« Les français détestent les parisiens » affirme en gros titres « Marianne » sorti il y a deux jours. On leur rappellerait qu’il y a très peu de vrais parisiens en 2010, il y a surtout en ce moment d’anciens pécores enrichis à Paris, qui finit d’ailleurs par se provincialiser, on râle contre le bruit, la fête et la vie des quartiers ; on râle contre les z-intellectuels, les z-artistes, tous des bobos. De toutes façons, on râle contre les personnes hors-normes en général, c’en est fini du « Paris-Bohème », les prix sont trop chers. Bientôt comme en province, il n’y aura plus personne après 18 heures dans les rues excepté un ou deux quidams ou quidamettes qui ira faire pisser le chien en regardant ailleurs quand l’animal marque son territoire. C’est déjà comme ça un peu partout, il faut dire.
Cependant, pour le côté folle-klorique, on tolère deux ou trois arrondissements regroupant les homosexuels de la capitale, ou les quais de « Paris-Plage » quant il fait beau. Cela permet de maintenir un certain côté transgressif, enfin extrêmement légère, la transgression, et finalement on verse dans le con-sensus le plus mou.
C’est la nouvelle carte postale avec les bars à « smoothies » et les restaurants ou bios ou « cuisine mondiale », à savoir cuisine de partout donc de nulle part.
Et les « Starbeurks » de mes deux envahissent progressivement le paysage. Il est de moins en moins rare de voir des boutonneux ou leurs géniteurs suçoter une saloperie glacée trop sucrée ou un « cappuccino » fait avec du café de bonne soeur.
Il paraît que les stéréotypes sont morts mais la lecture du sondage joint montre qu’il n’en est rien. Que reproche-t-on au juste aux parisiens ? D’être cultivés, informés et ouverts MAIS snobs, sans parler de l’étiquette infâmante de « bobo » qui permet d’anathèmiser à peu près tout et n’importe quoi. Ce qui est un stéréotype de pur jus, le type ou la fille qui a un peu lu et qui en parle est forcément snob. Bien sûr, ça arrive, pour quelqu’un qui n’est pas vraiment cultivé mais prétentieux, mais l’épithète « snob » est toujours une excuse pour l’ignare pour justifier son incurie intellectuelle, et sa microcéphalie.
Et comme d’habitude au moment des élections régionales, les politiques, qui se rasent tous en pensant à la présidentielle maintenant, du technocrate du FMI aussi à gauche que moi je suis bouddhiste en passant par le repris de justice anciennement premier ministres sans oublier le petit pot à tabac mairesse de Lille, nous la jouent corde sensible, avec des trémolos, sur l’authenticité de la province (« c’est quoi lotentique » demande Ugolin dans « Manon des Sources », « ça se met en bouteilles ? Comment on le cultive »), la terre qui ne ment pas, elle, et l’accueil supposé de nos provinces de plus en plus refermées sur elles-mêmes bicoze la perte progressive et maintenant presque totale de l’identité nationale, le tout encouragé par l’Europe et la télévision bas de gamme pour débiles dociles et conformistes qui poussent au cul des communautarismes qui mettent en avant des coutumes et rites d’un autre âge au nom des Droits de l’Homme.

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