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Accueil du site > Actualités > Société > Ma petite librairie va fermer

Ma petite librairie va fermer

Sans être nostalgique des temps anciens, il nous faut prendre conscience que certaines avancées technologiques et la logique libérale nous entraînent vers une société où la mort du livre semble programmée.
De nombreuses librairies ferment et sont remplacées par des « fast food », d’autres sont achetées par des chaînes et proposent des produits standardisés...
Des écrivains, des chercheurs et de nombreux intellectuels alertent l’opinion publique devant le danger de voir non seulement disparaître les véritables librairies mais de voir passer à la trappe ou dans l’oubli demain des dizaines de milliers de livres.
Le livre d’Isabelle Desesquelles arrive à point.

« Fahrenheit 2010 », d’Isabelle Desesquelles, Éditions Stock, septembre 2010

La mort programmée de la Librairie

Les grandes surfaces, l’entrepôt avec sa banque de données et le supermarché vont continuer à vendre des « livres », ceux qui sont bien calibrés et qui peuvent rapporter gros.

Certains mastodontes qui ont racheté des librairies vont essayer de garder le nom, l’enseigne...

« Profil du client, goûts recentrés, tout est stocké, mouliné et analysé par la broyeuse marketing ».

Gare au résistant, il sera isolé, broyé par la grande machine qui saura avec ses cartes de fidélité, sa logique du chiffre à tout prix créer les besoins, éliminer les livres qui gênent ou qui ne sont pas rentables.

L’auteure en appelle à tous les amoureux du livre pour qu’ils se mobilisent contre « Lachaîne »

Est-il encore possible de combattre « Blondinet » qui a prévu et organisé le massacre des librairies indépendantes, leur rachat et leur transformation afin qu’elles soient au service du projet mercantile et anticulturel de ceux qui veulent uniquement augmenter les dividendes des actionnaires ?

Il restera en tête de gondole « des souks aménagés avec des livres-caution, un bric-à-brac de produits bons à faire du chiffre. Jeux et jouets, best-sellers pour appâter le chaland, papeterie pour lui faire les poches à grands coups d’offres promotionnelles, l’occasion de balancer ses textos à des clients qui n’en demandent pas tant. »...

Les livres que l’on caressait, les ouvrages que l’on découvrait au hasard d’une recherche dans les rayons...tout ce rituel va disparaître.

Quant au personnel, il va se retrouver avec des contrats à durée déterminée, à faire la promotion de ce qui marche.

Conditionné et surtout pressuré, il sera invité à ne pas perdre du temps .

C’est la fin programmée du vrai libraire qui discute avec son client potentiel et qui n ’hésite pas à donner des conseils.

Rien n’est encore perdu, il existe encore quelques filets protecteurs comme l’interdiction pour les marchands de vendre en « offrant » des réductions de plus de 5%...

Pendant combien de temps le libéralisme respectera-t-il ce cadre législatif que ses grands commis ont tant combattu ?

L’auteure nous entraîne à un rythme accéléré . Elle nous fait partager son inquiétude, sa rage et son refus d’un système qui va réussir à faire disparaître des dizaines de milliers d’œuvres .

Elle ne veut ni des livres moules ni des livres burgers.

Elle n’est pas la seule dans ce cas là et son livre constitue un réquisitoire implacable et juste contre un plan qui vise à programmer la mort de la vraie librairie

Jean-François Chalot


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13 réactions à cet article    


  • tmd 6 décembre 2010 12:33

    Les petites librairies ne pourront plus jamais rivaliser avec une librairie dématérialisée.

    - Ni avec une librairie virtuelle comme Amazon, qui peut se permettre de stocker mille, un million de fois plus de livres que la petite librairie, sur des sites multiples.

    - Encore moins avec les livres électroniques que l’on pourra maintenant acheter sans se déplacer.

    En leur temps aussi les fabricants de bougies se battaient contre l’arrivée de l’électricité ...


    • Stupeur Stupeur 6 décembre 2010 13:17

      Les « petites » librairies seront peut-être plus rares... Elles n’en seront que plus recherchées pour leurs qualités. 

      Aucune librairie de quartier n’a pour ambition de rivaliser avec les poids-lourds de la vente en ligne. Ce n’est pas le même métier... De modestes librairie éditent aussi des auteurs, se regroupent pour organiser des salons littéraires, reçoivent des écrivains, font « café-littéraire », etc. 
      En plus, on peut commander quelques livres en ligne, sans pour autant déserter les librairies. L’ambiance d’une librairie, parfois la beauté du lieu et bien sûr la compétence des libraires sont irremplaçables. 
       

    • Lonzine 8 décembre 2010 18:19

      Et le contact, le plaisir d’avoir un conseil personnel, le besoin d’être aidé dans son choix ? On trouve ça chez Amazon ?


    • worf worf 6 décembre 2010 13:43

      La librairie a beaucoup évolué ces 50 dernières années.
      D’un système de dépôt de livres, on est passé à un système d’achat ferme pour les libraires de la plupart des livres, avec toujours possibilité de retour.
      La marge bénéficiaire étant souvent calculée sur le volume vendu, donc moins il y a de retour...
      Mais avant l’arrivée d’internet, de la vente en ligne et du livre électronique, la situation s’était déjà dégradée pour le secteur. En cause, plusieurs choses. Il a bien sûr les grandes surfaces, mais aussi des maisons d’éditions qui se sont faites rachetées par des grands groupes, et où l’aspect économique primait sur les auteurs publiés, la gamme, etc.
      Un autre élément est la distribution qui a, elle aussi, subi une mutation. Comme dans beaucoup d’autres secteurs, les petits distributeurs ont disparu, on est passé à un système de commande minimum du type : pour un exemplaire d’un tel titre vous devez en commander 5, vous devez avoir un volume de commande x, sinon votre commande reste en attente.

      Des petites librairies vont encore exister, tels des rochers bravant les vagues, mais leur nombre va encore se réduire.


      • slipenfer 6 décembre 2010 13:43

        Il n’y plus de librairie dans ma ville (30 000 hab)
        juste une médiathèque municipal
        je commande mes livres directement chez l’éditeur (sur catalogue papier) ou
        effectivement en ligne sur ebay ..Amazon..etc
        Mais ceci n’est pas la mort du livre,mais la mort des petites librairie.
        On vend beaucoup de livre d’occasion ...(foire a tout sur le marché)
        Il y a aussi le problème des petites maison d’édition
        ex :(Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances) (sens & tonka) (Ivréa) etc..
        qui sont rarement présentent en librairies.
        alors évidement ce commerce disparait.
        On dit aussi que les Français lisent moins ???


        • norbert gabriel norbert gabriel 6 décembre 2010 15:26

          le problème des grands systèmes de distribution dématérialisés c’est qu’on va y chercher ce qu’on connait déjà

          Il y a pas mal d’auteurs que j’aurais ratés si je n’avais pas été farfouiller dans les librairies, ou en discutant avec des libraires.


          • Gabriel Gabriel 6 décembre 2010 15:35

            Et oui, la fin d’une époque, l’agonie d’un autre lieu d’échange et de dialogue. Comme la vie, la librairie devient virtuelle et si l’on vit de plus en plus par procuration, on lit de plus en plus sur son écran de télévision. Demain le livre tel qu’il existe aujourd’hui disparaîtra au profit de l’Ebook ou autre merde de même sorte qui ne fonctionnera qu’avec abonnement prélevé directement sur son compte. Fini la relation du toucher avec ce bel objet, fini l’odeur de l’encre et du papier, je vais le regretter mais ceci dit, les forêts y trouveront leurs comptes…  


            • Blartex 6 décembre 2010 16:30

              Et puis déjà, faudrait progresser dans la lutte contre l’illettrisme.

              Demander aux gens de lire alors qu’ils ne savent déjà pas écrire...


              • CHALOT CHALOT 6 décembre 2010 17:29

                Je ne pense pas que j’arriverai à lire sur d’autres supports que le papier.
                Sinon toutes ces contributions que j’ai lues sont intéressantes.
                Mais au fait, peut-on résister ?


                • vinvin 7 décembre 2010 01:51

                  Effectivement, je me souviens très bien des deux principales librairies que je fréquentais dans les années 70/80, et où je cherchais moi-même des livres susceptible de me plaire dans les rayons, puis il y avait le contact humain entre le libraire et moi, ainsi que ses conseils pour certains livres, etc, etc.....

                  Il m’ arrivais de lui commander des livres don on parlait a l’ époque dans l’ émission de B-Pivot « Apostrophe » et que me faisait venir mon libraire.

                  Toute une époque !.......

                  Depuis, les temps ont bien changés, et cela que ce soit pour les libraires comme pour les éditeurs, etc...

                  Avec les commandes par correspondance sur catalogues, les commandes faites sur internet, les livres téléchargeables en lignes, etc, etc... ce n’ est plus la même ambiance et il n’ y a plus ce contact humain entre le libraire et le lecteur.

                  Et puis, il y a aussi un autre métier qui est menacé, c’ est celui de l’ édition, car je pense que les éditeurs aurons disparus d’ ici quelques décennies, grâce, ( ou a cause,...) de la facilité de l’ auto-édition.

                  (C’ est a dire que les écrivains auto-éditent leurs oeuvres,).

                  MARC-EDOUARD-NABE a lui même auto édité son dernier livre « L Homme qui arrêta d’ écrire », et en formant sur internet sa propre plate-forme de vente en ligne. ( Ça , ça fait chier les éditeurs, car NABE ouvre la voie a d’ autres....).

                  Mais a chaque époque, une personne devient le cauchemars d’ une profession :

                  Dans les années 70 le chanteur ANTOINE était devenu le cauchemar des coiffeurs :
                  A présent CANTONA est devenu le cauchemar des banquiers, tout comme l’ Écrivain MARC-EDOUARD-NABE est devenu le cauchemar des Editeurs !

                  Mais, il est vrai aussi que pour un écrivain, il est nettement plus rentable de s’ auto-éditer que de passer par l’ intermédiaire d’ un éditeur, libraires, etc.... 

                  Un écrivain qui passe par un éditeur, ne touche que 15 ou maximum20% par livre vendu, tout le reste va dans la poche de l’ éditeur et des libraires.

                  M-E-NABE a déclaré au cours d’ une déclaration publique que son livre actuellement auto édité vendu 28 euros lui rapportait 20 euros par livre net par livres vendus. (Reconnaissez que la différence est hallucinante, n’ est-ce pas ? ). 


                  Cordialement.



                  VINVIN.
                   

                  • antonio 7 décembre 2010 10:30

                    Ce qui me frappe, c’est comment le marketing industriel, le matraquage publicitaire a réussi à formater, standardiser les goûts et les demandes des lecteurs « lambda » : les « Marc Lévy », les « Guillaume Musso », les romans « du terroir » forment une grande partie de la demande ; et difficile de proposer autre chose aux lecteurs...
                    Il n’y a qu’à voir le succès d’un groupe comme France-loisirs :rayons encombrés par les « best-sellers »" du moment, romans d’aventures et d’amour pour la plupart de qualité médiocre...


                    • Lonzine 8 décembre 2010 18:26

                      Ben oui, formatage, pensée unique et penser, ça sert à quoi... On peut tous lire le même journal et celui du pouvoir pour ne pas faire tache. Il faut refuser ce genre de lecture, refuser ces abonnements bidons, ces livres à poser en bibliothèque juste pour faire semblant qu’on lit !


                    • Lonzine 8 décembre 2010 18:11

                      J’ai été libraire pendant 21 ans dans un petit village de Belgique, enfin, je vendais des livres, la presse, du tabac, des cartes postales, de la mercerie et j’écoutais. Souvent, mon fils me disait que ce n’était pas un commerce que je tenais, mais une permanence sociale. J’ai arrêté parce que l’état ! L’état, cette institution qu’on nous a imposée en nous disant que c’était bon pour assurer notre avenir. Grâce à l’état, on aurait des retraîtes, la sécurité, des routes en état ! Je rigole. Une façon détournée de placer des amis de ceux qui se disent nos élus. Elu du peuple ! Là encore je rigole, ils ont mis des normes tellement biscornues qu’on ne peut pas les appliquer dans les petits magasins, ceux qui sont humains, conçus pour les gens, ceux qui ont envie de parler et ceux qui sont connus dans le cas d’un petit libraire, je pouvais et je peux encore parce que je me force au devoir de mémoire dire qu’un livre plaira ou ne plaira pas à ceux qui ont été mes clients. Et maintenant, et bien, je travaille dans le cadre des titres-services, je fais des ménages, je gagne pareil, en prenant moins de risques. Je vous remercie de vous préoccuper de tous ces métiers qui disparaissent, il y en a des tas et ça ne fait que commencer !

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