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Les plus précaires des précaires

« Camping sauvage », roman d'Antoine Blocier, Editions Krakoen, Forcément noir, septembre 2010, 314 pages, 12 €

Qui veut la peau des sans rien ?

Ils sont des milliers, sans défense avec si peu d'attache pour ne pas dire aucune à essayer de survivre dans un Paris indifférent, un peu solidaire, du moins inquiet en hiver et pas du tout en été quand ces sans rien font tache (! ?)au moment de l'arrivée des touristes étrangers.

Cette fiction conçue et rédigée par Antoine Blocier est noire, comme est noire la vie des exclus, ces naufragés de la vie, victimes d'une société où la grande pauvreté a une fonction sociale !

« accompagnée du manque de logements, d'emplois, de salaires décents, elle vise à calmer l'ardeur de ceux qui seront toujours aux limites de la rupture. Oseront-ils revendiquer, manifester, exiger... au risque de perdre le peu qu'ils ont ? Au risque de se retrouver exclus à leur tour, entraînés dans la spirale sans fin de la déchéance ».

L'analyse est implacable et juste à la fois.

La mort ne fait pas que rôder, elle frappe les SDF et notamment les « étrangers », ceux qui n'ont plus de familles ou qui sont séparés de leurs proches.

Qui viendra réclamer les corps ? Qui décidera de mener une véritable enquête ?

Les lâches s'attaquent aux vulnérables, comme le font ces autres « tordus » qui instaurent des distributions de soupe à base de porc réservées à ceux qui ne sont ni juifs, ni musulmans. «  Agiter la soupe sous le nez de ceux qui ont faim mais ne peuvent en manger est d'une rare cruauté. La haine est parfois facétieuse. »

Les phrases défilent et s'enchaînent à un rythme parfois endiablé, le suspens est présent en permanence et l'auteur réussit à écrire un vrai « polar ».

Pour réussir son œuvre, l'auteur rajoute et mélange avec réussite deux ingrédients : une écriture soignée et une description du quotidien des SDF qui campent sur le quai du canal Saint-Martin.... énigme et sociologie constituent ici un mélange explosif de qualité.

Antoine Blocier nous montre la réalité de la société des SDF, les rivalités existantes mais surtout, malgré la misère subie, leurs solidarités réelles.

Attachez vous bien au siège, l'auteur ne vous ménage pas...Au moment de l'accalmie un nouveau drame surgit avec des SDF victimes de rites barbares. On se croirait dans le livre d'anthropologie du professeur Samuel Goldberg, l'un des personnages de ce roman....Mais nous sommes pourtant au début de ce troisième millénaire dans cette capitale si surveillée et si moderne !

Serait-il encore minuit dans le siècle pour tous ceux qui sont sacrifiés sur l'autel de l'indifférence ?

Captivé par l'histoire, j'ai essayé plusieurs fois de lâcher mon livre pour souffler...Je n'ai pas pu, il m'a fallu aller jusqu'au bout de l'enfer.

Mais, bien évidemment je ne dévoilerai pas la fin de l'histoire ni la solution de « l'énigme »...Allez découvrir ce livre, vous l'aimerez, j'en suis sûr.

Jean-François Chalot


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25 réactions à cet article    


  • eric 22 janvier 2011 07:39

    Toujours la même instrumentalisation politique des drames humains.
    Il y a environ 30 000 grands exclus en France. Ce qui n’est rien sur 65 millions d’habitant et donc ne saurait avoir une fonction sociale.
    Ce n’est pas un problème social dans l’essentiel des cas. Ils sont victimes de detricotages familiaux et ou, de difficultés psychologiques et ou psychiatriques. Toutes difficultés handicapantes et que l’on sait mal traiter. Le compromis entre le respect des libertes individuelles et la prise en charge obligatoire ne facilite pas les choses.
    Allez faire un tour au service des urgences psychiatriques de Sainte Anne, voir des SDF en apparence calme comme vous et moi, piquer une crise, casser les carreaux et commencer a se taillader les veines. Du reste, une des principale cause de mortalité n’est ni le froid ni la misère, mais la violence, en particulier entre SDF.
    Le nombre de structures, les budgets, alloues est considérable. Le principal probleme n’est pas le manque de moyen ou de solidarite, mais la difficulté a traiter des cas limites.

    Un des handicaps fréquent est par exemple, l’une ou l’autre forme de schizophrénie. Celles ci peuvent aisément mener a l’exclusion, surtout si il n’y a pas une famille pour tenir le choc. Il existe de l’ordre de 225 000 cas en France. Ils sont suivis, traite, encadre,aide. Et puis il y a ceux qui passent entre toutes les mailles de tous les systèmes.

    Il existe des méthode traditionnelles pour régler ce type de problème. Au 19 eme, on mettait tous le monde de force dans des asiles plus ou moins mouroirs.
    Avant, et notamment en milieu rural, il y avait l’idiot du village ou le chemineau, plus ou moins accepte et pris en charge par la collectivité et les cas plus grave, ils « disparaissaient ».
    C’est cela que vous voulez ?

    J’ai l’impression que vous avez une sincère préoccupation sociale, mais qu’elle est devoyee par des préjugés politiques. Vous partez de l’idée que « le système » est mauvais, Sarkozy ( ou la droite, ou le capitalisme, ou les banques, ou les bourgeois, ou les koulaks) sont responsables. Puis a partir de la vous prenez n’importe quel phénomène ou chiffre pour en déduire qu’ils sont responsables et préconiser des solutions inadaptées. Dans un précèdent article vous évoquiez les 200 000 sans logis ou logés précairement ou en caravane, en exigeant la construction de logements sociaux. Or, dans les 200 000 il y a 156 000 détenteurs du livret de circulation plus connus sous le nom de gens du voyage, dont il n’est pas du tout sur qu’ils soient a la recherche d’un logement social.

    Je me demande si ce n’est pas un problème plus général de beaucoup de structures associatives sociales d’aide aux exclus de gauche qui passeraient plus de temps a se demander comment « changer le système » qu’ a diagnostiquer les difficultés humaines des gens qu’ils aident et a essayer d’y apporter des réponses humaines.


    • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 08:47

      Tout d’abord je n’ai pas parlé de Sarkozy mais de la société ; je ne nie pas la responsabilité de l’ensemble des gouvernements successifs.
      Il ne s’agit pas des SDF « volontaires » l’est-on vraiment ?, de ceux qui peuvent « choisir » ce mode de vie mais de toutes les victimes :
      - des sans papier sans liens familiaux
      - des personnes ayant perdu leur emploi
      - des personnes ne disposant que d’une toute petite ressource : le RSA ce n’est même pas le minimum vital

      Quant à la « maraude » ou aux abris de nuit : ils faut qu’ils dégagent très vite au matin....
      Voici déjà quelques réflexions à chaud


      • Blartex 22 janvier 2011 14:49

        À vous qui êtes tous au « chaud », je vous invite à partager ne serait-ce qu’une journée de vingt-quatre heures d’un SDF. Glagla et tout. Les keufs, la faim. Les gosses si loins et qu’on a honte de contacter rapport à sa situation. Les papiers qu’on a perdus, la vie que l’on perd rapidement. Aucun rapport avec un auteur de bouquin qui voudrait nous faire croire avoir partagé tout ça.
        La machine à écrire au coin de la cheminée, et toussa toussa.

        CHALOT :
        Voici déjà quelques réflexions à chaud


      • Romain Desbois 22 janvier 2011 10:24

        Tant que nous n’aurons pas compris que c’est l’intérêt de tous de partager et d’aider les plus fragiles d’entre nous , rien ne changera.

        Les conséquences de la misère et de la pauvreté coûtent bien plus chers ; humainement bien sûr (et cela devrait être suffisant) mais économiquement, sociétalement .

        Si on ne le fait pas par altruisme , faisons le par égoïsme !


        • Blartex 22 janvier 2011 13:28

          Suce, pense (ou pas).
          J’ai pas lu cet ouvrage, mais gagner du fric sur le dos des SDF, on connaît.
          Cet « auteur » a t-il écrit un livre pour aider ou pour s’enrichir au profit de ce qu’il dénonce ?
          J’ai pas lu cet ouvrage, mais vous en faites une bonne publicité.
          À part ça, comme si on ne savait pas à quoi s’en tenir ! Je ne vais pas payer treize euros pour savoir ce que tout le monde sait déjà.
          Autant les donner à un SDF.

          Chalot :
          le suspens est présent en permanence et l’auteur réussit à écrire un vrai « polar ».


          • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 13:39

            L’auteur est un militant engagé dans l’action sociale et politique.
            Son livre est à un prix accessible tout à fait correct. Il ne cherche pas à s’enrichir mais à la fois à répondre à une passion : l’écriture et au besoin pour lui de poursuivre son combat social en dénonçant certains scandales.


            • Blartex 22 janvier 2011 13:54

              C’est vous qui le dites CHALOT, « accessible tout à fait correct ». Treize euros ça fait une trentaine de baguettes de pain. Treize boîtes de cassoulet de m*rde, de quoi bouffer pendant des jours...
              OK, tout à fait correct, mais pas pour un SDF qui cherche gîte et couvert de jour en jour.
              Et les ceux qui ont de quoi, m’est avis qu’ils n’en ont rien à cirer. Sauf pour se branler sur la misère du monde.

              Pardon, suis très en colère. Accessible pour tous les bourges qui peuvent s’acheter des bouquins de merde ?


            • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 14:00

              D’abord le livre coûte 12 € et non 13, ensuite ce n’est pas un livre de « merde » et pour terminer-même si vous êtes en colère" vous ne pouvez pas rejeter la culture


              • Blartex 22 janvier 2011 14:10

                Pardon, je regrette et m’excuse sur le terme « bouquin de merde ».
                Ne l’ayant pas lu, je suis mal placé pour émettre un jugement ou une critique.


              • Blartex 22 janvier 2011 14:19

                Je n’ai pas dis que ce livre était de la merde. Juste que la culture était faite pour ceux qui avaient les moyens d’en disposer.


              • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 15:02

                En principe je suis un peu « dubidatif » quand quelqu’un, derrière un pseudo, s’en prend à ceux qui écrivent et qui ne connaissent pas la misère.
                Ensuite, je pense qu’un polar qui parle des SDF en insistant sur leur grande souffrance et leur solidarité sort des sentiers battus et cela fait du bien.


                • Blartex 22 janvier 2011 15:14

                  Vous en voulez des détails de mes misères passées ou présentes ?
                  Vous vous foutez de qui ?
                  Un « polar », ça veut tout dire.


                • Blartex 22 janvier 2011 15:18

                  Pourquoi-pas San-Antonio au bord du canal ?


                • foufouille foufouille 22 janvier 2011 15:25

                  et dans son livre, il donne le montant du RMI ?
                  un allocataire de la CAF a le droit d’heberger ou d’etre heberger par une personne du meme sexe
                  sinon concubinage obligatoire (sauf la famille avec preuve)


                  • Blartex 22 janvier 2011 15:38

                    Le con cul binage est très excitant.
                    Par devant par derrière...


                  • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 16:07

                    non ! mais il parle aussi de ces gens qui n’ont même pas le RMI
                    Quant à Blartex, je préfèrerais qu’il argumente comme il avait commencé à le faire au lieu de faire des jeux de mots !


                    • Blartex 24 janvier 2011 14:46

                      Argumenter sur le nombre de gens qui se font de l’argent sur le dos des SDF ?

                      On pourrait commencer par Emmaus...

                      Vous savez ces chiffonniers qui emploient des miséreux. Sans même de vrai salaire. Par contre le patrimoine immobilier de cette société est plus que vrai, lui.

                      Renseignez-vous, combien logent-ils de pauvres dans leurs châteaux et dans leurs demeures ?

                      Leurs « employés » esclaves sont payés à coup de paquets de cigarettes et à coup de dix euros par semaine. Ils ne connaissent pas non plus les trente-cinq heures.

                      On commence par là ?

                      On en parle dans votre livre ?

                      Cela dit, je ne critique aucunement le contenu de ce bouquin. Pas lu.
                      Mais de faire un polar sur la misère de certains...je trouve ça un peu indécent. Surtout si c’est pour vendre.


                    • foufouille foufouille 22 janvier 2011 16:47

                      et aubenas, elle a change qqch ?
                      non
                      suffit de surfer sur les forums de precaires


                      • foufouille foufouille 22 janvier 2011 18:25

                        mes bouquins je les achetes sur les brocantes
                        2€ maxi


                        • Jean 22 janvier 2011 20:09

                          Juste un détail

                          Si je crevais de faim, étant musulman ou juif, je boufferais une bonne soupe au cochon.

                          Chrétien français, je bouffe de tout -raisonnable bien sûr- même du chien en Asie.

                          Dans les cas extrêmes de l’ Histoire, on a mangé des cadavres humains etc., c’ est dire... !


                          • Blartex 24 janvier 2011 14:51

                            Y’en a qui mangent bien de l’aspartam !


                          • Blartex 24 janvier 2011 15:11

                            Musulman ou juif, qui a le plus faim en ce moment ?

                            Les juifs parce qu’ils sont moins nombreux ?
                            Les musulmans parce qu’ils sont plus solidaires ?
                            Les chrétiens le vendredi car ils ne peuvent pas se nourrir au mac’dodo ?

                            En tout cas pas le chien à sa mémère ni a son pépère. Celui-là est gavé de nourriture, beaucoup plus qu’un SDF qui lui n’a pas ses kilos de croquettes garanties à vie. Nourrissez vos animaux domestiques, prenez soin d’eux. Laissez crever votre voisin, il ne mérite pas de vivre...

                            Dans des cas extrêmes de misère, on a mangé des boulettes pour chien, du « qui t’es cat », etc, c’est dire... !


                          • Blartex 24 janvier 2011 15:41

                            Cent fois sur le métier...
                            Pourquoi le SDF a si souvent un chien ?
                            Parce qu’il s’est aperçu qu’on donne beaucoup plus à un animal qu’à un humain.


                          • CHALOT CHALOT 22 janvier 2011 20:18

                            Vous n’êtes ni l’un ni l’autre donc cette affirmation est « gratuite » et sans fondement.

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