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Accueil du site > Actualités > Société > Morts de SDF : quels remèdes ?

Morts de SDF : quels remèdes ?

L’aboutissement à la situation de SDF résulte d’une dégringolade dans l’escalier social ou d’une inadaptation primaire à la société. C’est le cas, je pense, pour les SDF étrangers. Pour les premiers, qui ont été, pendant une partie de leur vie, insérés, avec un travail, une famille, un logement, on peut imputer le lâchage d’une maille pour expliquer le détricotage complet de leur vie sociale. Mais en aucun cas, on ne peut exonérer la victime et ses conduites d’échec. Il y a de l’injustice à condamner ceux qui se maintiennent à flot, du naufrage de certains.

Par contre, il y aurait un déficit de charité, de solidarité humaine, à laisser faire la nature indifférente.

Parmi les SDF il y a quelques malades mentaux sans dangerosité. Mais les Hôpitaux Psychiatriques n’ont plus assez de place pour les recueillir. Leurs troubles ne peuvent pas justifier un placement autoritaire dont les critères sont très stricts. Les autres, la plupart, ont abandonné toute lutte contre la réalité de la vie sociale, qui, globalement, ne va pas au devant des désirs ou des besoins des humains. Ils ont aussi abandonné toute lutte contre eux-mêmes, contre leurs faiblesses, dont ils sont généralement conscients. La liberté de vivre comme ils le veulent, avec ce qu’il leur reste de moyens, les maintient dans la rue, ou, pour plus de tranquillité et de liberté, dans les bois proches de la ville (il faut pouvoir se ravitailler).

Par ce mode de vie, cette façon de se nourrir, de boire, de fumer, leur conduite est suicidaire. Mais ils ne sont, pour la plupart, ni fous, ni déprimés.
Une "conduite suicidaire" met en marche l’obligation de porter secours à une personne en danger. Contre son gré. C’est la position de Christine Boutin, poussée par l’opinion, et celui qui la représente, à agir. Sauf que les intéressés n’en veulent pas.

Les associations qui les prennent en charge exigent qu’on respecte leur liberté, mais qu’on leur offre un logement digne, au besoin en réquisitionnant des logements vacants.
Lesquels ? À qui appartiennent-ils ? Quelle est leur destination, leur statut ? Dès que l’on met en avant cette mesure facile (les squatters savent comment il faut faire) , on en rencontre la difficulté : propriétaires ou locataires hospitalisés en long séjour,successions problématiques, résidences secondaires, appartements mis en vente, bureaux inappropriés au logement.

Ceux qui seraient réquisitionnables, sans remplacer une injustice par une autre, sont attendus par des familles mal ou très mal logées, qui sont de toute évidence prioritaires. Et qu’en feraient, à la longue, des SDF complètement marginalisés ? Quelques uns semblent tirer profit d’un studio indépendant dans un ensemble géré par une association caritative. Mais livrés à eux mêmes dans un immeuble quelconque ?

Le problème du logement, la permanente inadaptation de l’offre à la demande, est un mal chronique de notre société française. Les politiques de construction massive de logements sociaux se heurtent vite aux problèmes financiers, d’erreurs de conception, de malfaçons, et de mauvais usage par les bénéficiaires. L’espérance de vie des logements sociaux est très courte, par comparaison avec les immeubles de rapport. Actuellement, c’est notre situation économique qui limite sévèrement les moyens à leur consacrer.

Quant à la défausse sur l’immobilier privé, par les réquisitions, les blocages des loyers, l’abstention de la force publique dans l’exécution des jugements, on sait ce que ça a donné dans des périodes récentes de notre histoire.

Finalement, les responsables politiques en seraient réduits à déshabiller Paul pour habiller Jacques. On comprend leur réticence.
Prendre des mesures de contrainte pendant les périodes de grand froid, en attendant qu’elles disparaissent pour ne pas contrarier les climatologues, concilierait l’obligation de secours, la liberté des intéressés, s’arrêtant à leur mise en danger, et la réalité de l’homme.


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5 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 28 novembre 2008 11:44

    y a "pas" de solution depuis 1954
    ca fait un peu long
    des vieux immebles pourris, il y en aplein qui pourrait etre renove
    la plupart des logements prives vides, le sont par la faute des proprietaires
    ils veulent des loyers eleves, et en plus il faut etre riche pour louer
    par contre payer des chambres d’hotels, ca, les ploutocrate savent faire


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 novembre 2008 15:56

      " Le problème du logement, la permanente inadaptation de l’offre à la demande, est un mal chronique de notre société française. Les politiques de construction massive de logements sociaux se heurtent vite aux problèmes financiers, d’erreurs de conception, de malfaçons, et de mauvais usage par les bénéficiaire " avez vous écrit.

      Le ministre de ladéfense a programmé la fermeture de 20 ou 30 sites militaires, base ou casernes de centre villes, qui représentent l’équivalent construit de 10 à 20 mille logements effectifs. Ne manque plus que la volonté du gouvernement de ne pas faire détruire ces lieux pour confier les sufaces aux habituels promoteurs de l’immobilier, mais de les affecter tels quels aux nécessiteux. En effet, c’est la moins coûteuse solution pour remèdier de façon efficace à quatre problèmes de société chroniques d’un coup :

      La surpopulation carcérale.
      Le logement social.
      L’admission des sdf.
      les centres de rétention type " algéco "

      http://www.lepoint.fr/actualites-societe/fermeture-des-casernes-le-casse-tete-gouvernemental-l-inquietude/920/0/253999

      A noter également, l’absence d’un site type : volonté politique.com


      • Fergus fergus 28 novembre 2008 17:08

        Oui, Lisa, il y a dans le parc immobilier militaire devenu inutile d’énormes possibilités d’accueil pour différentes catégories de population. Le problème est que l’Etat et la majorité des collectivités locales vers lesquelles ces édifices seraient transférés pourraient être tentés d’y réaliser de juteuses opérations immobilières en arguant de la nécessité de rétablir l’équilibre de leurs finances... 


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 novembre 2008 07:15

        Merci Fergus,

        Pour Nadine Moreno, les sectes sont un non-problème...

        Pour Patrick Balkany, il n’y a pas de pauvres en France :

        http://www.dailymotion.com/relevance/search/yes%2Bmens/video/x1n1wg_yes-men-vs-balkany-par-lelabtv_news

        Ces gens-là sont au sommet de la pyramide qui nous écrase !

        Bien à vous. L.S.


      • faxtronic faxtronic 28 novembre 2008 18:24

        Article tres vrai. Les SDF sont un symptome. Pas une maladie. Effacer le symptome ne fait que deplacer la maladie. Il y a une tre forte inegalite, qui resulte elle meme d une societe en perte de vitesse. Notre structure de societe s approche d un pays du tiers monde : chomage de masse, forte inegalite.

        Mais c est normal, c est la mondialisation, et il faut penser centaine de millions de Chinois, D indiens de bresilien qui vivent mieux maintenant. C est normal

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