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Accueil du site > Actualités > Société > Métro parisien : L’axe des communautés disparates (2)

Métro parisien : L’axe des communautés disparates (2)

Ligne 2 :

Nation – Porte Dauphine

Partie centre et ouest de la ligne 2

Colonel Fabien :

L’ancienne station Combat, où se déroulait sur la place des spectacles mettant en scènes des animaux se battant pour le plus grand plaisir de parieurs a été rebaptisée du nom du résistant qui habitait le quartier avant guerre.

Le Parti Communiste, alors fort de ses fusillés et de ses adhérents a fait construire un immeuble remarquable sur les plans d’Oscar Niemeyer. Il ne rassemble plus les masses comme lors des funérailles de Jacques Duclos en 1975 où des milliers de sympathisant inondaient la place du Colonel Fabien pour lui rendre un dernier hommage. Les ouvriers ont disparu de Paris tout comme les communistes. Les affiches rouges sont désormais celles des publicités tapageuses qui incitent à la consommation effrénée plus qu’à la résistance. Car le rouge est plus une question de mode que d’engagement. Le Parti en est réduit à louer un étage de son siège pour arriver à subsister avec les loyers. Grandeur et misère d’un parti devenu obsolète dans un environnement social et culturel qui ne lui est plus favorable. Les travailleurs émigrés n’ont pas remplacé les ouvriers parisiens partis après la fermeture des usines et des ateliers de la capitale.

Sur la place, donne la rue de la Grange aux Belles, nom évoquant un bal populaire mais aussi les bordels de basse classe, où après avoir guinché, on allait se satisfaire avec une greluche dans la paille des écuries. Paris a le secret de ces noms de rues équivoques, rappelant l’exercice du plus vieux métier du monde. Rue Brise Miche, rue du Petit Musc, là où la pute y muse, rue Tire Boudin, devenue rue Marie Stuart et la proche rue Gratte-cul rebaptisée rue Dussoubs rappellent un passé de putains, de michetons et de proxénètes qui ont fait la légende du Paris interdit dont l’évocation fait toujours fait frémir les touristes.

Jaurès / Stalingrad :

Les parages de la place Stalingrad ont longtemps eu très mauvaise réputation. Les taudis, le crack et autres drogues, l’insalubrité en ont fait un non man’s land, un lieu de non droit pendant plusieurs décennies. La mise en valeur de bassin de la Villette, l’ouverture récente du 104 rue d’Aubervilliers comme lieu de culture tendent à redonner au quartier une image moins négative.

Jadis, il n’y a pas si longtemps, lieu d’alternance entre trafic, bagarres et opérations policières à la fois musclées et médiatisées, Stalingrad essaie de se défaire doucement de son image de repaire de voyous et de petits malfrats. Pourtant, la place n’est pas la Cour des miracles décrite avec complaisance dans la presse. Le nombre d’agression, de viols et de meurtres est loin d’atteindre des sommets, mais la peur qui s’était installé est encore résiduelle malgré les cinémas, les pseudos guinguettes et les rondes de police. Le virage du viaduc entre Jaurès et Stalingrad passe devant l’Epoque, le restaurant où furent tournés les épisodes de la série Navarro. Le lieu pourtant n’inspire pas aux descentes de police, mais plutôt de muscadet ou de côtes du Rhône au comptoir du bistro.

Pour ceux qui aiment la loi et l’ordre, les îlotiers et les descentes de police musclées, pour les ennemis de la crasse et des façades lépreuses, Stalingrad est comme une hémorroïde dans la ville. Alors, ils se gargarisent de réhabilitation, de civilisation des espaces et de rues rendues aux bambins et au Vélib’.

Il est encore trop tôt pour dire si la modernité branchée du 104 aura définitivement raison des activités interlopes qui n’ayant pas disparues se sont réfugiées dans les rues excentrées et plus discrètes ainsi que dans les cours des cités. Les consommateurs sont moins visibles que durant les années 90, ils se dérobent et se dissimulent dans les derniers immeubles insalubres dans les impasses derrière la rue d’Aubervilliers. Ils ne sont plus aussi perceptible du métro et ne divaguent l’œil hagard que lorsqu’ils sont en manque. Les maires et préfectures se satisfont de ce manque de visibilité. L’illégalité qui se cache des yeux des bourgeois est bien plus supportable que lorsqu’elle étale la déchéance, la misère et la dépendance au vu de tous.

Comme il n’est plus possible de fumer dans les lieux publics, ceux qui battent le briquet sont désormais des fumeurs sortis en griller une et non des amateurs de crack qui s’allument un caillou. Mais peut-être un jour, le tabac deviendra illicite et la police traquera les contrevenants avec plus encore plus d’ardeur et de zèle que les trafiquants.

Le canal et de la Rotonde de la Villette attire désormais cinéphiles et amateurs de nautisme fluvial et l’ouverture de cafés, de restaurant sur les berges ou à proximité a rendu plus discrète la drague homosexuelle qui s’organisait chaque soir le long des berges. Le trafic fluvial en constante perte d’activité est progressivement remplacé par des plaisirs nautiques et ludiques le long des quais. Il n’empêche, en dehors des spectateurs sortant des cinémas aux heures tardives et traînant pas avant de reprendre le métro, l’esplanade reste quasiment déserte et n’incite pas encore à la flânerie nocturne.

La Chapelle :

Comme pour les Asiatiques à peau jaune, que les Français qualifient uniformément de Chinois, les natifs du sous-continent indien sont considérés comme venant de l’Inde. Little India regroupe de fait des individus certes d’origine indienne, mais aussi des natifs du Pakistan, du Bengladesh et de Sri Lanka.

Longtemps Pakistanais calfeutrés à l’abri du passage Brady près de la gare de l’Est, les « Indiens » se sont progressivement installé à la Chapelle, le long de la rue du faubourg Saint-Denis, de la rue Marx Dormoy et de la rue Louis Blanc de part et d’autre du métro aérien. Majoritairement Tamouls, ces commerçants ont créé à leur corps défendant une hostilité des riverains qui se sentent envahis. Réaction identique à celle engendrée par la présence des Chinois de la rue Popincourt dans le 11° arrondissement et réactions protectionnistes des comités de quartiers et des associations de commerçants. 

Odeurs de curry, de masala et de tandoori sortent des boutiques et répandent leurs effluves sur les trottoirs. Saris aux couleurs chatoyantes et bijoux dorés s’affichent aux vitrines du faubourg. Et lors de la fête de Ganesh, des milliers d’hindous défilent joyeusement dans les rues, cassant des noix de cocos sur leur sillage.

Le prolétaire blanc qui faisait penser au Coluche de Claude Berry dans Tchao pantin n’existe plus dans le paysage. La station-service du film a été détruite, elle est remplacée par un immeuble banal et ne fera plus méditer les voyageurs qui la voyaient quotidiennement du haut de leur rame.

Les derniers ouvriers et les employés sont en rapide transit. La Chapelle, jadis petite station peu fréquentée a vu une nouvelle population pressée depuis l’ouverture de la correspondance et accès au RER de la Gare du Nord.

Barbès Rochechouart :

Barbès est un lieu mythique, le carrefour de la diversité. Lieu de transit et passage obligatoire pour une émigration récente, Barbès a été depuis le début du XIX° siècle un carrefour incontournable pour de nombreux arrivants. Un milieu populaire et ouvrier y a toujours été en contact avec une classe interlope, bien moins clinquante cependant que celle de Pigalle.

Jadis encombrée de petits vendeurs à la sauvette, de distributeurs de prospectus, la sortie du métro aérien est désormais le domaine de prédilection des vendeurs de cigarettes algériens au pied du Louxor, le cinéma mythique fermé depuis des décennies, désormais classé en l’attente de travaux.

Ces nouveaux poètes arabes écoulent des paquets de Rym et de Legend, des Marlboro venues de France, d’Espagne ou d’Ukraine à des fumeurs dans la dèche, n’ayant plus les moyens financiers de suivre les hausses itératives du prix du tabac. Ces patriotes vendeurs n’hésitant pas à fêter dans les chants et la joie les victoires de Bouteflika avec drapeaux algériens et les you-yous, se débrouillent tant bien que mal pour échapper à la police et aux équipes de sécurité du métropolitain. Incessant jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre, le business s’organise et pour réduire les pertes lors des saisies par la police et minimiser les risques d’interpellation. Les vendeurs se trouvent des planques et n’ont rarement sur eux plus d’une cartouche.

Le soir, tardivement, les négociants en clopes se font plus rares et laissent la place au commerce encore plus illicite du Subutex, interpellant l’acheteur potentiel par d’explicites, sub-sub, pour ceux qui reconnaissent le ton de cette douce musique. Certains consommateurs ayant abusé de produits encore bien plus toxiques déambulent et zigzaguent en déblatérant insanités et borborygmes en l’attente de leur fournisseur attitré.

Le carrefour est cependant devenu plus calme et moins encombré qu’au temps pas si lointain des maisons d’abattage où le travailleur algérien se soulageait sur des lits sans draps recouverts d’un papier journal, dans de sordides maisons de passe où l’on faisait la queue tout penaud le long du trottoir jusque dans les années 70.

Mais ce qui subsiste et maintient un grouillement incessant de dix heures du matin à dix-neuf heures, c’est l’institution Tati, qui bien qu’actuellement en perte de vitesse depuis près de dix ans, draine ses cohortes de clients pressés à la recherche de la bonne affaire dans l’habillement, la fringue bon marché, l’accessoire de mode et le petit objet pas cher qui fera un magnifique cadeau pour ceux du pays. Tati est une institution, à ses heures de gloire son nom et ses sacs publicitaires étaient connus jusqu’aux fins fonds des bleds les plus éloignés de l’Atlas et de la Kabylie.

Grandeur et décadence, ce haut lieu de la fripe a perdu de son lustre et de son aura. La concurrence est rude avec Sympa et Guerrisoldes, ses tee-shirts délavés et flétris et ses infâmes blousons. Les temples de la fringue immettable, du rogaton et de la fin de série ont encore de beaux jours devant eux.

Barbès, en dehors de Tati est aussi le carrefour du mariage arabe, de la robe blanche au costume criard trois-pièces et aux tenues de demoiselle d’honneur. Robes fêtes marocaines ou égyptiennes s’y monnaient dans des boutiques de l’union arabe.

Et puis, Barbès est à quelques encablures de Château rouge, le domaine des Africains de leurs commerces et de leurs rendez-vous.

D’Anvers à la Place de Clichy :

Le long des boulevards de Pigalle et de la rue des Martyrs, le sexe s’étale se vend et se consomme sans retenue. A moins d’être extrêmement naïf, celui qui arrive à Pigalle sait ce qu’il va y trouver. Sex-shops, sexodromes, clubs, bars dits américains de la rue Fontaine avec leurs hôtesses. Si vous n’avez pas bien compris où vous êtes malgré les photos explicites en façade, les rabatteurs vous attirent en vous tirant par la manche, les plus discrets rentant de vous glisser une carte de visite dans la main. De la rue Germain Pilon à la rue des Martyrs, travestis et vieilles prostituées d’âge canonique abordent le client à la recherche de sensations fortes. Touristes étrangers et provinciaux entrent subrepticement dans les commerces du sexe, visitent le musée de l’érotisme et vont se délecter goguenards aux spectacles du Moulin Rouge ou des cabarets transformistes. La recherche du sensationnel formaté alimente les chroniques et les reportages de journalistes peu imaginatifs. La vraie ville interlope n’est plus véritablement à Pigalle mais à La Goutte d’Or et à Château Rouge, loin des cars de touristes et des provinciaux en goguette.

Tout comme pour la Tour Eiffel, peu de vrais Parisiens sont friands de ce genre d’attractions. La vie parisienne, celle des guides et des circuits organisés ne concerne pas ses habitants de souche. Ils fuient comme la peste les rabatteurs des clubs de striptease ou les rembarrent en disant qu’ils sont du coin et qu’on ne les arnaquera pas.

Le Funiculaire d’Anvers qui mène au sommet de la butte Montmartre est une usine à touristes fatigués, trop las pour gravir les escaliers de la butte de moins en moins acquis aux miséreux. En arrivant au pied de la butte, le flot humain s’arrête au marché Saint-Pierre, lieu d’achat de tissu au métrage, occasion en or pour celles qui savent encore coudre et recherchent le coupon à bas prix ou la grande largeur qui fera de beaux rideaux. Après avoir négligé les souvenirs religieux à la limite de la simonie de pacotille dans la rue de Steinkerque, les visiteurs sont plus enclins à écouter les camelots africains qui essaient de leur refourguer faux bijoux, montres en toc et colifichets ou bracelets de pacotilles avant de se faire arnaquer par les croquistes et peintres et de subir l’insoutenable infamie de la croûte place du Tertre. Peintres sans imagination, caricaturistes sans créativité survivent en arnaquant les gogos, très fier de ramener un souvenir de Paris et les pseudo-galeries refourguent des scènes de la vie montmartroise venues tout droit de Chine. Le Paris mièvre d’Amélie Poulain fait les choux gras du patron du bistro où fut tourné le film et quelques Japonais égarés viennent y prendre un verre à la recherche d’une ville qui n’existe pas.

Le Sacré-Cœur attire plus les touristes avides de perspectives sur les toits de la ville que de fidèles catholiques. Peu de visiteurs découvrent au pied de la basilique la statue du Chevalier de la Barre glorifiant un jeune homme victime du fanatisme religieux. La statue érigée par les anticléricaux lors de la querelle sur la laïcité avait disparue pendant l’occupation, fondue par « l’hôte allemand ». Elle a repris sa place depuis une vingtaine d’année bien que le combat contre les cathos ne soit plus à la mode politique de nos jours.

La place Blanche n’a pas si mauvaise mine, elle est même parmi les endroits de Paris où l’on peut admirer les plus belles blacks, altières, hautaines, pressées ou avenantes selon leur humeur ou leurs préoccupations.

De Rome à Ternes :

Le retour des blancs et des bourgeois commence au lycée Chaptal et près des luthiers de la rue de Rome.

Le parc Monceau n’est pas celui des Buttes Chaumont. On y cultive l’entre-soi bourgeois et les seules africaines autorisées sont derrière des poussettes remplies d’enfants blonds, à la rigueur un peu bruns mais pas du tout pigmentés.

L’homogénéité sociale est de règle et reconnaître des communautés ne saute pas l’œil. À quelques encablures du parc, les Juifs de la rue Jouffroy d’Abbans, sont discrets et se fondent dans le paysage, malgré les amicales, associations, restaurants et boutiques qui s’y sont progressivement installés. Ce n’est pas le grouillement populaire de la rue des Rosiers et son agitation incessante, mais plutôt le manteau de fourrure et le collier de perles exhibé avec plus d’ostentation que la kippa.

Les Russes de la rue Daru, l’église orthodoxe saint Alexandre Nevski et les poupées russes, le caviar et l’épicerie fine ne se remarquent qu’après une longue et minutieuse inspection des rues du XVII° arrondissement. Les sorties d’offices sont un régal pour l’amateur de donzelles racées et élégantes et ne laissent pas indifférent le promeneur solitaire qui n’a pas intérêt à rêver s’il veut éviter l’occasion de se ruiner agréablement aux pieds d’une de ces époustouflantes beautés qui hantent le quartier.

La place des Ternes n’a pas si mauvaise mine et il ne manque que Dany Brillant pour y redonner du clinquant. La Brasserie Lorraine n’a de lorrain que le nom et depuis qu’elle a fait peau neuve, elle attire des m’as-tu vus en terrasse qui préfère fruits de mer et carpaccio à de roboratives choucroutes...

Charles De Gaulle Etoile :

L’Avenue des Champs-Élysées est l’accès à la vitrine du luxe pour les pauvres, le mirage des fauchés venus fantasmer un court moment sur la « plus belle avenue du monde ». Le Mac Do, nouvelle terre promise des banlieues, le rêve amer des blacks, blancs, beurs de 98, fait se croiser les Nike, les capuches et le street wear avec les costumes trois-pièces et les manteaux de fourrure.

Touristes ébahis, provinciaux de passage, prostituées, michetonneuses, mateurs et amateurs, marcheuses marocaines aux cheveux de jais et la prunelle luisante, se dirigeant vers un club fréquenté par Saoudiens ou Emiratis, paradent, se montrent et se toisent en connaisseuses.

Les Champs-Élysées autorisent de cultiver une attitude de badaud désoeuvré, profitant de la majesté commerciale de l’avenue la plus chère du monde. Etaler sa médiocrité et son manque d’imagination n’est pas l’apanage des provinciaux ébahis et médusés montés à la capitale. Les petits loubards, les traîne-savates viennent le samedi soir s’en mettre plein les yeux. Seul les Parisiens dit de souche, ceux qui y sont nés depuis au moins trois générations, détestent les Champs tout autant qu’ils considèrent la Tour Eiffel comme un monument pour les ploucs et les étrangers.

L’Arc de Triomphe à donf’ pour les petits zonards peu au fait des hauts faits du soldat inconnu dont ils ignorent le nom ! Ils n’iront pas frimer au Fouquet’s, inaccessible pour eux mais se montrer quand ils ont de la thune dans des établissements moins huppés quoique « classe ».

Les vénéneuses en bottes et manteaux qui arpentent les Champs n’ont plus la classe clinquante et hautement vulgaire de jadis. Le tapin de luxe a fait son temps.

Venir de Vernouillet prendre une balle dans le ventre à la sortie d’un restaurant prestigieux n’est pas à la portée du moindre petit caïd de banlieue. Il faut de la pointure pour aspirer à cette fin tragique toute en panache. Dans de telles circonstances, le patron de l’établissement souhaite rarement réagir et commenter l’incident à la presse, voulant préserver la discrétion que demande la réputation du lieu. Les règlements de comptes entre truands, on les supporte mieux à Pigalle ou à Montreuil, c’est certain.

Victor Hugo, Porte Dauphine :

A la sortie du métro, l’édicule de Guimard, sa verrière et ses carrelages, peu de voyageurs en profitent. La station est peu souvent déserte et rares sont les curieux amateurs d’art déco faisant le déplacement uniquement pour en apprécier le charme.

L’endroit est surtout connu pour être un lieu de voyeurisme et d’exhibitionnisme, de véhicule faisant le manège autour de la place, de rencontres échangiste et de prostitution variée.

Le désert et le Bois ! En dehors des activités vénales des allées forestières, la vie s’écoule monotone dans les rues du quartier. Boutiques de luxe, riverains aisés et discrets, hors les visiteurs du musée africain Dapper, peu d’éléments exogènes s’aventurent au delà de l’Arc de Triomphe vers la périphérie riche du nord du XVI° arrondissement. Peu oseraient troubler la quiétude de la place Victor Hugo et des rues adjacentes. La bourgeoisie locale ne veut pas faire de vague, qu’elle soit nouvelle ou non.

Fin de parcours dans un Paris qui n’inspirait pas Léo Mallet, des goûts et des couleurs…

 


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12 réactions à cet article    


  • Gazi BORAT 19 mai 2009 10:01

    Paris, comme New York est une capitale qui se recompose inlassablement mais tend à expulser les plus bas niveaux de revenus vers sa périphérie. Ce faisant, elle perd son âme.

    Le phénomène est universel : un quartier populaire et délabré attire en un premier temps des artistes, puis une frange de la bourgeoisie à prétentions culturelles qui y trouve un certain pittoresque propre à alimenter son snobisme, puis les professions de la communication et de la mode y installent leurs officines.. puis viennent les spéculateurs et le quartier meurt..

    C’est ce qui arriva à la Bastille, aux hauteurs de Belleville..

    Merci de témoigner de derniers ces quartiers du nord est de Paris ayant encore du caractère avant leur normalisation ..

    gAZi bORAt


    • armand 19 mai 2009 18:33

      C’est très vrai ce que vous dites Gazy mais des micro cultures s’y developpent aussi et parfois dépassent le cutlure globale mais il y a encore du chemin à parcourir parce que le peuple à peu d’accès à la culture (prix, infos, intéret etc...)
      voir le succés mou du MACVAL à vitry ou je vais réguliérement


    • Fergus fergus 19 mai 2009 19:06

      @ Gazi Borat.

      Je pense qu’il convient néanmoins de nuancer les raisons de cette mutation. Les gens pauvres et modestes qui constituent le coeur des quartiers populaires habitent souvent des immeubles vétustes, voire insalubres. Ce qui les projette vers la périphérie, c’est la nécessaire rénovation de ces immeubles et la hausse consécutive du prix de vente ou du prix des loyers, qu’ils soient publics ou privés, hausse rendue inévitable par les importants coûts de rénovation.

      Le même phénomène est en cours à Marseille dans le quartier du Panier après avoir été observé à Lyon sur les pentes de la Croix-Rousse ou dans les quartiers Saint-Paul et Saint-Jean.

      On peut chercher des boucs émisaires, et il en existe parfois dans la collusion entre les professionnels de l’immobilier et les élus, mais c’est très loin d’être le cas partout. La faute en revient surtout à la vétusté, et ce qui se passe dans les villes n’est en l’occurence pas différent de ce qui se passe dans les villages avec les maisons bourgeoises anciennes, peu à peu déclassées et laissées aux classes populaires.


    • Fergus fergus 19 mai 2009 10:24

      Belle balade, Georges, particulièrement dans ces quartiers populaires que j’apprécie et où j’aime à me promener, appareil photo en main, au cas où...

      En revanche, pas d’accord du tout sur l’adjectif « mièvre » accolé à Amélie Poulain. Que l’on aime ou pas ce film, il n’est en aucun cas mièvre, mais baigne tout entier dans une atmosphère poétique qui ne vise en aucun cas à décrire un univers réaliste.

      Enfin, les vieilles prostituées de la rue de Martyrs ont, depuis belle lurette, dépassé « l’âge canonique ». Rappelons que cet âge, fixé à 40 ans par les canons de l’Eglise, est l’âge minimum que devait avoir une femme pour prétendre à la fonction de servante de curé. Vu les progrès accomplis par les femmes pour l’entretien de leurs corps, gageons que si M. Ratzinger devait réécrire cette disposition, il porterait aujourd’hui cet âge à... 60 ans au moins !


      • SALOMON2345 19 mai 2009 12:19

        J’aime bien lorsque l’on écrit comme R. Doisneau, cela légende bien l’image !
        Merci pour la ballade...commencée pour moi dès mon arrivée...en 1947 !
        Mais hélas : même l’odeur du Metro a changé !


        • Shiva Shakti Shanti Shiva Shakti Shanti 19 mai 2009 19:35

          J’attend votre description de Ligne 3 et 12 avec impatience ! Merci encore votre vision est très objective je trouve, je me régale de vos articles depuis quelques jours !


          • Georges Yang 19 mai 2009 21:13

            D’abord, merci d’apprécier ma prose. J’avais ces textes depuis quelques mois, je les ai juste améliorés. Je suis à Kampala et taper en Qwerty, ajouter les accents au travers des symboles et du correcteur est assez ardu. Et puis, je risque de me répéter. Je vais donc faire une pause, il m’en reste un ou deux encore. En ce moment je pense à d’autres phénomènes de société. Et puis ici ce n’est pas le haut débit, envoyer une réponse peut me prendre plus de 5 minutes.


          • Jojo 19 mai 2009 22:04

            Je ne comprends pas, pourquoi ne pas ajouter le clavier français ?

            Par exemple, si vous êtes sous Windows : Panneau de configuration, Options régionales, Onglet Langues, Bouton Détails, Ajouter (Français de France)

            Dès lors vous pourrez basculer entre l’anglais et le français dans la Barre des tâches.

            Evidemment, il faudra repérer (quand vous aurez activé votre clavier français) , les éèçàù etc avec des petits autocollants.

             

            Un régal vos articles merci.


          • Georges Yang 20 mai 2009 10:15

            Etant en ce moment itinérant dans le pays, je me vois mal coller des pastilles dans un cyber ou chez des amis.


          • fouadraiden fouadraiden 19 mai 2009 22:22

            « Touristes ébahis, provinciaux de passage, prostituées, michetonneuses, mateurs et amateurs, marcheuses marocaines aux cheveux de jais et la prunelle luisante, se dirigeant vers un club fréquenté par Saoudiens ou Emiratis, paradent, se montrent et se toisent en connaisseuses »

             on voit que l’auteur est un habitué du monde arabe et de ses moeurs. très drôle le coup des marocaines..hahah haha

            très chouette papier.

             faudrait pas oublier de passer une fois par la case prison-tricolores, là la diversité si gaiement décrite disparaît comme par enchantement ...enfin on se comprend.


            • Yohan Yohan 20 mai 2009 00:54

              Très bien Georges, beau boulot très documenté.


              • finael finael 22 mai 2009 20:38

                Une réaction bien tardive, mais un grand merci pour cet article, aussi poétique que documenté !

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