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Accueil du site > Actualités > Société > Marseille, ses calanques, ses trafics

Marseille, ses calanques, ses trafics

Marseille, une ville communautaire

Quand je suis arrivé à Marseille en 2004 pour poursuivre mes études, j’ai trouvé une ville à la hauteur de sa réputation cosmopolite. C’est bien ce que je cherchais. En effet, étant d’origine espagnole, je me suis vite rendu compte que Marseille était la ville aux mille accents ; en commençant par les Marseillais eux-mêmes. Ici, chacun peut se fondre dans la foule métissée et y joindre son pigment, une sorte de patchwork participatif. Cependant, il serait illusoire de croire que tout va bien. Les ghettos sont bien identifiés et se forment aussi bien aux alentours du Prado sous forme de résidences fermées et sécurisées en pleine expansion, que dans les quartiers Nord où se retrouvent les plus démunis, ceux que l’on ne veut pas ailleurs. On cohabite, mais on ne vit pas ensemble. Les juifs, les Comoriens, les Maghrébins, les Italiens, les Corses, chacun dans son quartier, chacun avec son business.

 Le centre-ville de Marseille est en pleine gentrification. On rénove, on expulse les plus pauvres et on met des bobos qui peuvent payer. Le Panier est devenu chic et rappelle le quartier du Mistral de plus belle la vie ; image fabriquée d’un Marseille nostalgique où les embouteillages, les déchets et les barres d’immeubles n’existent pas.

Le trafic, une fatalité ?

Quand, on est étudiant et que l’on veut fumer un joint, tout le monde nous conseille d’aller s’approvisionner directement à la source : dans les quartiers. On m’a montré plusieurs points de vente, à la Castellane, à Fontvert, la Savine ou même dans le centre, vers Belsunce ou à la Belle de Mai. À Marseille, les points de vente sont nombreux et ils sont fixes. Pendant des années, pour m’approvisionner, je me suis rendu dans le quartier de la Castellane, cher à Zidane. Il n’y a aucun problème de sécurité, car il ne faut pas effrayer le chaland. Beaucoup de guetteurs qui m’indiquent le chemin au cas où je serais nouveau. Derrière un immeuble, dans un cul-de-sac, se trouve le dealer. Souvent le visage dissimulé derrière une casquette, une capuche , parfois pas. On commence par faire la queue. Oui, il y a la queue. Chacun son tour, comme à la Caf. Le dealer est là, avec son sac à dos ouvert, rempli de tout ce que tu pourrais avoir besoin. On se salue, par politesse, on choisit la qualité de son  shit (le bon, le commercial, l’olive) ou  d’herbe, la quantité, on paye et on s’en va. Le type te rappelle ses horaires : c’est du 11/11 ou du 12/12, comprenez 11h00-23h00 ou midi-minuit, 7 jours sur 7 évidemment. Effectivement, il m’est arrivé d’y aller un mardi soir, ou un dimanche midi et chaque fois, il y avait au même endroit un type, avec ce même sac a dos.

Ces points de vente il y en aurait au moins 80 dans toute la ville. Il y a parfois des queues allant jusqu’à 20 ou 30 personnes, dans la rue, sous le regard blasé des parents qui ramènent leurs enfants de l’école, ou qui discutent entre voisins dans la rue. Tout le monde sait ce qu’il se passe, mais une certaine fatalité s’est installée. N’importe qui à Marseille sait où ce trouve ces lieux. Parfois en prenant le TER pour aller a Aix en Provence, je voyais ces types, le sac à dos posé, en train d’attendre les clients, il était midi, la journée commençait. Imaginer une file de 25 personnes, une transaction qui prend environ 30 secondes à une minute et un budget moyen de 30 euros par personne. Lorsque le vendredi soir il y avait une rupture de stock, il fallait attendre une dizaine de minutes pour que le type de réapprovisionne ; et tout repartait.

Lorsque les banlieues ont brulé en 2005, à Marseille il y a eu que peu de protestation, pourquoi ? Pour ne pas casser le business. Si les voitures brulent, les clients fuient. Enfermés dans un ghetto à 45 minutes en bus du centre-ville, sans police (je n’ai jamais croisé un policier là-bas), les riverains se sentent abandonnés et cohabitent avec ce trafic qui parfois conduit à des drames. Pourquoi laisse-t-on faire à Marseille ? Pour entretenir une paix sociale ? Pour se féliciter que les banlieues ne brulent pas ?

Il faut attendre un drame, pour s’interroger. À Marseille on connait les trafics, le chiffre d’affaires d’un point de vente peut aller jusqu’à 5000 euros par heure. Un point de vente se négocierait autour d’un million d’euros. Mais pendant ce temps, M. Gaudin laisse couler tranquillement son mandat sans faire de vague et M. Hortefeux fait des contrôles routiers sur le Prado alors que là-bas on ne vend pas de shit. Il a trouvé une kalachnikov, combien en auraient ils trouvé s’il avait été à la Sabine, aux Cayolle ou à la Castellane ?

Il semblerait que derrière ce chaos apparent qui caractérise Marseille, il y aurait une forme complexe d’organisation où le trafic permettrait de supplanter les aides sociales et le chômage particulièrement fort dans ces zones, sinon comment est-il possible qu’il n’y a pas de policiers dans des zones où vivent des milliers de personnes ?  Ce fragile équilibre contre nature s’est rompu depuis deux ans et le début d’une guerre des clans que suscite un commerce juteux et jusqu’ici plutôt tranquille.

Cependant, quand on voit comment les éboueurs ont gagné la guerre contre la mairie en maintenant le « fini-pari », spécialité marseillaise, contre l’intérêt général, on se demande bien comment la mairie va pouvoir gérer ce trafic, devenu incontrôlable et multiforme, en pleine crise économique.


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32 réactions à cet article    


  • juluch 24 novembre 2010 11:40

    « fini-pari », c’est fini-partit exactement !! lol !!


    Pas mal votre article Samuel Roth....
    Malheureusement Marseille est à l’image du reste de la France et de ses grandes agglomérations....

    Vous parlez de 80 lieux de ventes dans toute la ville ?? Vous êtes loin du compte....

    Pour les contrôles ces temps ci, y compris à la Rose (ou il y a eu le drame), c’est de la poudre aux yeux...

    La police a toujours laissée les voyous s’entre-tuer entre eux......sauf il y a quelques jours, vu que les victimes étaient mineurs....ça choque ! Mais c’est pas nouveau !!

    le Préfet brandissant à main nue une Kalash est assez drôle !! Du cinéma !!

    Il y a que des mesures d’exceptions qui peuvent faire cesser les trafics et les règlements de comptes.....quel est le gouvernements qui serait prêt à passer le pas ??

    Marseille est à part en France pour les violences.... particulièrement, comme vous le souligner pour les émeutes de 2005.
    A Marseille les véhicules brûlées ont été rares.....ça aurait gêné le business !

    D’ailleurs, les vendeurs de shit chasses les minots qui font les cons sur les lieux de trafics...

    Quand c’est calme, les gens s’en moque, par contre quand il y a des désordres les gens se plaignent et les condés font des descentes et embarquent pour quelques heures tous ce jolie monde....

    Se qui est triste, c’est le « laisser faire » qui dure depuis des années mais, c’est pas qu’a Marseille suffit de voir dans les autres grandes villes !!

    Pour finir, nos racailles sont différentes de celles des banlieue Parisiennes....

    Quand le 93 vient l’été sur Marseille il y a plus de violences....tous le monde l’a constaté.
    Je cite Marseille comme je dirai Nice, Hyères, etc.



    • gtherm gtherm 24 novembre 2010 13:40

      Vous avez raisons sur beaucoup de points. La seule mesure d’exception qui pourrait juguler le traffic c’est la légalisation. Toute autre type de « mesure d’exception » déchaînera une violence insoupçonnée.


    • juluch 24 novembre 2010 14:08

      je pense pas Gtherm....


      A la violence des voyous faut répondre par la terreur de la loi et de son bras armé !!

      C’est violent comme écrit je le reconnais mais, il y a plus que cette méthode pour éradiquer les « bandes », les trafiquants et autres.....nuisibles....

      Des mesures d’exceptions, l’État d’urgence peuvent venir à bout de cette délinquance à l’Américaine....

      Il y aura de la casse, surement, mais ça serait terminé.

      Se que veulent les gens c’est la fin de cette violence, cette insécurité dans les villes, ces citées ghettos ou la Police ne veut plus rentrer...

      L’évènement de Marseille en est un triste exemple.....

      Les parents qui ne jouent plus leur rôle et un Etat qui par peur des élections refusent d’employer les méthodes qui mettrait fin à toute cette m** !!

      On est trop imprégné de droits de l’hommes, de lois mal appliquées, de politiques timorés, de politiquement correct, d’associations qui sont toujours contre !

      Finalement se sont les voyous qui en profitent au détriments des victimes.

      ces victimes bien souvent oubliées !!!!

    • gtherm gtherm 24 novembre 2010 14:24

      Tant qu’il y aura de la demande, il y aura de l’offre.

      Vos « mesures d’exception » n’y changerons rien.

      Dans les années 30 aux Us, on entendait les mêmes raisonnements (il faut être dur avec le crime"). Si bien qu’à la fin il fallut bien légaliser l’alcool pour éviter la guerre civile. Entre temps il y eut beaucoup de morts.

      Ces derniers temps on a beaucoup entendu parler de Karcher. Pour quels résultats ? Pchiiiit...

    • juluch 24 novembre 2010 14:59

      pchiiit !! c’est le mot qui convient en effet !! mdr !!


      Les candidats ne respectent jamais leur parole.....

      Mais, nous ne sommes plus dans les années 30 avec la prohibition américaine.

      la drogue est différente de l’alcool....
      se serait comme interdire le vin en France....pas possible !

      La drogue même légale ne changerait pas le trafic
      Il y a bien un trafic de cigarettes qui sévit à Marseille, alors que l’on trouve les paquets dans les débits de tabac.
      Se serait pareil avec la drogue...
      Les trafics et les mort par règlements de compte seraient toujours d’actualité....

    • gtherm gtherm 24 novembre 2010 15:22

      Nous sommes dans les années 2010 je suis au courant merci bien. La « guerre contre la drogue » est en place depuis quoi ? 40 ans ? Trop longtemps si vous voulez mon avis.

      Et pour quels résultats ? Une augmentation régulière et constante du marché que ce soit chanvre ou cocaine, LSD ou extasy.

      L’alcool est bien une drogue. L’alcool en est une très puissante, très dangereuse, très addictive quoique vous en pensiez. 

      Plusieurs membres de ma famille on étés ou sont dépendants de l’alcool et je ne parle même pas des proches ou amis. Aucun n’a jamais été dépendant au chanvre. Si on interdit le chanvre alors il faut interdire le vin. Effectivement c’est impossible. 

      Oui il y a du traffic de cigarettes (et il est encouragé par les prix artificiellement rendus prohibitifs -tiens on y reviens- par les une taxation exagérée) . Oui il y a la contrebande d’alcool. Oui il y aussi le travail « au noir ». Pourtant toutes ces activités ont leur pendant légal. Oui mais ces fraudes ne sont pas aussi massives quelles le seraient si le travail ou l’alcool, la cigarette étaient interdits. Et si on interdisait l’alcool ? Vous le savez bien que ça créerait un traffic monstrueux.

      Il y aura toujours des traffics. Mais légaliser ce marché en tarirait une majeure partie. 

    • Redj Redj 24 novembre 2010 16:33

      Je suis d’accord avec gtherm, et je suis aussi pour la légalisation :

      • cela permettrait de couper l’herbe sous le pied de l’économie souterraine, de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’état ;
      • d’assurer aux consommateurs la qualité de ce qu’ils veulent consommer.
      • de sortir des prisons les gens qui y sont pour traffic de cannabis, et de faire de la place pour les autres délinquants beaucoup plus dangereux.
      • de tordre le coup à l’idée reçue de l’escalade vers les autres drogues.
      Alors oui, il y aura surement quelques petits problèmes à la marge, mais lorsque je vois le nombre d’alcoolique en France et la mansuétude avec laquelle sont traités les alcooliers, il y a quand même 2 poids 2 mesures.

      Et lorsqu’on connait un peu l’histoire de l’interdiction du chanvre, il y a de quoi rire jaune.

    • juluch 24 novembre 2010 16:39

      L’alcool est addictif aussi je dit pas le contraire naturellement....


      j’ai aussi eu des proches dépendants...

      Le shit (chanvre si on parle de la même chose) est aussi addictif quand on en consomme régulièrement...

      Quoiqu’en dise certains !!

      Le trafic de drogue même légalisé existera toujours mais moindre, surtout si les trafiquant savent qu’ils risquent cher !

      Des armes de guerres pour regler ses comptes dans la ville n’est pas concevables et appelle à la fermeté et des mesures d’exceptions pour y mettre un terme.



    • Redj Redj 24 novembre 2010 17:28

      Peut-être que le trafic ne s’arrêterait pas, mais au moins cela assecherait pas mal de réseau. Et puis, imaginez un peu le temps dégagé pour les forces de l’ordre libres d’enquêter sur d’autres faits plus graves (trafic d’armes, corruption, mafia ). Au lieu de ça, on leur demande de faire du chiffre en arrêtant le moindre petit consommateur sans aucune appréciation, et je crois que nos pandores en ont un peu marre de ça.


    • ddacoudre ddacoudre 25 novembre 2010 00:36

      bonjour juluch

      l’action policière est utile mais n’est pas la solution de fond, il ne peut y avoir de solution durable si l’on ne s’interroge pas sur les raison de l’existence et l’embellit de ce trafic.
      l’utilisation médiatique pour campagne électorale ou pour exemple d’efficacité policière ne sont que du spectacle.

      le contrôle interne des citoyens ne s’exerce bien que dans une situation d’équité et de surface spatiale évitant la concentration humaine.
      tout le contraire de ce que développe cette société.

      elle peut faire les campagnes de sensibilisation qu’elle veut, si elle développe les maux qui conduisent à ces usages, les effets seront minimes et certaines cités ressembleront à des camps de concentration.

      toutes les étude démontre que économiquement la libéralisation des drogues sous contrôle de distribution seraient plus efficace que toutes répressions qui ne fait que changer les dealers et les lieux de distribution.
      mais voilà notre morale et un obstacle rigide, pourtant ce qui ont pu légaliser l’IVG on eu un obstacle encore plus grand.

      mais si c’était aujourd’hui cela ne passerait plus, comme la suppression de la peine de mort.

      alors peut-être serait -il bon de s’interroger pour quelles raisons le seuil de tolérance et d’acceptation est devenu aussi bas et frileux, et transforme en drame et en victimisation toutes difficultés que rencontre les hommes depuis des millénaires et qui sont toujours les mêmes, et qui ont régressé.

      la réponse est assez facile, l’exemple de cet homme de 16 ans en est l’exemple, il y a des lieux ou l’on devient plus rapidement adulte que dans d’autres, et quand à cet âge là l’on nourri sa famille comme l’évoque l’article, même si ce n’était peut-être pas le cas de la victime, c’est que ce n’est pas seulement une affaire de délinquance débile ou désœuvrée.

      cordialement.


    • Marina Suárez 24 novembre 2010 11:42

      Marseille, ville de contrastes, ville des guettos, à l´arraché, à l´abandonne du temps. Entre la misère et les éclats de faux bijoux, il faut survivre...
      Très bon article. Je vous félicite !


      • Massaliote 24 novembre 2010 13:48

        Pour les ghettos abandonnés, je peux témoigner, ayant entendu assez de personnes « discriminées ». Ceux-ci sont créés par ceux qui en vivent. Ils chassent de leur territoire tous ceux qui n’appartiennent pas à leur « culture ». Quand le terrain est « nettoyé » le trafic prend ses aises. Les seules « faces-de-craie » tolérées sont les clients. S’accrocher pour survivre en milieu hostile rebute la plupart des gens.


      • Massaliote 24 novembre 2010 12:49

        « le trafic permettrait de supplanter les aides sociales et le chômage particulièrement fort »
         smiley smiley smiley Le trafic permet de « s’en mettre plein les poches », l’argument misérabiliste-de-gôche est à ranger aux oubliettes.

        Marseille a jusqu’à présent été épargnée par les émeutes grâce à une spécificité. C’est une « confédération » de villages (111), chaque quartier regroupé autour (et souvent ayant le nom) de son église (Sainte Marthe, Saint Laurent, Saint Barthelemy, etc.... Spécificité bientôt éradiquée par l’urbanisation sauvage et l’édification de « grands ensembles ».

        Marseille 26 siècles d’existence mais peu de vestiges d’un passé riche et mouvementé. Les marchands y ont toujours fait la loi, détruisant l’ancien avec un seul objectif le profit. J’ai entendu une rumeur tenace faisant état d’une épave antique découverte sur le site d’un hippodrome rénové et aussitôt réenfouie... J’espère que c’est faux. Le veau d’or est toujours debout et à Marseille plus qu’ailleurs.

        Des projets sont à l’étude prévoyant des buildings... Un « artiste » avait décidé d’implanter sur le massif de l’Etoile, dans le domaine de reproduction des faucons crécerelles, le nom de la ville en lettres géantes pour faire « comme à Hollywood ». Devant le tollé, la mairie n’a pas donné son accord.... Le cauchemar à la sauce américaine prend forme. Marseille y perdra son âme. Bonne Mère, veillez sur vos minots.


        • gtherm gtherm 24 novembre 2010 13:33

           Vous focalisez sur les quartiers, les cités (et les immigrés) ou l’on se bat pour vivre au jour le jour. Le traffic est pourtant partout.


        • thomthom 24 novembre 2010 13:27

          si les gens n’achetaient pas, il n’y aurait pas de trafic... c’est aussi simple que cela. Les consommateurs ont largement leur part de responsabilité.


          • gtherm gtherm 24 novembre 2010 13:29

            Bon article mais il est illusoire de croire que cela ne se passe qu’à Marseille. En vérité toutes les grandes villes de France sont concernés. C’est pareil à Paris, à Lyon, bordeaux, Nantes etc.

            Moi même consommateur, je vous affirme pour l’avoir vu, qu’autour de toutes les grandes villes on trouve ces ghettos, abandonnés à eux-mêmes. La prohibition d’aujourd’hui a les mêmes effets délétères que celle des années 30 aux US. Même constats, mêmes dérives, mêmes résultats. Mêmes phénomènes de corruption, mêmes mitraillettes qui ressortent des caves, quelques nouveautés toutefois : les dealers d’aujourd’hui sont aussi équipés de tasers (véridique, j’en témoigne, je n’ai pas encore vu de Flashballs mais je ne doute pas que cela ne saurait tarder). Les Français et en particulier leurs dirigeants s’obstinent à ne pas voir que l’interdiction en particulier du chanvre (car consommé en masse) à crée un marché souterrain énorme. L’ignorer et penser le régler par la répression est une injure à l’intelligence.

            • spoutnik 24 novembre 2010 13:37

              Encore un de ces témoignages grotesques générés par la pensée unique bobo toujours plus évaporée : ces pathétiques bisounours sont incapables d’imaginer un seul instant qu’il n’y aurait pas de trafic de drogue s’il n’y avait pas de consommateurs. L’auteur de ce post pousse l’hypocrisie jusqu’à la nausée en dénonçant un trafic dont il fut, en tant que consommateur, le principal prescripteur, ce qui jette un discrédit définitif sur son très comique « mais que fait la police ? » final. Cela me rappelle une émission d’Apostrophes datant d’au moins 20 ans : Pivot avait invité un ancien taulard qui, à sa sortie de prison (qu’il avait fréquentée plus longtemps dans toute sa vie que l’air libre), avait commis un livre de « souvenirs », et qui s’entendait questionner sur la culpabilité résiduelle que pouvait éprouver un malfrat qui, bien que clamant n’avoir jamais tué qu’en légitime défense, avait probablement pas mal de morts sur la conscience en raison du trafic de drogue auquel il s’était livré avec persistance. Le brave Pivot ne s’était pas attendu à prendre un revers lifté de fond de cours de toute beauté, l’« accusé » ayant instantanément rétorqué que non, il n’avait aucun remords, parce que sa clientèle n’était évidemment pas composée de gens modestes, qui ne peuvent de toute façon pas se permettre un budget drogue approprié, mais bien de gens aisés, des « beaux quartiers », qui savent parfaitement ce qu’ils font, l’assument et surtout en ont les moyens. Ce soir-là, le mythe du consommateur forcément victime en avait pris un sale coup...


              • Samuel Roth Samuel Roth 24 novembre 2010 16:18

                cher spoutnik,
                il est parfaitement illusoire de croire que l’on peut éliminer les consommateurs ; c’est pourtant ce qu’essaye de faire tous les pays depuis 40 ans. Vous seul , semblez croire à cette utopie repressive. Ce que je denonce c’est l’hypocrisie politique qui laisse faire ce trafic, toute l’année et s’etonne quand il y a des morts. Il y aura toujours des consommateurs, j’assume mon statut. Ce qui permet le trafic c’est l’illegalité du produit. En democratie , on n’interdit pas les vices, on les rentabilisent.


              • dupont dupont 24 novembre 2010 13:39

                Samuel qui s’interroge sur le fait qu’il y ait des dealers à Marseille alors qu’il les recherche pour pratiquer sa fumette à 30 euros en moyenne...
                1/ si vous vous interrogez trop lontemps, on va vous supprimer votre bourse d’étudiant (problème de niveau).
                2/ le montant des bourses est jugé insuffisant par l’UNEF notamment. Pour faire une demande de réévaluation motivée, pouvez-vous leur indiquer le budget « fumette » mensuel à ajouter aux autres postes de dépense car il faut rester crédible et ne pas demander n’importe quoi.

                 


                • Samuel Roth Samuel Roth 24 novembre 2010 16:24

                  Je ne m’etonne pas qu’il y ai des dealers a Marseille, je raconte ce que j’ai vecu et je denonce l’hypocrisie qui va avec. Vous en profiter pour faire une propagande politique sans aucun lien avec l’article. Vous ne savez pas si je suis boursier ou pas....votre desirs de me mettre une etiquette en dis long sur vos prejugés. En ce qui concerne le niveau des bourses, pourquoi ne pas prendre en compte les drogues legales : l’alcool (beaucoup plus repandu chez les etudiants que le petard), les medicaments, le tabac, etc....dont vous etes peut etre vous meme friand.


                  • dupont dupont 24 novembre 2010 18:55

                    Pas friand de tout ça, à part le jus de la treille en quantité limitée. Le tabac c’est fini : après avoir été accro un paquet d’années, débarrassé. Maintenant, je ne fais pas de propagande politique mais je découvre le prix de la fumette : 30 Euros ! Ca en fait des repas au CROUS ! Donc si l’usage est si répandu en milieu étudiant les revendications devraient porter en priorité sur le prix du joint et non pas sur celui des loyers : c’est tout ce que je voulais dire.
                    Quant à vous dénoncer l’hypocrisie des autres, c’est bien, mais la vôtre ? Vous n’avez pas l’impression que vous y êtes pour quelque chose dans le développement de ce trafic ?


                  • gtherm gtherm 24 novembre 2010 16:30

                    On en est à tel point de confusion que des choses comme ça arrivent : 

                    « Les policiers de l’hôtel de police de Noailles (1er) ont dû croire à une farce lorsqu’un jeune homme est venu déposer plainte pour vol de cocaïne. Le plus sérieusement du monde, il a expliqué être dealer et s’être fait rouler par un client qui ne lui avait pas payé la marchandise. 

                    Le problème, c’est que vendre de la drogue est interdit... et que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Alors le dealer volé a non seulement été privé de cocaïne mais sera aussi convoqué prochainement devant le tribunal... »


                    Et si on interdisait le traffic et qu’on faisait la guerre aux dealers ? Vaste blague ...

                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 novembre 2010 18:03

                      Bonjour Samuel,

                      «  le chiffre d’affaires d’un point de vente peut aller jusqu’à 5000 euros par heure. » a 30 de moyenne, ça fait 166 clients. Question : sont y pas idiots incultes ou feignants ces 166 gens qui ont même pas idée que cette plante pousse dans la terre, qu’elle est ultra rustique et que avec une seule belle tête d’herbe à graine, tu peux faire pousser deux kilos de têtes et feuilles l’année suivante. Perso, tu vas à Luminy au bout du parking tu monte jusqu’au coteau à la vue des Baumettes, et là tu longes la crête à droite comme à gauche, en plein mois de novembre après la première gelée nocturne, tu as un plant magnifique tous les cent mètres qui a pris parfaitement. Il y a deux façons de semer, une canne tube fine à la main pour faire le trou dans l’endroit jugé fertile, glisser deux graines puis refermer et aplatir un peu, ou balancer à l’aveuglette la veille d’un jour de pluie. On en est là pour la bonne raison que les autorités courent plus vite après celui qui fait pousser un plant dans son jardin, sur son balcon, voire dans son grenier sous uv. Car en effet, si chacun plante un pied, non seulement c’est la mort du deal, mais aussi du tabac et des médocs... la mort des dealers légaux ou pas...la fin du deal soutenu par les autorités passives et irresponsables.

                      Franchement, sheet quoi ! les multinationales ne fleurissent que parce qu’il y a assez de clients stupides pour les engraisser. Elles sont tellement riches, qu’elles peuvent arroser les politiques de fraiche et de filles pour qu’ils ferment les yeux et légalisent... la prohibition. Allez bougez vous le cul un peu les marseillais elle est si belle votre campagne environnante, faites le à la Jean Giono. A tuitre récréatif, un plant / un an. sheet alors !


                      • gtherm gtherm 24 novembre 2010 19:33

                        Autant dire que vous incitez carrément les gens à risquer une peine de prison (aux baumettes bien sur...) pour production au lieu d’une amende et tout le tintouin prévu avec pour simple consommation personnelle ?


                        C’est vrai qu’elles seraient peut être moins arides les calanques repeintes en vert smiley

                      • diego149 diego149 24 novembre 2010 18:45

                        Juluch je serais assez d’accord sur le principe des mesures d’exceptions. Sauf que ça ne marche pas. Ici nous avons « la mano negra » qui se charge d’éliminer les voyous . Mais ça n’empêche pas le trafic. La criminalité est toujours aussi importante. Donc quoi faire ?


                        • juluch 24 novembre 2010 19:24

                          le trafic serait très ralentit, c’est sur qu’il disparaîtrait pas complètement.


                          Les chinois règlent le problème de la drogue et les trafiquants en les ..... tuant tous simplement !

                          Ça peu révolter les bien pensant du politiquement correct.....mais ça serait efficace !

                          Les politiques sont frileux et trop timoré vis à vis des électeurs.....

                        • FrenchGreg 24 novembre 2010 20:33

                          Soit les gouvernants n’ont pas la volonté de nettoyer ces quartiers au karscher.

                          Soit ils n’en ont pas les moyens financiers.

                          Dans les 2 cas, c’est grave.

                          • asterix asterix 24 novembre 2010 20:48

                            Le seul, le vrai, le gros problème, c’est la qualité du shitt vendu au marché noir. Du keitama moyen arrosé de henné légèrement huilé, de l’huile de moteur évidemment. On chauffe léger, on passe au rouleau à crêpes, on réchauffe, on compacte et on coupe en barrettes. Vingt pour cent de bénef supplémentaire et un produit de merde. C’est bien fait pour qui se laisse prendre et, en plus, cela donne mal de tête...

                            Le plus grave et je l’ai vu faire chez moi en Belgique dans les « quartiers » : l’hyper barrette pas chère. Super bon, de trop pour tout dire. L’aubaine. On peut même rêver d’en revendre aux copains, cela pète à tous les coups. Voyage garanti. Quinze jours, trois semaines, le palier, le trottoir, les plafonds se mettent à bouger. Putain, je suis mal dans ma peau, ouateux. J’commence à en avoir besoin de ce super Keitama.
                            Même recette que ci-dessus mais pas de henné. De l’héro !
                            L’appât est en place. ...Et le produit de devenir subitement bien plus cher. Le but ultime, une clientèle dorénavant fidélisée. Voilà les familles et l’environnement bons pour connaître l’enfer, cela se passe aussi près de chez vous.

                            L’herbe, c’est un peu moins grave. Une fois mûre, bien mûre, on la saupoudre d’eau sucrée, de coca ou même de plastifiant en bombes. Avec l’explosion de sous-espèces mises sur le marché, José Bovet et ses anti-OGM devraient y aller à la grande faucheuse. Silence ! Du THC à 25, cela n’existe pas dans la nature. Or, dans les meilleurs des cas, il frise aujourd’hui les 35. En attendant mieux ? Plus sélectif ?
                            Et les engrais alors ! Du poison.
                            C’est à l’Etat de s’occuper de la vente du shitt et de contrôler le circuit de A à Z parce qu’il s’agit d’un gros problème de santé publique d’abord !
                            Légaliser avec un contrôle strict des ventes en officines publiques créerait aussi plus de 100.000 emplois en France !
                             Un détail, vous dis-je.


                            • spoutnik 25 novembre 2010 00:45

                              Vous me lisez, je crois, encore plus mal que vous n’écrivez : je ne suis évidemment pas naïf au point de pouvoir espérer qu’un beau jour nos sociétés décadentes seront enfin exemptes de drogue, de dealers et de drogués. Il ne m’a pas échappé, croyez-le bien, que nous n’en prenons pas exactement le chemin. En outre, vous m’attribuez abusivement un penchant répressif qui n’est pas dans mon propos : il me semble assez évident que l’extermination de masse, le sevrage coercitif ou la simple déportation vers des camps de redressement sous encadrement militaire ne sont pas des solutions viables, si c’est cela qui vous inquiète ! Ce que je dénonce, moi, c’est l’hypocrisie de celui qui se réfugie derrière le nombre pour refuser d’admettre qu’il est un membre irréductible de l’équation de la drogue et de ses conséquences, et escamote sa responsabilité derrière l’alibi de l’illégalité du trafic. Cela est d’autant plus spécieux que la légalisation est, comme chacun sait, une utopie : légaliser, pourquoi pas, mais alors légaliser quoi ? La cocaïne, le crack, l’héroïne, le LSD, le crystal ? Parce que vous n’avez tout de même pas la naïveté de croire que vos seuls petits sachet d’herbes folles périodiques permettent à certains de vos fournisseurs tout juste pubères de s’offrir les BMW flambant neuves que je croise chaque jour dans ma bonne ville de Champigny-sur-Marne ? Pourquoi ne cessez-vous pas tout simplement de financer un trafic dont vous prétendez dénoncer les dérives ?


                              • Christoff_M Christoff_M 25 novembre 2010 10:29

                                N’oubliez pas que l’opération d’embellissement de certains quartiers du centre a été financée avec des fonds américains ... certaines rues entières appartiennent à des fonds !!

                                comme à Paris ou dans de nombreuses grandes villes européennes, ne vous étonnez pas ensuite d’expulsions organisées, du changement de population, d’une inflation « étrange » des prix et des impots, tout ceci avec la bienveillance de bons gros notables locaux style Gaudin...

                                ( Vous les reconnaissez qu’ils soient de droite ou de gauche, ils enflent à force de s’empiffrer dans les réunions parlottes de ce genre de grandes municipalités ou les appels d’offre sont des comédies mise en scène, avec amis et réseaux de notables invités aux banquets !!)

                                Quand aux trafics bien tolérés par une police bien briefée, qui a des consignes ( opérations médiatiques de temps en temps pour faire croire à une lutte féroce de l’état...)
                                il faut bien fournir aux nouveaux nantis qui s’installent dans les centres villes, sinon à leur rejetons la ou les drogues dont ils sont très friands !!

                                Tout ceci est un système très habile mis en place de main de maitre, ou chacun a sa place, à condition de bien connaitre les limites de ses plates bandes !!!

                                Que croyez vous que je voie en banlieue parisienne, des bons petits trafiquants de moins de trente ans qui roulent en berline haut de gamme allemande... qui rentrent de Paris la nuit et qui dorment la journée !! il y a même un type immatriculé en Roumanie, Audi très haut de gamme qui se gare carrément devant chez nous, lui aussi « travaillant » plutôt la nuit...

                                Alors les « contrôles » et le cinéma de façade quand les caméras sont la ou certaines associations d’activation du racisme en France pour protéger tous ces trafics, c’est bons pour les neuneus très peu pour moi !!

                                Imaginez qu’on ose ressortir les dossiers Clearstream et maintenant Karachi, les frégates de Taiwan, qui prouvent que nombreux de nos politiques se font graisser la patte depuis longtemps !!
                                Alors imaginez avec le trafic de la drogue dans ce pays ce que peuvent représenter les arrosages d’une certaine partie de l’autorité et de certains politiques pour qu’ils soient complaisants, se contentant d’arrêter « les petits » qu’on relâché quelques jours après...

                                Certains en viennent meme à parler d’équilibre ou d’argent vital pour une certaine tranche de la population !! qui a laissé s’instaurer ces trafics douteux et ses habitudes irrémédiables, le pouvoir des notables, l’UMPS qui n’en tire que des bénéfices, des gens qui ont leur « soma » comme dirait Huxley, font des sous hommes corvéables et orientables à merci...
                                Surtout si vous les traitez comme des malades et que vous rajoutez des pilules à leur drogue pour les assommer encore plus...

                                C’est pourtant ce que fait notre chère société « démocratique » française, mais la encore le lobby des industries pharmaceutiques a intérêt à avoir beaucoup de déphasés, de malades et de paumés, cela lui rapportent des milliards tous les jours !!! et la aussi il s’agit d’une mafia qui a montré avec l’affaire Bachelot, ses liens mafieux avec la classe politique...

                                Cette meme Bachelot qui après avoir jeté des dizaines de milliards par les fenêtres pour ses amis des laboratoires, propose sérieusement 150euros comme « cadeau » aux pauvres de ce pays...

                                « les cons ça ose tout » ce genre de personnes comme une partie du gouvernement de notables parvenus actuels, ils faudrait les passer par les armes avant qu’ils ne ruinent définitivement ce pays, qui n’a pas besoin d’amateurs, d’imbéciles heureux ou de petits « combinards » pour garder ce pays à flot et surtout le préserver de cette eradication de la pensée imposée par une mafia d’industriels et de lobbyistes grands bourgeois européens !!


                                • Massaliote 29 novembre 2010 17:16

                                  « Marseille, une ville communautaire » Marseille fut pendant des années l’exemple le plus parfait de l’intégration des immigrés. Elle devient un terrain fertile pour les communautarismes ethnico-religieux.


                                • Massaliote 29 novembre 2010 09:48

                                  Poubelle-la-ville : MerdeInMarseille.org 

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