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Accueil du site > Actualités > Société > Mais qui veut « sauver » La Poste ?

Mais qui veut « sauver » La Poste ?

La votation citoyenne contre la privatisation de la poste s’est déroulée samedi dans une ambiance de kermesse populaire, tracteurs et crieurs postés aux quelque 9 987 points de vote répartis sur le territoire national. Devant le succès de l’organisation, le Parti Socialiste propose aujourd’hui l’organisation d’un véritable referendum. Animal Politique était aux premières loges.

Le succès du référendum populaire était un pari audacieux pour les 60 organisations politiques, syndicales et associatives réunies dans le Comité contre la privatisation de la poste. « Entre la crise sociale et les fermetures d’entreprises, nous avons du mal à susciter le débat sur la privatisation de La Poste » nous confiait un militant SUD PTT quelques jours avant la votation. Et l’enjeu était de taille : « Nous organisons cette votation pour faire parler de notre mobilisation alors que le projet de loi sur le changement de statut de La Poste en société Anonyme doit être débattu au cours du mois d’Octobre au Sénat ».

Carton plein

Pari gagné. Dès 8 heures du matin, les votants sont au rendez-vous aux tables de vote disposées dans tous les quartiers de Paris ou se pressent dans les Mairies qui organisent le vote de leur commune. Les assesseurs s’activent autour de l’urne au rythme des « A voté ! » et de la feuille d’émargement tenue scrupuleusement pour l’occasion. Franc succès d’affluence : plus de 1000 signatures au milieu de l’après-midi pour la table installée place de la Chapelle dans le 18e arrondissement de Paris. Des urnes remplies de bulletins acheminées à la mairie du 2e arrondissement dans la soirée.

Ce succès démontre l’intérêt des Français pour le débat sur l’avenir de La Poste, comme le confirme cette vidéo de micro-trottoir pris sur le vif le jour de la votation. Et pour cause, 60% d’entre eux sont favorables à l’organisation d’un referendum officiel sur le changement de statut (Sondage IFOP). De quoi donner des idées au Parti Socialiste, qui déclare le soir même son ambition de déposer un projet de loi pour transformer l’essai en véritable referendum d’initiative populaire, rendu possible dans le cadre de la réforme Constitutionnelle de Juillet 2008.

L’alibi européen de l’UMP

Tandis que le Comité National contre la privatisation de La Poste conforte la légitimité de son combat, la pression des institutions européennes pour la transposition de la directive de libéralisation des marchés postaux est une aubaine pour le gouvernement.

Face au spectre de la mise en concurrence au 1er Janvier 2011, Christian Estrosi réaffirme que le texte « s’engage à préserver 100% du statut public de La Poste et à injecter 2,7 milliards d’euros pour permettre, face à la concurrence inéluctable, de sauver La Poste ». La modernisation du service postal grâce à l’afflux de capitaux est le fer de lance du gouvernement. Mensonge pour Jean Desessard, sénateur vert de Paris, « les difficultés économiques que rencontre aujourd’hui La Poste servant de prétexte pour pousser encore plus loin le démantèlement des services publics ».

Service public contre rentabilité, capitalisation contre investissement de l’Etat : deux visions de l’avenir se dessinent pour « sauver » La Poste. Le débat est ouvert.

Un contenu du site Animal Politique.


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10 réactions à cet article    


  • Paul Cosquer 9 octobre 2009 20:43

    Sur l’air « Ah si j’avais un franc cinquante » de Boris Vian mais en plus long :

    Qu’est-ce qu’on va faire du timbre poste
    Si les capitalistes accostent ?
    Qu’est qu’on en fera quand viendra l’heure ?
    Y’a pas assez de collectionneurs !

    Trouvera-t-on des philatélistes
    Qui les achèteront par paquets de listes ?
    Si on nous change de statut,
    C’est comme nous changer en statues !

    Si Giscard est un homme de lettres,
    Plus que nous on ne peut pas l’être.
    Laissez la poste dans nos villages
    Sinon on vous postera un message

    Qu’vous recevrez en 2012
    Ce n’est pas qu’on se la coule douze,
    Mais c’est après la votation,
    Le temps des vraies élections !

    (message envoyé)

    Voris Bian


    • Chromino Chromino 9 octobre 2009 21:51
      Mais qui veut « sauver » La Poste ?Vu le nombre de commentaires...personne.

      • jaja jaja 9 octobre 2009 22:44

        Le sujet a déja largement été débattu il y a quelques jours... Vous pouvez vous reporter aux articles précédemment publiés et à leurs commentaires. Et vous verrez que votre réponse à la question est à côté de la plaque...


      • Chromino Chromino 9 octobre 2009 23:02

        Et l’humour ?
        Y a t -il des articles sur l’humour ou « peut-on rire de tout même de la poste » ?
        Vous connaissez ?


      • jaja jaja 9 octobre 2009 23:09

        Vous avez raison on peut rire de presque tout, pourquoi pas de la Poste ? Méa culpa...

        Mais sauvons le Service public postal quand-même !


      • Chromino Chromino 9 octobre 2009 23:49

        Vous avez aussi raison.
        Vaste sujet que le service public en général, sans doute stigmatiser en ce moment , par le cas de la Poste.
        Pour ma part, l’énergie et les transports restent plus une priorité (en terme de service public), à l’heure où l’écologie est préoccupante et le coût des transports augmentent... .
        A l’heure d’Internet, le service Postal n’est malheureusement plus une priorité.
        Je le constate, sans néanmoins approuver aveuglément la démarche de « privatisation » de la Poste.


      • masuyer masuyer 10 octobre 2009 15:11

        Le peu de commentaires nous renseigne peut-être sur la sociologie des commentateurs d’Avox :

        une population plutôt urbaine genre centre-ville.

        Qui a donc quelque mal à saisir les enjeux.

        L’heure d’internet, oui oui, pour les geeks de centre-ville.

        Quant à la Poste, ce n’est pas que du courrier.

        Le plus amusant c’est que le gouvernement s’appuie sur « une haine du fonctionnaire » et sur des services publics qui couteraient chers au contribuable :

        sauf que la Poste s’autofinançait (grâce notamment à son activité banque), donnait de l’argent à l’état, bref ne coutait que peu à l’usager. Les points postes qui vont fleurir, seront eux financé par les collectivités locales. ET là on pleurera sur la hausse des impôts locaux, nettement plus injustes que l’impôt sur le revenu.

        Mais bon, « moi j’ai fait la queue alors que ca rigolait en arrière-salle ».


      • Chromino Chromino 10 octobre 2009 18:20

        Le peu de commentaires nous renseigne peut-être sur la naïveté de certains commentateurs d’Avox :

        - Ne jamais juger les personnes qu’on ne connait pas .
        Raté, je ne vis pas en centre ville et utilise ma voiture tous les jours pour travailler , pas le choix , pas de bus pas de train. Ils n’ont jamais existé.
        A ce titre , le jour ou je pourrais travailler à 100% de chez moi, grâce à Internet...ca sera beaucoup mieux pour la planète et tout mon courrier transitera de manière numérique aussi...

        - Je suis assimilé fonctionnaire, de part mon travail et je constate juste, que les plus anciens pleurnichent sur leur sort, après avoir abusé du système pendant des années, alors que le pognons coulait à flot, sans finalement vraiment transpirer.
        Aujourd’hui, il faut trimer pour gagner de quoi mettre dans son assiette ... mince alors, j’ignorais que ca existait !

        - La société que nous connaissons aujourd’hui en France est cautionnée, par les mêmes trous du c.. , qui ont abusé de ce même système pendant 30 ans, qui étaient sur les barricades en 68 et qui aujourd’hui, commencent à s’apercevoir, qu’ils ont été bernés par les politiques. C’est trop tard.

        - Ou alors on casse tout, mais vraiment tout , on ferme les frontières et on refait tout ou alors on peut pleurnicher, mais ca ne changera strictement rien et ca ne remplit pas les assiettes des gamins, c’est trop tard.


      • masuyer masuyer 10 octobre 2009 21:04

        Chromino,

        je parlais pas forcément de vous, à moins que vous pensiez être la sociologie d’Avox à vous tout seul smiley

        Les plus anciens pleurnichent, c’est fréquent et c’est pas valable que chez les fonctionnaires, le couplet c’était mieux avant est assez fréquent. Par contre quand les plus jeunes commencent à envier les anciens ça fait relativiser l’idée de « progrès » et gnagnagna....

        Pour ce qui est de transpirer, j’en ai largement ma part, et franchement c’est pas vraiment dans les bureaux, qu’ils soit publics ou privés qu’on transpire le plus. Il m’arrive aussi d’attendre à la banque et d’entendre se marrer.

        Que le pognon, il manque pas vraiment et qu’avant de penser à fermer les frontières, faudrait peut-être reprendre un peu pied avec la réalité et réapprendre un peu le prix des choses, et la transpiration qu’elles ont coûtées. Que grosso modo si on en chiait vraiment au taf, on réfléchirait un peu avant de jeter tout ce qu’on jette.


      • David Meyers 10 octobre 2009 13:53

        Je suis plus qu’inquiet de cete société que nous propose Lepetit Président, injuste égoïste, outragée et réactive à chaud.

        Je suis étonnament CONTRE le référendum d’initiative populaire tant que le « peuple » aura droit aux informations bidonnées (de TF1 et autres), tant qu ’il réagira en chasse aux sorcières digne du moyen age (voir l’incroyable et ridicule histoire de Monsieur Mitterand), tant que le rejet, la violence et l’intolérance seront les maîtres mots d’un comportement voulu par nos énarques pour mieux nous mener par le bout du nez.

        Cette consultation ProPoste était somme toute bien sympathique mais... à quand un réféandome pour la peine de mort, pour les peines de prisons sans jugement (rétention de sureté) pour la destruction immédiate des (véhicules des) chauffeur en excès de vitesse, à l’arrêt de toute allocation pour telle ou telle raison, et que sais-je encore d’âneries populistes.

        La République fonctionne avec une représentation populaire divisée en DEUX chambres dont les élections sont différentes et décalées. Ce n’est pas pour rien.

        Une politique ne se fait pas sur l’émotion et la réaction à chaud.

        L’avenir de la poste ne peut se résumer à un simple OUI ou NON (à quoi d’ailleurs ?)

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