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Accueil du site > Actualités > Société > Médias et insécurité : Tapis rouge pour les petits bruns

Médias et insécurité : Tapis rouge pour les petits bruns

“J’ai assumé d’être dénoncé comme laxiste, angéliste et tout ce qu’on veut…” L. Mucchielli sociologue du CNRS

Les dispositifs les mieux rodés peuvent connaître quelques violentes embardées. Au coeur de l’été, sur la radio publique A. Weil consacre une émission au “phénomène de la violence gratuite”. Marianne s’adonne aussi à l’exercice sécuritaire, B. Charles prête sa plume à l’ancien patron de l’Office central de la répression des fraudes à chaud, pour contempler les zones de non-droits de l’hexagone. Tous les éléments sont réunis pour faire un tabac. Car avec ces petites gaufrettes sécuritaires, l’auditeur ou le lecteur est toujours conquis. Petits instants médiatiques anodins subtilement glissés entre une tranche affaire d’État et un bout de fait divers qui tourne mal. Anodins, mais bien représentatifs de la façon dont le débat se noue en France. Représentatifs de l’attirance irrépressible pour l’extrême droite. Ce petit côté subversif qui donne le frisson. Ce fantasme sur la société de l’ordre, aseptisée, baignée dans le bonheur clinique du risque zéro. Parce qu’au fond, “ils” (les fascistes) posent les bonnes questions sur la sécurité et les turpitudes de la République. Et qu’il faut entonner avec eux le chant légendaire de la probité et du respect des lois. Pour combattre le péril brun, adopter sa stratégie, sa tactique, son terrain. Faire comme eux, mais différemment…

Quand la machine à balivernes s’installe et se dérègle

L’auditeur (ou le lecteur dans le cas de Marianne) a fini par trouver normal que l’on puisse dire n’importe quoi dans les médias. La force de l’habitude certainement. Quand A. Weil invite S. Roché criminologue, philosophe de l’insécurité et prix littéraire de la Police Nationale, H. Niel contrôleur général de la Police et L. Mucchielli sociologue au CNRS, il concocte un débat contradictoire insipide, balisé, dont la finalité ne fait aucun doute. Que la peur gagne les esprits et les coeurs. Pour illustrer le débat, le journaliste citera (avec une ferveur (feinte ?)) B. Hortefeux dans une conférence de presse post-mortem fustigeant les délinquants et affirmant “que notre société n’est pas une jungle”. Car le “maton” est aussi un grand humaniste, nuance qu’il est toujours bon de rappeler. Ce petit monde va s’égayer dans un débat “ambiancé” par les affaires récentes qui font les gros titres. Pain béni. Violences gratuites, impact de la télévision sur la population happy slapping, et immanquablement le démon Internet, dans un maelström relevant plutôt de l’échange de bistrot, du style “les temps sont durs ma bonne dame”. En point d’orgue un climax sémantique d’H. Niel qui s’excuse de sa petite trouvaille policière, “aujourd’hui la violence est plus violente”. Fermer le ban. Jusqu’à ce qu’un sociologue, en l’occurrence L. Mucchielli par téléphone ouvre son clapet à mauvaises nouvelles.

Quand le ressenti tient lieu de vérité

Les actes barbares décrits pour achalander le client s’inscrivent en marge de l’approche sociale des violences faites aux personnes. C’est-à-dire un phénomène spécifique ultra minoritaire. On transforme un fait divers en fait de société. Phénomènes mis bout à bout qui donnent l’impression d’une tendance lourde. Dont l’opinion se verra abreuvée. L’attrait est indéniable pour les politiciens qui depuis une vingtaine d’années se sont lancés dans une course éperdue contre l’insécurité. Qu’ils soient de droite, ce qui est normal, c’est un fond de commerce séculaire, mais aussi de gauche, comme M. Valls qui ne déçoit jamais à ce propos et proposera même “un Grenelle de l’insécurité”.

Éluder la question des violences dans la société est irresponsable. Tracer un sillon dangereux nourri de mythologie, idées reçues et sensationnalisme l’est tout autant. Car les faits et les chiffres sont têtus. Au-delà de l’amateurisme plumitif, il y a la réalité, les diagnostics et les vraies questions. Mauvais coucheur L. Mucchielli, sociologue, reviendra aux tristes réalités de l’insécurité en France. La première mauvaise nouvelle tombe, le nombre d’homicides en France en 2009 s’élève à 819. Soit moitié moins qu’en 1989. Bigre. La violence “décuplée” serinée à longueur d’antennes des jeunes barbares produirait moins de pékins calenchés. Ou bien la violence ultra violente “n’est plus ce qu’elle était ma bonne dame”.

Seconde catastrophe médiatique pour la violence dite gratuite ou sans raison, 80% des actes sur les personnes se font dans le cercle des connaissances. 30% serait dans le cercle marital, 20% en y ajoutant la famille proche, et 30% supplémentaires avec les connaissances. Quant aux viols ils sont majoritairement un phénomène familial. Bien dommage ! Le mythe de l’attentat la nuit sous un porche humide prend du plomb dans l’aile.

Troisième affliction, les jeunes de tout temps furent violents. Ni plus ni moins qu’en 2009. En écumant les tribunaux depuis 1995, on observe que les actes relevant de coups et blessures, le nombre de jours d’incapacités de travail n’a pas augmenté. Seules les poursuites pour des faits moins graves ont connu un accroissement. Résultat quelque peu contre-intuitif face à la panique (organisée) dans les médias.

Quand on adopte une stratégie de guerre perdante

Pour asseoir un raisonnement fallacieux, mieux vaut jouer sur la corde émotionnelle et les assertions intuitives. Pour lancer une course aux armements, dans une guerre que l’on ne doit pas gagner, mieux vaut dire n’importe quoi. Les bavures mortelles policières n’ont pas augmenté depuis l’instauration du pistolet à impulsions électriques ou des flash-balls. Ce qui a augmenté c’est le recours systématique à la violence. Emblématique de la philosophie des systèmes non létaux louangés comme alternatives aux armes mortelles. En réalité, elles se sont substituées au dialogue. La police a organisé le recours aux instruments violents. Un usage qui illustre la stratégie de la tension. Elle fait office de politique générale de sécurité. Une politique dont les résultats sont connus. Militairement cela équivaut à la guerre perpétuelle. Une folie Orwellienne. Alors que l’essence même de la Défense est la paix, “si tu veux la paix prépare la guerre”, b-a ba de la politique de dissuasion. Au lieu de cela on pratique le rapport de force systématisé. Et les propos des gouvernants l’attestent. N. Sarkozy le 20 juillet 2009, “je vais mener la guerre contre la criminalité”. Un petit caporal qui aborde une situation stratégique avec des outils sous-tactiques.

Face à l’homogénéisation du débat public, basé sur la rhétorique de victimisation, de vraies gens, du terrain, et de la figure de l’ordre au service du peuple, il est nécessaire d’opposer l’analyse à la morale. En mettant en exergue l’environnement social face aux éléments statistiques et sociologiques. Les individus se démènent isolément dans une société atomisante. Lorsqu’un incident survient, ils se retrouvent plus démunis qu’auparavant. Jadis les structures communautaires, sociales réduisaient l’impact des difficultés. Souvent il ne s’agit pas de faits plus graves, mais les conséquences pratiques prennent une ampleur décuplée du fait même de la situation des victimes. Une société sous prolétarisée sera d’autant plus fragilisée. Une évidence qui a du mal à se frayer un chemin jusqu’à la raison. Les désordres juvéniles sont atemporels, ce qui pose problème c’est l’exaspération des adultes vis-à-vis d’eux. Une exaspération qui ne trouvera pas sa solution dans l’amoncellement de textes répressifs ou la mise en service d’instruments douloureux non létaux.

Il reste aussi à trouver une issue au débat ambiant, tartiné de moraline, faisant belle place aux matons de tous ordres. A qui on déroule le tapis rouge. Et sortir de la fascination pour l’ordre, qui a largement influencé la sphère intellectuelle et médiatique.


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22 réactions à cet article    


  • jako jako 23 juillet 2010 10:38

    Clap clap clap ! alors là j’applaudis cet article
    Il y a un grand danger de dérapage en effet, peu t’ être voulu,
    En période de polycrises ( société, état, économie, guerres etc) la réaction à chaud est bien sûre la pire des méthodes.
    Observons ce qu’il va se passer pour les « gens du voyage » si bien nommés.


    • frugeky 23 juillet 2010 10:48

      Mais qui nous protègera des forces de police encluntes dans ce climat à provoquer (oui,oui, j’insiste, à provoquer) les violences, voir à les organiser sur ordre de sa hiérarchie, afin de recentrer les grands titres de l’actualité vers des sujets moins dangereux pour sarkozy et sa clique de voleurs.
      Pas de possibilité de défense hors la rebellion, condamnable voir mortelle malgré des armes sensées être non-létales.
      Le sARKOZYGATE doit rester en tête des gros titres !


      • Massaliote 23 juillet 2010 13:31

        Les flics qui ont coursé K. Boudouda après son braquage ont provoqué les 3 coups de feu tirés contre eux ?


      • Massaliote 23 juillet 2010 13:24

        Exact, à Saint Aignan on peut se demander quelles fautes doivent expier les commerçants et les arbres centenaires ? De même que les automobilistes dont la voiture est incendiée.


      • Triodus Triodus 23 juillet 2010 10:58

        Bon :

        - soit c’est réelement le bordel chez vous et si c’est à ce point réel c’est gravissime
         => Ce sont des incompétents aux manettes

        - soit c’est du montage de blancs d’oeufs en règle et c’est tout aussi grave
         => Ce sont des tordus aux manettes

        Allez, on va pas chipoter sur des détails : ça sera tordus ET incompétents !

        Cdt,


        • foufouille foufouille 23 juillet 2010 11:14

          "Troisième affliction, les jeunes de tout temps furent violents. Ni plus ni moins qu’en 2009. En écumant les tribunaux depuis 1995, on observe que les actes relevant de coups et blessures, le nombre de jours d’incapacités de travail n’a pas augmenté. Seules les poursuites pour des faits moins graves ont connu un accroissement. Résultat quelque peu contre-intuitif face à la panique (organisée) dans les médias."

          les main courante ca va pas au tribunal
          les sources donnees sont donc peu fiable


          • Massaliote 23 juillet 2010 13:28

            Bien dit. Une de mes collègues de travail s’est faite agresser pour lui voler sa chaîne en or : elle n’a pas pu porter plainte à 2 commissariats différents parce qu’il y a avait une vingtaine de personnes avant elle et elle aurait du attendre 1h ou 2


          • foufouille foufouille 23 juillet 2010 13:39

            @ massa
            ils peuvent meme te dire, ce qui est faut, que tu doit porter plainte pres de chez toi ou sur le lieu de l’agression
            bien sur pas d’enquetes pour une main courante


          • LADY75 LADY75 23 juillet 2010 11:16

            Lady Panam’ dit :

            « Oh ben, n’en v’la un nartic qui sort un peu du lot... Plus intelligent que la majorité de c’qu’on peut lire ici-bas sur LE sujet providentiel quand d’autres qui ont besoin d’écrans de fumée..

            Le »Security business« , des plans Locaux de Securité qui font la fortune des cabinets d’audits animés par des »experts« régulièrement sollicités, Paco Rabanne de l’Apocalypse sans cesse annoncée..

            Dernièrement, Grenoble.. Un régal et un cas d’école !

            La présence peu étonnante d’armes à feu dans cette ville, marquée depuis la fin des années soixante par la présence d’un »Milieu« traditionnellement lourdement équipé devient médiatiquement »Il y a de plus en plus d’armes dans les banlieues !« 

            Et de susciter ainsi la peur du retraité claquemuré dans son pavillon, la vente d’alarmes, et le vote pour les autoproclamés »Gardiens de l’Ordre et de la Propriété« .

            En oubliant que le plus agité d’entre eux, spécialiste en »kärcherisation« annoncée (toute mes excuses à la respectable entreprise d’équipement de nettoyage) est tout de même le patron de la Sécurité en France depuis bientôt dix ans.. »


            • Carland 23 juillet 2010 11:41

              Belle réponse à l’enfumage pratiqué par le pouvoir en place.

              Au lieu de servir la soupe au FN la clique Sarkozy devrait s’occuper de insécurité crée par la précarisation de la vie du plus grand nombre.


              • silversamourai silversamourai 23 juillet 2010 12:52

                Bonjour,

                je vais tenter un résumé (simpliste ?) :

                chaque fois que la dignité humaine interpelle son oppresseur , celui-ci entonne
                la formule incantatoire de leur sainteté Margaret Thatcher :

                « THERE IS NO ALTERNATIVE »

                Pour une analyse plus fine et artistique , revoir Dr MABUSE .


                • jako jako 23 juillet 2010 12:59

                  Sylver, TINA est le début de la chute, ce qui est étonnant c’est que même les petits le reprennent en coeur, sous la forme on a pas le choix, on ne peux pas faire autrement , comme en ce moment chez GM ou Conti


                • voxagora voxagora 23 juillet 2010 13:31

                  Frugeky plus haut prône la rebellion.
                  Mais elle se retournera contre ceux qui protestent,
                  car c’est ainsi que ce pouvoir joue de la corde émotionnelle :
                  ce qui est spectaculaire -et pourquoi pas provoqué- est montré du doigt,
                  alors que ce peut être une soupape pour renvoyer vers l’extérieur
                  une trop grande souffrance.
                  Tout crime ou délit doit être réprimé, c’est un fait.
                  Mais quel crime exactement, quel délit exactement ? Freud disait
                  qu«  »aucun fait humain ne peut être appréhendé en dehors de son contexte«  »
                  et le contexte, là, c’est que ce pouvoir utilise l’arbre visible de l’« agitation »’
                  pour cacher un autre type de violence, celle qui harcèle, enferme, et tue,
                  la violence implacable des forts contre le faible.

                  Merci à l’auteur pour cet excentissime article.


                  • voxagora voxagora 23 juillet 2010 13:33

                    Fi des raccourcis ! excellentissime donc.


                  • LADY75 LADY75 23 juillet 2010 15:15

                    Lady Panam’ dit

                    « Allons, allons.. M’sieur Bibi... Ce fut un Mesrine, vous en auriez bavé d’admiration d’vant »mec un vrai qui en a !« mais là, face à un braqueur »pas d’chez nous" on sent une différence dans l’adulation..

                    Et pourtant, tous deux sont braqueurs, tous deux tuent, non ? A part pt^êt une différence.. Le braqueur mort de Grenoble n’avait pas torturé de journaliste de « Minute »..

                    M’enfin, réveillez-vous ! Le grand banditisme ne pratique guère la « préférence nationale »..


                  • COVADONGA722 COVADONGA722 23 juillet 2010 13:48

                    yep , toujours bon nombre de tentés par une derniere valse avant le naufrage.Sont persuadés qu’en la niant la catastrophe n ’arriveras pas , ben c est raté les bisounours
                    la baston générale arrive , vas falloir choisir un camp et fissa hé hé car le dormeur s’est éveillé nous aussi " yes we can’

                    aimez la guerre à venir leur paix islamique sera terrible !


                    • ELCHETORIX 23 juillet 2010 14:54

                      Mais non CONVA , il ne faut pas se tromper d’adversaires !
                      les immigrés sont comme nous , ils subissent , d’abord ils ont fui leur pays d’origine car c’était pire qu’ici !
                      Puis c’est le patronat qui encourage l’immigation aidé par la clique au pouvoir et la précédente ( celle du PS et du PC ), non il faut châtier ces irresponsables soit-disant l’élite « et leurs commis plus tous ceux qui profitent de la situation comme les mafieux de la drogue et de la prostitution , vous ajoutez les marchands de sommeil , ceux qui pavanent dans les médias ( qui promeuvent la mondialisation qui soutiennent ce système économique pervers et monstrueux , la colonisation au proche-orient , la guerre en IRAK et en AFGHANISTAN , ces multinationales qui polluent comme BP au GOLFE du MEXIQUE et tant d’autres ... ) .
                      Non , tézigue , il ne faudra pas se tromper de cibles , même la flicaille , les moins gradés viennent de parmi nous , non , il faut commencer par la désobeïssance civile puis graduellement , l’armée et la police gagnée par le mécontentement général , montrer notre détermination pour chasser et punir ces grands délinquants , cette » racaille " au pouvoir actuel !
                      RA .


                    • paul 23 juillet 2010 15:18

                      Sarko entre en guerre contre la violence, intéressant oxymore de France soir, E.Lévy confirme
                      que nous sommes entré en guerre .Pas de doute, il faut s’armer au plus vite .

                      Pour le pompier-pyromane de l’Elysée, plus c’est le bordel, mieux c’est pour serrer la vis à tout
                      le monde .

                      - 9000 postes supprimés dans la police ? pas grave, il y a les radars, la vidéo surveillance, les agents de sécurité dont les effectifs progressent rapidement .Et si ça ne suffit pas, à quoi sert
                      l’armée, hein ? à quoi sert elle ?

                      Voir l’excellent sujet sur Article XI : « Full Metal Sarkozie »


                      • non667 23 juillet 2010 20:23

                        il n’y a pas d’insécurité ,il y a juste un sentiment d’insécurité du a une incompréhension de ce qui se passe 
                        par exemple la mémé brulée par un feu d’artifice arrivé chez elle si elle avait compris qu’elle était invitée à la fête et était descendu ça ne lui serait pas arrivé ! smiley


                        • Tiberius Tiberius 24 juillet 2010 11:53

                          Je perçois une forme de malhonnêteté intellectuelle dans cet article.

                          Quand se produit un crash aérien et que l’on procède à une enquête pour en déterminer les causes et prendre éventuellement les mesures qui éviteront à l’avenir le même accident, personne ne vient s’y opposer en arguant que le risque zéro n’existe pas et que l’avion reste le moyen de transport le plus sûr au monde. Tout au contraire, chacun comprend parfaitement que même si en matière de sécurité aérienne la perfection n’existe pas, il est sage de travailler à réduire toujours davantage le risque.

                          Seulement voilà, pourquoi quand il se produit des actes criminels sommes-nous systématiquement confrontés à une kyrielle d’individus qui voudraient que l’on n’en tienne cette fois aucun compte et l’on n’en tire aucune conséquence susceptible d’améliorer davantage notre sécurité ? Pourquoi apparaît-il normal à ces gens d’améliorer à l’infini la sécurité aérienne, mais il n’en est pas de même pour la sécurité des personnes, dans nos rues et nos maisons ?

                          Si vous leur posez la question, vous aurez droit à la réponse habituelle, c’est-à-dire que trop de sécurité nuit à notre liberté. En d’autres termes, à trop vouloir être en sécurité on en vient à rester cloîtrer chez soi, dans sa forteresse. C’est un peu comme si on disait que trop de sécurité aérienne tue le voyage en avion puisque la position la plus sûre pour celui-ci, c’est quand il est immobilisé au sol... 

                          Bien entendu c’est absurde mais cela démontre en tout cas une chose :

                          Les pourfendeurs du sécuritarisme n’obéissent pas comme ils se l’imaginent à leur raison mais à des sentiment passionnels. S’ils réfléchissaient sereinement sans laisser la passion et l’idéologie troubler leur jugement, ils réaliserait que dans toute société ou l’on attend de l’individu qu’il participe par son travail individuel au bien-être du groupe, le respect de l’ordre, de la règle et la sécurité des personnes sont le substrat de la communauté. Pour qu’un système organisé fonctionne au mieux, il convient de limiter autant qu’on le peut et donc toujours davantage le nombre de tricheurs. C’est du bon sens ! Car plus il y en aura qui dérogeront à la règle, moins sera performant le système et moins la vie en société concourra au bonheur collectif. L’on ne peut certes pas espérer ramener le nombre des tricheurs à zéro, mais plus l’on tendra vers ce chiffre, plus agréable et performante sera la communauté dans la satisfaction du bien-être collectif. 

                          Il est clair que l’on ne peut efficacement travailler en coopération à l’intérêt commun sans un respect le plus total possible des règles. Un peuple qui n’est pas capable de comprendre cela ne doit pas s’étonner de retrouver au pouvoir dans son pays des gens qui n’ont eux-mêmes aucun respect des règles. A chaque élection régionale, municipale ou législative nous élisons régulièrement et sans sourciller des gens qui ont été déjà condamné par la justice pour leur mépris des lois. Pourtant nous nous étonnons encore benoîtement de voir que les tricheurs foisonnent aujourd’hui jusqu’au sommet de l’état...


                          • François78 25 juillet 2010 11:08

                            J’aimerai bien voir les statistiques de 1989.

                            Villiers le Bel, Grenoble, Marseille, 1500 voitures brûlées à Strasbourg ...on a toujours connu cà !.

                            Et je me rappelle dans quel luxe ont été accueillis les immigrés Polonais, Italiens, Portugais, ce qui a justifié les fameuse révoltes de ces populations.


                            • loco 25 juillet 2010 15:07

                              A Tiberius :
                               « ...dans toute société, où l’on attend de l’individu qu’il participe par son travail... » 
                               Est-ce que vous stigmatisez là le rôle énorme du chômage et de l’incertitude des CDD et autres situations précaires qui désocialisent l’individu ?
                               Ou bien, est-ce que vous voulez clairement dire que, ne permettant cette participation, le groupe humain en cause ne mérite pas d’être appelé « société » ?

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