Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Les quotas de migrants : une affaire de pouvoir, pas d’aide

Les quotas de migrants : une affaire de pouvoir, pas d’aide

On peut penser que la photo du petit Syrien mort a provoqué une prise de conscience bienvenue du besoin d’aider les réfugiés Syriens. Mais on peut aussi y voir le cynisme d’une organisation européenne davantage préoccupée en réalité par le fait de gagner du pouvoir plutôt qu’aider son prochain.

 
Le refus des vraies solutions
 
Après tout, il aurait été bien plus simple que les ministres européens réunis la semaine dernière donnent chacun un chiffre du nombre de réfugiés qu’ils pouvaient accueillir, que la somme soit faite et qu’ainsi, les pays européens puissent annoncer qu’ils assureront l’accueil des réfugiés qui en ont le plus besoin. Il n’y aurait pas eu besoin de ces débats byzantins dont est coutume cette folle organisation européenne. Il aurait été possible de faire rapide et efficace. Mais, non, plutôt que de simplement résoudre le problèmes, les institutions européennes semblent sauter sur l’occasion et surfer sur l’émotion afin de grignoter un nouveau pouvoir aux Etats membres, en leur imposant des quotas d’accueil de migrants annuels par pays, qu’ils devront respecter, sous peine d’une amende en cas de non respect !
 
Comment ne pas voir le profond cynisme de la manœuvre de Juncker ? A supposer qu’il soit motivé par les réfugiés, il valait mieux privilégier une solution facile à mettre en place. Sans abandon de la souveraineté, les Etats accueilleraient sans doute davantage de réfugiés. Là, ils doivent abandonner une fois pour toute la capacité de choisir, ou non, d’accueillir des migrants, pour un montant variable (en quelques jours, le quota global a pris 33%...) et une répartition faite par les cerveaux malades de cette commission qui avait conçu les trajectoires de retour de la Grèce à l’équilibre en 2010 et 2012, immédiatement infirmées par la réalité. Il n’y a nul besoin ici d’abandonner à jamais sa souveraineté pour coordonner l’aide aux Syriens. Mais l’UE sait que les crises sont toujours le moyen de pousser ses pions.
 
Un bureaucratisme totalitaire
 
L’examen des premiers quotas fixés par la commission est d’ailleurs assez effarant. Bruxelles demande à l’Allemagne d’accueillir 26% des migrants, contre 20% à la France. Ces simples chiffres démontrent que la méthodologie de répartition de la commission n’a aucun sens. En effet, ces chiffres reflètent à peu près la différence de population entre les deux premiers pays de l’Union Européenne. Pourtant, la situation n’est pas du tout la même à Paris et Berlin. Chez nous, le taux de chômage atteint des records historiques, quand il ne cesse pas de baisser en Allemagne. En outre, nos démographies divergent, puisque nous faisons déjà 20% d’enfants de plus que notre voisin d’outre-Rhin. Bref, la capacité d’accueil de nos deux pays est profondément différente, mais Bruxelles n’en tient pas compte.

Cette logique de quotas pose un autre problème, remarquablement analysé par Jacques Sapir dans une série de papier sur l’évolution de nos démocraties. A force de figer dans le marbre des traités une part grandissante de nos choix politiques, c’est la démocratie que nous étouffons. Les traités européens votés par nos dirigeants fixent déjà un cadre budgétaire de plus en plus contraignant, après avoir confisqué la monnaie. Maintenant, Bruxelles veut fixer le nombre de migrants que l’UE et leur répartition. Déjà, cette Europe veut interdire les fessées, nous interdire d’interdire les OGM, ou même impose aux assureurs de faire payer les femmes le même prix que les hommes. Outre la perte de souveraineté, en figeant les politiques dans des traités, c’est la démocratie que l’on vide de son sens.
 

Non seulement on peut rejeter l’idée même de quotas par logique de souveraineté nationale. Mais on peut aussi la rejeter par le caractère profondément antidémocratique de figer des politiques dans des lois, des traités ou des règlements. Et que dire du cynisme de l’exploitation de la misère humaine ?

 


Moyenne des avis sur cet article :  1.89/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • Iren-Nao 10 septembre 2015 12:04

    Dégageons au plus tôt de cet UE de merde.
    De préférence de manière fracassante.
    On renégociera après des traites ayant du sens avec ceux qui voudront.
    L’Europe et le monde ont besoin que la France a nouveau montre le chemin.
    Et foutons en taule les traitres.
    Quoique je préférerais quelque chose de beaucoup plus radical, façon Thermidor.(pas le homard eh couillon)
    Iren-Nao


    • zygzornifle zygzornifle 10 septembre 2015 14:09

      l’Europe a ouvert la boite de Pandore et ce qui en sort va tout dévaster sur son passage ,
      d’après les services secrets hongrois 4000 hommes de daesh sont passés parmi les migrants .... de toute façon la Hongrie s’en fiche car ils ne sont que de passage chez eux ..... ils trouveront chez nous armes et munitions dans nos 1000 citées de non droit , le gouvernement le sait mais comme d’habitude il jouera a l’étonné quand ça pètera, on verra le couple Valls-Cazeneuve annoncer que tout sera fait pour trouver les coupables et que justice sera rendue .......


        • Crab2 11 septembre 2015 13:48


          Michel Onfray : « On criminalise la moindre interrogation sur les migrants »

          Cette fois j’adhère à cette analyse par Michel Onfray sur les méthodes propagandistes relevant de pratiques médiatiques staliniennes sur la question dite « des migrants » propagées par …

          Suites :

          http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/09/le-petit-monde-stalinien.html

          ou sur :

          http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/09/11/le-petit-monde-stalinien-5683416.html

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès