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Accueil du site > Actualités > Société > Masculin/Féminin : la loi du genre partie V

Masculin/Féminin : la loi du genre partie V

Séminaire placé sous la direction de Françoise Héritier, anthropologue, Collège de France.

XX, XY, comment devient-on un homme ou une femme ? Qui gouverne la construction de notre identité sexuelle : nos gènes ? Nos hormones ? La société ? La famille ? ... Simone de Beauvoir avait-elle raison lorsqu’elle écrivait : « on ne naît pas femme, on le devient » ? Les hommes d’aujourd’hui ne s’interrogent-ils pas sur leur identité profonde ? Sauf accident, tout individu obéit aux lois de la génétique et de la physiologie qui créent, dans notre espèce, des mâles et des femelles. Mais au-delà, le regard de nos parents, de la société tout entière, nous façonne dans notre intimité. Et si la différence des sexes structure la pensée humaine, peut-on changer les rapports du masculin et du féminin ? Que disent désormais les sciences sociales, humaines et les sciences du vivant de cette construction ? Ce séminaire tentera de démêler les fils de notre masculinité et de notre féminité.

Partie V : "Qui fait le lit ? Qui part à la pêche ?"

Alain Testart, anthropologue, directeur de recherche au CNRS, membre du laboratoire d’anthropologie sociale, ancien ingénieur diplômé de l’Ecole des Mines.

La division sexuelle du travail (ou La femme et la chasse)

« Dans presque toutes les sociétés connues, les femmes ont été très généralement exclues de la chasse. Chez les chasseurs-cueilleurs (Aborigènes australiens, Bushmen du Kalahari, Eskimos, etc.), elles s’occupent essentiellement de la cueillette des végétaux. On a voulu expliquer cette répartition des tâches par l’incapacité des femmes à chasser, gênées qu’elles sont par leurs grossesses et les soins à donner aux enfants. Si toutefois on étudie de plus près les interdits qui empêchent les femmes de chasser, on s’aperçoit que la présence du sang (sang menstruel, sang du gibier) est au centre de ces interdits. Ils visent à éviter le contact entre des sangs d’origine différente. Apparaît alors toute une construction symbolique organisée autour du sang, qui régit la répartition des activités économiques entre les hommes et les femmes. En effet, loin d’être limitée à la chasse et à la cueillette, la division entre les sexes concerne l’ensemble du domaine économique et technique, chacun ayant ses propres outils et ses propres gestes techniques. »

Bertrand Deputte, docteur ès sciences, directeur de recherches au CNRS, professeur d’éthologie à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort.

Sexe et comportement chez les primates
« De nombreuses différences comportementales ont été rapportées entre les mâles et les femelles de diverses espèces de primates (entendre primates non humains). Mais observer ces différences ne permet de faire aucune prédiction sur l’origine de ces différences. Sont-elles d’origine génétique, déterminée plus ou moins directement par la possession ou non de 2 chromosomes X, ou d’origine culturelle ? La réponse à cette question appartient au seul domaine expérimental. Cette constatation implique qu’une telle réponse ne peut être obtenue que sur un petit nombre d’espèces, notamment chez les primates. De telles études ont été menées chez des macaques rhésus. Elles ont consisté, notamment, à explorer, au cours du développement post-natal, les effets, sur le comportement, d’une modification de l’environnement hormonal prénatal de femelles. Les différences qui peuvent être alors attribuées au fait d’être mâle ou femelle appartiennent aux registres de la sexualité et de certains aspects du jeu. Ces études ont permis de formuler des hypothèses sur l’importance de ces différences dans la structuration du comportement au cours de l’ontogenèse. La question de l’origine biologique des différences comportementales entre les mâles et les femelles est donc loin d’être élucidée. On doit néanmoins garder présent à l’esprit l’avertissement donné au début de ce résumé. » Séminaire, mercredi 9 juin 2004, 18 h 30

Auditorium

Ressources

Livres Bibliographie d’A. Testart

Source : Cité des sciences.fr

Autres journées du séminaire :


Voir l’article original cliquer ici


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7 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 20 août 2008 10:44

    De bonnes bases de réflexion, stimulantes...

    Il faudrait peut-être y ajouter les ouvrages déjà ancien de E.Badinter et l’excellent "Du côté des petites filles".De même les études de M.Mead.

    J’ai rencontré au Vietnam à la frontière laosienne (mais on retrouve cette culture enChine du Sud) , une minorité ethnique -dont j’ai oublié le nom-qui pratique une forme de matriarcat . Par ex. Les filles ont l’initiative du choix du mari et le couple vit dans la maison de la mère, qu’on agrandit au fur et à mesure...

    La sexualité est donc bien génétiquement programmée et biologiquement incrite dans la constitution de l’être humain , mais ses modes d’expression peuvent être très variés.


    • Les Papas = Les Mamans Les Papas = Les Mamans 20 août 2008 11:03

      Merci de votre commentaire Zen, effectivement cet article n’es qu’une base, incomplète, pas toujours très accessible, j’avais entendu parler d’une autre civilisation matriarcale en afrique, je vais essayer de retrouver les infos...

      Pour parler d’Elisabeth  Badinter, Le Monde a publié une de ses interventions lors d’un colloque,le titre de son intervention était Elisabeth Badinter  : De la différence à la ressemblance des sexes, c’était en 2007, une phrase m’a marqué profondément, elle faisait remarquer que quoiqu’on fasse l’enfant restait très dichotomique sur la question du genre, les garçons jouaient aux jeux de garçons et les filles aux jeux de filles, elle disait "l’enfance est l’age de la dualité, l’adulte celui de la multiplicité des représentantions" très intéressant lui aussi, vous pouvez visionner le colloque ici : http://www.lplm.info/spip/spip.php?article=1177

      cordialement


    • Les Papas = Les Mamans Les Papas = Les Mamans 20 août 2008 11:59

      Ca y est j’ai retrouvé les infos, c’est en chine (peut être est ce la même que celle dont vous parliez)

      "En effet, rares sont les modèles qui contrarient cette tendance, bien qu’aujourd’hui, la majorité des sociétés occidentales ne soient pas patriarcales ni patrilinéaires, mais à lignée indifférenciée, avec malgré tout une certaine "domination masculine" dans les pratiques, au-delà des discours sur le partage des tâches ou des responsabilités.

      Il n’existe que quelques modèles de sociétés matriarcales (ou plutôt matrilinéaire pour être plus juste) ; des sociétés, où les hommes n’ont presque rien à dire, où les mariages n’existent pas et où ce sont les femmes qui choisissent les géniteurs, les amants qu’elles désirent... Ce modèle est particulièrement intéressant à observer chez les Nâs de Chine, un peuple qui est localisé sur les contreforts de l’Himalaya et qui a fait l’objet d’une superbe étude d’un chercheur chinois, Cai Hua. A noter que d’autres anthropologues ont révélé des pères discrets comme la tribu des Trobriandais, étudiés par Malinowski, mais aussi Annette Weiner, qui démontre que si le père reste présent surtout pendant les premières années, il ne partage aucune substance avec l’enfant. Les enfants appartiennent d’ailleurs au clan de la mère et non à celui du père.

      A lire "Une société sans père ni mari, les Na de Chine", PUF, 1997.
      Le partage des tâches est commun à toutes les sociétés du monde et il est évident qu’il y a une pratique sexuée (ou genrée, plutôt) des tâches, que ce soit les tâches ménagères, l’éducation, la gestion de l’argent. C’est d’autant plus vrai que même les études sur les couples homosexuels démontrent qu’il y a des rôles masculins et féminins persistants, stables voire permanents, au-delà des caricatures que l’on peut imaginer.

      On sait en effet qu’il y a des tâches que les hommes sont plus enclins à faire et d’autres qui les agacent et leur semble socialement inacceptable : par exemple, sortir la poubelle ou faire le barbecue est une activité communément admise pour les hommes, alors qu’ils seront beaucoup moins présents pour surveiller les devoirs des enfants, ou passer l’aspirateur par exemple ! Je suis à peine dans la caricature. Beaucoup de femmes gèrent l’argent du foyer, tandis qu’il est admis socialement que l’homme doit travailler et si possible avoir le plus gros salaire du foyer pour honorer sa fonction ! C’est la différence entre l’admission sociale des tâches qui sont ainsi pensées par notre société et leur réalité, qui peut plus ou moins varier, mais qui visiblement montre une assez grande stabilité en dépit des évolutions sociétales et notamment celles du statut des femmes, de leur entrée de plus en plus importante dans la vie active.

      Chez les Trobirandais, les hommes ne disparaissent pas, mais les oncles du côté maternel prennent le relais et sont plus importants que les pères eux-mêmes... Il en va de même chez les Nas, que l’on a qualifié de "société sans homme", simplement parce qu’il n’y a ni "mari", ni "père", mais simplement des amants, pas forcément stables, même si les liaisons longues sont tout à fait fréquentes, des géniteurs, pour qualifier les pères."

      Après des études d’histoire, j’ai étudié les passionnés de manga en France, à une époque où le phénomène émergeait à peine dans le cadre d’un DEA en ethnologie et en anthropologie sociale. Voilà la présentation de la personne avec qui j’ai discuté


    • Yifu66 20 août 2008 12:36

      Vous cherchiez en Afrique, je vous propose les bantous. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bantous


    • Les Papas = Les Mamans Les Papas = Les Mamans 20 août 2008 12:46

      Merci de votre contribution
      Cordialement


    • idyllique 1er septembre 2008 22:20

      papamaman
      Voilà un bien curieux votre pseudo qui interessa nombre de psychiatres !
      n’est-on pas un être humain avant tout ? et non des machines à pondre de l’humain en toute anarchie ?


    • jmphoenix1 jmphoenix1 1er septembre 2008 22:52

      ne peut on pas voir dans ce pseudo que l’un comme l’autre sont importants pour l’enfant ?

      vous parlez d’anarchie, je n’y vois que l’affirmation de places parentales ...

      ne peut on pas être un être humain quand on est parent ?

      de plus le pseudo est les papas = les mamans et c’est le nom de leur association ...

      c’est somme toute une attaque bien basse, certainement pour ne pas avoir à parler des choses sur le fond...

      Bien cordialement

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