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Accueil du site > Actualités > Société > Munich social, la suite, chez General Motors et à l’hôpital (...)

Munich social, la suite, chez General Motors et à l’hôpital Beaujon

Il y a un peu plus de quinze ans, Philippe Séguin dénonçait le « Munich social », ce renoncement de la classe politique à véritablement combattre le chômage, cancer de notre société. Deux évènements récents montrent que rien n’a changé…

GM, ou la victoire du moins-disant social

Lundi, les salariés de l’usine General Motors de Strasbourg ont accepté le plan de reprise qui prévoit une baisse du coût du travail de 10%, par le gel des salaires sur deux ans, l’abandon d’un tiers des jours de RTT et de l’intéressement jusqu’en 2013. Les employés ont répondu à 70% par la positive à "la direction de GM Company (qui) demande aux salariés de faire un effort et de réduire l’écart avec les coûts pratiqués au Mexique". En effet, le site Français est en concurrence avec un site Mexicain…

D’une part, on pourrait souligner le pragmatisme d’employés qui acceptent de faire des efforts pour sauver une société en difficulté, au lieu de refuser tout compromis en comptant sur les indemnités de licenciement et les allocations chômage. Ce comportement peut paraître noble. Malheureusement, elle démontre surtout que la libéralisation consacre la victoire du moins-disant social et augure mal de l’avenir des implantations industriels dans les pays dits développés face à la concurrence des pays émergents.

En effet, tous les industriels peuvent dès demain pratiquer le même chantage et demander à leurs salariés des efforts pour réduire l’écart de coût avec l’Europe de l’Est, l’Amérique Latine ou l’Asie. La pression va être terrible dans les années à venir. Pourtant, quelques barrières douanières et une bonne taxe carbone qui renchérirait le coût du transport permettraient d’éviter de telles comparaisons et sanctuariserait davantage la production de biens industriels dans nos pays…

Quand le service public délocalise

Cette information est encore plus incroyable : l’hôpital Beaujon a décidé de délocaliser une partie de la saisie des comptes-rendus au Maroc. Bien entendu, le discours de la direction de l’hôpital se veut rassurant : Anne Costa, directrice par intérim de l’hôpital explique ainsi qu’il « ne s’agit pas du tout d’un programme de suppression de postes (…) mais d’une aide aux secrétaires médicales en cas de surcharge de travail ou quand plusieurs d’entre elles sont indisponibles ».

Mais comment ne pas y voir une tentation pour le Service Public de réduire ses coûts par la délocalisation à un moment où les financements publics sont sans doute plus difficiles à obtenir ? Sous la pression des nouvelles contraintes budgétaires, les responsables des hôpitaux trouvent dans les délocalisations un moyen plus facile de réduire leur charge que des réorganisations internes. Le problème est que comme toutes les délocalisations, ils détruisent de l’emploi en France.

Bien sûr, l’administration se défend en affirmant qu’il y a un manque de personnel qualifié. Mais cette ligne de défense est trop facile et ce manque peut être corrigé. Il est tout de même incroyable que l’Etat se mette à recourir à des procédés que nos gouvernants condamnent en suivant exactement la logique des entreprises privées. Qui pourra reprocher à des entreprises de délocaliser demain sachant que même l’hôpital public le fait de nos jours ?

Ces nouveaux exemples montrent que la logique du toujours moins l’emporte en matière d’emploi et de salaire. Pourtant, il revient à l’Etat non seulement de montrer l’exemple mais également de créer une fiscalité qui ne pousse pas aux délocalisations et aux baisses de salaire.

Cet article marque le début d’une série d’article consacré au libre-échange et au protectionnisme


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12 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 21 juillet 2010 14:54

    quelle bande de rapiat
    pourquoi pas un medecin a l’etranger (maroc) avec un robot telecommande !


    • jako jako 21 juillet 2010 15:00

      Merci à l’auteur.
      Il faut comprendre une chose simple, nous avons un espace économique nommé Europe, association de 27 pays hétéroclites.
      Les salaires « minimas » y vont de 1.500 ros à 250 ros pour le même poste
      les horaires de 35 (mais je ne sais plus ou ?) à 48
      Le départ à la retraite de 60 (ou déja ?) à > 67 ans
      Etc etc (protections sociales, logement, accès aux soins, éducations services publics)
      naivement j’avais espéré un nivellement par le haut
      Mais non nous allons nous alligner sur le moins disant c’est évident maintenant.
      GM après Conti sont des sortes de ballons d’essais , ya pas de feux ? alors on continue.
      Mon fils vient de signer son premier CDI de 50 heures par mois.... smiley


      • jako jako 21 juillet 2010 15:17

        Flute j’ai oublié un « détail » , les hauts salaires eux sont les mêmes partout , curieux non ? smiley


      • iris 21 juillet 2010 15:53

        mais bien sur !! la crise elle est mondiale !!
        la terre a suremenn rétrécie pour que les crises deviennent mondiales tout d’un coup !!


      • pat_mas 21 juillet 2010 16:13

        Munich social mais aussi juridique et c’est assez paradoxal vue la representation (hypertrophiee) de la profession d’avocat au sein du gouvernement et plus largement au sein du monde politique toutes couleurs confondues.

        Car enfin comment ne pas s’etonner de la chose suivante :
        Le code du travail prevoit que des conventions collectives puissent s’appliquer a une profession si et seulement si elles avantagent le salarie.

        Comment alors un tel « accord » en flagrante violation du code du travail peut-il s’appliquer !?!

         


        • Souciétal Souciétal 21 juillet 2010 16:17

          Les salariés sont pris au piège. Les frais variables et fixes d’une famille sont tels qu’il doit être difficile de refuser une offre comme celle de GM.

          C’est un chantage camouflé que les actionnaires (sans foi_ni loi) font non seulement aux salariés mais aussi à leur famille.

          La liberté c’est pouvoir dire non et il faut croire que cette Liberté (Egalité/Fraternité) est en train (à nouveau) de nous filer entre les doigts.

          Nous sommes les esclaves du néolibéralisme : connaîtrons-nous la date de cette abolition ?

          Je le souhaite .


          • anny paule 21 juillet 2010 16:39

            GM = marché de dupes !
            N’oublions pas les précédents, les Conti, par exemple ! Reprenons également l’excellent roman de G. Mordillat, « Les vivants et les morts », publié chez Calmann-Lévy, en janvier 2005 !
            La question qui nous est posée, depuis des années, est celle de « l’esclavage consenti » : les employés, les ouvriers (même si on les désigne par un autre vocable, des fois qu’ils garderaient quelque conscience de classe !), les techniciens, cadres et autres salariés n’appartenant pas aux « états-majors » sont soumis à des formes de chantage qui produisent le résultat que l’on vient de constater chez GM, après Conti... et autres  ! 
            Soit, ils accpeptent des restrictions drastiques en pensant sauver leur emploi (illusion des illusions, le passé nous l’a appris !), soit, ils résistent... mais le résultat final sera le même ! L’entreprise fermera et sera délocalisée ailleurs, là où les salaires sont dérisoires et où l’on peut tout exiger parce que rien ne réglemente le travail.
            Le problème, savamment entretenu par ceux qui disposent des leviers de commande, c’est que ces affaires s’égrainent, ça et là, au fil des ans, que les syndicats ont perdu de leur puissance et que les gens sont aux abois et donc, prêts à accepter n’importe quoi pour ne pas se retrouver dehors, pour ne pas être au chômage...
            Tout cela perdurera tant que ceux qui subissent n’auront pas l’idée de se coaliser pour faire front à ces démolisseurs qui nous conduisent à la perte (nationale et internationale), tant que les syndicats joueront je jeu du moindre mal, de l’accompagement... Le Mal absolu se rapproche tous les jours parce que nous sommes des lâches, parce que nous perdons notre dignité et notre sens de l’honneur, parce que nous acceptons de devenir les esclaves d’un système, parce que nous nous laissons gouverner par des gens qui n’ont de soucis que pour la rentabilité et l’argent et qui ont perdu toute once d’humanité !
            Il serait urgentissime de prendre conscience, collectivement, de ce qui se joue et dont nous serons tous les victimes, à plus ou moins long terme ! 
            Montrons que les Français ne sont pas les « veaux » dont parlait De Gaulle, qu’ils ne sont pas les vaches à lait de la haute finance !
            « France, mère des arts, des armes et des lois » (disait un lointain J. Du Bellay), il serait temps que tes citoyens se réveillent ! 


            • jako jako 22 juillet 2010 08:00

              On pourrait en pleurer de rage même, ce matin j’ai entendu à radio paris que les 3 derniers sites continental allaient avoir la même proposition.......... (malgré le premier déja fermé),
              c’est presque hubuesque, non pas presque en fait smiley
              mais jusqu’ou s’arréteront-ils ?


              • jaja jaja 22 juillet 2010 08:16

                Ils s’arrêteront quand nous le voudrons...
                Ca parait con mais c’est vrai... Le problème aujourd’hui c’est que les travailleurs ne font pas le poids.

                Que chacun se pose la question de savoir comment le rapport de forces peut être inversé et surtout en tire toutes les conséquences et agisse en ce sens...

                Nous étions quelques milliers à manifester avec les Continental.... 100 fois plus et pas pour tourner en rond comme des cons en braillant et ça aurait tout changé....


              • Catherine Segurane Catherine Segurane 22 juillet 2010 11:24

                « Travailler plus pour gagner plus », qu’il disait l’autre ....


                • T.REX T.REX 22 juillet 2010 12:46

                  Le souci principal est que le mot « Protectionnisme » est devenu une grossiéreté, une insulte à l’intelligence de la pensée libérale unique du marché commun ! 

                  Le dogme dominant de l’économie de marché « libérale » est aujourd’hui considéré « consensuellement » comme le seul viable, car tout le reste à soi-disant échoué ou est amené à échouer ! Donc le mot protectionnisme est illicite à BRUXELLES plus encore qu’ailleurs ! L’Etat qui le pratique est sanctionné !!

                  Etre protectionniste est aujourd’hui plus grave encore que ....RACISTE par exemple !
                   
                  Notre pays est donc condamné (et nous sommes les cons damnés de l’enfer)
                  à devenir un lieu de villégiature pour riches touristes ! 


                  • ZenZoe ZenZoe 22 juillet 2010 14:49

                    Tendance très inquiétante en effet.

                    Demain, une entreprise pourra demander à ses salariés s’ils acceptent la moitié du SMIC, puis le quart, puis plus rien - que des bons d’achat dans ses magasins (voir l’article http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/..., qui explique très bien comment un pays finit par être dirigé par ses entreprises ).

                    Et on n’aura plus que nos yeux pour pleurer, et un porte-feuille vide pour recueillir nos larmes.

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