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Les vieux

Nos vieux

Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin

BREL

j'ai eu beaucoup de mal à me décider à écrire cet article. Peur du mal que j'allais me faire en l'écrivant, de la douleur que j'allais causer aux enfants qui mettent leurs parents en maison de retraite par obligation, du chagrin à ceux qui y sont et qui taisent leur douleur. Ce qui m'a décidé, la beauté d'un poème qu'un ami m'a envoyé, je ne savais pas qui l'avait écrit, je ne savais pas quand, mais quand je l'ai lu, l'émotion m'a saisie, j'ai pris un direct au cœur, puis je me suis dit, allez sois fort et généreux partage ton émotion. Parle des vieux, de nous tous, puisque c'est notre devenir à tous.

Prenez le temps de lire ce poème. Il vous touchera sûrement comme il m'a touché.

Le Papé 

Il se tenait assis tout au bout de la table

Et nous impatientait souvent par sa lenteur.

On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable,

Que l’amour peu à peu cédait à la rancœur.

Je le suivais partout ! c’était là, dans ma tête !

Il me suivait des yeux lorsque je travaillais,

Proposait de m’aider, maladroit, l’air tout bête !

Il gênait nos projets, notre vie, le papé !

 

Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,

Je le menais plus haut, au flanc du Lubéron

« Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance

Du haut de la terrasse de la grande maison.

Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux.

Regarde comme ils semblent bien, ils ont l’air très heureux ! »

« Comme tu veux, petite, si c’est pour ton bien-être.

Monte de temps en temps, le dimanche peut être ? »

 

Je l’ai laissé tout seul, vivement, pas très fière.

L’air était encore chaud, pourtant je frissonnais,

Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre

Me disait doucement : « Qu’as-tu fait du papé ? »

Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude

Le travail me prenait, j’essayais d’oublier,

De noyer mes regrets au fil des habitudes,

Les souvenirs d’antan rappelaient le papé.

Même dans le mistral qui rasait la garrigue

Pour venir s’écraser au butoir de la digue

J’entendais cette voix qui ne cessait jamais

De dire à mon oreille : « qu’as-tu fait du papé ? »

Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,

Me reprochait sans fin l’absence de l’aïeul.

Le murmure des sources dans le petit matin

Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil.

Le remord lentement s’installait dans ma vie.

Je revenais m’asseoir où il s’était assis,

Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne,

Et je laissais errer mes pensées sur la plaine.

 

Alors, je l’ai revu, avant, lorsqu’il marchait

Jusqu‘au seuil de l’école, pour venir me chercher.

Je sautais dans ses bras, je l’embrassais, tout doux,

Et nichais tendrement ma tête sur son cou.

Il me portait un peu, puis, ma main dans sa main,

Il ajustait son pas pour bien suivre le mien.

Il m’expliquait les bois, les cabris, les moutons,

Les abeilles dorées et les beaux papillons.

Il cueillait aux buissons des réserves de mûres

Et m’offrait les plus grosses comme un présent de choix.

Il riait bruyamment en voyant ma figure

Barbouillée des reliefs de ce festin de roi.

Le soir près de mon lit, il venait me bercer

De chansons provençales, d’histoires de bergers.

Je m’endormais heureuse de sa chaude présence,

Pleine de rêverie, d’amour, de confiance.

 

Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié

A trouvé le repos. J’ai repris le sentier

Pour revenir tout droit à la grande maison.

Retrouver le papé, lui demander pardon.

J’ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire.

Une larme brillait au milieu du sourire.

Et c’est moi, cette fois, tout au long du chemin

Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien.

 

Un papé c’est précieux, c’est tant de souvenirs !

Si vous en avez un, jusqu’au bout de vos jours,

Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,

Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour.

Aujourd’hui, par hasard, si le chant des cigales

Me pose la question tant de fois redoutée,

Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale

Répondre fièrement : « il est là, le papé »

Auteur : Yolande VERCASSON

 

J'ai recherché qui l'a écrit, j'ai trouvé c'est Yolande Vercasson on a écrit sur elle et son poème.

Au départ elle a écrit pour s’apaiser.
C’était une nécessité.

Aujourd’hui elle exprime aussi bien le malaise de la société que les beautés de la Provence qu’elle aime tant.

Je vous laisse apprécier « Le Papé », témoignage douloureux sur le sort des anciens aujourd’hui.

Un axe de réflexion majeur pour les infirmiers, les médecins, les assistantes sociales, les dirigeants de maison de retraite, les centres de gérontologie

Mais un axe de réflexion surtout pour les enfants d’aujourd’hui trop souvent entraînes ou perdus dans un monde de profitabilité et d’égoïsme.

Et c'est le drame de notre société où les anciens sont remises au grenier de la désespérance. Loin de moi l'idée de culpabiliser les enfants, ils n'y peuvent rien, la vie est trop difficile, comme on dit, perdus dans un monde de profitabilité et d’égoïsmes.

Autrefois, mais dès que vous prononcez ce mot, on vous traite de réactionnaire, mais tant pis, autrefois, on naissait à la maison, on était malade à la maison, et on mourrait à la maison, dans sa famille. Puis après les enfants et les petits enfants venaient régulièrement se recueillir sur la tombe du papé ou de la mamé.

Mais c'était autrefois, quand les paysans laissaient leur terre à leurs enfants, et que la retraite n'existait pas, alors le papé avait sa place en bout de table, il présidait la repas familial. Autrefois aussi quand l'artisan, le commerçant laissait son entreprise à son fils, et vivait sa fin de vie, entouré de ses enfants et petits enfants.

Autrefois aussi, quand la plupart des femmes ne travaillaient pas à l'extérieur restaient à la maison pour s'occuper des enfants qui grandissaient avec un papé qui leur racontait son autrefois à lui, lui qui connaissait tant de choses sur la vie, amusantes ou tristes.

Mais les temps ont radicalement changé, deux salaires sont indispensables, cette sacrée société de consommation nous crée tant de désirs qui deviennent des besoins, on doit changer plusieurs fois de boulot, d'employeur, de domicile, de département, des fois on change aussi de compagnon ou de compagne, le lien familial est plus distendu, moins prégnant, on ne peut plus assumer une telle charge.

Alors au fil des années, de plus en pus nombreux, les vieux s'en sont allés dans les maisons de retraite finir leur vie, seuls, effrayés, transis de solitude, sans avenir bien sûr, et sans présent surtout.

Je ne veux pas vous donner de chiffres, mais nombreux sont ceux qui ont sombré dans la dépression ou la démence sénile.

C'est cruel, mais pas de regrets ni de remords, on ne peut ni ne doit revenir en arrière, mais améliorer ce qui est. C'est sur au fil des années des améliorations ont été apporté pour rendre vivable cette coupure affective.

Les anciens restent de plus en plus longtemps chez eux, des aides ménagères, des repas préparés livrés à domicile, des systèmes d’alerte en cas de problème de santé.

Puis quand leur santé ne leur permet plus de vivre seuls, alors ils partent en maison de retraite. Au fil des années ils ont intégré le fait que c'était inéluctable, ils s'en font une raison. Les maisons de retraite sont de mieux en mieux aménagées, certaines acceptent que les résidents amènent leur mobilier, le personnel est de plus en plus formé et à l'écoute.

Mais si les enfants n'ont plus la possibilité de les garder chez eux, ils ont un moyen efficace d'embellir un peu leur fin de vie, ne pas les abandonner, aller les voir avec leurs enfants.

Pour ces vieux ces enfants qui sont de leur sang, de leur chair représentent une part d'immortalité. Une partie d'eux même vivra dans leur descendance, ils en sont persuadés.

Allez avec ses enfants voir votre papé ou votre mamé, prenez les un dimanche de temps en temps chez vous si c'est possible, c'est pour eux un cadeau magnifique. Pour vous une action gratifiante, pour vos enfants une richesse et une leçon de vie indispensable.

Mais aussi on peut, on doit évoquer avec émotion le temps d'avant, celui que nous conte Yolande VERCASSON.


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55 réactions à cet article    


  • Parrhesia Parrhesia 20 octobre 12:34

    Tant d’émotion d’une pureté, d’une bonté et d’une sagesse devenues si rares... Je vous remercie moderatus et Yolande Vercasson, et je vous envie...

    Adishatz, ou adiu, ou bonsoir, et à bientôt !!!


    • moderatus moderatus 20 octobre 23:42

      @Parrhesia

      merci de partager une émotion.


    • rocla+ rocla+ 20 octobre 12:45

      Très joli article .


      Merci .

      Mais c’était autrefois, quand les paysans laissaient leur terre à leurs enfants, et que la retraite n’existait pas, alors le papé avait sa place en bout de table, il présidait la repas familial. Autrefois aussi quand l’artisan, le commerçant laissait son entreprise à son fils, (  et )  et vivait sa fin de vie, entouré de ses enfants et petits enfants.

      Et à sa fille . 

      C ’est tout juste magnifique .





      • L'enfoiré L’enfoiré 20 octobre 16:07

        @rocla+ salut, 


        « Les paysans laissent leur terre à leurs enfants »

        C’est toujours le cas, mais la différence peut être, c’est que devant le notaire que les disputes pour les terrains réveillent les sangs et brisent les familles les plus unies.
        Ce n’est pas nécessairement les enfants qui entrent en jeu, mais les conjoints de ses enfants.

        « Autrefois aussi quand l’artisan, le commerçant laissait son entreprise à son fils, »
         
        C’est ce que j’ai appelé « Epaulé et jeté » ;
        Aujourd’hui, il faut parlé de manière différente. Etre paysan ne rapporte plus rien. Il faut faire de trop gros investissement pour un rendement qui n’est pas à la hauteur des espoirs.

        « Vivre sa fin de vie, entouré de ses enfants et petits enfants ? »
        Là, non plus, plus le temps d’aller voir les parents.
        Les petits enfants qui viennent permettent seulement d’éviter les frais de la crèche.

        La vie plus magnifique avant ?
        Pas sûr. Les enfants, il faut se le rappeler n’ont pas demandé d’être là.
        Il ne faut pas rêver. Chacun doit maintenant vivre sa vie à n’importe quel âge et à n’importe quel prix.
            

      • moderatus moderatus 20 octobre 23:45

        @rocla+

        Je suis très touché par l’amitié avec laquelle cet article a été reçu, retrouver chez vous l’émotion que m’a procurée ce poème me fait chaud au cœur,
        encore merci


      • cevennevive cevennevive 20 octobre 13:18

        Modératus, bonjour,


        C’est malin, vous m’avez fait pleurer. Et pourtant, je n’ai pas connu mes deux grand pères qui étaient déjà partis vers l’au-delà au moment de ma naissance.

        Mais j’ai toujours vénéré mes grand mères, mes vieux voisins et mon compagnon, plusieurs fois grand père, qui est parti lui aussi. maintenant.

        Ce poème est très émouvant, merci de nous l’avoir fait connaître.

        Toute proportion gardée, en voici un de ma plume, que j’ai intitulé « Crépuscule »

        Nous aurons des matins de trop vive lumière,
        Que nous cacherons de la main.
        Le soleil, au levant n’y renaîtra demain,
        Que si nous lui faisons prière.

        Les midis seront clairs, bien trop clairs à nos yeux,
        Sur eux tirerons les volets,
        Enfermant nos envies. C’est cela être vieux,
        Ne vibrer qu’au couleurs du passé.

        Et les paumières closes, revivrons tous ces jours
        De jeunes corps, de fraîche haleine.
        Referons à l’envers le chemin de l’amour,
        Disant les joies, taisant les peines.

        Tous ces après-midi à l’orée su sommeil,
        A cheval sur le temps présent,
        Avec seul mouvement le tic tac du réveil,
        Nous mèneront au soir des ans.

        Nos yeux n’auront plus mal sous la vive lumière,
        Quand nous irons sur le chemin.
        Le soleil, au couchant, malgré notre prière
        Ne nous reviendra pas demain.

        Et là n’aurons plus peur de la nuit et des heures,
        En cheminant sur le chemin.
        Plus rien n’existera, ni bonheur, ni malheur,
        Ni le temps, ni les lendemains.

        Cordialement.



        • doctorix doctorix 20 octobre 19:18

          @cevennevive

          J’i connu deux arrière grand-mères, c’est dire si j’en ai connu des aïeux.
          Eh bien pas un n’a fini au mouroir.
          Et je n’irai pas non plus.
          Moi, je vais les voir, les vieux, dans leur beau pré-cercueil bien propre qui sent le lilas.
          Le regards hagards qui ne voient plus rien, les visages dont le sourire est parti, et les maigres économies englouties à raison de 2000 euros par mois, qui ne laisseront rien aux enfants que des hypothèques.
          Très peu pour moi.

        • moderatus moderatus 20 octobre 23:53

          @cevennevive

          Votre réponse me remplit de bonheur,

          Votre émotion a été semblable à la mienne .

          vous avez en plus le don d’écrire des poésies, qui n’ont pas à avoir de « proportion gardée »

          elles aussi touchent au cœur.

          merci pour votre accompagnement dans cette recherche du beau et du tendre

          amicale salutations


        • cevennevive cevennevive 21 octobre 09:48

          @moderatus, bonjour et merci !


          Les bons commentaires sous votre article sont unanimes et j’en suis heureuse.

          J’ai écrit un texte sur AV en 2011 sur le même thème : « vous avez dit Maison de Retraite » 
          Je viens d’y retourner pour en lire les commentaires. Eh bien, ils expriment les mêmes sentiments (ou ressentiments) sur la façon dont on traite nos très vieilles personnes.

          Merci à tous d’avoir témoigné. Pour vous, pour moi, la meilleure maison de retraite est la maison de notre famille, de notre enfance, ou celle que nous avons construite pour notre famille une fois adulte et où nous avons été heureux. Qu’importe le confort, la vieillesse doit être un « retour au nid ». Il n’y a qu’à cette condition qu’elle peut être heureuse et sereine.

          Bien à vous.


        • Piere CHALORY Piere CHALORY 20 octobre 13:23

          Bonjour Moderatus,


          Texte d’une grande qualité, et poème réellement émouvant. Pas facile de faire passer l’émotion, ou m^me le rire : Bravo à vous et à Yolande VERCASSON. Eh oui, sauf accident nous finirons tous papés, papys ou mamys, et les papés sans enfants auront une fin encore pire, mais c’est comme ça.

          En tout cas merci pour le partage de ces lignes denses.

          celles-ci m’ont interpellé :

          Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,

          Je le menais plus haut, au flanc du Lubéron

          « Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance

          Du haut de la terrasse de la grande maison.

          il se trouve qu’aujourd’hui, je réside dans une maison située dans le Luberon, non loin de Manosque, patrie de Giono. Et cette maison bien que modeste possède une vue assez extraordinaire sur la vallée de la Durance. Hier je me suis levé tôt, c’était mon anniversaire, et la vue de ce lever de soleil pas courant fut pour moi comme un cadeau du ciel :

          http://3d-art-ebooks.com/wp-content/uploads/2013/11/P1030488.jpg

          d’autres vues sont sur mon compte twitter :

          https://twitter.com/PiereC&nbsp ;















          • Piere CHALORY Piere CHALORY 20 octobre 13:37

            Erreur de lien, les autres vues sont ici :



          • moderatus moderatus 20 octobre 23:56

            @Piere CHALORY

            plaisir et émotions partagées que demander de plus .

            merci,pour yolande VERCASSON.

            j’irai sur les liens que vous me conseillez.

            amicalement.


          • Etbendidon 20 octobre 13:42

            Beau texte qui pose beaucoup de questions
            En ce qui me concerne je refuse absolument d’aller finir mes jours (pourrir ?) dans une EHPAD
             smiley
            j’en ai visité plusieurs et je continue (j’y ai des connaissances qui y sont internées)
            heureusement mes parents sont morts
            Ils ont évités ces mouroirs modernes
            Pous ceux qui ne connaissent pas allez visiter
            je vous conseille le quartier des Alzheimer : ça vous prend les tripes
            Vivement un loi comme en Belgique ou Hollande pour partir quand on le décide
             smiley
            PS : les EHPAD génèrent plus de bénéfices que l’immobilier, c’est aussi une très bonne rente pour les labos


            • moderatus moderatus 21 octobre 00:00

              @Etbendidon

              la fin de vie est une épreuve, comment la vivre le moins difficilement possible, je n’ai pas de recette,
              ou alors une seule, ne les abandonnez pas à leur solitude

              amicalement


            • Arthaud Arthaud 20 octobre 13:43

               Vous nous avez fait bien plaisir avec ce texte, nous les ceusses naturellement - et entre autres - voués au culte des ancêtres, voués aux cultes de la fécondation - c’est pareil


              Et derrière le thème, d’immenses débats ..

              NB : la peur ou le mépris de la maison de retraite est très-conventionnelle .. pourvu qu’on nous y laissera nos chats, nos poules, nos bouquins, le droit d’ouvrir les fenêtres, de dormir dans le jardin, de piccoler (à la place des sédatifs ..), éventuellement de titiconner ..

              Encore merci

              • juluch juluch 20 octobre 14:01

                Un magnifique article et un très beau poème.....magnifique !  smiley


                Quand un vieux meure, c’est une bibliothèque qui s’en va....c’est pas de moi mais d’un vieil ami.

                J’ai travaillé longtemps en Maison de retraite.....et je comprends parfaitement votre article.

                merci encore.

                • doctorix doctorix 20 octobre 19:26

                  @juluch

                  .c’est pas de moi mais d’un vieil ami.
                  Un très vieil ami, alors, l’esprit de la citation a plus de 3000 ans smiley


                • moderatus moderatus 21 octobre 00:05

                  @juluch

                  merci pour votre contribution,
                  on ne sait plus combien nos anciens ont de richesses à nous apporter
                  quel gâchis

                  amicalement


                • L'enfoiré L’enfoiré 20 octobre 14:23

                  Bonjour,


                   Le poème « Papé » n’est pas mal, mais je préfère Jacques Brel qui en parle
                   Lui n’est même pas arrivé à être vieux.
                   Aujourd’hui, on est vieux très tôt. 
                   Le jeunisme qui sévit dans les entreprises et qui envoie ceux qui accusent quelques rides, sont envoyés à la casse.
                   Ils ne sont plus qu’un coût et plus un rendement.
                   Pourtant, quand on regarde dans les bons restaurants, c’est eux qui invitent leurs progénitures à de multiples étages.

                  • Osis Osis 20 octobre 15:51

                     

                     
                    Jadis c’était mieux.
                    Forcément.
                    On mourrait tranquillement, avec la vielle et fameuse recette familiale du bouillon de onze heures.
                    Personne ne faisait d’histoires.

                     
                     
                     

                     


                    • Jeekes Jeekes 20 octobre 17:02

                      @ l’auteur

                       
                      Très joli poème, sans aucun doute.
                      En revanche ça :

                      « Les maisons de retraite sont de mieux en mieux aménagées, certaines acceptent que les résidents amènent leur mobilier, le personnel est de plus en plus formé et à l’écoute. »

                      Absolument pas.
                      Les maisons de retraites sont généralement des crevoirs.
                      Souvent sales, mal aménagées, avec du mobilier indigent. 

                      Du personnel formé, peut-être, sans doutes.
                      Mais qui s’en fout, qui laisse les vieux baigner dans leur merde, baver dans leur assiette, mariner dans leur crasse.
                      Et quand les vieux deviennent trop chiant, qui les assomment à grands coups de neuroleptiques. 

                      Pourquoi ?
                      Mal payés, mal encadrés, en sous-effectifs, démotivés.
                      Parce que ce que leurs demandent leurs employeurs, ce n’est pas de passer du temps avec les « pensionnaires », c’est de faire semblant et de ne pas coûter cher.
                      Faut bien distribuer des bénéfices aux actionnaires ! 

                      Et de toutes façons les familles ne viennent pas souvent visiter leurs parents. Quand elles viennent... 

                      Alors, peut-être que d’aucuns connaissent la perle rare. Mais moi qui suis concerné au premier chef, qui me bat avec les directions de ces établissements, qui change régulièrement mon père d’EHPAD quand la situation devient trop insupportable, je le crie haut fort et clair ; les maisons de retraites ne sont, la plupart du temps, que d’infâmes mouroirs !!! 

                      • moderatus moderatus 21 octobre 00:09

                        @Jeekes

                        battez vous pour votre père, ne les laissez pas faire, il faut exiger que ces mouroirs deviennent des lieux de fin de vie dignes.
                        nous leur devons au moins ça.

                        bravo pour votre colère


                      • Jeekes Jeekes 21 octobre 16:27

                        @moderatus
                         

                        Merci de votre soutien.
                        Pour me battre, je me bats, je suis un teigneux.

                        Mais c’est souvent usant de passer son temps à mettre des coups de boule dans des murs... 


                      • rosemar rosemar 20 octobre 17:10

                        Sur le même thème, il faut réécouter la chanson de Ferrat





                        Bonne journée

                        • moderatus moderatus 21 octobre 10:55

                          @rosemar

                          Bonjour Rosemar

                          merci pour cette chanson de Ferrat « tu verras tu seras bien » chanson que je ne connaissais pas.

                          J’ai aimé son attitude à la fin de la chanson, tout le chagrin et la résignation qu’éprouvent les enfants à ne pouvoir faire autrement étaient sur son visage.

                          Je vous ai lu et connais votre sensibilité, je suis heureux et surpris que beaucoup de lecteurs soient venus partager cette émotion, s’éloignant un instant de l’actualité et des tumultes politiques .

                          merci encore pour votre apport.


                        • OMAR 20 octobre 17:49

                          Omar9

                          "Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,

                          Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour."

                          @modératus

                          Purée, il vous a fallu du temps pour m’envoyer ce si beau cadeau de Y. Vercasson.

                          J’avais cru, un instant que je perdais quelque peu la vue quand je pensais à mon regretté père.

                          En fait, c’était des larmes qui sortaient spontanément, abondement, anarchiquement et noyaient mes yeux.

                          Aujourd’hui, je suis un grand-père qui vous remercie de lui avoir fait revivre son père l’espace d’un poème.


                          • moderatus moderatus 21 octobre 00:12

                            @OMAR

                            merci Omar de votre belle réponse

                            on a partagé un moment une même émotion

                            merci encore


                          • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 20 octobre 19:31

                            @ Modératus

                            Merci infiniment pour ce très bel hommage aux personnes âgées, à nos parents, à ceux qui comptent timidement sur nous pour les aider à traverser les dernières années de leur existence.

                            Il y avait une chanson qui disait : « prendre un enfant par la main ». Je dirais : « prendre un vieux, une vieille par la main ».

                            Je viens de perdre mon père à l’âge de 93 ans, et je vous avoue lire ces lignes avec beaucoup d’émotion.


                            • moderatus moderatus 21 octobre 00:16

                              @Nicole Cheverney

                              courage,

                              prendre un papé ou une mamé par la main

                              aucun geste n’est plus beau, et l’avoir fait vous apporte la sérenité.

                              merci
                               


                            • Fergus Fergus 20 octobre 19:49

                              Bonjour, moderatus

                              Superbe poème et très bel article que l’on ne peut lire sans émotion.

                              Assurément, la vie moderne est le plus souvent responsable de cette douloureuse séparation des générations. Mais comment faire autrement lorsque les jeunes paient à prix d’or des logements trop petits en ville ?

                              Au moins chez les paysans, la place était-elle suffisante pour garder le Pépé et la Mémé à la ferme, près de leurs enfants et petits-enfants, mais aussi près de leurs bêtes, et près de ces machines agricoles qui, comme les vieilles personnes, rouillent doucement dans un hangar. Dans ces familles, l’on vivait le plus souvent à trois générations sans que quiconque en soit affecté, malgré quelques inévitables frictions de loin en loin. Même le fils simple d’esprit vivait heureux dans cet environnement qu’il avait toujours connu et où il était parfaitement adapté, lui qui aurait été malheureux comme une pierre au sein d’un « établissement spécialisé », aussi redoutable pour lui qu’un EPHAD pour un vieux.

                              Des lieux comme ceux-là, il y en a encore dans ma famille, au cœur des Monts d’Auvergne, y compris ce cousin trisomique toujours aussi ravi, jour après jour, d’aller nourrir les lapins et les poules ou donner le biberon aux veaux.

                              Hélas ! cette France-là n’est déjà plus qu’un vestige, et c’est bien triste...


                              • moderatus moderatus 21 octobre 00:22

                                @Fergus

                                Bonsoir fergus

                                Cette France là n’est plus,c’est une évidence, mais on peut essayer de redonner à nos ancien un peu d’amour et d’attention, un rien qui les aide à partir moins malheureux.

                                j’espère.


                              • Robert Lavigue Robert Lavigue 20 octobre 19:51

                                Merci aux auteurs.

                                En retour, 2 chansons de François Béranger, un très grand, trop méconnu...
                                Le Vieux :
                                https://www.youtube.com/watch?v=_V2P9m1bWe8

                                Et une chanson d’amour à sa grand mère :
                                https://www.youtube.com/watch?v=sWtRcuw537U


                                • Fergus Fergus 21 octobre 09:41

                                  Bonjour, Robert Lavigue

                                  Merci à vous d’avoir rendu cet hommage à Béranger, effectivement l’un des grands noms de la chanson française.


                                • moderatus moderatus 21 octobre 11:17

                                  @Robert Lavigue

                                  Bon sang que ça fait du bien, des chanteurs qui avaient du talent et du cœur, Je ne connaissais pas ces chansons.
                                  méprisés de leur vivant par ceux qui font le succès, boudés après leur mort, enterrés deux fois.

                                  c’est scandaleux qu’ils soient complètement ignorés des médias, qui nous ressassent à longueur d’émission les mêmes rengaines des mêmes chanteurs.

                                  merci Lavigue


                                • sls0 sls0 20 octobre 20:06

                                  Merci pour ce rappel d’un monde oublié.
                                  Chez moi pas de maison de retraite, on s’occupe des vieux et les vieux s’occupent des jeunes.
                                  Avec une moyenne d’âge de 23 ans le vieux est une denrée rare, il est bien entouré.
                                  Un vieux seul c’est très difficile à trouver, Mota une vieille dame seule à mis une semaine à mourir, elle était chez elle, il y avait toujours une personne du village avec elle et surtout des enfants.
                                  Elle est morte entourée de visage connus.
                                  Ah la mort au naturel sans acharnement thérapeutique, c’est le pied après 60 ans. Pas de discussion de prostate ou autres maladies, on parle de vie, d’aujourd’hui, mañana est un autre jour.

                                  En Europe le fait que l’on ne voit plus la mort fait qu’on essaie de l’ignorer, ben non elle est là et le fait de le savoir fait que l’on a une vie plus intense, on ne compte pas trop sur une impression d’immortalité.


                                  • sampiero sampiero 20 octobre 20:19

                                    quel beau sujet !


                                    Une des plus belles poésies corses : 

                                    Anniversariu , de Petru Santu LECA

                                    Dumane sò nov’anni, o Mà, chì babbu hè mortu.
                                    Ma cum’è ch’elle sò cusì tranquille l’ore
                                    È ch’ellu canta u rusignolu in fondu à l’ortu,
                                    Quand’ellu pienghje è ch’ellu soffre lu me core ?

                                    Digià nov’anni ! Mi ricordu quella sera
                                    Piena d’affannu, di spaventu è di dulore.
                                    À bassa voce, tu dicii una prighera,
                                    È cu tecu prigava, o Mà, lu nostru amore.

                                    Babbu più calmu ripusava in lu so lettu
                                    È lu silenziu ingutuppava lu paese.
                                    Ma eiu sintia tamanta angoscia in lu mio pettu
                                    Sulamente à guardà le care mani stese.

                                    È strinsi quella sposta annantu à lu linzolu
                                    Dicendu pianamente : O Bà, comu ti senti ?
                                    « Mi sentu megliu u mio figliolu, vai à dorme... »
                                    Eppò per sempre, li so ochji funu spenti

                                    Dumane sò nov’anni, o Mà, chì babbu hè mortu.
                                    Ma cum’è ch’elle sò cusì tranquille l’ore
                                    È ch’ellu canta u rusignolu in fondu à l’ortu,
                                    Quand’ellu pienghje è ch’ellu soffre lu me core ?

                                    Traduction littérale bien qu’il soit impossible de rendre par traduction l’atmosphère du poème...

                                    demain voilà neuf ans, mère, que père est mort.
                                    Mais pourquoi les heures sont -elles aussi tranquilles
                                    et que le rossignol chante au fond du jardin
                                    Alors que mon coeur pleure et soufre. 

                                    déjà neuf ans ! je me souviens de ce soir là
                                    plein d’angoisse, d’épouvante et de douleur
                                    à voix basse tu disait une prière 
                                    et avec toi je priais, mère , notre amour..

                                    Père plus calme reposait dans son lit 
                                    et le silence enveloppait le village
                                    Mais je sentais une telle angoisse dans ma poitrine
                                    seulement à regarder ses chères mains posées. 

                                    Et je serrai sa main posée sur le drap
                                    en disant à voix basse :« père, comment te sent tu ?
                                     »Je me sent mieux mon fils, va dormir...."
                                    et puis pour toujours ses yeux s’éteignirent.......


                                    • moderatus moderatus 21 octobre 00:28


                                      Merci Sampiero

                                      merci pour ce poème Corse sur la mort du père.
                                      je n’ai pu profiter malheureusement que de la traduction.
                                      Mais combien l’âme Corse est riche du respect et de l’amour des anciens.

                                      encore merci


                                      • fred.foyn fred.foyn 21 octobre 09:31

                                        « Les vieux »..l’exemple parfait de la régression de l’humanité..avant un vieux pouvait rester chez lui pour y mourir...plus de nos jours, ou les maisons de retraites aux prix exorbitants fleurissent plus vite que la chanson...faut que les enfants-esclaves aillent travailler pour remplir les poches des policards-mafieux...le pire est que la masse va à l’abattoir avec le sourire ?


                                        • ZenZoe ZenZoe 21 octobre 09:38

                                          Article très simple mais très juste. J’ai revu mon père (décédé maintenant) et les souvenirs ont défilé dans un moment d’émotion.
                                          Les maisons de retraite ne sont pas seules en cause d’ailleurs. Je connais une aide à domicile qui visite essentiellement les personnes âgées chez elles. Elle me raconte souvent l’isolement, la solitude, la maltraitance par les proches, voire les vols purs et simples (mamie, j’emprunte le petit bureau, je te le rends dès que possible, papa, tu as toujours besoin de ta boite à outils, maman tu pourrais pas me prêter ta carte bancaire...). Il y a pire, comme les enfants qui envoient le vieux dans une EHPAD, vendent la maison et empochent les sous. A faire dresser les cheveux sur la tête.
                                          Je me demande souvent comment ils peuvent vivre avec une conscience si tourmentée sûrement. Après, beaucoup iront faire de la méditation ou des stages de potterie ou d’aquarelle ou explorer le bouddhisme parce qu’ils se sentent malheureux, coupés d’eux-mêmes... Ben tiens....
                                          Ceci dit, il ne faut juger personne non plus. Les relations parents-enfants sont souvent houleuses, les parents n’ont pas non plus été toujours exemplaires et certains vieux sont du genre Tatie Danielle.
                                          Enfin bon, mon père est quant à lui mort entouré, je n’ai pas de remords et c’est important, pas besoin de stage de potterie pour moi.

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