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Accueil du site > Actualités > Société > Les systèmes judiciaires s’éloignent-ils toujours plus de (...)

Les systèmes judiciaires s’éloignent-ils toujours plus de l’idée de Justice ?

Nathalie Gettliffe, incarcérée au Canada pour avoir kidnappé ses propres enfants, a été condamnée à 16 mois de prison. Elle pourrait revenir en France avant Noël.

Ce qu’une partie de la société condamne, une autre le comprend.

Le 4 décembre, c’est un couperet sur des vies qui est tombé. L’affaire était entendue. Nathalie Gettliffe était contrainte de plaider coupable et à présenter des excuses si elle ne voulait pas être exposée à une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison pour le kidnapping de ses deux premiers enfants. Créditée de 10 mois pour le temps enduré en détention préventive pendant lequel elle a finalisé sa thèse de doctorat et accouché, Nathalie Gettliffe a encore six mois de prison devant elle, à moins qu’elle soit libérée à mi-peine. Si elle en fait la demande, l’Etat français interviendra pour qu’elle revienne en France avant fin décembre.

Pour ceux qui comprennent, la compréhension des comportements de Nathalie Gettliffe vaut-elle approbation ? Elle permet de regarder notre humanité et de retirer l’idée que les actes commis par Nathalie Gettliffe ne valent pas une poursuite judiciaire, un internement, une naissance en prison, un négociation inquisitorial pour obtenir une rétractation et enfin une condamnation.

Mais cette compréhension ne saurait se tourner vers la décision du tribunal canadien concernant la fuite de Nathalie Gettliffe avec ses enfants. Encore une fois, ce n’est pas une décision apaisante qui a été rendue, mais une sanction de « Justice » prononcée en réunion. Il y a de la rancoeur là-dedans, pas de réparation. Qu’est-ce qui était reproché à Nathalie Gettliffe ? D’avoir en août 2001 quitté le Canada et s’être réinstallée en France avec ses deux enfants. Le kidnapping juridique était constitué. Néanmoins, au mois en Juin 2005, le père a pu venir en France voir ses enfants kidnappés, seul avec eux. Qu’est-ce donc que ce type de kidnapping ? A-t-on jamais vu que l’on puisse visiter librement des personnes kidnappées ? Une médiation était en cours, organisée et animée avec un amateurisme et un professionnalisme qui laisse dubitatif, sous l’égide des autorités canadiennes et françaises.

Quoiqu’on en dise, c’est bien dans ce climat de confiance manifestement rétablie que Nathalie Gettliffe a été attirée le 10 avril 2006, au Canada. La police attendait Nathalie Gettliffe qui a été arrêtée dans des conditions où il n’est plus important désormais de connaître la réalité quant à la participation du père des deux enfants, et incarcérée. De son côté, le système judiciaire français avait donné tort à Nathalie Gettliffe d’être partie avec ses enfants.

Mais, de vous à moi, imagine-t-on une mère aimante quitter définitivement un pays sans ses enfants ? Imagine-t-on que les enfants, âgés de 11 et 12 ans, vont féliciter leur père d’avoir au moins déclaré sa satisfaction de voir leur mère en prison alors qu’ils étaient heureux au sein de leur famille maternelle ? Quels que soient les sentiments des enfants à l’égard de leur père, imagine-t-on qu’ils puissent avoir à son endroit un sentiment affectueux comme ceux que l’aurait des prisonniers envers leur libérateur ?

Cette compréhension peut se tourner vers ce père délaissé, à la colère froide, cherchant des alliés pour se venger, trouvant des soutiens auprès des membres d’une secte à laquelle il appartient, de compatriotes et de personnes se reconnaissant en lui. La colère est légitime. Mais nous pourrions nous attendre à ce que la Société au travers de ses institutions soit un modèle d’humanité, surtout dans ce genre d’affaire où des points de vue, des peurs et des souffrances, des colères et des rancunes s’affrontent.


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10 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 11 décembre 2006 11:58

    A chaque fois qu’il y a un jugement portant sur des couples binationaux, c’est toujours celui qui est originaire du pays ou se passe le procès qui gagne.

    Ce n’est pas une question de droit, mais de préférence national. Et même quand cela remet en cause un jugement d’un autre pays démocratique. Il n’y a qu’à voir les jugements pour la garde d’enfants entre couple franco-allemand, si un juge français donne la garde au parent français et que l’autre prend les enfants et va en Allemagne, il trouvera toujours un juge allemand pour lui donner la garde des enfants, en contradiction avec un pays avec qui il on des accords bilatéraux concernant la justice.


    • Pascale LIMAROLA (---.---.17.119) 13 décembre 2006 10:44

      « A chaque fois qu’il y a un jugement portant sur des couples binationaux, c’est toujours celui qui est originaire du pays ou se passe le procès qui gagne. » écrivez-vous.

      Il n’y a rien de plus faux ... et d’ailleurs si cela était vrai, les tribunaux français n’auraient pas ordonné par 3 fois le retour des enfants Grant au Canada. Si cela était vrai, la garde des enfants n’aurait pas été au Canada et avant leur enlèvement par leur mère, confiés à cette dernière.

      « Il n’y a qu’à voir les jugements pour la garde d’enfants entre couple franco-allemand, si un juge français donne la garde au parent français et que l’autre prend les enfants et va en Allemagne, il trouvera toujours un juge allemand pour lui donner la garde des enfants, en contradiction avec un pays avec qui il on des accords bilatéraux concernant la justice. » Cet exemple est un autre débat. C’est celui de la non-application des conventions signées. C’est aussi celui de la puissance des services de protection de l’enfance qui abusent de leur pouvoir, ce dont même les allemands se plaignent. Ne généralisez pas cet exemple.


    • Réseau parental France (---.---.227.128) 10 janvier 2007 06:00

      « Garde » n’existe plus dans le code civil depuis 1987 avec la loi Malluret, ce vocable maltraitant pour l’enfant est cependant toujours usité par les journalistes -tjrs aussi mal informés-, des socio-psygo-juridico dépendants ou des suppôts du droit.

      Maintenant et depuis vingt ans vous devriez dire « résidence et hebergement »

      Au nom des enfants qui ne comprennent pas ce vocabulaire belliqueux, Merci


    • Outré (---.---.36.132) 11 décembre 2006 12:12

      Prosope/ M. Lascoux rédacteur de cet article sur l’affaire Gettliffe-Grant,

      Comme médiateur votre impartialité sur cette affaire surmédiatisée et non réellement médiée m’étonne, d’ailleurs vous savez bien que des actes de cette gravité seraient immédiatement sanctionnés et punis plus sévèremment s’il s’agissait d’un père en France, mais il s’agit ici du Canada qui semble mieux préserver et respecter les droits de l’Enfant.

      Notre bon vieux système judiciaire napoléonnien est bien plus complaisant voire complice avec des mères délinquantes, c’est l’omnipotence maternelle sanctifiée sur l’autel de la justice !!! Des centaines de pères en France sont privés de leurs enfants par des organisations sectaires à laquelle ils n’ont jamais adhéré ni même cautionné les pratiques, au contraire essayant de combattre ces déviances et danger qui mettent en péril leurs petits, ils sont gommés de la vie de leurs enfants par l’appareil sectarisant dit « justice » auquel s’est ajouté la psycho dépendance. Remercions l’ignoble gargouille de Naquet pour sa loi du divorce.

      Comment ce fait-il que seules les affaires mettant la maternité en question sont-elles médiatisées ?

      Comment se fait-il qu’un Ministre de la Justice soit obligé de prendre de fait et cause pour une reprise de justice, contre toutes les règles d’ingérence entre états libres et démocratiques ??? Le Premier Ministre et même le Président ont tenté d’infléchir les autorités canadiennes au mépris de sa souveraineté !

      Y aurait-il un pacte émanant de l’UDF entre M. Clément et M. Gruzelle ?

      L’AFP est elle impartiale dans le traitement de l’info ?

      Pourquoi le bidonnage sur les conditions de détention dites contre les droits de l’homme par Mme Gettliffe-Grant ? relayé in extenso par l’AFP ce qui a obligé l’Abassade du Canada à Paris à demander un rectificatif étant donné les conditions de détention largement meilleur que les françaises !

      Ne serait-ce pas de la manipulation mediatico-politico-affairiste ?

      D’ailleurs la MIVILUDES seule institution experte sur ces sujets refuse de prendre position dans cette affaire « complexe ».

      Un citoyen outré par les manips réputées fraternelles.


      • Marcel Chapoutier (---.---.71.55) 11 décembre 2006 13:02

        Devrions nous nous réjouir en constatant qu’il y a autant d’injustice dans les autres pays « démocratiques » que chez nous ?

        Le récent audit sur les prisons a mis en valeur une fois de plus une injustice criante à la fois les décisions d’incarcération et les conditions même d’enfermement. C’est lamentable,l’arbitraire règne,on enferme des gens sous n’importe quel motif,des cas qui relèvent de la psychiatrie,des drogués,des alcooliques,des sdf,dans des conditions dignes d’un pays du tiers monde...Les institutions judiciaires ont régressée,on se croirait revenu au début des années 60 sinon encore plus loin.C’est lamentable ! Ce pays pourrit sur pied (dire que certains imbéciles dangereux comptent sur Le Pen pour arranger tout ça),je n’ai qu’une envie c’est de m’expatrier,j’ai tellement honte d’être français !!!...


        • Pascale LIMAROLA (---.---.17.119) 13 décembre 2006 10:51

          Ne confondez pas prisons canadiennes et prisons françaises. Elles n’ont rien à voir ensemble ... La politique carcérale du gouvernement canadien est un modèle du genre. Les députés français sont d’ailleurs en train de s’en inspirer. Allez donc voir les photos du centre où est détenue Nathalie Gettliffe, vous m’en direz des nouvelles ensuite. Les journalistes qui s’y sont rendus n’avaient encore jamais vu ça de leur vie. Il est, selon eux, plus proche du centre de vacances que de la prison. Les femmes sont logées dans des chambres et non dans des cellules dont elles ont la clé et où aucun barreau aux fenêtres ne vient gêner la vue qu’elles ont sur le parc national qui entoure l’établissement. Elles sont totalement libres de circuler où et quand bon leur semble, sans être entravées de menottes. Elles sont nourries dans une cantine dont les menus sont préparés sur place et établis par une diététicienne tenant compte des spécificités de chacune d’entre elle (religion ou santé). Nathalie Gettliffe peut confier son bébé à une baby sitter si elle souhaite se rendre à la salle de musculation. Elle peut également se rendre à différents ateliers ou groupes de paroles thérapeutiques de même que participer à des études auprès des associations de défense du droit des détenues présentes dans le centre.

          Alors pas d’amalgame quand même ...


        • oups (---.---.91.234) 14 décembre 2006 04:04

          à se demander pourquoi les canadiens ne préfèrent pas prendre leur congès dans ces centres de vacances qui concurrence abusivement le club med smiley


        • ersante (---.---.1.35) 10 janvier 2007 07:33

          La violence faite aux hommes par les femmes

          Denonciations calomnieuses, fausses accusations, grosseses non consensuelles, depouillement légal de biens, de garde ou de visite d’enfants. La violence des femmes envers les hommes ça existe.

          En France, des hommes sont systématiquement jetés en prison préventive sous simple accusation de viol et avant toute enquête. Un mois, trois mois, même dix-huit mois pour, au moment du jugement, constater le manque de preuves ou la dennonciation calomnieuse.

          Ces longues et injustes prisons préventives ne sont pas sans conséquences, l’accusé perd souvent son travail, son honneur, son logement, sa dignité quand il n’est pas violenté par les autres co-détenus, sous le regard complice des gardiens, car par un étrange et pervers code d’ethique existant dans les prisons françaises, les prévenus et les condammnés pour crime sexuel sont considérés comme des sous-hommes, souvent battus, mutilés d’une oreille pour les « marquer » ou violés et contaminés par le SIDA.

          Ce comportement de plus en plus fréquent des femmes envers les hommes est encouragé par une certaine dérive des valeurs féministes (pourtant légitimes) qui influence les femmes à adopter le rôle de victimes et à banaliser l’image de l’homme en tant que prédateur sexuel.

          La candidature à la présidence de la République de Ségolène Royal risque d’exacerber ces comportements par la priorité accordée par la candidate socialiste à la lutte (légitime) contre la violence faite aux femmes. Elle encouragera donc ces actions contre les hommes. De plus le candidat de droite ne voulant pas perdre l’electorat féminin risque de faire de la surenchère.

          Cela se passe dans le pays des Droits de l’homme. Il est temps d’en prendre conscience et de réagir.

          Des hommes honnêtes, des pères de famille sans histoire, sont anéantis et dépouillés pour le reste de leur vie.

          Demain ce sera peut-être vous.

          Mouvement Feministe pour une Reelle égalité de Sexes Association de pères abusés. Ligue de Droits de l’Homme.


        • juste (---.---.242.254) 11 décembre 2006 19:24

          la loi penale est faite pour réprimer les malhonnêtes mais malheureusement nombreuses sont les personnes qui tombent dans son filet alors qu’elles ne le méritent pas. c’est celà qui prouve que la loi n’est pas toujours dans le giron de l’equité.


          • gem gem 11 décembre 2006 19:52

            Cette dame était une criminelle, elle s’en sort très bien. Espérons que cette affaire lui aura remis un peu les pied sur terre, sans quoi il est à craindre qu’on entendra encore parler d’elle...

            Et vous, vous passez sous silence certains éléments, tandis qu’inversement vous insistez sur d’autres, à caractère diffamatoire (comme la puante notion de secte), à ce propos le bon lien wikipedia c’est celui-là

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapports_de_la_Mission_interminist%C3%A9rielle_pour_la_lutte_contre_les_sectes#Cons.C3.A9quences_juridiques

             : quelle confiance peut-on alors vous accorder ?

            Cette dame préferait retournez dans son pays, la France, que rester dans celui de ses enfants, où elle pouvait sans le moindre doute trouver du travail. Ca correspond peut-être votre notion de « mère aimante », mais certainement pas à la mienne.

            aimait plus

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