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Mort injuste, défense légitime

Depuis le 29 octobre, on a beaucoup parlé de la mise en détention provisoire de René Dahan, ce commerçant mis en examen par un juge d’instruction de Créteil pour homicide volontaire sur la personne de Pascal Hilaire. Je me fonde pour évoquer les circonstances de ces drames sur la relation qu’en ont donnée principalement Le Figaro et Le Parisien.

Il est environ neuf heures, le 27 octobre, lorsque René Dahan se retrouve devant la porte de son appartement de Nogent-sur-Marne en face d’un trio, dont Pascal Hilaire, qui le repousse à l’intérieur. Il est aussitôt plaqué au sol par l’un des malfaiteurs, tandis que les deux autres ceinturent son épouse et la molestent. Une arme sur la tempe, René Dahan essaie d’échapper à l’emprise de son agresseur qui, pour sa part, cherche à l’étrangler. René Dahan, dans l’empoignade, réussit à détourner l’arme. Un coup part, atteint le plafond. Détenant le 357 magnum, le commerçant tire à trois reprises sur Pascal Hilaire qui, dans sa fuite, tombe par la fenêtre. Sa mort sera constatée peu de temps après. Les deux autres malfaiteurs seront interpellés, quelques jours plus tard.

Au regard de ces éléments, dont la seule source est médiatique mais qui me semblent fiables, René Dahan a été placé en détention provisoire à cause de la gravité des faits et, selon un magistrat, pour le protéger, car il aurait craint des représailles.

Cette incarcération a suscité l’intervention de Nicolas Sarkozy auprès du garde des Sceaux. "Cette affaire suscite une émotion considérable parmi nos concitoyens qui ont du mal à admettre qu’un honnête homme, agressé chez lui, menacé de mort avec une arme et craignant pour la vie de son épouse, soit en retour mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire", a déclaré le ministre d’Etat. Le ministre de la Justice lui a répondu que René Dahan ne semblait pas avoir agi "dans le cadre de la légitime défense" mais que le Parquet envisageait le placement sous contrôle judiciaire du mis en examen. Le père de Pascal Hilaire s’interrogeait : "Pourquoi il n’a pas tiré dans les jambes ?", tout en admettant le caractère " inexcusable " de l’acte de son fils et le droit qu’avait le commerçant de se défendre. Le demi-frère de Pascal Hilaire alléguait l’importance des dettes de ce dernier (loyer et factures EDF) et soulignait que le 10 novembre, il aurait eu vingt-sept ans. Ségolène Royal, à Montpellier, s’en prenait à Nicolas Sarkozy en ces termes : "Un ministre n’a pas à exploiter des faits divers pour en tirer des règles générales, ce n’est pas ma conception de l’exercice du pouvoir."

Le simple énoncé de ces échanges croisés manifeste l’amplitude de la controverse, qui dépasse le domaine judiciaire pour rejoindre le débat citoyen et social. J’ai attendu, pour écrire ce billet, que la Chambre de l’instruction de Paris ait rendu son arrêt en ce qui concernait René Dahan. Celui-ci a été placé sous contrôle judiciaire, le 10 novembre. Je suis heureux de cette décision qui était espérée par tous ceux qui ont été surpris, voire choqués par les péripéties initiales de cette affaire.

D’abord, sauf à manquer d’une partie de l’argumentation, quelle étrange motivation, pour justifier la détention provisoire de René Dahan, d’invoquer "la gravité des faits". On se sert contre lui de la gravité d’une entreprise criminelle dont il a été la première victime et qui a été le fait de trois malfaiteurs. Il est paradoxal de retourner contre le mis en examen une donnée de nature à rendre sa détention provisoire injustifiable. Par ailleurs, même si René Dahan a craint, paraît-il, une vengeance, il était d’un humour judiciaire amer de l’incarcérer en prétendant le protéger alors que, pour le moins, son statut de victime aurait imposé d’autres modalités de sauvegarde.

Mais peut-être me trompé-je ? La gravité des faits, à laquelle on se rapportait, n’était-elle pas liée à la mort de Pascal Hilaire ? Quelles que soient ses circonstances, la disparition de ce jeune homme, pour ses proches et sa famille, demeure une mort injuste, et je comprends que son père, qui a déjà eu l’honnêteté rare de qualifier ses agissements d’inexcusables, ne puisse pas aller plus loin dans l’acceptation d’un destin fatal. Mort scandaleuse pour le coeur de ceux qui aimaient Pascal Hilaire, mais qui ne doit pas interdire de se pencher sur l’existence ou non d’une légitime défense sur le plan pénal.

Le premier paragraphe de l’article 122-5 du Code pénal édicte que "n’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte". Nous savons que René Dahan, pour se défendre, ne va pas chercher une arme qui lui appartiendrait pour s’en servir contre son agresseur. Il parvient au contraire à s’emparer de celle de son adversaire. Nous ignorons, en revanche, pendant la bagarre entre René Dahan et Pascal Hilaire, ce qu’accomplissent ses deux compagnons en criminalité et s’ils continuent à s’en prendre à Mme Dahan. Il me semble qu’il n’aurait pas été inconcevable, au regard de l’information dont je dispose, de faire bénéficier René Dahan de la légitime défense, certes dans une conception élargie, une fois analysé l’apparent obstacle de la "disproportion" visée par le texte pénal . Admettons toutefois, puisque le garde des Sceaux semble avoir transmis à Nicolas Sarkozy le point de vue argumenté du Parquet et de la Chancellerie, que la légitime défense strictement entendue ne puisse pas venir au soutien de la cause de René Dahan.

Il n’y aurait pas légitime défense. Mais il y a défense légitime.

Ce qui ne laisse pas de me préoccuper dans cette affaire, c’est de constater avec quelle rigueur, vigueur et minutie le droit cherche à s’éloigner du bon sens. Le mari et l’épouse sont attaqués chez eux par trois malfaiteurs dont un au moins est armé. C’est une intrusion, un rapport de violence qui n’est qu’un épisode singulier et cruel de la guerre que la délinquance, minorité, mène contre la majorité de la société. Résumée de la sorte, sans des détails qui vont plus obscurcir qu’éclairer l’évidence d’une double innocence et d’une triple culpabilité, cette histoire criminelle mériterait sans l’ombre d’un doute d’être classée sans suite, du moins pour ce qui concerne l’antagonisme principal entre Pascal Hilaire et René Dahan. Pourquoi éprouve-t-on tant de difficulté à instiller dans l’esprit judiciaire les leçons de la vie, avec parfois le risque de la mort ?

Le premier paragraphe de l’article 122-5 du Code pénal vient, pour le plus grand bonheur des juristes et l’incommodité pratique du citoyen victime, apposer une grille abstraite dont la structure semble satisfaisante et protectrice mais qui est aussi éloignée de l’existence authentique et de ses imprévisibles mouvements que la passion l’est de l’amour tarifé. Ce texte exige une mesure, une maîtrise, des citoyens équilibrés, il n’est pas fait pour les héros. Comme l’a très bien dit l’épouse de René Dahan : " C’est la fin d’un cauchemar qui a débuté avec cette terrible agression à laquelle mon époux a réagi de façon héroïque, en légitime défense. Dans ce contexte, nous comprenons qu’il y ait une enquête, mais je suis choquée que le juge ait ordonné l’incarcération de René."

René Dahan est venu mettre, dans l’ordre de la loi, le désordre du courage et l’imprévisibilité de la résistance. A sa place, je ne l’aurais pas osé. Parce qu’il a osé dire non, je lui rends hommage. Dans un monde qui, collectivement, s’épouvante d’être si lâche mais qui suscite le plus souvent, de la part de chacun, résignation et indifférence, un René Dahan, commerçant à Nogent-sur-Marne, plaide pour l’immense masse de ceux qui se laissent faire. D’une certaine manière, un héros du quotidien.

Avec une tragédie dont il est responsable ? Revenons-en à la mort de Pascal Hilaire. Il est clair qu’en se battant, en détournant l’arme et en tirant sur Pascal Hilaire, René Dahan a été impliqué dans le processus qui a conduit à la disparition de celui-ci. Mais y a-t-il disproportion entre le moyen de défense et la gravité de l’atteinte ?

Certes, au chaud dans un cabinet, à l’abri des vents mauvais et des bouleversements qui mettent à bas tous les édifices juridiques élaborés par temps calme, aucune commune mesure entre cette entreprise criminelle - aussi redoutable qu’elle soit pour ce couple - et la mort de Pascal Hilaire. D’un côté une violence temporaire, de l’autre une disparition irréversible. Mais comment raisonner de la sorte ? Il s’agit de la même absurdité qui s’attache à certains comportements policiers quand on veut les voir régis par une sérénité, une réserve et une faculté d’examen qui précisément sont interdites par l’action de la violence et la violence de l’action. René Dahan, au moment où il tentait de désespérément s’en sortir et de protéger son épouse contre ces trois qui avaient fait intrusion chez lui, n’avait pas le loisir de s’arrêter, de mettre la vie en suspens et de sortir le Code pénal pour s’interroger sur la "bonne proportion" à mettre en oeuvre. Cette exigence, inscrite dans la loi, représente le comble du jésuitisme qui autorise la résistance mais prétend la limiter en fonction de critères totalement inadaptés à une certaine forme de délinquance et de criminalité. Il conviendrait que celle-ci aussi connaisse et respecte l’exigence de proportion ! René Dahan pouvait sans doute, en face de la pluralité des possibles, agir autrement, Pascal Hilaire pouvait ne pas mourir, mais le premier n’est pas, en profondeur, responsable de la mort du second. On sauve sa vie et celle de son épouse comme on peut. Pas comme on veut.

Une approche livresque du droit n’est sans doute pas la seule explication de ce hiatus entre la pureté impossible des principes et les douloureuses contraintes du réel. Je me demande s’il n’y aurait pas, dans certaines pratiques, la peur de concéder si peu que ce soit à une vision politique et sociale étiquetée d’extrême-droite et donc récusée par beaucoup. Il s’agirait de ne pas donner le moindre gage à ce qui pourrait apparaître comme une adhésion à un totalitarisme du quotidien. C’est une hypothèse dont je ne crois pas qu’elle soit complètement invalidée sur le plan judiciaire.

Enfin, loin de moi l’idée, qui serait méprisable, de dénier l’égalité en dignité de tous les êtres humains et d’avaliser une hiérarchie des morts. Il n’en demeure pas moins qu’une fois consacré, ce principe n’interdit pas, dans le cadre de la substance même de la vie et des actions honorables ou malfaisantes qu’elle autorise, de moins s’apitoyer sur cette mort injuste que sur cette défense légitime.

Pour le citoyen que je suis.


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219 réactions à cet article    


  • Fred (---.---.155.75) 15 novembre 2006 12:05

    De nos jours, la justice protege les criminels. Il n’y a qu’a voir les 6 ans de prisons donnes au chauffard de Thionville qui a percute 4 petites filles en tuant une, une autre handicappee a vie tout ca avec une ambulance volee, consommation de cannabis et delit de fuite.

    J’attend de voir la peine donnee aux 6 malfrats qui ont incendie le bus a Marseille, je suis sur que l’on va leur trouver des circonstances attenuantes.

    Si les US sont a une extreme en matiere de justice, force est de constater que la France est a l’autre et qu’elle ne punie pas assez severement les criminels.


    • gem gem 15 novembre 2006 13:20

      Mais la justice est fait pour ça, protéger les criminels ! Car le peuple est impitoyable, pour une pomme il coupe la main, pour un viol il coupe les couilles, et pour une agression il tue. Un peu trop radical pour les pays civilisés, qu icerchent surtout à éviter les excès de l’honnete citoyen, pour qu’il le reste et n’adopte pas le comportement de ceux qu’il veut combattre...


    • Boke (---.---.91.222) 15 novembre 2006 12:26

      Un homme est mort. Un homme lui a tiré dessus. Ce dernier est placé en détention provisoire le temps de l’enquête.

      Je ne vois pas ce qu’il y’a de choquant là dedans.

      Effectivement dans le cas présent, l’homme emprisonné est un honnête commercant et l’homme mort est un cambrioleur qui le menacait d’une arme. Effectivement, il y’a peu de doutes sur les faits. Effectivement, certainement qu’un honnête homme qui a défendu ses biens et sa famille est en prison à tort. Il y a peu de doutes... Mais un homme est mort, et, tant que l’enquête n’a pas rendu son verdict, on ne sait pas vraiment comment.

      Je ne trouve pas choquant qu’il ait été mis en détention provisoire.


      • gem gem 15 novembre 2006 13:13

        et moi je trouve que votre commentaire est choquant. Je ne vois pas à quoi la détention provisoire peut servir à l’enquete, étant supposé que la police a fait toutes les constatation utile sur place. Ou alors il faut aussi mettre en détention provisoire son épouse et fermer le lieu du drame, de peur qu’on fasse modifie des « éléments de l’enquête »... absurde !

        Qu’on mette cet homme en examen est normal, qu’on l’envoie en cour d’assises possible (sachant que personnellement, pour ce que j’en sais, l’aquitement s’imposerait), mais la détention, pour quoi faire ???


      • moi (---.---.244.95) 15 novembre 2006 13:13

        « Mais un homme est mort, et, tant que l’enquête n’a pas rendu son verdict, on ne sait pas vraiment comment. »

        Je croyais que c’étaient les juges qui rendaient le verdict...

        Si vous avez raison il serait donc légitime que la victime de l’agression reste en prison jusqu’au procés... dans deux ou trois ans ?


      • Boke (---.---.91.222) 15 novembre 2006 15:02

        Je me suis trompé sur l’utilisation du mot verdict.

        Par contre, il me semble qu’il y’a des enquêtes préliminaires au cours desquelles on décide si la détention provisoire est justifiée ou non.

        Je trouve juste qu’on devrait laisser le bénéfice du doute aux deux parties. Le cas de la légitime défense est difficile à définir (même si dans ce cas, c’est plutôt évident)

        Imaginons par exemple que l’honnête homme ait tiré sur son agresseur après lui avoir pris son arme alors qu’il s’enfuyait et ne représentait plus de menace pour lui et sa famille... Le fait de lui tirer dessus ne serait plus de la légitime défense mais de la vengeance (geste compréhensible, mais illégal). Dans cette hypothèse, certes improbable, la détention provisoire ne me choque pas.

        J’ai l’impression qu’on se serait moins ému de cette histoire si ca avait été entre deux jeunes de banlieue que ca s’était passé. On aurait parlé de règlement de comptes etc... On en aurait surement même pas parlé d’ailleurs.

        Ca m’attriste vraiment de voir l’auteur de l’article parler de cela comme d’un acte de bravoure face à la lacheté ambiante. Mourrir, ou être bléssé pour sauver quelqu’un est brave, tuer pour se sauver ou sauver quelqu’un, non. Je ne dis pas que c’est mal, simplement que ce n’est pas ma conception de la bravoure.


      • Savapa (---.---.110.14) 15 novembre 2006 16:25

        M. Webmaster : système de vote défaillant : je vote « constructif » et ça comptabilise dans l’autre sens !


      • Xavier (---.---.148.35) 15 novembre 2006 19:00

        Puisque tout est si évident... puisque tout est tellement « sans aucun doute »... Qu’on laisse cet homme, sans doute choqué par son agression mais aussi parce que ses actions ont entrainé une mort, rentrer chez lui. Si toutes les vérifications ont été faites par la police et si on estime qu’une enquête pourra éclaircir quelques détails, cette enquête pourra avoir lieu dans le futur proche.


      • Briseur d’idoles (---.---.168.224) 15 novembre 2006 20:02

        Peut-être que Sarkozy va décorer les Dahan !

        Bientôt on va nous raconter que la victime de Dahan, non contente d’avoir voulu voler les Dahan, il s’est tiré tout seul 3 BALLES DANS LE DOS, pour emmerder les DAHAN...

        Peut-être qu’on dira même que c’était une tentative de cambriolage antisémite !


      • Mogwhy (---.---.98.243) 16 novembre 2006 09:20

        Je ne comprends pas pourquoi les commentaires ci-dessus sont masqués !!!! Pourtant ils abordent bien le sujet du débat... C’est bien triste d’exclure les commentaires avec lesquels on n’est pas d’accord.  smiley


      • (---.---.37.70) 15 novembre 2006 12:36

        Le délinquant est mort, c’est une bonne chose, qui sert la société. Par ailleur, il n’avait qu’a pas violer la loi, et il serait encore en vie, surtout que le Citoyens qui l’a flingué n’avait rien demandé, lui. J’espére que les parents du délinquant vont être poursuivi, car sans leur déficite éducatif, leur gosse serait encore en vie, et ce sont eux les vrais responsables.


        • era (---.---.24.222) 15 novembre 2006 13:07

          Je ne vois pas en quoi les parents sont responsable. vous ne connaissez rien de la vie de ces gens. ce sont peut être des parents exemplaires. de toute façon les parents parfait ça n’existe pas. C’est un faut débat, mais ce qui m’attriste c’est que ce genre d’opinion, donne lieu aux pires méprises, et aux rumeurs stupides. Ils ont perdus leur enfant dans des circonstances dramatiques, c’est bien assez pour leur malheur, inutile d’en rajouter.


        • era (---.---.24.222) 15 novembre 2006 13:11

          quoiqu’il en soit un ministre n’a pas à faire de l’ingérance dans les affaires de la justice. des cas d’injustice avérée , il y en a tous les jours, pourquoi stigmatiser sur celui là. Sarko s’en sert pour ses interets personnel et ce n’est pas non plus ma conception de la politique


        • Bill Bill 15 novembre 2006 13:21

          @ era

          Tout à fait d’accord avec vous !


        • Bill Bill 15 novembre 2006 13:24

          @ era

          Et décidément vous parlez bien ! D’accord ou pas sur ce cas de légitimité, il est incroyable qu’un ministre puisse agir devant la justice qui est normalement indépendante.


        • (---.---.215.93) 15 novembre 2006 15:16

          tout à fait era


        • Marsupilami (---.---.53.14) 15 novembre 2006 12:47

          Excellent article. J’ai trouvé sidérant le sort réservé par la justice à cet homme courageux. Comme le dit très bien l’auteur, quand on est en état de légitime défense, on est toujours en situation de stress et d’urgence. Ce n’est pas dans ce genre de situation qu’on peut proportionaliser ses réactions. Si ces voyous n’avaient pas commis cette agression et n’avaient pas été armés, personne ne serait mort.


          • (---.---.215.93) 15 novembre 2006 15:15

            par Marsupilami (IP:xxx.x94.53.14) le 15 novembre 2006 à 12H47 « à cet homme courageux. »

            cela ne va pas avec le reste de votre argumentation.


          • Marsupilami (---.---.53.14) 15 novembre 2006 15:18

            @ L’anonyme

            Eh bien, argumente...


          • (---.---.215.93) 15 novembre 2006 16:03

            le courage marche le plus souvent avec détermination. on est courageux car on est déterminé à... quand on est dans une situation de peur, de stress, face à une situation critique, on agit somme toute avec déficience, dans une démission de la raison. il ne s’agit donc pas de courage, mais de défaillance. par ailleurs, pour ma part, je n’encencerai ni ne diffamerai cet homme. il a agi comme souvent les hommes agissent en état d’exaspération ou de peur...


          • Marsupilami (---.---.53.14) 15 novembre 2006 16:12

            @ L’anonyme

            OK je comprends mieux ce que tu veux dire. Comme disait Henri Laborit, “Au moment où les variations du milieu sont telles que l’homéostasie ne peut être maintenue, le sujet va commencer par la compromettre encore davantage afin de pouvoir la récupérer : attaque ou fuite. Pour rétablir un équilibre, on passe par une aggravation du déséquilibre”.

            Comme tu le suggères, il existe différentes formes de courage. En simplifiant on peut distinguer le courage primaire (réaction instinctive de lutte) et le courage secondaire (celui que tu évoques et qui est le fruit d’une détermination réfléchie). Dans le cas de cette affaire, il est évident qu’il s’agit de courage primaire.


          • (---.---.215.93) 15 novembre 2006 16:33

            au non moins anonyme marsu

            ce que je voulais surtout dire c’est qu’il n’y a jamais eu besoin de courage, de tout temps et partout, à tuer un homme avec un flingue dans la main. il s’agit de tout autre chose et le mot courage est à retrancher. de plus cette affaire n’a vraiment pas besoin de plus de polémique...


          • Marsupilami (---.---.53.14) 15 novembre 2006 16:44

            @ L’anonyme

            Je maintiens qu’il faut du courage primaire (inconscient) pour résister à des voyous armés de flingues. J’ai souvent eté confronté à des situations de violence dans la rue et je suis toujours intervenu avec courage... sauf une fois, où une bande d’une quinzaine de racailles était en train de tabasser un pauvre mec. Là, je n’ai pas été courageux, mais j’ai fui avec détermination : c’était pas la peine de me faire massacrer aussi.

            Quand on est confronté à ce genre de situation, on n’a guère le temps de réfléchir : c’est la lutte ou la fuite, et c’est l’instinct vital qui commande. Je ne me suis jamais retrouvé dans la situation d’avoir piqué le flingue d’un agresseur. Je ne sais pas ce que j’aurais fait.


          • pecky (---.---.87.194) 15 novembre 2006 13:23

            Vraiment du n’importe quoi ce commentaire.

            Le délinquant était majeur, que viennent faire ses parents dans cette histoire ? On ne peut pas, quelque soit le contexte, se féliciter de la mort d’une personne... quelle qu’elle soit.


            • rjolly (---.---.227.38) 15 novembre 2006 13:25

              Comme élément de réflexion le film A History of Violence (2005) David Cronenberg


              • Bill Bill 15 novembre 2006 13:39

                Et quel courage a eu cet homme ! Son cas est à rapprocher d’une autre affaire : dans un commerce un homme subissait une bande de petites racailles qui venait voler et le provoquer. Malgré ces diverses plaintes la police n’avait pas connaissances de ces petits malfrats et n’agissaient pas. Un jour que le fils de cet homme était présent, les petits malfrats arrivèrent et furent tous mis en fuite par le fils qui réussit à en prendre un et à l’enfermer dans une sorte de placard pour appeler la police... qui l’emmena lui après une plainte du petit délinquant ! Le fils alla en prison pour cet affaire où il fut rossé par les copains de la petite racaille en question !

                Conclusion : il s’agit là des errements habituels de la justice !


                • anonyme (---.---.169.51) 15 novembre 2006 13:42

                  « la guerre que la délinquance, minorité, mène contre la majorité de la société. »

                  Vous parlez d’actes individuels comme s’il s’agissait de d’actes collectifs, notion qui n’existe pas en droit pénal. C’est étrange.

                  On ne peut normalement reprocher à quelqu’un les agissements d’un autre.


                  • Cincinnatus (---.---.73.197) 15 novembre 2006 14:32

                    L’agresseur armé d une arme(une « vraie »), accompagné, pénètre dans un domicile dans un but criminel.... Il y laisse la vie, parceque l habitant des lieux se défend, et défend sa famille... La victime ( l habitant agressé) est emprisonnée par un juge....

                    Etrange société où les valeurs sont inversées....

                    Triste société où on est pas défendu, et où il est en plus interdit de se défendre après avoir détruit « l esprit de défense » ! Allons encore un effort, le temps des bagaudes n est plus très loin ! Après ce sera le Moyen Age II, et le retour des féodaux.... Et ce sera le règne du plus fort, du plus salaud.... C est cela qu on veut ????

                    Sans doute que le juge estimait -quant à lui- qu il y avait tentative de « réapropriation populaire » selon les standards le la « révolution prolétarienne » ? Et que le « bourgeois » devait être sanctionné parce qu il était « possédant » ? Ce juge est il un lecteur de Bakounine ?

                    Il est temps que « le politique » -pourvu qu il soit digne- reprenne en commande la Justice comme cela se faisait sous la Veme République avant qu elle ne soit vidée de sa quintescence....


                    • kiri (---.---.171.81) 15 novembre 2006 14:49

                      Bonjour,

                      J’ai l’impression d’être tombé chez les fous !

                      1 - La détention provisoire n’est pas un concept qui a été inventé ou réservé pour cet homme. C’est le déroulement de la justice qui veut cela et cela s’est toujours passé de la même façon. Pourquoi n’avez-vous pas gueulé avant ?

                      2 - A ce que j’ai vu (aux infos) le délinquant a pris deux balles dans le dos car il était en train de fuir. En quoi est-ce courageux de mettre deux balles dans le dos d’une personne ? Et d’ailleurs en quoi est-ce courageux de tuer tout court ?

                      3 - A vous écouter j’ai l’impression que si une personne commet un délit quelconque on devrait nous autoriser à le tuer en toute impunité. D’ailleurs, cette façon d’agir me rappel certains pays...extremistes...

                      4 - Si le fait de tuer des gens pourraient rendre notre vie meilleur alors les Etats-Unis avec leur peine de mort et leur serial killer serait un véritable paradis ou aucun criminel n’y mettrais les pieds.

                      5 - Pour conclure :
                      - > Si une méthode ne fonctionne pas il faut la changer.
                      - > Pour régler un problème il faut d’abord comprendre et analyser la « source » du problème.


                      • Bill Bill 15 novembre 2006 15:53

                        Justement : vous comparez les Etats-Unis et la France pour la peine de mort, je regrette mais les problèmes aux Etats-Unis sont bien différents.

                        En l’occurence je crois que la question des balles dans le dos (sur le principe vous avez raison) peut aussi se voir dans un contexte : trois hommes s’introduisent chez lui et le jettent à terre en le menaçant. On ne m’a jamais menacé de si prêt d’une arme à feu mais je suppose que mes nerfs seraient à vifs !D’autan plus si deux malfrats s’en prenaient à ma femme en même temps.

                        bill


                      • seb59 (---.---.180.194) 15 novembre 2006 15:56

                        @ kiri

                        « 2 - A ce que j’ai vu (aux infos) le délinquant a pris deux balles dans le dos car il était en train de fuir. En quoi est-ce courageux de mettre deux balles dans le dos d’une personne ? Et d’ailleurs en quoi est-ce courageux de tuer tout court ? »

                        C’est surtout dommage qu’il n’a pas eu les autres


                      • Yoyo (---.---.132.225) 15 novembre 2006 16:03

                        En effet, j’ai lu egalement dans la presse que selon les premiers elements de l’enquete le cambrioleur etait en train de prendre la fuite au moment ou René Dahan a tiré. A ce moment là la vie de René Dahan n’etait plus menacée.

                        L’auteur de l’article, qui est avocat, n’est pas sans savoir que, si cette thèse est confirmée, on ne peut pas considérer qu’il y a légitime défense.


                      • Fred (---.---.155.75) 15 novembre 2006 16:24

                        qu’est ce que nous en savons si sa vie n’etait plus menacee ? Peut etre que le cambrioleur a voulu se mettre hors d’atteinte pour revenir avec une autre arme qu’il avait dans un sac a dos ne pensant pas que l’habitant lui tirerait dessus a ce moment.

                        Il nous est bien facile de juger assis derriere notre ordinateur, au calme, des evenements dans lesquels un homme et sa femme sont aggresses par 3 cambrioleurs dont un arme avec une arme de poing.

                        Il est regrettable qu’il y ait eu un deces mais c’est pour moi un cas de legitime defense.


                      • (---.---.118.17) 15 novembre 2006 19:26

                        L’intrusion à plusieurs avec armes dans un domicile privé implique toujours la légitime défense.

                        La sûreté est un des quatre droits de l’Homme de 1789.


                      • Xavier (---.---.148.35) 15 novembre 2006 19:33

                        qu’est ce que nous en savons si sa vie n’etait plus menacee ?

                        Je me pose la question suivante (en faisant des suppositions sur la scène) : René est allongé sur le sol. Son agresseur est moitié à genoux et moitié couché, une main sur la gorge de René, et l’autre main pointant le pistolet sur la tête de René. René écarte l’arme, saisit le bras armé de son agresseur pour le désarmer et s’emparer de l’arme, menace ultime. Pendant quelques secondes, les 2 personnes luttent physiquement jusqu’à ce que René se saisisse de l’arme. Au même instant, René utilise l’arme (ce qu’il avait en tête au moins de façon inconsciente depuis le début du combat) sur son agresseur, alors que ce dernier, ayant pris peur du retournement de situation, se retourne pour se protéger (et éventuellement s’enfuir). Est-ce toujours de la légitime défense ?


                      • machinchose (---.---.129.40) 16 novembre 2006 09:38

                        FRED, « Il est regrettable qu’il y ait eu un deces mais c’est pour moi un cas de legitime defense. » BRAVO !! you win !! vous savez !! quel talent ! c’est incroyable ! IL SAIT ! MESDAMES MESSIEURS ! IL PEUT LE DIRE ! oui POUR LUI C’EST DE LA LÉGITIME DÉFENSE !! voilà une affaire de réglée, allez hop tout le monde au lit.

                        cet article et le débat qui le suit sentent tellement fort le poujadisme que ça devient terrifiant.


                      • Fred (---.---.155.75) 16 novembre 2006 10:49

                        « FRED, »Il est regrettable qu’il y ait eu un deces mais c’est pour moi un cas de legitime defense." BRAVO !! you win !! vous savez !! quel talent ! c’est incroyable ! IL SAIT ! MESDAMES MESSIEURS ! IL PEUT LE DIRE ! oui POUR LUI C’EST DE LA LÉGITIME DÉFENSE !! voilà une affaire de réglée, allez hop tout le monde au lit.

                        cet article et le débat qui le suit sentent tellement fort le poujadisme que ça devient terrifiant."

                        Je donne mons avis, vous avez le droit de ne pas etre d’accord.

                        Je ne veux pas de votre societe de laxiste ou les criminels ont toujours raison. Ces 3 individus etaient en possession illegale d’une arme, se sont introduits illegalement chez quelqu’un, ont agresse physiquement, menace et risque la vie de deux personnes innoncentes. Ils savaient ce qu’ils faisaient, malheureusement pour eux ils ont ete puni.

                        Cet homme va devoir maintenant vivre le reste de sa vie avec le fait qu’il ait tue quelqu’un.


                      • machinchose (---.---.129.40) 16 novembre 2006 10:59

                        ah ce mode de pensée sarkoziste !! « si tu dis que c’est à la justice de trancher et qu’il importe de prendre du recul et qu’on ne devrait pas se faire une opinion en deux minutes sur des trucs aussi graves alors c’est que tu es pour le viol généralisé, les barbares et le laxisme »...

                        le binaire bushien, « si tu n’es pas d’accord avec ma bétise c’est que tu n’es qu’un laxiste qui fait rien qu’à défendre les criminels et que on peut même te soupçonner d’être terroriste. »

                        de pire en pire...


                      • bourgpat (---.---.21.153) 15 novembre 2006 14:56

                        La légitime défence est un concept trés simple. C’est une réponse proportionnée à l’agression.

                        Dés lors que l’agresseur est désarmé rien ne vous autorise à le tuer. Par contre vous pouvez tuer un agresseur armé. Après avoir désarmé l’agresseur il aurait du se limiter à les faires fuir. Après il n’y a aucune honte à passer devant la justice qui déterminera les faits et jugera en toute transparence et donc pourrait l’acquitter en fonction des faits.

                        La légitime défence n’est pas une excuse, c’est une situation bien précise. C’est au peuple français de dire en son âme et conscience si les faits en font partie. Avez vous peur du peuple.


                        • seb59 (---.---.180.194) 15 novembre 2006 16:01

                          Vous croyez vraiment que les cambrioleurs venaient à l’appart armés d’un 357 magnum, juste pour dire bonjour et qu’ils n’auraient pas fait usage de leur arme ?

                          S’il n’avait pas pu prendre l’arme, il serait surement mort ! C’est ridicule de penser « il aurait du les faire fuir » : je vous imagine bien à sa place ...

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