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Accueil du site > Actualités > Société > Mesurer la pauvreté n’est pas scientifiquement neutre

Mesurer la pauvreté n’est pas scientifiquement neutre

Le chercheur Jean-Yves Duclos, grand spécialiste des questions de pauvreté, soutient qu’une « des libertés [fondamentales] est celle d’atteindre un certain état de bien-être, tout simplement. » Simple à dire, mais pas si simple à saisir, encore moins à mesurer.

Duclos était interviewé par Contact, une revue de l’Université Laval, sur un programme informatique destiné aux chercheurs des pays en développement (La pauvreté déchiffrée, 6 janvier 2005), le DAD (Distributive Analysis/Analyse distributive).

L’idée du chercheur est que les populations puissent faire d’elles-mêmes les constats des répercussions humaines et économiques des politiques sur les plans humain et économique, ce qui « leur donne un grand sentiment de confiance et de contrôle ».

Car voilà bien où commence réellement l’état de bien-être, qui est beaucoup plus qu’un état matériel : se sentir en contrôle de sa vie et en confiance quant à son propre avenir.

Encore faut-il, pour cela, que l’avenir de la société dans laquelle l’on vit soit positif.

Un contre-exemple est celui de la Fédération de la Russie où, nous dit l’International Council of Social Welfare, l’espérance de vie des hommes est passée de 70 ans au milieu des années 1980, à 59 ans aujourd’hui (ICSW’s monthly Newsletter, novembre 2006 ; version française).

La destruction des filets sociaux de sécurité, au nom même du progrès économique et sous la recommandation des institutions financières internationales, a causé un terrible gâchis que les pays touchés mettront des décennies à corriger.

La pauvreté est en pleine croissance en Europe centrale et de l’Est et dans la Communauté des Etats indépendants. On recensait 23 millions de personnes vivant avec moins de 2 $ par jour en 1990, on en recense plus de 93 millions en 2001.

Les politiques dites néolibérales ont été catastrophiques. Pourtant, elles ont été exigées en toute bonne foi, en vertu d’une approche scientifique basée sur le libre-choix des « agents économiques ».

Selon cette approche, grosso modo, « les individus sont rationnels et [...] capables d’être les meilleurs juges du style de vie et des activités qui maximisent leur utilité et leur bonheur. » Par conséquent, la liberté individuelle de faire des choix est le meilleur garant de la prospérité de la société.

Signalons au passage que les mesures du revenu ou de la consommation qui rendent compte des progrès accomplis ou non, « prennent rarement en considération le rôle des produits publics et hors marché, tels que la sécurité, la liberté, la paix et la santé dans la détermination du bien-être. » (Jean-Yves Duclos. La vulnérabilité et la mesure de la pauvreté dans la politique publique. 2002. Page 2.)

Ce qui nous ramène à la mesure de la pauvreté.

Duclos nous dit, dans son texte de 2002, qu’il y a deux types de mesure de la pauvreté : soit les comparaisons du « bien-être économique » ou « niveau de vie » (utilisées par Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les ministères des finances et de la planification de pays développés et en voie de développement), ou bien des mesures dites non sociales dont les deux principales sont l’approche des besoins de base et l’approche de capacité.

Certains auront reconnu les travaux de l’économiste Amartya Sen pour qui ce qui compte, c’est la capacité d’un individu de bien fonctionner en société, sa liberté de mener un style de vie ou un autre. Ainsi, « une personne ne sera pas jugée comme étant pauvre même si elle choisit de ne pas atteindre certains fonctionnements tant qu’elle pourrait les atteindre si elle le désirait. » (Duclos, 2002, page 4.)

En somme, mesurer la pauvreté n’est pas une opération scientifiquement neutre. Il faut d’abord se poser une question fondamentale : sommes-nous prêts ou non à reconnaître qu’elle est la négation même de la liberté ?

À moins, bien sûr, qu’elle ne soit un état de simplicité volontaire.


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69 réactions à cet article    


  • Marie Pierre (---.---.167.182) 14 décembre 2006 12:02

    Réflexion très intéressante, à méditer !


    • (---.---.102.175) 14 décembre 2006 14:49

      C’est le « niveau » que vous défendez, on l’a vu dans vos commentaires à l’article :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16585

      mais qui évacue la question du SYSTEME SOCIAL et de la PROLETARISATION DE LA GRANDE MAJORITE DE LA POPULATION.


    • (---.---.102.175) 14 décembre 2006 14:55

      J’ajouterai que l’article 16585 de De ço qui calt ? pose également la question de la MOBILISATION DE TOUTE LA SOCIETE PROLETARISEE. Soit, d’après cet auteur, 95% des Français.

      Au XIX siècle, les populistes pensaient à des révolutions dirigées par les plus pauvres (les paysans en Russie, par exemple). Mais ils se sont trompés : c’est LE PROLETARIAT UNI (manuel et intellectuel) qui possède le véritable potentiel révolutionnaire, et c’est pourquoi il faut parler de rapports de production.


    • Marie Pierre (---.---.228.5) 14 décembre 2006 15:42

      @ IP:xxx.x49.102.175

      Et les 95 % s’unissent pour changer les rapports de production ? Merci, mais je ne me battrai pas pour la victoire du prolétariat. Je refuse de participer à la frénésie de consommation, je ne serai pas une citoyenne modèle !


    • (---.---.100.67) 14 décembre 2006 20:45

      « Merci, mais je ne me battrai pas pour la victoire du prolétariat. Je refuse de participer à la frénésie de consommation... »

      C’est quoi la frénésie de consommation ? Le capitalisme et l’impérialisme génèrent une « consommation » bien plus grande, sous forme de GASPILLAGE et de GACHIS (spéculation, chômage, travail sous-qualifié, anarchie entre lieu de travail et logement...) mais aussi de GUERRES (pourquoi aucun « expert » n’évalue la pollution causée par les guerres US ?). Et le gaspillage et le gâchis des usines d’armement. Il y en a même au Brésil, pendant que la population vit très mal.

      C’est tout de même dingue d’entendre dire, au nom de l’écologie (? ??), qu’il vaut mieux qu’on soit tous dominés par une oligarchie financière.


    • Marie Pierre (---.---.1.253) 14 décembre 2006 21:34

      @ IP:xxx.x05.100.67)

      Je suis en majeure partie d’accord avec vous, j’ai fait un raccourci dans ma réponse précédante. J’ai tronqué le fait que le changement du rapport à la production pouvait aussi mener à une société de consommation.

      Je suis pour une société sans budget défense. Cependant, allez faire avaler cela aux syndicats qui défendent les emplois dans les entreprises d’armement... et qui fustigent le capitalisme. Cela me rappelle le temps de la fermeture des usines de production d’amiante, tous les syndicats juraient que c’était un produit naturel, donc inoffensif, défendaient l’emploi, et aujourd’hui, se retrouvent à défendre les travailleurs atteints de cancers dûs à cette même amiante.

      Ne serait-on pas dans un monde de fous ???


    • Barbari (---.---.99.219) 14 décembre 2006 21:45

      Comme les partis politiques, les syndicats ont beaucoup perdu de leur représentativité. Ce n’est pas que les uns et les autres ne soient pas nécessaires dans la société, mais ceux qu’on a à présent ne font plus l’affaire. Ils sont d’ailleurs complètement discrédités.

      Reconvertir les usines d’armement ne serait pas très difficile. Mais le problème, c’est que les syndicats ne sont plus contre le système et que le système délocalise tout ce qui n’est pas certains outils de domination stratégiques, dont l’armement fait partie.

      Il faut d’ailleurs se méfier comme de la peste de cet « ticket écologique » qui met tout le monde d’accord, de Sarko à Buffet en passant par Royal, Bayrou... et Al Gore aux USA. C’est de toute évidence une facture à payer par les salariés, alors que ce sont les capitalistes qui ont fait la casse.

      Tant qu’il aura le pouvoir, le capitalisme polluera, sera impérialiste et livrera ou allumera des guerres.


    • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 12:14

      Excellent article, et merci pour ce lien vers la Simplicité volontaire. Elle est si simple à vivre au quotidien, et si tout le monde s’y mettait, ce serait une véritable révolution humaniste. Mais bon, faut pas rêver, le cauchemar productiviste, consumériste, technologique et économiste va continuer et la marchandisation de tout se perpétuer encore longtemps...


      • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 14:43

        d’accord avec toi , marsu , je disais d’ailleurs sur un autre fil que la seule rupture valable sera celle avec ce matérialisme imbécile qui nous aliène tous .

        Est ce la possession des biens matériels qui rend si heureux ? bien évidemment que non !

        il faudra s’habituer à se contenter de ce que l’on a et profiter du temps présent , le toujours plus est un leurre !


      • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 14:47

        @ Le Chat

        Ben oui. Le problème, c’est que pratiquement tout le monde, riches ou pauvres, veut le leurre et l’argent du leurre...


      • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 15:14

        Le beurre ,c’est pascal Sevral qui l’a pris en attendant les bites de noirs


      • ZEN (---.---.41.32) 14 décembre 2006 20:11

        « simplicité volontaire » ?...Allez parlez de cela aux quelques 6 millions de Français qui vivent mal, trés mal...


      • pingouin perplexe (---.---.215.104) 16 décembre 2006 12:22

        A mon avis, l’article permet d’effectuer une distinction très claire entre la pauvreté comme tragédie humaine subie par un grand nombre de personnes, et la simplicité volontaire, comprise comme décision de mesure, qui, si elle gagnait en extension, ne serait-ce que par rapport à l’esprit qui l’anime, pourrait ouvrir bien des perspectives viables hors du gavage consumériste. Le choix d’une certaine simplicité, qu’il n’est pas pour autant nécessaire de radicaliser jusqu’à l’ascétisme, pourrait bien aussi aider à développer de nouvelles solidarités envers les gens qui manquent de l’essentiel. Enfin, c’est un espoir


      • alberto (---.---.215.87) 14 décembre 2006 13:13

        Bravo : voila qui incite à considérer la relativité des choses.

        Pour mémoire, le papa de Diogène (celui du tonneau) était banquier...


        • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 14:46

          mon père à moi qui aime trop le fric , a acheté des actions eurotunnel au lieu de profiter de la vie, c’est bien fait !


        • pingouin perplexe (---.---.93.45) 14 décembre 2006 13:31

          Très bon article, dans lequel la référence à une vraie philosophie libérale humaniste est susceptible de donner à méditer.  smiley


          • benalgue (---.---.139.175) 14 décembre 2006 14:18

            excellent article...qui ne nous assomme pas de chiffres et referrences insee car c’est certain que le bonheur ou la pauvreté ne peuvent être chiffrés...


            • Yvance77 (---.---.234.111) 14 décembre 2006 14:20

              « les politiques libérales ont été catastrophiques ... » et dire que la france est à moitié partagée dans ce choix futur ou non, c’est pas rassurant du tout, faut il que l’on soit si aveugle pour ne pas voir les évidences.

              Bel article cousin canadien smiley


              • maxim maxim 14 décembre 2006 14:20

                oui d’accord,mais vivre en sage à notre époque ,c’est de la marginalisation volontaire....et cela est certainement possible dans un contexte bien spécifique...

                soit etre fondu dans l’anonymat le plus complet,ou etre retiré dans un petit village...et encore...les gens se rendraient vite compte du comportement bizarre de ce citoyen peu ordinaire....

                et meme aux yeux des services sociaux et des impots,

                on est jugés maintenant sur notre comportement,notre consommation,et puis les besoins que nous nous sommes crées rendent difficile la résistance à la tentation....

                mais la simplicité volontaire,beaucoup de nos concitoyens la vivent malgré eux ...alors je considere que c’est paradoxalement un luxe de choisir de se glisser volontairement dans la peau d’un humble.


                • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 14:37

                  @ Maxim

                  Vivre la simplicité volontaire (ce que j’ai toujours fait) n’est pas du tout assimilable à se « mettre dans la peau d’un humble », mais à se détacher d’un maximum de désirs et envies inutiles ou nuisibles. Une telle attitude conduit évidemment à une forme de marginalisation sociale, mais celle-ci est très relative et peut parfaitement se vivre en ville (je vis en ville et j’ai de nombreux amis et connaissances... qui ne sont pour la plupart pas des frénétiques de la consommation). Et puis il vaut mieux être marginal et vivre une simplicité volontaire qui ne nuit à personne que dans le consensus majoritaire qui se vautre dans la satisfaction obscène, impatiente, boulimique et fiévreuse de désirs et envies qui ne sont même pas personnels, mais le fruit d’un matraquage publicitaire massif. La simplicité volontaire est une forme de vie très heureuse.


                • pingouin perplexe (---.---.93.45) 14 décembre 2006 19:20

                  A propos de la quête de la sagesse, un rappel de la position socratique est intéressant. Aux candidats qui lui demandaient de produire un enseignement, comme s’il s’agissait d’un savoir comme un autre, constitué et pouvant être divulgué comme tel, celui-ci répond que la sagesse procède d’un désir qui se situe à mi-chemin entre poros et penia, pauvreté et plénitude. Comme quoi elle ne serait accessible qu’à se concevoir vouée à demeurer incomplète smiley

                  Notre mode de consommation n’aurait-il pas développé une mythologie selon laquelle rien ne devrait manquer ?


                • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 19:34

                  @ Pingouin perplexe

                  Oui, pauvreté et plénitude. Mais ça n’est possible que si cette pauvreté est choisie. Les pauvres qui sont les victimes de la misère induite par un système politico-économique inique se foutent de Socrate, ils cherchent à survivre en salivant devant les vitrines. Ventre affamé et regard envieux n’ont pas d’oreilles pour écouter les paroles de sagesse...


                • Marie Pierre (---.---.40.193) 15 décembre 2006 00:29

                  @ Marsu,

                  Juste une rectification : il peut arriver (il arrive même) que sans vouloir saliver devant des vitrines (= consommation), on ne puisse pas toujours payer son loyer, EDF etc... et là, c’est dur !


                • Marsupilami Marsupilami 15 décembre 2006 09:40

                  @ Zen & Marie Pierre

                  Tout à fait d’accord avec vos commentaires. Et l’ensemble de ces réactions pointe l’ambiguïté ou le paradoxe de cet article, qui est une dénonciation de la pauvreté subie (qui est inique et inacceptable dans nos sociétés d’abondance matérielle) et se termine par un lien vers la pauvreté choisie. Peut-être l’auteur aurai-il du davantage développer ce paradoxe afin de lever cette ambiguïté. C’est grosso modo ce que l’ensemble des commentateurs s’est efforcé de faire, chacun à sa manière, ce qui fait du tout quelque chose d’assez riche et complet...


                • (---.---.102.175) 14 décembre 2006 14:46

                  Tout ça est vrai. Mais le véritable problème est celui des RAPPORTS DE PRODUCTION et de RAPPORTS DES FORCES SOCIAUX. C’est de ces questions, qu’il faut parler, comme le fait l’article de De ço qui calt ? :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16585

                  Autrement, on ne dépasse pas le stade de la charité chrétienne, et encore moins bien que le Chrisostome.

                  Parler de « destruction des filets sociaux de sécurité » sans parler de capitalisme et d’impérialisme n’a aucun sens. Ces « filets sociaux de sécurité » n’ont jamais été dans la nature du système en place : ils ont résulté de concessions impossées par les mobilisations populaires, par les morts de la II Guerre mondiale...

                  Et c’est pourquoi les modérateurs d’Agoravox, qui font manifestement partie de la « bien-pensance » politique, ne mettront jamais un article de De ço qui calt ? et de certains autres auteurs à la UNE. Tant mieux, ça fait une ligne de démarcation salutaire.


                  • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 14:56

                    « Tout ça est vrai. Mais le véritable problème est celui des RAPPORTS DE PRODUCTION et de RAPPORTS DES FORCES SOCIAUX. C’est de ces questions, qu’il faut parler ».

                    Tu as en partie raison. Le problème est éminemment politique. Mais si on change les rapports de production et les rapports sociaux sans rien changer dans nos habitudes de consommation démentes et sans s’attaquer au matraquage publicitaire et au productivisme à tout crins, nos sociétés resteront aussi malades dans une nature de plus en plus polluée.


                  • Pascal (---.---.100.67) 14 décembre 2006 20:53

                    Ce qui manque, c’est sans doute d’aller jusqu’au bout de la chaîne. Les « experts » qui, en France, défendent le capitalisme et en minimisent les dégats ont été nommés à des fonctions importantes par des gouvernements « démocratiques » que nous avons élus.

                    A ces gouvernements ont participé TOUS les anciens ministres qui à présent demandent notre vote : SARKO, ROYAL, BAYROU, LEPAGE, VOYNET, BUFFET et tout le reste. Ils y sont TOUS mouillés.

                    Et les étiquettes et apparences ne veulent rien dire. Combien de PDGs sont sortis des cabinets ministériels de « gauche » ? Il y en a plein.

                    Personne, président en 2007 !

                    Votez Personne, c’est votre candidat.


                  • Sam (---.---.49.224) 14 décembre 2006 15:16

                    Effectivement, le choix d’être pauvre est une grande richesse potentielle.

                    Bien peur que le choix soit surtout réservé aux riches qui ne choisissent que peu - je peux me tromper - d’être pauvres.

                    Ainsi, les plus grandes libertés sont ignorées par ceux à qui elles s’offrent.

                    Ce qui vient à point confirmer l’adage comme quoi plus on va moins vite, moins on avance plus rapidement.


                    • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 16:50

                      y’a toute une niche de nouveaux programmes télé , tu imagines :

                      la roue de la misère

                      greg le à découvert

                      gagner des clopinettes

                      et de la télé réalité avec des saisies d’huissier en live , vis ma vie de SDF , maité faisant des recettes du 1/3 monde à un euro pour 15 personnes....


                    • Sam (---.---.49.224) 14 décembre 2006 21:42

                      Le chat

                      Oui, faut juste rester zen devant la télé, en attendant son tour, l’oei dédaigneux et la main sur le téléphone.. smiley


                    • Michel Monette 14 décembre 2006 16:55

                      Une petite précision : les plus démunis n’ont pas le luxe de s’offrir la simplicité volontaire. Je crois aussi, comme certains qui sont intervenus, qu’il faut dénoncer des rapports de production enferment des milliards d’êtres humains dans la précarité. Dans cet article, j’ai voulu attirer l’attention sur le fait que les instruments de mesure de la pauvreté faussent au départ le choix des politiques publiques. Ne nous y trompons pas, la théorie économique à la base du choix de ces instruments n’est pas davantage scientifiquement neutre. En plus, ce qui n’aide pas à la clarté du débat public, nulle part dans le monde cette théorie économique dite néolibérale est appliquée à l’état pur. D’ailleurs, les pays qui la suivent le moins sont ceux qui ont forcé le plus les pays les moins avancés à l’appliquer avec les conséquences que l’on sait. Ce n’est pas le moindre des paradoxes des politiques dites de développement.


                      • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 17:07

                        Michel , voyons , l’INSEE est une officine de propagande gouvernementale qui servira les chiffres que ses maitres demandent pour ne rien avoir à faire !

                        il faudrait le % des gens à découvert le 10 du mois ou celui des complétements fauchés le 15 avec la crise que ne regarde pas en face nos autistes de gouvernants .


                      • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 17:09

                        @ L’auteur

                        Ça allait sans dire, ça va encore mieux en le disant et puis, comme disait Coluche, « L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres ». Les Restos du Cœur sont débordés. Insupportable, dans cette société d’abondance...


                      • Sam (---.---.49.224) 14 décembre 2006 21:45

                        Michel Monete

                        Rectification bienvenue. Je pense que la majorité des commentateurs hésitaient sur le sens réel de ton article.


                      • Michel Monette 14 décembre 2006 23:14

                        Ici au Québec, l’humoriste Yvon deschamps a eu il y a quelques années cette phrase qui résume tout, dans un célèbre monologue (célèbre chez nous smiley : « Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade ».


                      • LE CHAT LE CHAT 15 décembre 2006 08:41

                        et Coluche a dit , les fins de mois sont dures , surtout les 30 derniers jours


                      • Reinette (---.---.14.250) 15 décembre 2006 16:37

                        INSEE : Félicité sans bornes

                        Avant l’été, c’était la croissance. Le bonheur ? Non, faut pas rêver. Les experts précisaient bien que c’était grâce à un surendettement exceptionnel des ménages.

                        ...Décryptage : plus les gens galèrent, mieux le monde économique va. À l’automne, pas de croissance (selon l’Insee). Walou, zéro pointé, évaporée.

                        Et pendant ce temps, les chiffres officiels du chômage chutent toujours. Selon quel miracle ? Pas de croissance et moins de chômeurs ? Bizarre...

                        ...Radiations massives, infra-boulots sous-payés, stages bidons et tripatouillages des statistiques n’y sont bien sûr pour rien...


                      • MaxJak (---.---.121.183) 14 décembre 2006 16:59

                        Bravo, c’est un article très intéressant et qui effectivement relativise les choses. Notre vision du bonheur dans nos sociétés dites évoluées ne peut en aucun cas s’appliquer tel quel dans des sociétés sous développées ou en voie de développement. Nous aurions d’ailleurs surement plus à apprendre d’elles que du contraire...


                        • (---.---.185.253) 14 décembre 2006 17:39

                          Je suis sur que personne ne se sent vise par le style de vie consumeriste. Ce sont les autres qui consomment, moi je fais attention mais j’ai besoin de ma voiture pour aller au boulot, j’ai besoin du cable pour mes enfants, j’ai besoin de beaux meubles si j’ai des invites. On consomme sans s’en rendre compte.


                          • le morange le morange 14 décembre 2006 17:43

                            bonjour

                            1)je ne crois pas que le libéralisme soit responsable de la pauvreté dans le monde. Les pays les plus prospéres sont globalement les plus libres économiquement. Les pays pauvres souffrent (outre les institutions non démocratiques et la corruption) d’un manque de libéralisme. http://en.wikipedia.org/wiki/Index_of_Economic_Freedom

                            La Russie n’est pas un état trés libéral (122 sur 157). La France est l’avant dernier état de l’Europe des 25 en matiére de libéralisme, juste devant la Gréce. http://www.heritage.org/research/features/index/countries.cfm

                            2) Personne n’oblige personne à consommer. Par exemple les gens sont libres de vivre avec un potager, la cueillette, la chasse et une toile de tente pour logement.

                            3)Un indice de bien-être pertinent pourrait être la consommation d’anti-dépresseur par habitant (français premiers au monde) couplé à la crainte de devenir SDF (50% des français).

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