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Accueil du site > Actualités > Société > Leurs ordures sont moins dégueulasses que notre propreté !

Leurs ordures sont moins dégueulasses que notre propreté !

« L'Homme s'obstine à inventer l'enfer dans un monde paradisiaque. » Jacques Massacrier

Avis aux esprits rétrécis ou assujettis à l’écologiquement correct : ce billet d’humeur énervée ne fait en aucun cas l’apologie de la décharge et de la déchetterie sauvages, ni même celle de l’abandon du moindre papier gras aux dépens des paysages naturels. La vraie place des poubelles est dans la ville !

Mon souhait est seulement d’inviter le regard « occidental » souvent intolérant à relativiser pour comprendre que les ordures domestiques inesthétiques peuvent être bien moins compromettantes pour la santé des écosystèmes qu’une certaine netteté pernicieuse qui peut occulter les pires contaminations.

C’est un peu le débat entre le point de vue environnementaliste (l’homme dans une nature agréable) qui ne relève que d’une position anthropocentriste et celui vraiment écologique et prééminent qui se réclame du biocentrisme (l’homme est la Nature).

Il n’en demeure pas moins qu’il convient aussi de rester vigilant et de lutter contre le poubellien supérieur résultant tant du consumérisme effréné que de l’irrespect pour la planète, deux tendances allant de pair.

Ce réajustement de point de vue peut s’accorder de tout déchet domestique nonchalamment abandonné in situ mais certainement pas de décharges publiques ou sauvages incontrôlées, induisant la contamination pernicieuse des nappes phréatiques par la redoutable lixiviation produisant le lixiviat, ce jus résiduel issu de la percolation de l’eau à travers les ordures.

Si je force le trait en ayant recours à la dérision, c’est pour remettre quelques pendules à l’heure et susciter un second regard. Parce qu’il y en a marre de cette tendance des pays du Nord, à la fois grands destructeurs et impérieux donneurs de leçons, à vouloir exiger que ceux du Sud soient les gentils artisans d’un jardin planétaire que nous avons-nous-mêmes irrévocablement souillé. D’autant plus qu’après colonisation, génocides, écocides, pillages et appauvrissement, nous imposons aux pays défavorisés, avec cette malignité propre au capitalisme fourbe, cette avalanche de produits aussi séduisants qu’inutiles et toxiques qui constituent le symbole d’une civilisation du jetable et du bonheur poubellable, tout en voulant inculquer concomitamment notre dernière leçon contradictoire, celle de l’économie verte et du développent dit durable. Il faut oser et être doté d’un fieffé cynisme !

Pour tout dire, j’étais revenu en colère d’un voyage au Maroc, mais pas en colère contre le Maroc ! Ce pourrait être au retour d’un tout autre pays émergent ou en voie de développement, comme on dit...

Moi aussi, hygiéniste dans l’âme, j’ai toujours maudit ce laisser-aller qui fait que du Nord au Sud, selon un crescendo bien régulier, tant les populations que les autorités abandonnent n’importe où leurs déchets, qu’il s’agisse d’ordures ménagères ou de rejets industriels. Et dans la Nature, je supporte encore moins que dans les villes… C’est comme un blasphème. C’est déjà aux portes pyrénéennes de l’Espagne que la dose devient peu supportable. Mais une fois sur le continent Africain, alors là, c’est le bouquet ! Comment la précarité de certaines villes marocaines peut-elle engendrer chaque jour une moyenne pondérée d’un bon kilogramme d’ordures par habitant ? C’est de l’ordre du miracle ou du cauchemar. Une récente prise de conscience, induite par une écologisation très active des autorités marocaines, vient de proclamer l’interdiction de la distribution systématique des sacs plastique par les commerçants, ces fameux sacs noirs abominables qui recouvrent la périphérie des villes et des villages, jusqu’aux bourgs les plus reculés. Mais il faudra du temps pour que les velléités deviennent réalités.

Relativisons un brin… Quel est vraiment l’impact sur la nature, la flore et la faune de la plupart de ces ordures isolément « oubliées » ? Eh bien, il est quasiment nul, exception faite, bien évidemment, de tout ce qui relève du toxique. Et justement, c’est là que je veux en venir, à la toxicité d’une certaine propreté plus obsessionnellement hygiéniste et subjective qu’objectivement écologique… Cette sale propreté qui fait que le monde occidental pulvérise, désinfecte, pesticide, pasteurise, vaccine, traite tout et n’importe quoi à outrance.

Ce n’est pas le désordre ordurier qui a tué les abeilles et les autres pollinisateurs du monde occidental… Au Maghreb, les abeilles pullulent !

Comme sous les pavés il y a la plage (…), j’ai découvert depuis longtemps que sous les immondices il y avait de la biodiversité. Ce qui n’est pas le cas des sols où le toilettage chimique passe et repasse !

Il pleuvait souvent et partout au Maroc en la fin d’été du voyage en question…

Dès les premières gouttes de la moindre précipitation, du Rif méditerranéen aux abords du Sahara, c’est par myriades que se manifestait au sol les espèces de la faunule hygrophile, laquelle peut demeurer en diapause durant les longs mois de sécheresse. Partout, y compris dans les rues des villages, sautillaient les grenouilles, les crapauds (crapaud commun, crapaud de Maurétanie, crapaud vert, discoglosses….) et même les rainettes, de tous les âges et de toutes les tailles, notamment les jeunes nés des pluies printanières. Leurs prédateurs, reptiles et oiseaux, étaient de la fête.
Eh bien, imaginez donc cela en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en France !

Visitant en août des champs de luzerne irrigués, la biomasse d’insectes (notamment orthoptères, libellules, coléoptères et « plancton » aérien d’espèces microscopiques) et d’amphibiens était considérable. Pas étonnant qu’au Maroc la cigogne abonde, y compris sur les décharges !

Allez donc voir nos cultures européennes, c’est un désert agraire avec un silence de mort : rien ne bouge, rien ne vole, rien n’y vit ! Sans parler des espaces verts de nos parcs de villes, si joliment ornementés et ordonnés, mais rigoureusement abiotiques.

ALORS…

Nous les obsédés de l’hygiène, nous les adeptes du décor vide, de l’alignement maniaco-dépressif et de la table rase, nous les maniaques de l’environnement, nous les champions du productivisme bien organisé et soi-disant scientifiquement contrôlé, nous avons tout de même irréversiblement tué nos sols et nos eaux, nous avons quand même réussi à disperser et pour toujours quelque 100.000 molécules chimiques dont le cocktail est explosif. Nous les hommes cliniques, toxiques, nous ramassons nos papiers gras mais nous laissons désormais à nos enfants de belles promesses de cancers en héritage. Et plus un têtard, plus une libellule…

Même une mouche ne veut de nous tant nous sommes empoisonnés. La démoustication inconditionnelle, c’est aussi un enfer.

Sachez que même la merde de nos animaux herbivores, polluée par les produits vétérinaires, n’est plus consommable par les bousiers (coléoptères coprophages), que le recul des lombrics et de tous les nobles décomposeurs du sol montrent une accélération effarante !

Bravo messieurs les agronomes occidentaux, bravo bande d’assassins immaculés !

Au Maroc, la plupart des gens ont encore cette chance de manger naturel… Le jour où le Maroc (14 km de l’Europe, c’est du circuit court…) et autres voisins du Sud, aux sols peut-être pas indemnes d’emballages perdus mais encore biologiquement sains, s’organiseront pour exporter les fruits et légumes de leurs terroirs, dont la qualité bio pourra être amplement validée, ce sera la fête dans les cantines de nos écoles… Pour l’instant, nous importons du soi-disant bio d’Égypte et d’Israël, dont les longues distances et la qualité contestable invalident l’objectif. Mais les décideurs marocains, courtisés par les marchands de biocides, sauront-ils résister à l’attrait des profits immédiats de l’agriculture intensive ? Le mal est déjà fait dans la plupart des grandes plaines (céréaliculture, agrumiculture…) et si le bio revêt un avenir, s’il reste un semblant de futur, c’est grâce à une difficile dotation géographique qui fait que le pays rural est essentiellement composé de montagnes et que les terres fertiles n’y sont pas « rentables »…

Le « pas-rentable », c’est vraiment la clé du futur. Chez nous, cette clé est au vestiaire.

ALORS…

Vive la boîte de conserve qui minéralise la terre en se décomposant… Vive l’emballage abandonné et qui sert de refuge aux petits carabiques… Vive le paquet vide de détergent qui attend d’être consommé par quelques insectes détritivores… Rien n’est plus sale qu’une lessive et c’est le contenu qu’il faut proscrire !! Vive l’appareil électroménager hors d’usage et qui sert d’habitation au lézard ! Vive le vieux cageot sous lequel se loge la couleuvre… Et même : vive le n’importe quoi balancé n’importe où !!

Parce qu’il y en a marre de notre vision sectaire du tout-propre, parce que rien n’est pire que les médicaments, les biocides, les engrais chimiques et autres atrocités phytosanitaires (« sanitaires » !!) dont nous avons usés et abusés.

Et non-contents de notre auto contamination, nos compagnies pesticidaires néocolonialistes font maintenant la retape chez les paysans du Sud, leurs promettant monts et merveilles, Crédit Agricole importé à l’appui, pour tenter d’en finir avec la belle agriculture vivrière qui fut aussi la nôtre dans le passé.

Pour tout ami de la Terre, un représentant d’une quelconque multinationale d’intrants agricoles peut être considéré comme un terroriste ordinaire, sans scrupules et sans courage. L’agroterrorisme existe : il nous tue à petit feu.

Que la peste soit des pesticides et des pesticidaires !

La terre vue du sol : http://www.dailymotion.com/video/xdicte_claude-lydia-bourguignon-mort-des-s_tech
Un témoignage local (Valeur écologique d'un verger de l'Atlas) : http://www.inra.fr/dpenv/tarric42.htm

Documents joints à cet article

Leurs ordures sont moins dégueulasses que notre propreté ! Leurs ordures sont moins dégueulasses que notre propreté !

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7 réactions à cet article    


  • PerVerseau 7 décembre 2011 11:17

    Nos ordures n’ont pas à être introduites dans les cycles NATURELS biogéochimique ou servir d’habitat à un quelconque organisme vivant ceci est un non sens, avez vous perdu la raison monsieur Tarrier, je vous encourage à réviser vos grands classique de biologie et d’écologie fondamentale, et aux autres je vous décourage de balancer vos merdes dans la nature, attention des sentinelles veillent !

    D’autre part l’écologie n’est pas de l’écologisme et encore moins un faire valoir pseudo-intélo-milantiste ou même politique, mais une science à part entière qui, quoi qu’on en dise, contribue à améliorer sensiblement tous les jours un peu plus notre rapport avec la nature et l’intérêt de préserver notre environnement et, cela même en France. Je reconnais que ce travail (celui de reconsidérer notre rapport avec la nature) est considérable et que la tache est presque surhumaine. Mais voila, monsieur Tarrier des gens anonyme comme moi qui ne cherche ni reconnaissance et sans autre intérêts que celui d’éduquer et de participer à valoriser, améliorer, protéger notre riche patrimoine naturel, récoltons aujourd’hui avec modestie et une certaine satisfaction je le reconnais, les fruits de cette acharnement d’éducation et de valorisation écologique de nos patrimoines. Les mentalités en local change mais encore faudrait-il avoir envie d’ouvrir les yeux et de regarder simplement autour de soi pour s’en rendre compte.

    Votre investissement pour préserver les milieux naturels au Maroc est tout à votre honneur, mais je trouve dommage que vous compariez la France et le Maroc, d’une part ces deux pays n’ont rien en commun écologiquement (latitude, climats, reliefs, géologie/pédologie ...) et encore moins socialement et économiquement (sans vouloir polémiquer sur la situation au Maroc, volontairement maintenue à sa plus simple expression socio-économique pour la plus grande satisfaction de quelques profiteurs).

    Par ce que nos sociétés sont complexe dans leurs modes de fonctionnement, les solutions viable à long terme (cohésion environnement-social-économique) sont difficiles à mettre en œuvre pour de nombreuses raisons et essentiellement le facteur humain qui continue de s’orienter sur des préceptes dégradants de valeurs matériels (une idée qui pourrait nous rendre service serait d’accorder moins de privilèges aux politiques ce qui devrait sérieusement contribuer à faire un tri sélectifs entre ceux qui veulent accéder aux privilèges du pouvoir et ceux qui veulent accéder aux privilèges d’être des hommes, ...) mais, la aussi les choses changent et, nous pouvons espérer un revirement de situation favorable pour l’ensemble de la communauté. (à nous de savoir ce que nous voulons de mieux pour notre avenir)

    Toutefois et là, je m’adresse à l’ensemble de la communauté, même si la situation s’améliore, l’état de santé (sanitaire) de notre environnement est réellement préoccupant (pollution des eaux, de l’air, des sols) et rejoins le coup de gueule de monsieur Tarrier. Certains organismes (végétaux, arthropodes, etc) sauront très bien s’en accommoder grâce à leurs facultés d’adaptation indéniable, ce qui n’est pas le cas par exemple des mammifères (l’homme en est un) qui eux, sont beaucoup plus vulnérable et sensible aux diverses pollutions et activités humaines dangereuse pour nos fragiles organismes. En cela j’entends que nous nous devons de nous poser ces simples questions : quel sera l’impact sur mon environnement de chacun de mes actes commis au quotidien ? Posez vous ces questions et, si vous estes honnête avec vous même, vous serez horrifié de ce que nous sommes réellement !

     


    • foufouille foufouille 7 décembre 2011 12:46

      "Sachez que même la merde de nos animaux herbivores, polluée par les produits vétérinaires, n’est plus consommable par les bousiers (coléoptères coprophages), que le recul des lombrics et de tous les nobles décomposeurs du sol montrent une accélération effarante !"

      y en a plein dans mon jardin
      1€ le ver de terre, ca te va ?
      au lieu de prendre l’avion, prend un velo en france


      • Marc Viot Marc Viot 7 décembre 2011 12:53

        Ouaip t’as raison et plutôt que d’utiliser un pc prend ton stylo et fais un courrier ^^


      • foufouille foufouille 7 décembre 2011 14:25

        tu as un pc ecolo ?
        un avion espagne maroc solaire ?


      • PerVerseau 7 décembre 2011 14:49

        La chaîne saprophytique des décomposeurs saura s’accomoder de ces quelques contraintes physico-chimique (les champignons ne sont t’ ils pas eux-même des producteurs d’antibiotique !) inclue dans les lâchers de nos chères herbivores domestiqués et il me semble que le travail des organismes du sol est de transformé la matière organiques en ion minéraux assimilable et soluble dans l’eau (nécessaire à l’édification de toute les cellules vivantes avec un apport d’eau, de CO2, et un peu d’énergie lumineuse incidente par les végétaux chlorophylliens, ...) et de restitué en partie par oxydoréduction (respiration) dans l’atmosphère sous forme de CO2 le carbone stocké dans toutes formes de substance biochimique, blablabla ...

        Enfin pour faire court, je suis plus inquiet de l’impact sur notre environnement que peut avoir l’agriculture intensive que la merde laissé dans les prairies par nos vaches. Et que dire de la trêve de noël qui favorise la relance inconsidéré de la production industriel pour du matériel sans réel besoins autre que celui de satisfaire notre EGO que nous savons ci bien mettre en valeur par sa représentation matériel et émotionnel et, qui de toute évidence permet la mise entre parenthèse de toutes nos supposées bonne volontés soutenue le reste de l’année, etc ... (il est vrai que le bonheur de voir un enfant s’émerveiller à déballé la dernière daube made in china à la mode vaut certainement mieux que de lui offrir un avenir dans un environnement un peut moins pourri que ce que nous avons aujourd’hui).


      • Croa Croa 7 décembre 2011 15:26

        Merci pour cet appel à la sagesse smiley

        Il existe surtout en Europe une obsession de l’hygiène et du style « Monsieur propre » sauf que la merde (si encore ce n’était que cela) est cachée sous le tapis. Nos bonnes femmes ne veulent pas d’araignées dans la maison ni de mouches et elles ont trouvé la solution avec la bombe magique qui en plus parfume l’ambiance !

        L’autre jour j’ai été tout surprit de trouver des pommes soit-disant bio en grande surface : Pas un défaut tout comme leurs pommes normales bien chimiques ! (Pas possible ils trichent d’ailleurs le vrai bio n’existe qu’au jardin !)

        Le naturel n’est pas sale mais ce qui brille trop l’est, évidemment !


        • LE CHAT LE CHAT 7 décembre 2011 17:30

          merci à l’auteur pour l’ensemble de son oeuvre , un écologiste doit savoir faire preuve de bon sens et non pas se comporter en membre de secte détenant la vérité unique !
          les petites bêtes sont bien peinardes dans mon jardin , je le garde aussi sauvage que possible
          et complétement dépourvu de pesticides et d’engrais chimiques !

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