Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Métro parisien : entassement, banlieue nord et crises de nerfs Ligne 13 : (...)

Métro parisien : entassement, banlieue nord et crises de nerfs Ligne 13 : St Denis/Asnières – Châtillon/Montrouge

Décrite dans les principaux médias comme l’axe du mal, selon la plus pure tradition américaine du manichéisme binaire, la 13 n’a de cesse de nous révéler la capacité de résistance de ses usagers. Toujours râleurs, compressés, entassés, harassés par les retards, les incivilités, les mouvements sociaux spontanés déclenchés par des incidents voyageurs, comme les annonce pudiquement la RATP. Les sociologues osent le terme « résilience » quand ils veulent condenser en un mot ce que des années d’entassement, de ressentiment et de rancœur ont accumulés dans le cœur des êtres du monde tunnellaire.

Le 9.3 est une nouvelle frontière, aux limes du royaume des nantis qui ouvre ses portes le temps d’un séjour diurne, mais espère revoir les hordes quitter la ville la nuit venue.

 

La saturation historique du réseau dans sa partie nord au-delà de Saint Lazare ramène périodiquement sur le tapis le dédoublement de personnalité des politiques avant un hypothétique doublement de la ligne promise tant de fois et remise aux calendes. La 13, c’est la peur d’arriver en retard du fait d’un « pudique » incident voyageur ou d’un encore plus discret incident technique ou de signalisation. C’est même l’un des rares domaines ou Jean Paul Huchon peut se montrer mordant.

De 1973 à 1976, la jonction de deux lignes Saint-Lazare - Porte de Saint-Ouen et Invalides – Porte de Vanves via Miromesnil et les Champs-Élysées a créé le lien entre deux mondes qui s’ignoraient auparavant.

Plus de 130 millions de voyageurs par an s’y bousculent et s’entassent sur 24.300kilomètres et sa trentaine de stations ; Montparnasse et Saint-Lazare étant les stations les plus fréquentées.

 Saint Denis :

 Pas besoin d’être saint pour y perdre la tête ! Saint-Denis se décline entre la Basilique des Rois de France, la Cour des Miracles,  nouvelle Babylone, et la cathédrale du ballon rond.

Le cliché éculé et pourtant si présent dans les esprits en fait oublier la ville. Le 9.3 barbare recrée dans les imaginations l’épopée sanglante de 93 à Paris. Mais les nouveaux sans-culottes portent des pantalons baggy et des casquettes américaines en guise de bonnet phrygien. Même le magnifique parc, derrière la cathédrale n’attire pas beaucoup de visiteurs. Les portugais et les africains du CAP Vert, implantés depuis longtemps, commencent à déserter le quartier.

Ville jeune et cosmopolite, brassage de communautés, melting-pot à la française, Saint-Denis accumule tous les ostracismes et les fantasmes bourgeois. Terre de non droit, lieu de perdition et de trafics en tous genres, voilà des qualificatifs qu’il faut impérativement se sortir de l’esprit si l’on veut découvrir la ville et son charme.

L’arrivée des hordes de supporters venus assister aux plus grandes confrontations sportives, fait oublier un temps la pauvreté, les foyers de travailleurs africains, la petite délinquance et le chômage endémique des jeunes sans qualification.

Les mariages arabes du samedi après-midi et les youyous sur le parvis de la mairie, à quelques pas de la cathédrale et du grand marché en plein air tentent de redonner un peu de joie de vivre, sans y parvenir réellement.

Les cités, le bastion historique des derniers communistes, la municipalité rouge, nouvelle Commune hors Paris ; mais le PC est moribond et Saint-Denis ne résonne plus de l’Internationale. La ville rouge est moins à l’affiche depuis la disparition des luttes ouvrières et des grandes protestations sous l’égide du Parti.

Les sempiternels opposants iraniens à la sortie du métro essayant vainement d’attirer l’attention sur les sévices des mollahs, sans succès apparent.

Par contre, la Plaine Saint-Denis est en mutation et les ateliers et petites usines ferment les uns après les autres. L’endroit va bientôt devenir un prolongement de la ville de Paris pour les classes très moyennes qui ne peuvent rester financièrement intra muros.

Et Pleyel n’est plus qu’un carrefour sans pianiste ! La rue qui porte le nom de l’instrument n’inspire guère les mélomanes.

Porte de Saint Ouen :

Le marché aux Puces avec ses antiquaires, sa friperie, son ambiance de vide grenier ne doit pas faire oublier que la bonne affaire se fait rare. Ce n’est plus le paradis du chineur de jadis mais un entassement de boutiques, de petits restos, d’attrape touristes, pour ne pas dire gogos.

Antiquités douteuses, meubles chinois rafistolés, vieilles croûtes, rogatons de saisies et de salle des ventes, successions bradées par des héritiers ne s’encombrant pas de vieux objets inutiles ou tout simplement ne pouvant entasser dans un deux-pièces les souvenirs de la grand-mère décédée à Conflans ou au Perreux. Le seul intérêt immédiat des Puces réside dans la possibilité de se fournir en cigarettes à 3 euros le paquet. Car pour les vêtements, les pris sont identiques et la qualité meilleur a Belleville ou dans le XVIII me arrondissement.

 La planque de la rue Belliard de Jacques Mesrine, l’un des ennemis publics numéro 1, dont la mythologie n’a pas fini de faire fantasmer, attire de temps en temps un badaud nostalgique et cinéphile.

 Guy Môquet :

 Il était sérieux et avait dix-sept ans. Icône récupérée politiquement par Nicolas Sarkozy, le jeune fusillé allie le communisme et la Résistance. Célébrité remise de façon éphémère au goût du jour, Guy Môquet retournera à l’oubli aussi facilement qu’il en est sorti. 

Comment raviver le sentiment de résistance et de prise de risque dans une société nourrie au principe de précaution et à l’assurance que chaque dommage sera indemnisé ? Imaginez un Môquet au poteau d’exécution, n’ayant eu le droit dans sa courte existence ni aux cigarettes ni aux boissons alcoolisées, car interdites aux mineurs. De quoi réduire les ardeurs de résister à l’occupant !

Le quartier est assez agréable cependant, commercial, plutôt vivant. Il est qualifie de « bon XVIII me » par les agences immobilières, qui pour des raisons évidentes n’osent écrire « sans Arabes ». Excentré par rapport à la Butte, les touristes s’y font rares.

  La Fourche :

Le seul intérêt de prendre le métro à la Fourche plutôt qu’à Guy Môquet ou à Brochant est de gagner en fréquence entre les rames, ce qui est particulièrement utile en soirée et le dimanche. Quelques centaines de mètres parcourus à pied vous font gagner de précieuses minutes.

Les travestis latinos basanés à la pomme d’Adam proéminente et à la barbe naissante promènent sur des talons hauts leur nonchalance sud-américaine. Ils déambulent par deux sur l’avenue de Clichy, toisant les curieux qui se demandent….

 Asnières, Clichy :

Clichy ou la fin des jours tranquilles. Un monde à part au delà du périphérique. La Garenne, bel endroit pour se faire poser un lapin !

La municipalité n’a pas l’aura de luxe et de soufre de sa voisine Levallois-Perret et de sa mairie balkanisée ! Son maire ne nourrit pas l’actualité et de Bic à L’Oréal, du périphérique aux quais de la Seine, la ville vit sa vie loin des feux des rampes médiatiques.

Asnières, et la fac des réprouvés. L’image dévalorisante des zones d’épandage et le cimetière pour chiens de mémères éplorées venues se recueillir sur la tombe de leur toutou pollue encore l’inconscient collectif. Asnières tarde à sortir de cette image et la bonne volonté de la municipalité n’arrivera jamais à faire de la ville un petit Neuilly.

 Brochant :

Le XVII° oublié par Panafieu a raté l’occasion des Jeux Olympiques si chers à Delanoë pour commencer sa rénovation. C’est tant mieux, car le quartier encore vivant aurait été rasé pour u faire du béton et des jardins sans âme. Les voies de chemin de fer, le long de la rue de Rome séparent le bon arrondissement de son îlot mois coquet et plus populaire.

Les Epinettes sont devenues le nouveau quartier noir de Paris avec ses squats, ses bars et restaurants africains. Petits hôtels miteux, centres d’appel téléphonique, restaurations rapides dont un french pizza halal résume à lui seul toute la problématique de l’intégration.

 Place Clichy :

 La statue du général Moncey défendant Paris contre les cosaques marque la limite ouest de l’industrie du sexe. Le Wepler et les cinémas sont les derniers vestiges d’une place qui attiraient jadis pour son côté festif.

Non loin de là, la cabine de verre est une invitation à grimer vers le néant. Hélas, l’accès en est fermé et cet édicule incongru a du mal à mériter l’appellation d’œuvre d’art.

Liège, plus belge la vie, en tout cas moins qu’à Anvers et la proximité de la gare du Nord

 Saint Lazare :

 Les Grands Magasins et la proximité du Printemps et des Galeries Lafayette mélangent deux déferlements. Celui des acheteuses et la bousculade à la sortie des bureaux qui se dirige à la hâte vers le RER et les trains de banlieue. À partir de vingt heures le quartier est un désert qui n’attire plus personne. Se promener devant les vitrines des grands magasins en pleine nuit, donne une impression d’étrangeté que l’on retrouve aussi en déambulant aux mêmes heures tardives dans les passages couverts du Sentier quand ils ne sont pas encore fermés et que l’on passe devant des mannequins en vitrine, aux allures de fantômes immobiles.

La gare Saint-Lazare, c’est aussi la ruée vers l’Ouest, la porte de la Normandie avec ses voyageurs lambda et ses Africaines délurées et accortes qui se rendent à Evreux par cohortes.

Mathilde fait tapisserie sur le quai du train de Bayeux en attendant son amoureux qui a du retard. Il doit galérer dans les transports, retardé par un incident voyageur, un mouvement social spontané.

La disparition progressive des prostituées de la rue de Budapest va priver définitivement les employés de bureau de leur coup pressé à l’heure du déjeuner. .

La jonction Saint Lazare – Invalides :

Le trait réunion de deux mondes qui s’ignorent via Miromesnil et les Champs-Élysées par la jonction des anciennes lignes 13 et 14 a généré le mélange de deux sociétés qui ne se fréquentent pas avec la Seine comme frontière psychologique.

« Ceux du nord » ressentent souvent un malaise en franchissant le fleuve, ils ont une sensation de « ce n’est pas pour nous » teinté à la fois d’amertume, de jalousie et d’admiration. Manque d’imagination et d’ouverture d’esprit ou sentiment de malaise, de ne pas être à sa place ?

Ce sentiment est surtout marqué pour ceux qui vivent au-delà du périf’ loin de leur base, ils ne font pas les fiers. La plupart affichent un profil bas et seule une minorité se comporte comme un vol de gerfauts loin du charnier natal. On fait moins le mariole rue la Boétie ou rue du faubourg Saint-Honoré que dans les parages de sa barre HLM, question de confiance et de maîtrise du quartier.

 VII° arrondissement, le retour au Paris bourgeois :

 Derrière le dôme des Invalides, Varennes est la station la moins fréquentée du réseau, peu d’amateurs du musée Rodin s’attardent sur les quais.

Vivre à Ségur ou à Duroc dans de magnifiques immeubles entre la tranquillité des beaux quartiers et le faste des ambassades et des ministères. Exister entre deux rallyes, un passage au salon de thé, ou chez la manucure ne se conçoit pas en transport en commun quand on habite vers Saint François Xavier. Il est un art de vivre qui ne tolère pas qui la promiscuité avec des gens du vulgum qui vivent péniblement de leurs maigres rémunérations. C’est un des rares endroits de Paris ou il est possible de croiser de jeunes fausses ingénues qui fréquentent des écoles catholiques et qui font des moues subversives et lascives en grignotant des Kinder Pingui.

 Montparnasse Bienvenüe :

 La vielle gare a été détruite pour être remplacé par un bâtiment fonctionnel et sans âme débouchant sur l’esplanade de la Tour, chef-d’oeuvre de modernité et de mauvais goût. La disparition des Bretonnes à Montparnasse ne date pas d’hier. Les hordes de Bécassines naïves, faciles à berner arrivant avec pour tout bagage leur innocence et une petite valise ne sont plus. La légende urbaine en a fait les proies de racoleurs sans scrupule, déguisés en curés ou en bonnes sœurs pour qui après les avoir leurrées, ne les envoyaient pas faire des crêpes, mais aux asperges dans les hôtels de passe miteux autour de la gare. Les muses de Parnasse ont déserté les bordels et les derniers poètes ne riment plus à rien.

 De ce passé fait de migrations armoricaines, il ne reste que les crêpes vendues à la chaîne dans des restaurants n’ayant guère que le nom de breton. Les ombres fragiles de Modigliani et de la frêle Kiki ne hantent plus les rues. L’odeur de l’absinthe qui annihilait la faim des artistes pour les laisser avachis dans les brumes de la création, il ne persiste que de vagues souvenirs de ces temps bénis. L’art et la création ont définitivement déserté Montparnasse.

 L’atroce tour défigure le quartier, elle n’est belle que du dernier étage, car de là, on ne la voit pas et il est possible d’apprécier le panorama.

Le TGV draine ses bataillons serrés de voyageurs courant avec valises pour ne pas rater leur train.

Longtemps, longtemps que les poètes et les artistes aient disparu, hors quelques écrivaillons, plus aucun grand nom ne s’installe à la Closerie des Lilas. Et qui oserait encore payer d’une de ses œuvres un petit repas chaud ?

A la Gaîté la chair commerciale et aseptisée se décline en vitrines discrètes et côtoie le théâtre italien de la Commedia dell’arte. L’italianité de Rocco Siffredi a remplacé celle de Modigliani qui errait en toussant sous la pluie dans les rues du vieux Montparnasse de l’entre deux guerres. Le peintre de poils pubiens, alors qualifié d’obscène, de nos jours aurait-il hanté les yeux hâves les rayons des sex-shops ?

Le XIV° populaire, Pernéty, Plaisance :

La rue Raymond Losserand et la rue de l’Ouest étaient encore il y a moins d’une décennie des lieux de convivialité malsaine, proche de squats et de taudis plus ou moins insalubres.

Si le quartier n’a pas encore attiré les bobos et les investisseurs, il n’en reste pas moins un tant soi peu populaire, non encore colonisé par des hordes de propriétaires frileux.

C’est encore un peu le fief des séparatistes du XIV° arrondissement, là où Renaud, quand il aimait encore le béton et le macadam, y voyait un havre de prolétariat franchouillard. Les cités HLM, la proximité des boulevards des Maréchaux, nous y voilà, donnent une image un peu ouvrière aux frontières sud de la richesse.

 Le Tram qui passe à la porte de Vanves facilite la vie de nombreux transitaires migrant d’ouest en est. Le riverain, écologiste quand cela peut lui servir à emmerder les autres, voit dans cette nouveauté une nuisance sonore intolérable. Et à chaque sonnerie d’avertissement du machiniste, il glapit comme si un orchestre de gong lui avait mortifié le tympan. L’écologiste haineux voit systématiquement un préjudice et de la nocivité en chaque initiative de modernisation des transports. Trop de véhicules individuels, trop de livraisons, trop de gaz d’échappement, hélas, tout le monde ne peut aller à pied ou en vélocipède !

La Banlieue sud :

Il n’y a bien longtemps que les Russes ont déserté Malakoff, n’y ont-ils d’ailleurs jamais mis les pieds.

Le Châtillon de Léo Malet, celui des nouveaux mystères de Paris d’un Nestor Burma s’aventurant au-delà des fortifs a lui aussi disparu dans une modernisation monocorde et sans vie faisant regretter les immondes pavillons en meulière pour les remplacer par une zone de bureaux.


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • Ronny Ronny 27 mai 2009 14:26

    J’aime bien votre papier sur la 13 ! Il me rappelle un peu par son ambiance les dessins de
    Tardi, représentant paris et sa banlieue dans les années 60 (toute ma jeunesse smiley ) !

    Plus sérieusement, le métro est un fantastique outil pour les sciences humaines et sociales
    dans le sens ou il permet d’effectuer une coupe transverse de la ville « au dessus ». On
    retrouve, en fonction des horaires et des stations, une typologie sociale très diverse et très
    éclairante sur le monde urbain. Pour cela la ligne Cligancourt - Orléans n’est pas mal et le
    RER B également fort intéressante, avec ses quatre plaques tournantes et station critiques :
    CDG, Gare du Nord/Chatelet, Antony et Massy divers types soc les types sociaux.

    A quand, donc, la prochaine ballade métropolitaine ?


    • Fergus fergus 27 mai 2009 15:38

      Bonjour Georges,

      Faute de temps,je réagis seulement à la partie Montparnasse, et cela sur plusieurs points :

      Le recrutement des petites bretonnes qui débarquaient du train n’était pas seulement le fait de julots en quête de chair fraîche, mais aussi de commerçants (j’en ai connus) venus là recruter des employées acceptant de travailler contre une chambre et une rémunération dérisoire.

      La rue de la Gaîté n’est plus tout à fait la réplique de Pigalle qu’elle a été durant les années 70 et 80 : les sex-shops s’y sont fait rares, et la rue est surtout devenue celles des théâtres car, outre la Comédie Italienne (spécialisée dans les pièces de Goldoni), on y trouve :
      - Bobino
      - Le théâtre Rive-Gauche
      - La Gaîté Montparnasse
      - Le théâtre Montparnasse
      - Le Petit théâtre Montparnasse
      Soit 6 salles pour une si petite rue !

      Enfin, concernant les crêperies des rues d’Odessa, du Montparnasse et Delambre, je vous accorde que si la majorité sont médiocres, il en est aussi de très bonnes. Et, contrairement à votre affirmation, la plupart sont encore tenues par des Bretons.

      Totalement d’accord en revanche pour condamner ce chancre immonde qu’est la Tour Montparnasse.


      • Fergus fergus 27 mai 2009 19:04

        Un petit mot sur le 14e pour préciser que des bobos, il y en là comme ailleurs, particulièrement dans les vieux immeubles qui ont résisté à la pioche des démolisseurs, précisément de part et d’autre de la rue de l’Ouest et de la rue Raymond Losserand. Certains de ces bobos sont même en train de s’installer dans la très pittoresque allée des Termopyles.

        Enfin, comment passer dans ce secteur sans évoquer l’amphithéâtre de Ricardo Bofill, juste à côté de la place de Catalogne ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès