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Accueil du site > Actualités > Société > Les problèmes des éleveurs ou la crise du Capital

Les problèmes des éleveurs ou la crise du Capital

Les éleveurs français partout protestent. Ils s’insurgent contre des prix d’achat de leur production bien trop bas pour leur permettre de vivre effectivement de leur travail. Alors de nombreux médias comme France 2 ou Le Figaro mais aussi des économistes prétendument dissidents tels Jacques Sapir exposent ce qui, selon eux, explique les déboires de nos éleveurs : coût du travail réduit en Allemagne, notamment grâce (ou à cause de) à la directive de détachement des travailleurs ; moins de normes sanitaires dans le reste de l’Europe ; manque de compétitivité du fait des exploitations qui sont plus grandes ailleurs ; impossibilité de dévaluer... Mais au lieu de pointer le véritable problème, on se contente de juxtaposer des éléments sans voir ce qu’il y a derrière. Car ce qui est derrière, c’est la crise du Capital. En effet, les différentes unités capitalistes sur le marché d’une marchandise spécifique sont obligées, pour être concurrentielles, de baisser leurs coûts. Mais, fait noter Marx, la valeur des marchandises est surtout fonction du temps de travail socialement nécessaire à leur production. Il faut donc faire appel à la machine, ou encore, ne plus voir de porc en le porc mais plutôt une usine à viande, qu’on bourrera d’antibiotiques, d’hormones de croissance et autres saletés. On préférera notamment le porc industriel au cul-noir limousin qui demande presque seize mois contre six pour le premier. Nous comprenons donc que le temps de travail socialement nécessaire à la production d’un kilogramme de porc ayant baissé, il s’ensuit que le prix de vente doive nécessairement baisser. Mais les différentes unités capitalistes ont besoin de conserver un revenu en progression constante sinon au moins stable. Alors elles compenseront la baisse du taux de profit au kilogramme par la masse : elles en viendront donc à produire massivement pour que leur bénéfice global demeure au moins stable. Or la demande est limitée. C’est-à-dire que les marchés se retrouveront très rapidement saturés et seuls ceux ayant réussi à baisser leurs coûts pourront écouler leur production. Quant aux autres, ils sont condamnés à mourir. Par autres, ici, il faut comprendre éleveurs français, qui ont déjà perdu cette guerre capitaliste. Mais au lieu de voir le problème, on les manipule par le médiatisme et le syndicalisme, bras armés du Capital. Manipulations qui fonctionnent car au lieu de se battre contre le Capital, ils exigent de trouver preneur pour leur production à 1,40 euro le kilogramme. Pur délire ! D’ailleurs, les différentes réunions au sommet de l’Etat ont montré que le politique n’avait déjà plus de capacité opératoire, non pas parce que c’est Hollande au pouvoir, mais seulement parce que cela contredit la loi du Marché et qu’on ne peut obliger quiconque à acheter à tel prix. Et deux des plus grands abattoirs français se fournissent – à raison – à l’étranger car eux aussi sont pris dans le grand délire concurrentiel inhérent à la nature du Capital.

Comprenons bien que embargo russe ou non, dévaluation monétaire ou non, réduction des normes sanitaires ou non, agrandissement des exploitations ou non, il faut dire qu’il s’agit là de rustines et que nous serions de toute façon arrivés à une saturation du marché puisque la dynamique concurrentielle du Capital persiste.

A bas l'imposture médiatique.

Je remercie sincèrement Francis Cousin de m’avoir ouvert les yeux.

 


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15 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 19 août 2015 16:18

    non et non,c’est une crise humaine.....une crise profonde, une crise très grave qui est suicidaire...

    l’humain est dans des souffrances mentales terribles , c’est sa création, souffrances aux quelles il ne comprend rien des origines en lui meme ,le capital c’est l’humain qui le crée, rien de tel n’existe nulle part ailleurs dans la nature...

    Mais voila pour aller dans cette direction je dois me remette en cause et là c’est : plutôt crever moi j’ai raison.....mais quel est donc cet etre débile qui croit que de créer une competition entre nous va produire autre chose....que cela....

    que le pire......qui va arriver car non seulement nous ne changeons pas du tout mais enfin aujourd’hui on a les moyens.... ce pire est le cadeau de mère nature pour les pitoyables êtres que nous sommes devenus.....

    c’est vrai que l’on ne sait pas du tout ce que l’on fait.....


    • howahkan howahkan Hotah 19 août 2015 18:01

      @howahkan Hotah

      c’est vrai que l’on ne sait pas du tout ce que l’on fait.....c’est un emprunt célèbre bien sur de : pardonne leurs ils ne savent pas ce qu’ils font....ça n’a pas changé d’un iota..


    • foufouille foufouille 19 août 2015 16:34

      et ensuite quand plus rien ne sera produit en france, le smic sera à 700€.


      • zygzornifle zygzornifle 19 août 2015 16:55

        Bientôt avec la signature du traité transatlantique par les vendus corrompus de Bruxelles il n’y aura plus d’éleveurs porcins en France ni d’agriculture et l’Allemagne sera aux abois obligée de payer des amendes pour concurrence déloyales .....


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 19 août 2015 17:11

          Bonjour,
          « Il faut donc faire appel à la machine, ou encore, ne plus voir de porc en le porc mais plutôt une usine à viande » tout comme il faut séparer les différentes banques, il faudrait aussi absolument séparer l’agricole de l’industriel, ne pensez vous pas ?


          • Felgrand AGESC 19 août 2015 17:35

            @Lisa SION 2
            Salut !
            Je pense que vos propositions sont intéressantes mais qu’elles ne vont pas assez loin. En effet, elles ne veulent que réaménager le Capital tout en conservant la matrice du Capital...


          • Pascal L 19 août 2015 22:50

            « Mais, fait noter Marx, la valeur des marchandises est surtout fonction du temps de travail socialement nécessaire à leur production » 

            Marx avait contredit plus tard cette affirmation. Les communistes se sont arcboutés sur la richesse créée exclusivement par le travail alors qu’il s’agit d’une notion pour le moins théorique contredite par la réalité. De toute façon, cette vision de l’économie est morte à cause de la pénurie qu’elle avait engendrée. La vision actuelle du capitalisme génère de la même façon du chômage de masse à la place de la pénurie, mais ne doit sa survie qu’à la liberté d’entreprendre et d’innover qui a permis de renouveler régulièrement le modèle, contredisant ainsi les prévisions des communistes.
            La crise que nous vivons actuellement est liée au fonctionnement actuel de la monnaie qui ne permet plus le financement du changement en favorisant les mécanismes de prédation. Si nous modifions le fonctionnement de la monnaie pour favoriser la création de richesses, nous pouvons assez facilement faire repartir la machine sans passer par la case « communisme ». 

            • Felgrand AGESC 20 août 2015 12:08

              @Pascal L
              Salut !
              Pourriez-vous m’indiquer où vous avez vu cela ?

              « Mais, fait noter Marx, la valeur des marchandises est surtout fonction du temps de travail socialement nécessaire à leur production » 

              Marx avait contredit plus tard cette affirmation.


            • Pascal L 20 août 2015 23:24

              @AGESC
              Bonjour !

              Kal Marx « Marginal notes on A. Wagner » (1879) :
              « L’obscurantiste a oublié que mon analyse de la marchandise ne s’arrête pas à une présentation duale de la marchandise, [mais] qu’elle va plus loin, [de telle sorte] que la plus-value est elle-même dérivée d’une valeur d’usage « spécifique » de la force de travail qui lui appartient spécifiquement, etc. Chez moi, la valeur d’usage joue un rôle important complètement différent de [celui qui prévalait] dans l’économie [politique] auparavant ».
              Le questionnement entre valeur d’usage et valeur d’échange existe chez Marx dès les brouillons utilisés pour la rédaction du Capital.
              Pour une analyse détaillée du questionnement de Marx, je vous renvoie à la lecture du livre de Steve Keen : « L’imposture économique » Chapitre XVII malicieusement sous-titré « Pourquoi la majorité des marxistes ne sont pas pertinents alors que presque toute la théorie de Marx l’est » 

            • aimable 19 août 2015 22:52

              vendre a tout prix !
              on m’a toujours répété , produire suffisamment pour nourrir les hommes
              le surplus crée la misère du paysan .


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 août 2015 08:37

                L’auteur oublie juste de dire que la concurrence sauvage que se livrent les pays européens entre eux, n’a pas toujours existé. Avant notre belle UE de la prospérité, les pays européens avaient le droit, comme tous les autres pays du monde, de mettre des taxes aux frontières sur les produits d’importation, afin de protéger leurs secteurs stratégiques.


                C’est un Commissaire européen tout seul, qui a décidé à l’ OMC, de supprimer les quotas qui protégeaient le textile français. Conséquence, les produits indiens, asiatiques etc, ont envahi le marché français, mettant au chômage des centaines de milliers de salariés dans les Vosges et le nord de la France.

                C’est l’article 63 du TFUE qui a supprimé le contrôle des mouvements de capitaux, qui a permis les délocalisations et l’achat d’entreprises françaises par des fonds de pension, pour les siphonner.
                Voici le brillant résultat des Traités européens sur l’emploi industriel en France.

                La politique de PAC de faire disparaître l’agriculture extensive au profit d’une agriculture industrielle ne vient pas de la planète Mars.
                C’est intégré dans les Traités européens, articles 38 et 39 du TFUE.
                Avec les conséquences qu’on connaît : emprunts massifs par les agriculteurs, qu’ils ne peuvent plus rembourser dès que les cours baissent.

                On peut considérer que l’agriculture extensive et de qualité en France est un secteur stratégique, qui nécessiterait pour le sauver, de revenir aux régulations précédentes, mais cela ne peut se faire qu’en sortant définitivement de l’ UE. Car l’agriculture ne fait plus partie des compétences des Etats européens, mais de la Commission européenne, les Gouvernements « n’ont plus la main ».

                Les Traités européens ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité article 48 du TFUE.
                Et concurrence faisant, les pays qui produisent moins cher ne voteront jamais aucune modification des Traités.

                Rendre responsable « le capital en général », évite juste de poser la question de la souveraineté et de la sortie de l’ UE, une machine de guerre inventée par les USA afin de soumettre les peuples par l’euro et par la dette, pour sauver leur économie et leur dollar en perdition.


                Si le marxisme donne des clés de compréhension du capital, sur la colonisation, il semble que Marx et Engels la voient plutôt comme un acte de « civilisation »..., on comprend du coup, la difficulté de l’auteur à penser en termes de géopolitique.

                • Felgrand AGESC 20 août 2015 12:12

                  @Fifi Brind_acier
                  Salut !
                  Tu sais, si il y a un parti avec lequel j’ai quelques affinités, ce serait l’UPR.
                  Mais je dois dire que sur la critique du Capital, il est comme les autres... car même si nous en venions à instaurer un protectionnisme français, il n’empêche que demeure la concurrence entre éleveurs français et qui conduit aux mêmes résultats avec à un moment donné une crise nécessaire de surproduction...
                  Et bien sûr que l’UE est une arme américaine. Mais ce n’est là qu’un effet du Capital !


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 août 2015 08:34

                  @AGESC
                  Bonjour,
                  S’il y avait 60% de communistes en France, cela se saurait...
                  Vous confondez Parti politique et rassemblement provisoire.
                  L’UPR n’est pas un Parti politique, c’est un rassemblement provisoire. 

                  Elle peut faire des alliances avec des Partis politiques sous réserves de conditions précises :
                  - vouloir sortir de l’ UE de l’euro & de l’ OTAN, unilatéralement et légalement par l’article 50.
                  - avoir dans son programme des éléments sociaux importants.
                  - ne pas faire de la politique « caméléon », avec des dirigeants qui tiennent des discours variant avec le lieu et le public. Pour l’instant aucun Parti politique en France ne répond à ces conditions.


                  L’UPR est un rassemblement provisoire pour sortir de l’ UE, sur la base du programme du Conseil National de la Résistance réactualisé. Pour pouvoir rassembler les 55 ou 60% de nonnistes de 2005, il faut un programme de consensus.
                  D’ailleurs le programme du CNR n’était pas un programme communiste, ce qui n’a pas empêché le PCF et la CGT de s’allier provisoirement à toute la classe politique française.

                • bakerstreet bakerstreet 21 août 2015 15:23

                  C’est le Danemark qui est le leader sur la marché, malgré des coups salariaux supérieurs à ceux de la France. 

                  En Allemagne aussi, le salaire minimum a freiné sérieusement le dumping. En réalité, avec le porc on ne jour plus dans la même catégorie, bien que produisant une viande industrielle, minable, responsable d’une catastrophe sanitaire, au même titre que la productions de volailles : Qualité des eaux, dégradations du paysage, des marées.....
                  La seule alternative, produire de la qualité, en respectant les animaux. Mais faudrait ils déjà respecter le public, les villes, et les investissements saccagés, par quelques excités qui ne voient pas plus loin que leur bout de leur tracteur, tout en ne mangeant même pas, eux, la viande qu’ils produisent

                  • zygzornifle zygzornifle 23 août 2015 19:29

                    Hollande est un grand éleveur de dette, de chômage , d’immigration et de sous le seuil de pauvreté .....

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