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Mariage pour tous et homoparentalité : dès le premier semestre 2013

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a tenu à réaffirmer, lors du discours de clôture des Journées parlementaires socialistes à Dijon, jeudi, que le mariage et l’adoption seraient ouverts aux couples de même sexe, dès le premier semestre 2013. L’engagement 31 était l’une des promesses de François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle : « j’ouvrirai le mariage et l’adoption aux couples homosexuels ».

« Le mode de vie des Français ne peut être soumis à aucune spiritualité »

Le premier ministre a tenu à répondre indirectement aux nombreuses déclarations des responsables religieux dont certains réclamaient le recours à un référendum : « La France est une République qui respecte les convictions religieuses et philosophiques de chacun mais aucune ne peut s'imposer à tous. Le mode de vie des Français ne peut être soumis à aucune spiritualité. C'est pourquoi je vous le redis ici : une nouvelle étape pour l'égalité est engagée. C'est le choix des citoyens aux élections présidentielle et législative ». Ainsi les choses sont claires, le silence tant reproché au gouvernement vient d’être rompu. Ce ne sont pas les ecclésiastiques ou les responsables religieux qui gouvernent la France.

Des attaques de la part de la droite

Dans une longue interview accordée à l’hebdomadaire d’extrême-droite « Minute », sorti en kiosque hier, Philippe Meunier, député UMP de la 13e circonscription du Rhône, passe en revue tous les projets gouvernementaux : Roms, insécurité, immigration et mariage homosexuel… A propos du mariage pour les couples de même sexe, le parlementaire déclare : « "j'en appelle à tous les Français pour qu’ils se mobilisent contre ce projet, car nous avons un exemple à donner à nos descendants ! J’en appelle aussi à tous les maires et élus, car ils ne doivent pas oublier qu’un jour, ils risquent d’être obligés de consacrer de telles unions ». Et il poursuit : « il n’y a pas de débat à avoir ! Le mariage, c’est un homme, une femme, dans le but de constituer la cellule de base de la société et d’assurer la reproduction de la population. C’est un acte civil, le corps social n’a pas à reconnaître l’amour, sentiment tout à fait privé. Le mariage homosexuel ne présente pas d’atout pour la société. C’est un caprice de bobo égocentrique – sachant qu’heureusement, nombre d’homosexuels responsables sont opposés à ce simulacre ». Le député précise que c’est également la position de Jean-François Copé et que c’est pour cette raison qu’il le soutient dans la course à la présidence de l’UMP. Belle leçon de démocratie de la part d’un élu de la République !

Petit florilège de réactions des élus de droite : « Moi, je ne voterai jamais le mariage gay. On a des sujets autrement plus importants pour la France » (Claude Goasguen, UMP Paris). « Cela va bien plus loin que le mariage homosexuel. A titre personnel, j'ai besoin de prendre beaucoup d'avis et d'essayer d'avoir plus de recul par rapport à tout ça. C'est un problème d'éthique » (David Douillet, UMP Yvelines). « Une dérive qui va dénaturer la valeur sociétale du mariage » (Patrick Ollier, UMP Hauts-de-Seine). « J'ai toujours dit que j'étais hostile à l'adoption. Comme le projet de loi du gouvernement part sur l'adoption, je voterai contre » (Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République). « La question qui m'intéresse, ce n'est pas les mêmes droits aux parents, c'est comment on donne le meilleur cadre aux enfants. Et je trouve que cette question n'est absolument pas abordée » (Laurent Wauquiez, UMP Haute-Loire).

De son côté, l’Union nationale inter-universitaire (UNI), fédération d'étudiants et de professeurs se revendiquant de « droite populaire », proche de l’UMP, a lancé hier une pétition « contre le mariage et l’adoption homosexuels ». L’UNI souhaite dénoncer la volonté du gouvernement de « faire adopter à marche forcée le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale espérant ainsi détourner l’attention des Français des questions économiques et sociales ». Selon la fédération universitaire « le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale auront de telles conséquences sur notre société que l’on ne peut traiter cette question à la légère et accepter que le débat autour de cette question soit confisqué ». Comme pour lutter contre le PACS, en 1999, l’UNI prévoit une série de tractage et d’affichage dans les prochaines semaines, juste avant la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, le 24 octobre. L’UNI semble également avoir la mémoire courte. Le débat sur la question du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe a déjà eu lieu. Et à deux reprises : lors de l’élection présidentielle, puis lors des législatives. Les Français ont voté en toute connaissance de cause. L’engagement 31 de François Hollande était clair : « J’ouvrirai le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. » Quant à la situation économique de notre pays, elle est le fruit de dix années de gestion des affaires par l’UMP dont l’UNI en est proche…

« Désobéissance civile »  pour les maires réfractaires ?

Les maires ne seront pas autorisés à refuser de célébrer les mariages entre deux personnes du même sexe une fois le texte voté. « Les maires sont des officiers publics qui représentent l'État lorsqu'ils célèbrent un mariage, c'est une mission dont ils sont très fiers. Nous sommes dans un État de droit, le Code civil va être modifié, il s'impose à tous, y compris aux maires. Il ne sera pas inscrit dans la loi qu'ils puissent se soustraire au Code civil » avait déjà précisé Chrisiane Taubira, ministre de la Justice.

L’élu qui refusera d'appliquer la loi s'exposera à des poursuites pénales, qui pourront aller de la suspension temporaire à des sanctions beaucoup plus importantes comme la destitution, ainsi que l’inéligibilité.

« Refuser de marier deux gays ou deux lesbiennes, ce serait comme refuser de marier deux Noirs uniquement parce qu'ils sont noirs, par exemple, c'est une infraction pénale », a souligné l’avocate Caroline Mécary.

La procréation médicale assistée sera-t-elle autorisée ?

Lors de la présentation du pré-projet de loi, Christiane Taubira avait écarté le recours à la procréation médicale assistée (PMA). De nombreuses associations LGBT ont été surprises lors de cette annonce. François Hollande y était favorable lorsqu'il était candidat.

Dans un communiqué mercredi, le Parti Communiste Français dirigé par Pierre Laurent se réjouit « du respect de cette promesse de campagne du candidat Hollande. Cette égalité des droits à s’aimer et à fonder une famille, reconnue par la République, avait été fermement revendiquée lors de la campagne du Front de Gauche ».

« Pourtant, cette égalité s’annonce bien incomplète », ajoutent les communistes. « Christiane Taubira, ministre de la Justice, s’est prononcée contre l’accès à la procréation médicalement assistée. Aucun progrès n’est annoncé non plus concernant un droit simple à la filiation pour le/la conjoint-e, comme cela existe dans les couples hétérosexuels avec la présomption de paternité ».

Pour le PCF, « il n’existe pas en République de citoyens plus égaux que d’autres, en particulier en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre ». Il rappelle des propositions de lois de Marie-George Buffet, ex-numéro un communiste, « redéposées à l’Assemblée en juillet, et qui incluent le droit à la PMA pour les couples de femmes et la facilitation du droit à la filiation ».

Il y a encore beaucoup de travail autour du projet de loi pour le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Mais la loi sera votée, cela ne fait aucun doute face à toutes ces nouvelles informations. La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, pourra être un exemple dont de nombreux pourront suivre. Mêmes devoirs, Mêmes droits...




par Giuseppe Di Bella (son site) vendredi 21 septembre 2012 - 41 réactions
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  • Par Romain Desbois (---.---.---.43) 22 septembre 2012 11:55

    Hervé

    Oui il y a incohérence . Soit on autorise le mariage et l’adoption homo et l’on interdit les corridas pour les mêmes raisons, soit on interdit le mariage et l’adoption homos et on autorise les corridas au nom de la tradition.

    La nature quand ca nous arrange, comme si la sexualité était encore basée sur la nature !
    Comme si manger avec des couverts , cuire ses aliments, se raser, s’habiller, était naturel !

    On confond souvent naturel et culturel, dans les deux sens d’ailleurs.

  • Par L’Ankou (---.---.---.218) 21 septembre 2012 17:11

    —>Merci pour cette information. A chaud, quelques prises de note :

    - Certains responsables religieux réclament un référendum.
    Ils ne sont pas les seuls. L’opposition aussi. Réclamer un référendum quand on n’a pas la majorité, c’est une façon de conteser la légitimité démocratique de nos élus. C’est refuser d’avoir perdu les élections. S’agissant des pouvoirs religieux, c’est refusé d’avoir perdu un rôle politique. C’est refuser la laïcité c’est démontrer que les crocs du pouvoir spirituel aspirent encore à se planter dans la viande séculière.

    Il se trouve que le mariage civil coexiste avec un mariage religieux. Que les autorités spirituelles se mêlent donc de régenter le leur et laissent à l’Etat le sien. La loi n’obligera pas un curé à bénir une union homosexuelle, de même qu’elle ne se mêle pas des discriminations que pratiquent les curés quand leurs ouailles prétendent divorcer et se remarier. On attend au moins la réciproque dans le respect des pouvoirs de chacun.

    - sur les déclarations outrancières qu’on peut lire dans Minute, « il n’y a pas de débat à avoir ! » Au moins, ça ne laisse aucune ambiguité sur la conception que ce locuteur a de la démocratie. « Le mariage, c’est un homme, une femme, dans le but de constituer la cellule de base de la société et d’assurer la reproduction de la population. » Vu le nombre de célibataires, d’unions libres, de parents isolés, de familles décomposées et recomposées, il y a belle lurette que « un homme, une femme » ne constituent plus la cellule institutionnelle de base. Vu le nombre de naissances hors mariage, la reproduction de la population a démontré qu’elle pouvait également se passer du mariage.

    - « le corps social n’a pas à reconnaître l’amour, sentiment tout à fait privé. » On est bien d’accord. On ne s’offusquera donc pas si des couples homosexuels se marient par intérêt. La sanctuarisation de la sphère privée est donc la même que pour les couples de sexes différents.

    - « Le mariage homosexuel ne présente pas d’atout pour la société. » J’en vois aussi peu au mariage hétérosexuel. Îl existe pourtant. Pourquoi ? Les causes sont multiples, mais je n’en citerai qu’une : le mariage élatrgit les possibilités de recouvrement pour les créanciers du couple. Pourquoi vouloir priver de droit les créancierd d’en couple homosexuel ?

    - « C’est un caprice de bobo égocentrique ». Ah, ces salauds de bobos excentriques ! J’en connais même qui épousent des personnes de sexe opposés ! Que fait l’Etat, bon sang ?

    – « heureusement, nombre d’homosexuels responsables sont opposés à ce simulacre ». Personne ne les force à s’épouser ! C’est la définition d’une liberté : c’est un choix individuel qu’on peut faire ou non. Je comprends que ce député ait un peu de mal le concept de Liberté...

    - « le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale auront de telles conséquences sur notre société que l’on ne peut traiter cette question à la légère et accepter que le débat autour de cette question soit confisqué ». C’est marrant, ça : en quelques décénies, Internet a fait sa révolution. Le savoir est disponible en permanence. Les gens sont reliés entre eux par des smartphones. La musique, la culture et les idées se diffusent instantanément. Nos téléphones prennent des photos, filment, nous disentt ou nous sommes et comment aller où l’on veut... Ca a des impacts sur les choiix de consommation, la répartition des rôles dans l’entreprise, le marché de la cculture, la diffusion des idées, la façon dont on organise les luttes sociales... En voilà une évolution qui a des conséquences énormes sur la société. Je ne me rappelle pas qu’il y ait eu un débat ou un référendum là dessus...

    On est dans le cadre d’une liberté. Que pase la loi : elle ne présage pas des choix des intéressés : s’ils profitent de la liberté, la société évoluera. Sinon, les fantasmes d’évolution sociétale catastrophique resteront au placard, avec, je l’espère, les agitateurs qui les auront émises gratuitement.

    De la même manière, s’il y a des maires à qui ça troue le c... que ça dérange de marier deux hommes ou deux femmes, ils ont toujours la liberté de démissionner et de laisser leur place à plus républicains qu’eux. Les maires ont aussi des libertés qu’ils peuvent assumer.

    Bien à vous,
    L’Ankoù

  • Par Romain Desbois (---.---.---.43) 22 septembre 2012 11:47

    Personne ne vous obligera de vous marier avec une personne du même sexe que le vôtre !

    Une homme est différent d’une femme et pourtant personne trouve aberrant qu’ils aient le droit de se marier ensemble.

  • Par Romain Desbois (---.---.---.43) 22 septembre 2012 11:42

    le débat public a lieu en ce moment, içi pour le bas peuple et ailleurs pour les institutionnels comme les religions, les assoc, les journaleux, la cour .

    Qu’il ait été plus judicieux de faire un référendum, je suis d’accord.

    Mais encore une fois , il fallait pour cela que nous votions pour des candidats qui proposaient le RIC ou le RIP .

    Faut-il accepter le choix des électeurs français et des abstentionnistes ? Même si on le regrette ?
    En tant que démocrate, je dirais oui !

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