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Les vitrines du paradis

Le Progrès remplit toutes ses promesses. Tout est là, dans la vitrine. Le Progrès existe, nous avions eu tort d'en douter... mais c'est la déception née des promesses non tenues par la vie moderne, les désarrois d'une imagination blessée, que l'homme projette sur ses écrans.

Le Progrès remplit toutes ses promesses. Tout est là, dans la vitrine. Le Progrès existe, nous avions eu tort d'en douter... Devant nous, d'autant plus tentateur qu'il sort de nos cerveaux pour y revenir, se dresse maintenant cet univers de fantasmes correspondant exactement à tout ce qu'il nous a promis, à tout ce nous voulions et à tout ce que nous n'avons pas eu. C'est la déception née des promesses non tenues par la vie moderne, les désarrois d'une imagination blessée, que l'homme projette sur ses écrans. Les désillusions nées du Progrès y sont donc présentes, à la première place, comme le négatif de la vie réellement vécue.

 La rêverie qui produit les images est par essence collective, comme le Progrès est général, valable pour tous les hommes. C'est l'âge d'or, l'éden sans tabou ni contrainte, la société sans classe, le communisme primitif. La vie à crédit jamais remboursé, l’État providence sans déficit à combler...C'est surtout le moderne supplice de Tantale. Nous tendons les mains pour saisir les fruits du Progrès. Voir le paradis sans y entrer, c'est une des définitions de l'enfer.

Les différents processus techniques qui permettent la reproduction des images de la télévision, des magazines, des affiches dans la rue se sont tendus comme une sorte de filet pour recueillir tous les rêves de bonheur conçus par l'Humanité moderne. Leur nature reproductible les rend aptes à cette captation du collectif : consommation infinie, plaisir sexuel sans borne, beauté parfaite, jeunesse éternelle, jouissance de toutes sortes, émotions fortes, violences fascinantes...

Ces images-là ont une fonction historique. Elles sont le plus pur produit et la plus exacte représentation du Progrès. Il ne pouvait pas ne pas les produire ; elles n'existeraient pas sans lui.

 La deuxième caverne

La Bibliothèque Nationale de France consacre une grande exposition à Guy Debord, Un art de la guerre. Un hommage paradoxal d'une grande institution que le fondateur de l'Internationale Situationniste aurait sans doute destesté...(lire aussi l'article de Nemrod sur Agoravox) Debord serait-il devenu une valeur sûre ? Depuis 1967, année de publication de La société du spectacle, notre société s'est rigoureusement conformée aux premiers et fiers aphorismes de ce livre, qui n'étaient encore qu'a demi exacts, et qui le sont devenus intégralement. Ils sont devenus nous. Nous sommes devenus ce livre (ou du moins sa première partie, puisqu'il se délite au fil des pages en une lourde dialectique marxiste). Pour Guy Debord :

« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. »

Il suffit de remplacer « spectacle », terme encore trop théâtral, trop XIXe siècle, par « images », pour traduire cette réalité d'aujourd'hui : des hommes vivant par procuration devant une sphère immatérielle qu'ils ont produite mais qui aujourd'hui les domine. Debord ajoute d'ailleurs :

« Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. »

Il existe de nombreuses publications en ligne de la Société du spectacle, notamment celle du site Du mauvais côté.

Comme elle a produit un matériau entièrement nouveau, le plastique, notre époque a aussi inventé un type d'objets qui lui est propre. Apparus au XIXe siècle, avec les premières techniques de photographies, ces objets furent aussitôt salués par les critiques acerbes de Baudelaire. L'ennemi acharné du Progrès y voyait une nouveauté lourde de conséquences, une illusion selon lui dangereuse pour l'art véritable. Walter Benjamin nous dit que leur « reproductibilité » est leur essence même.

Si nous faisons un effort d'attention pour nous dégager réellement de leur insignifiance et de leur banalité trompeuse, nous voyons qu'elles rompent avec toutes les espèces d'images que l'Humanité a connues jusqu'à maintenant. Ce ne sont ni des effets de notre imagination, ni des reflets dans l'eau ou sur un miroir, ni des œuvres d'art (en général, elles n'en sont pas, car elles n'ont pas d' « aura », dit Benjamin). 

Il faut faire un deuxième effort, plus philosophique. Avec les images d'aujourd'hui, l'homme moderne a creusé une seconde caverne dans la Caverne de Platon (qui tant ressemble à une camera obscura ou à une salle de cinéma...). S'éloignant toujours plus du vrai soleil, il descend d'un cran dans la réalité ; il agite de nouveaux simulacres qui produisent des reflets sur les parois de cette seconde caverne. Ce sont des ombres d'ombres, des apparences d'apparences, qui prolifèrent et se multiplient en prenant le chemin inverse de celui qui mène à l'Un, au Vrai et au Beau. L’Occident est plus que jamais platonicien, mais à l'envers. Nous aurions donc mis deux mille ans à construire, en dur, la caverne dont Platon nous donne le plan dans le livre VII de la République...

D'un point de vue religieux, maintenant : l'homme finit par être Dieu, puisqu'il crée un monde peuplé par des êtres « à son image », à l'inverse de la Genèse, et que, cette fois-ci, il installe sa création propre dans un paradis artificiel. L'image traduit bien une évolution essentielle de l'Occident, qui reste à l'intérieur de son cosmos judéo-chrétien, mais en le retournant absolument.

 L'absence criante de Progrès

 Notre époque est « girardienne » au-delà du raisonnable. La théorie du désir mimétique y fonctionne parfaitement. La société de l'image a en quelque sorte créé des technologies qui permettent de fabriquer industriellement du mimétisme. Dans le star-system qui dégénère toujours plus en culte des célébrités, nous désirons être des stars pour posséder ce qu'ils possèdent. Cela signifie aussi, si l'on est d'accord avec René Girard, que notre société est « archaïque ».

Tout, y compris la violence, la cruauté, la laideur, prend place dans la société des images sous forme de séduction. Une réalité qui n'est pas séduisante en est exclue. Une idée qui ne séduit pas n'y a pas de « vérité ». La violence joue un rôle paradoxal de catalyseur dans le monde de l'image, en contradiction avec la promesse de bonheur initial. Les images ont un effet de loupe et reflètent en priorité des souffrances, les massacres, les guerres, les faits divers sanglants, d'abord et avant tout parce qu'ils « font de l'audience ». Les images répercutent la violence moderne permise par exemple par de nouvelles techniques de destruction, elles en accroissent l'impact.

Mais elles exagèrent aussi un fond de violence latent de l'Humanité. Si l'on installait un écran de télévision capable de résumer, comme aujourd'hui, pratiquement toute la violence de la planète un jour donné, devant un homme du XVIIe siècle, du Moyen Âge ou de l'Antiquité, cet homme serait probablement anéanti par la somme de génocides, de torture, de cruauté que produit l'espèce humaine à chaque instant de son Histoire. Le Progrès fabrique donc, grâce aux images, une violence supplémentaire à partir du vieux fond mauvais de l'homme. Il n'y a donc pas fatalement de plus en plus de violences et d'injustices dans le monde, comme on le croit parfois en regardant notre petit écran, mais certainement beaucoup plus d'horreurs exprimées. Nos écrans capturent parfaitement, comme des radars diaboliquement précis, ce que ce que le Progrès prétendait occulter, le pêché originel, c'est à dire la permanence du mal …

« Comment peut-on tolérer une telle barbarie au XXIe siècle ? » est un lieu commun fréquent à la télévision. Et pourquoi notre époque serait-elle moins barbare que les autres ? Imaginer une planète entièrement libérée des guerres, des injustices, du fanatisme, des famines, de la misère est une pure utopie, qui a toujours cours, en dépit des cinglants démentis de l'Histoire récente à cet optimisme. Nous souffrons, parce que le Progrès n'a pas eu lieu. Il ne s'agit pas de régression, mais d'une absence criante de Progrès.

 L'idolocratie

 L'un des mécanismes de base de notre société du Progrès se lit clairement dans la publicité. Les images représentent la satisfaction, mais ne doivent pas être satisfaisantes. Nous ne devons pas être comblés, sinon nous ne consommerions pas. La frustration est donc organisée en vue de relancer toujours plus loin la balle de notre imagination. Créer artificiellement des besoins est l'enfance de l'art sur le marché des images. La publicité, le « storytelling » (les grandes marques nous « racontent une histoire ») et l'ensemble des techniques du marketing permettent donc d'actualiser indéfiniment les promesses du Progrès qui sinon s'effondreraient. La machine ne tournerait pas si elle n'était pas alimentée par notre désir, carburant essentiel de la consommation.

C'est pourquoi, sans doute, un jour de lucidité, le patron d'une grande chaîne française de télévision a eu ce mot atroce, mais révélateur : « Nous vendons du temps de cerveau disponible pour la publicité ».

De tels mécanismes ne sont pas sans danger pour l'être humain. A la fois causes et conséquences de l'insatisfaction née du Progrès, ils le font profondément souffrir, et donc alimentent le processus de prolifération des images par les frustrations renouvelées. La rançon du Progrès, invisible, est toujours là. Dans nos sociétés normalisées, elle est exigible au fil de l'eau, par petites mensualités.

Sur le plan des rapports entre les êtres humains, de la sociabilité, le système crée d'abord cette terrible dictature des gens célèbres, qui est probablement la plus cruelle jamais inventée par l'homme, parce que la plus humiliante. Elle n'a pas toujours existé. Le star-system est une invention américaine, (voir notre article "America is going Galt"), marquée au fer rouge de la prédestination, un leurre pour la liberté individuelle.

La célébrité des stars modernes se distingue du triomphe militaire ou politique, de la gloire artistique ou de la réputation spirituelle de jadis, précisément parce qu'elle a comme support une prolifération d'images. La star n'est pas une personne que des images rendent célèbres (comme le portrait d'un roi sur les pièces de monnaie). Elle est constituée de ces images. Passer à la télévision, apparaître dans un magazine fait basculer du purgatoire morne de l'anonymat au paradis de la célébrité. Du néant à la divinité. Du moins, est-ce ainsi ressenti par la société, car la célébrité peut elle même tourner rapidement à l'enfer.

Il s'agit d'un véritable système politique, d'une logique de pouvoir et de rapports de force. Dans l'aristocratie, en effet, si vous n'êtes pas bien nés, vous aurez tout à prouver ; dans la ploutocratie, seul l'argent vous fera exister ; dans la méritocratie vous passerez des concours, si vous le pouvez. Mais dans le système de dictature de l'image, si vous ne passez pas la télévision, vous n'êtes rien. On pourrait appeler « idolocratie » (terme préférable selon nous à « médiacratie » employé par François-Henri de Virieu) ce régime politique qui se superpose à la démocratie représentative et la vide lentement de sa substance. Ce ne sont plus les hommes qui gouvernent par les médias, mais bien les images qui règnent en se servant des hommes.

 Soif d'inégalités

 La célébrité finit d'ailleurs par exister par elle-même, sans autre justification que l'animation du monde de l'image, considéré comme une fin en soi. On parle en France, de « people », de « celebs » en anglais. Dans notre société, ils disposent d'un « statut », « que rien ne justifie sinon le rien lui même » nous dit joliment Patrick Mauriès. C'est exactement la définition de Paris Hilton. Les people vivent en couple, nous prennent à témoin de leur vie sentimentale, parfois de leurs ébats sexuels. Ils sont en effet les mâles et les femelles dominants de notre meute, dont nous sommes les dominés ; et, comme chez les loups, nous devons toute notre attention à leur progéniture. Ils sont le spectacle de notre liberté sexuelle illusoire.

Les images captent ainsi l'un des pires effets pervers du Progrès en bout de course. Celui qui stoppe et renverse brutalement la montée irrésistible de l'égalité, perceptible depuis le XIXe, en fabricant de nouvelles stratifications sociales. Notre époque, après avoir fait voler en éclat les différences de classes, est en effet assoiffée d'inégalités. Les nouvelles élites cherchent à se différencier de la masse, du commun des mortels. Il est plus que jamais nécessaire d'accéder aux « carrés VIP » des grands événements populaires, à certains lieux réservés, « exclusifs », ne pas frayer avec n'importe qui, et si possible se montrer dans des manifestations, au vu et au su de tout le monde, mais protégé du culte public par des gardes du corps aux lunettes noires...

Dans le monde réel, une telle tentation avait été observée, en plus grossier, en Union Soviétique et dans ses pays satellites. La soi-disant patrie des travailleurs, en route vers la « société sans classe » avait en fait produit une « nomenklatura », c'est à dire d'une élite communiste disposant de certains avantages, d'une meilleure éducation pour ses enfants, de l'accès à certains magasins épargnés par la pénurie générale. Orwell a décrit magnifiquement cette dérive dans 1984, en imaginant des membres du « parti de l'intérieur », jouissant de produits comme le café, les cigarettes ou le chocolat, de qualité inférieure à ce qui avait été produit par les époques passées, mais supérieure à ce que pouvait consommer la masse. Et, dans La ferme des animaux, Orwell décrit une société où, « tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que d'autres... »

La volonté de se différencier, de mettre des barrières sociales entre les gens est innée. Chassez-là comme le fait le Progrès, elle revient au galop. L'homme ne se considère comme heureux que lorsqu'il est privilégié. Il lui faut se comparer à d'autres pour jouir des avantages de la vie. Les privilégiés traditionnels pouvaient se montrer cruels ; les privilégiés modernes le sont par construction.

Une telle conception de la vie a son poète, celui qui en exprime, une fois pour toute, en une parole quasiment parfaite, l'essence même, Jacques Séguéla, défendant un chef d’État français en exercice : « A cinquante ans, si vous n'avez pas une Rolex, vous avez raté votre vie. » Ainsi donc, la valeur intrinsèque d'une vie humaine, ce qui fait qu'elle est valable ou non, qu'elle a une raison d'être ou pas, serait liée à la possession d'un objet, de quelque chose qui est considéré par la société comme un talisman de réussite, une preuve autoproclamée de différenciation sociale.

On aurait tort d'être nostalgique d'un « bon vieux temps » artificiel que fabrique sans cesse la modernité avec elle même. Du star-system « classique », en noir et blanc, glamour, produit industriellement par le cinéma américain des années trente ou cinquante à la soupe vulgaire de la télé réalité, il n'y a qu'une différence de degré et non de nature. La star inaccessible à la carrière majestueuse ou la starlette jetable sont les produits de la même évolution, à des stades différents : elles trahissent le mouvement inexorable d'humiliation de l'homme par lui même. Les fans hystériques des Beatles n'étaient pas moins crétins que ceux de Patrick Bruel, même si l'effondrement artistique est tangible. Dans les deux cas, l'essentiel, ce n'est pas la musique, bonne ou mauvaise, c'est l'effacement de la dignité individuelle devant la star.

Censé être démiurge, auteur de ce monde d'images, de ce paradis à sa mesure et à sa ressemblance, l'individu néo-pélagien se vide en fait de sa propre substance, et se prosterne devant la projection de lui même, comme il ne l'a fait, par le passé, devant aucune divinité, même mangeuse d'homme. Les deux spires du Progrès se rejoignent dans le culte des images. Seules les stars, les « légendes », les « idoles » sont prédestinées à être adorées par les fanatiques. L'ego rabaissé des anonymes est siphonné par l'ego hypertrophié de la célébrité. Jamais l'être humain n'est descendu aussi bas, car sa liberté, « ce qui dépend de lui », est intégralement aspirée par l'être collectif. Épictète prouvait, par sa vie même, qu'un esclave pouvait disposer librement, au moins, de son imagination. Ce n'est plus le cas, dans nos société du Progrès, lorsque les humains s'inféodent par l'imagination aux images d'eux mêmes et non aux images des dieux.

L'homme a créé un monde à son image. Le Progrès a livré l'image de qu'il avait promis, le paradis sur terre, non sa réalité. Mais la terre obéit toujours au temps, le temps qui ronge la prétention à l'immortalité et à la jouvence.

 L'étape suivante

 Il existe une lueur d'espoir. Le monde de l'image et son infrastructure essentielle, la télévision, commencent déjà à vieillir et s'éloignent progressivement dans le passé. Ils sont l'archaïsme de quelque chose à venir. Les jeunes boudent d'ailleurs le média préféré de leurs parents. Nous sommes passés à une autre étape de l'Histoire occidentale.

L'ère numérique ne se situe pas entièrement dans la continuité de l'ère des images. Tout d'abord, elle les tue par leur prolifération même. La reproductibilité des images devient infinie, avec la photo et la vidéo numériques, produites avec une facilité déconcertante et publiées, ou plutôt « postées » tout aussi facilement, comme un jeu d'enfant. D'autre part, Internet représente une véritable revanche du texte sur l'image. Historiquement, dans la presse écrite, l'image, qualifiée par une « légende » illustre le texte. A la télévision, c'est l'inverse : le texte est « incrusté » dans l'image. Nouveau retournement avec Internet. Le web est d'abord écrit, puis l'image apparaît, envahit peut-être à nouveau l'écran, mais n'est pas accessible sans les mots-clés qui la repèrent, la qualifient, la situent dans les moteurs de recherche, lesquels demeureront pour longtemps encore, essentiellement sémantiques (avant de reconnaître les formes).

Enfin, l'image, sur Internet, ne s'impose plus à un téléspectateur inerte et passif. Elle est choisie, reproduite, découpée, commentée, diffusée par un consommateur qui, dans le meilleur des cas, a au moins la possibilité d'être acteur de sa consommation. Le numérique permet de fractionner les audiences indécentes, liberticides des images collectives en innombrables micro-audiences. L'homme est libre, s'il le veut bien, s'il sait utiliser cette liberté.

Cet article est un chapitre de L'Apocalypse du Progrès, un essai inédit de Pierre de La Coste que vous pouvez retrouver sur le site In Libro Veritas, sous forme de livre électronique (pour liseuse et tablette).


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2 réactions à cet article    


  • Acid World Acid World 28 mars 2013 16:00

    Merci pour ce bel article.


    Je suis de la génération du web, ayant vingt ans. Vous avancez, si j’ai bien compris, que nous serions moins assujettis à l’image que nos parent. J’en doute, je pense plutôt que la nature des images a changé.
    En effet vous oubliez un média de taille dans votre analyse, et pourtant ce dernier se donne l’ambition d’imiter le rêve. Il s’agit du jeu vidéo. Même les non-initiés connaissent la différence principale de ce média avec la TV dont il dérive : il implique la personne devant l’écran.

    Cependant cette implication est à double tranchant, et c’est pourquoi le JV a ses détracteurs. Ce qui a été pensé à la base comme une traduction électronique de l’imaginaire a vite été détourné pour servir la violence dont vous parlez. La violence, le sexe, la richesse par pure esthétique, par pur divertissement. Heureusement des jeux subversifs existent, pour reprendre le flambeau de la science-fiction (du genre mirror’s edge entre autres) et d’autres gardent la pureté de l’imaginaire...
    Mais beaucoup d’autres sont le reflet de notre société libérale qui ne supporte aucune limite (voir les gta, les jeux de tir qui font aimer la guerre aux préados, etc).

    Je fais donc partie de cette catégorie un peu paradoxale qui crache sur la TV mais se passionne pour un média encore plus immersif.

    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 28 mars 2013 18:09

      Oui, oui, jeune homme, j’ai oublié le jeu video, non seulement dans ce chapitre, mais aussi dans l’ensemble de mon livre sur le Progrès, dont je n’ai publié que quelques chapitres. Je vais donc être obligé de l’ajouter, et probablement à ce chapitre.
      Le jeu video, en première analyse, est à la fois progrès et régression. Il est fils de la télévision et son avenir est sur les réseaux. Il pose le problème des « no-life », des mondes persistants qui coupent l’homme de la vie, d’une violence et d’une cruauté plus « immersive », comme vous dites, que celle de la TV et du Cinéma.
      Côté positif, il cultive des capacités de réaction qui n’existent pas devant une bête émission de téléréalité, qui peut mener très loin dans la violence, le sexe et surtour la bêtise. (cf le fameux « allo, quoi ! allo, quoi ! »)
      Le jeu vidéo n’améliore pas l’espèce humaine, mais il ouvre de nouvelles possibilités au Bien et au Mal. La téléréalité est une glaciation plus terrifiante du cerveau humain.
      Qu’en pensez-vous ?

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