espace public est, par construction, un espace partagé. Il est à moi, mais il est aussi à toi. D’où la nécessité pour chacun de s’y montrer modéré et respectueux des autres, et non pas insolent, revendicatif et sur de son bon droit dès lors qu’on a prononcé les mots magiques de « liberté religieuse », dont certains s’attendent à ce qu’ils permettent de marcher sur les pieds de ses voisins.


                      Le voile islamique est un signe religieux, mais c’est aussi l’affirmation de la suprématie masculine. Celle qui le porte dit aux autres femmes qu’elles sont des êtres inférieurs. C’est peut-être sa liberté de le dire, mais alors, c’est aussi la liberté des autres femmes de lui répliquer vertement.

                      La liberté de manger halal empiète sur la liberté de ne pas le faire : on sait que beaucoup de viande abattue selon de rite halal est vendue sans étiquette au consommateur lambda, qui ignore qu’il achète une viande rituelle et paie une taxe à la mosquée.


                      • Rounga Roungalashinga 7 novembre 2011 11:18

                        Le voile islamique est un signe religieux, mais c’est aussi l’affirmation de la suprématie masculine. Celle qui le porte dit aux autres femmes qu’elles sont des êtres inférieurs.

                        Non elle ne « dit » pas ça.
                        En fait vous combattez une chose que vous ne comprenez pas, c’est ça ?


                      • Catherine Segurane Catherine Segurane 7 novembre 2011 11:27

                        Si si si, je comprends parfaitement le message, qui ne manque pas de clarté.



                      • Manu Manu 7 novembre 2011 11:46

                        Donc, pour vous, pas de moine en toile de bure dans le bus ?


                      • kiouty 7 novembre 2011 11:49

                        Non non, ça je pense que le FN s’en fout des moines catholiques, c’est les musulmans qui posent problème smiley


                      • Catherine Segurane Catherine Segurane 7 novembre 2011 13:23

                        Le moine en robe de bure ne me renvoie pas à un statut inférieur (en tant que femme).


                        A partir de là, il s ’habille comme il veut.


                      • Manu Manu 7 novembre 2011 13:39

                        C’est vrai, le moine considère tellement la femme qu’il fait vœu de célibat pour ne pas être en rapport avec « celle qui a commis le péché originel ».


                      • TigerSean TigerSean 8 novembre 2011 06:31

                        Le voile islamique est un signe religieux, mais c’est aussi l’affirmation de la suprématie masculine. Celle qui le porte dit aux autres femmes qu’elles sont des êtres inférieurs. C’est peut-être sa liberté de le dire, mais alors, c’est aussi la liberté des autres femmes de lui répliquer vertement.

                        Comme pour Bénazir Bhutto ? Comme les femmes militaires de la garde rapprochée de Saddam Husseim ? Comme les musulmanes étudiantes promises à la succession de femmes dirigeantes en Syrie, Iran ou feu Lybie ? Il y a quelques pays Arabes qui ont mis des femmes au pouvoir avant que la France ne l’esquisse...


                      • Deneb Deneb 8 novembre 2011 06:52

                        Les pays en difficultés économiques élisent souvent les femmes. Mais quand ça va mieux, c’est vite un homme qui reprend le pouvoir. Il est possible qu’Iran, pour se protéger de l’attaque, élit une femme, ce serait la meilleure stratégie. L’opinion publique des pays riches accepterait mal que l’on tire sur une femme. Les mollahs ne se gêneront pas à instrumentaliser ce fait.


                      • philouie 7 novembre 2011 12:56

                        Salam,
                        Donc si je résume le climat de la France, aujourd’hui un athée a le droit de chier et de conchier les religions en long en large et en travers, il peut le faire par tous moyens lui semblant bon et il y est même incité dans le cas de la religion mahométane.

                        Le croyant, lui, n’a pas le droit d’exprimer sa foi.

                        On appelle ça la « Patrie des Droits de l’Homme »

                        ah, ah, ah.

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