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Les nouveaux puritains

Un tribunal de Grande instance annule un mariage, pour cause de mensonge d’un des contractants. La raison : la femme a menti sur sa virginité. Coup de tonnerre dans les allées médiatiques. La patrie est en danger ! La religion menace de renverser la République et de remettre en cause l’égalité des sexes et la liberté de la femme.

Voilà un bref résumé de ce qui s’est déroulé ces deux dernières semaines, dans notre bulle médiatico-politique gauloise.

Une caricature ? Hélas, on peut le dire.

Mais que s’est-il réellement passé, dans cette affaire ? Quelles véritables questions de fond a-t’ elle soulevé ?

Prenons le risque d’une analyse décalée.

Trois éléments émergent et suscitent la réflexion.

D’abord, la liberté de choix, pour un individu, de ses critères, dans son projet marital. C’est la question que semblait poser, avec beaucoup de prudence, Frédéric TADDEI, dans l’une de ses récentes émissions. Ai-je encore le droit de vouloir me marier avec une personne issue exclusivement de mon milieu, partageant les mêmes valeurs et poursuivant les mêmes objectifs de vie, que moi ?

Le second élément concerne la confiance. Est-elle encore, avec le consentement, l’une des deux conditions indispensables d’une union maritale ?

Dernier point, la religion, convoquée, à son corps défendant, dans la polémique. Avec cette question essentielle : le respect de l’institution religieuse du mariage, et de ce qui la fonde, à savoir la référence à des valeurs morales, fondées sur Dieu, sont-ils encore possibles et acceptables, pour l’individu et la société ?

Toutes ces questions seront restées sans réponses. En lieu et place d’un débat, nous avons assisté à l’une de ces manifestations publiques de haine et de stigmatisation, dont la France a le secret. Une campagne publique qui n’est pas, loin s’en faut, l’expression unanime de l’opinion publique, nationale ou populaire, de ce pays. Seulement celle de ses élites politiques et médiatiques.

Pas de débat. A la place, une atmosphère de maccarthysme ambiant, de procès en sorcellerie. Des cris de rage ont émergé et les mots de fatwas et de répudiation, ont fusé à tout bout de champ.

De ce point de vue, le spectacle auquel nous ont conviés les grands médias nationaux est véritablement inquiétant.

La manière dont on a été brossé, quotidiennement, un portrait sombre, effrayant et révoltant, d’une religion, l’islam, redevenue l’ennemie publique numéro un, par la grâce morbide d’un coup de crayon médiatique, doit nous faire réfléchir sur les processus de production de l’opinion, à l’ère de la révolution technologique.

Le débat a été tranché, avant même d’avoir existé. Les musulmans ont été sommés de s’excuser et de se rétracter derechef, d’avouer leur culpabilité et de rejeter en public, d’abjurer, leur foi et leurs valeurs morales, jugées moyen-âgeuses.

On peut tout à fait, sur ce point précis, parler de la vocation et de l’émergence, nouvelles, d’un ordre immoral, à savoir un ordre fondé sur le rejet des valeurs morales comme obstacle à la frénésie jouissive de l’individu et de ses désirs, ordre tout aussi répressif que son pendant inverse, l’ordre moral.

Ni Putes, ni soumises est au charbon et Caroline FOUREST veille. La passion impose sa loi d’airain et convoque la raison juridique à la barre. Il faut changer la loi, réclament en choeur, nos nouveaux puritains.

Ce que révèle, au fond, cette affaire est la profonde fragilité de notre société moderne, incapable de gérer, d’accepter et de relever le défi de la diversité philosophique, religieuse et morale.

Une société qui se drape du manteau de la liberté et des droits de l’homme, pour en imposer une interprétation libertaire, amorale, voire athée, allant jusqu’à exiger le renoncement à toute référence morale ou religieuse.

La laïcité, condition politico-juridique indispensable à l’existence d’une société multi-culturelle et multi-confessionnelle, qui a longtemps été définie comme la neutralité religieuse de l’état et de ses représentants, a été, en quinze petites années, vidée de son contenu, dévoyée par différents courants de pensée hostiles à la libre expression publique d’une religiosité, en l’occurrence musulmane.

Cette extension abusive de la laïcité, absente de la loi de 1905, qui a laissé entendre qu’elle signifiait l’interdiction absolue de professer des opinions religieuses ou d’exprimer une pratique religieuse, dans les limites du respect d’autrui, sur la sphère publique, la relayant exclusivement dans la sphère privée, a constitué une violation et une réorientation radicale de la définition et de la signification philosophique et historique, de la laïcité.

Cette interprétation a eu pour effet la remise en cause d’un certain nombre d’acquis, en terme de liberté religieuse et de paix sociale, chèrement payés, au regard de la diversité philosophique et confessionnelle de notre société.

Désormais, aux yeux de la raison médiatique et de son tribunal, il est rigoureusement interdit au citoyen d’invoquer un argument moral ou religieux, pour justifier sa conduite, ses décisions, ses choix.

Les évènements qui se sont déroulés entre 2002 et 2004, la montée en puissance de la fièvre médiatique, qui a trouvé son aboutissement par une loi de circonstance, de stigmatisation social d’un groupe confessionnel, nous avait déjà révélé les rouages d’un processus médiatique profondément destabilisant et dangereux, pour nos institutions.

Aujourd’hui, comme hier, sous l’effet d’une pression médiatique et d’une intimidation politique, conjugués, c’est l’indépendance et les décisions du pouvoir judiciaire qui sont remises en cause. Et sur ce point, l’affaire franco-française de ce mariage annulé, restera sans aucun doute, un cas d’école.

par Fouad Bahri samedi 14 juin 2008 - 117 réactions
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  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.215) 14 juin 2008 15:00
    sisyphe

    @ l’auteur :

    La laïcité, condition politico-juridique indispensable à l’existence d’une société multi-culturelle et multi-confessionnelle, qui a longtemps été définie comme la neutralité religieuse de l’état et de ses représentants, a été, en quinze petites années, vidée de son contenu, dévoyée par différents courants de pensée hostiles à la libre expression publique d’une religiosité, en l’occurrence musulmane.

    Qu’en termes élégants ces choses là sont dites !

    On rappelle que la laïcité n’empêche pas la "libre expression d’une religiosité", tant que celle-ci s’exprime dans le domaine privé, mais qu’elle n’a rien à faire dans le domaine public. En l’occurence, il s’agit ici d’un jugement, et les différents principes, préceptes, ou dogmes religieux n’ont strictement rien à faire dans le domaine de la LOI.

    On signalera, à cet égard, l’ahurissant culot d’un abruti de fondamentaliste qui, après s’être opposé à toute présence masculine lors de l’accouchement de sa femme, en novembre 1998, avait ainsi, pour motif religieux, empêché les médecins de faire les examens qui auraient permis de prévenir les graves complications neurologiques dont son fils a été victime, et qui s’était, de plus, permis de réclamer 100.000€ d’indemnité à l’hôpital de Bourg en Bresse, pour le handicap de son enfant, dont il était entièrement responsable.

    Heureusement, sur cette affaire, sa demande a été rejetée par la cour d’appel de Lyon, qui a infligé au plaignant une amende de 1.000€

    Les religieux, de toutes les religions, nous emmerdent, et la république a à se protéger contre tous leurs lobbies, et leurs tentatives d’influer sur la loi.

    Le religieux hors de la sphère publique, et basta !

     

  • Par ka (xxx.xxx.xxx.12) 15 juin 2008 16:38

    "gourdiner une pucelle", "planche" "une pucelle, elle risque s’ attacher à vous et par la suite, elle peut même tomber amoureuse  !!!!" "Y a rien de plus nul et deprimant que de baiser une vierge...", "une "bonne" nana", " j’ aime les femmes pour ce qu’ elles sont (des femelles reproductrices completement nevrosées depuis l’ arrivée de la capote sur le marché"

    Ah ouè y a pas à dire vous êtes vraiment un "ami des dames"  Et puis quelle prétention !

  • Par Vieux Sachem (xxx.xxx.xxx.240) 14 juin 2008 19:04

    Il ne devait pas beaucoup l’aimer, son épouse, pour la répudier parce qu’elle n’était plus vierge. Pour ma part, j’ai été soumis à la même difficulté que nous avons surmontée, car nous nous aimions profondément.Résultat : bientôt cinquante ans de mariage, plusieurs enfants et une multitude de petits enfants ; notre seul désir : être arrière-grands-parents avant de quitter ce bas monde. Un jugement ne peut jamais remplacer une marque d’amour.Toutes les religions enseignent pourtant l’amour !

  • Par Gül (xxx.xxx.xxx.120) 14 juin 2008 19:55

    @ Stephanesh

    Alors, remettons 2, 3 bricoles en place, si vous le voulez bien.

    Les femmes n’ont pas obligation de se voiler, dans le Coran, ce quit est dit est plutôt un conseil dans ce sens. Quant à la raison, c’est justement pour éviter les penchants, comment dire cela,...excessifs, pervers, grossiers...des hommes.

    D’autre part les femmes peuvent tout à fait conduire la prière,vous faites de la désinformation. En Turquie, par exemple, c’est même fréquent....entre femmes. Il y a aussi dans les villages, des femmes Imam, qui permettent aux femmes de venir poser leurs questions face à leur religion, sans redouter l’impudeur qui existerait si elles devaient le faire face à un homme, tout Imam soit-il !

    Je crois que vous confondez parfaitement l’extrémisme, qui comme tout fondamentalisme, se base sur des textes pour mieux les déformer, les dogmatiser et les faire passer comme vérité suprême et les pratiques religieuses "normales". Et ce quelle que soit la religion concernée.

    Je ne suis juge de rien, et quoiqu’il en soit, je m’abstiendrais, mais poussez vos lectures et votre culture théologique un peu plus loin avant de balancer des commentaires réfutables.

    Et enfin, je ne peux pas m’empêcher, pardonnez-moi, mais... il y a des femmes prêtres ????

    Cordialement.

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