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Accueil du site > Actualités > Société > Ne pas changer son cheval borgne par un cheval aveugle…

Ne pas changer son cheval borgne par un cheval aveugle…

Les journaux d’antenne 2 du samedi 16 février ont fait la part belle au scandale des lasagnes à la viande de cheval et c’est normal. Cependant, il est permis de s’interroger sur le traitement de l’information par cette chaîne publique.

En effet, si la société Spanghero fait toujours figure d’accusée, le débat semble se déplacer désormais sur les conséquences du retrait de l’agrément sanitaire de la société, en particulier en matière d’emploi pour les trois cents salariés. Cette question est légitime, mais ne doit pas nous faire oublier la responsabilité première des dirigeants de cette société.

Les « libertés » constatées en matière d’approvisionnement d’une matière première nourrissent un soupçon d’ensemble sur les pratiques de la société Spanghero et un délai raisonnable est nécessaire pour mettre à jour son fonctionnement global au regard des règlementations en vigueur.

En clair, le gouvernement doit faire vite et prendre rapidement les sanctions nécessaires afin que la production et le travail puissent reprendre rapidement dans des conditions sanitaires normales. Il faut que ce dossier reste dans le cadre de la répression des fraudes et de la qualité sanitaire. Il ne doit pas faire l’objet d’une exploitation politique et les salariés ne doivent être ni instrumentalisés ni pris en otages.

Le second biais consiste à présenter la filière équine de manière positive et les reportages produits par Antenne 2 ont bien rempli ce rôle.

Maintenant, il n’a jamais été question de remettre en cause la consommation de la viande de cheval, dont la vente au détail en France fait l’objet de contrôle sanitaire au même titre que les autres viandes, mais bien de s’interroger sur la provenance et la qualité de cette viande dans des produits transformés dans lesquels elle n’avait rien à faire,… en l’imposant au passage à des consommateurs qui n’avaient pas franchement envie d’en consommer pour des raisons diverses et variées.

Pour un peu, à la fin de ce reportage, on aurait pu être amené à ne pas comprendre l’indignation des consommateurs bernés et celle des vendeurs de produits transformés fabriqués à base de viande de cheval, en disant au passage qu’il y a beaucoup de bruit pour rien, et que le gouvernement doit mettre en avant la préservation de l’intérêt (légitime) des salariés de Spanghero avant toutes choses.

Toute la lumière doit être faite et des poursuites doivent être engagées envers tous les margoulins qui sont prêts à nous vendre n’importe quoi pour se faire du fric et qui n’hésitent pas à faire monter en ligne leurs salariés pour bien faire monter la sauce.

Le message libéral est clair : laissez nous, vendeurs, traders, transformateurs nous en foutre plein les poches en vendant ce qu’on veut, au mépris des règles collectives et si vous ne jouez pas le jeu, nous n’hésiterons pas à fermer nos usines et à envoyer les salariés à Pôle emploi.

C’est cette logique, celle qui fait remettre « au goût du jour » les farines animales pour l’élevage des poissons, celle qui fait vendre des médicaments mauvais pour la santé et qui fait traîner les procédures juridiques contre les responsables du scandale de l’amiante, qui est sous tendue.

Il ne faudrait pas que les chaînes d’information, publiques de surcroit, se rendent complices de ce système par un traitement biaisé de l’information. 


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12 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 18 février 2013 10:18

    ON NOUS BALADE !
    le problème n’est pas sanitaire
    le problème n’est pas culturel (sauf chez les anglais)
    le problème n’est pas celui des coûts (combien piquent les intermédiaires ?)
    c’est un problème de tromperie : faux et usage de faux pour engraisser des parasites

    mais personne ne propose rien pour cesser cette arnaque !
    y aurait il des pressions ou des retombées financières ?


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2013 09:08

      Bonjour Jeff 88

      C’est purement un problème de fraude pour engraisser toujours plus des patrons véreux.


    • Ruut Ruut 19 février 2013 09:11

      C’est un peut comme les jouets fabriquée en France sur l’emballage mais made in china une fois le jeu déballé.

      C’est ça la mondialisation.


    • leypanou 18 février 2013 11:29

      @auteur :

      "des poursuites doivent être engagées envers tous les margoulins qui sont prêts à nous vendre n’importe quoi pour se faire du fric" : commençons par dénoncer qui sont les vrais responsables, c’est-à-dire ceux qui ont mis en place le RGPP dont l’une des conséquences est de tailler dans l’effectif de la fonction publique devenue incapable de faire les contrôles nécessaires en amont pour traquer les fraudes par manque de moyens (hommes et matériel).


      • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2013 08:56

        Bonjour Leypanou

        L’un ne va pas sans l’autre : le libéralisme et la mondialisation s’accompagnent de la part des gouvernements qui y sont inféodés de la suppression des organismes de contrôle.


      • fb 18 février 2013 11:30

        A priori, au delà de France Télévisions il est difficile de ne pas suspecter l’état d’avoir fait une manœuvre de diversion en identifiant avec vélocité le coupable. Coupable qui au demeurant était idéal : nier, alors qu’il y a des activités d’importation et d’exportation, de connaître la nomenclature douanière, ni connaître les ordres de grandeurs des prix d’achats c’est prendre les gens pour des crétins.
        Quand en production on ne prend pas la peine de vérifier la corrélation entre une commande et une livraison cela amène quelques interrogations ; en masse c’est juste l’équivalent de deux Airbus A380 au poids maximal à l’atterrissage, c’est discret.
        En se focalisant sur le coupable on évite d’analyser le contexte parce que là on ne parlerait plus de 300 personnes :

        • pourquoi une coopérative achète à l’étranger en passant de plus par un « trader »,
        • quelle est la responsabilité du producteur final dans cette situation,
        • quelle est la responsabilité de la grande distribution (marges arrières...),
        • quelle est l’intérêt des normes de traçabilité et de « qualité » dès lors qu’un industriel labellisé fait moins bien que la plupart des petits commerçants,
        • ...
        Il y a matière à faire une enquête, déjà judiciaire mais également journalistique sur l’ensemble de la filière mais comme on a déjà le coupable et que les autres sont irréprochables ça n’est peut être pas la peine.

        • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2013 09:06

          Bonjour fb

          Vous donnez à l’Etat une capacité à faire une manoeuvre de diversion. Je ne pense pas qu’il soit en état de manoeuvrer. Il réagit tout simplement, avec ses petits moyens, en faisant croire qu’il est encore efficace face à la mondialisation et à l’argent qui est en jeu.

          Seul le problème de l’emploi le préoccupe vraiment, parce que c’est contre l’Etat qu’on se retournera s’il y a des dégats provoqués par le cynisme des marchands de merde


        • LE CHAT LE CHAT 18 février 2013 11:44

          Cette triste affaire est la preuve que le concept de« grandes marques »c’est du Flan , vu qu’ils te vendent très cher des produits fabriqués par des sous traitants qu’ils ne contrôlent plus !

          en bref , cuisinez vous même , c’est plus sûr et meilleur marché !


          • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2013 09:01

            Bonjour Le Chat

            J’ai mis en oeuvre ce principe depuis longtemps : je cuisine des produits frais et au final je pense que ça me coûte moins cher parce que j’achete uniquement ce dont j’ai besoin et ne jette rien.

            Il faut arrêter de nous gaver sur ces jeunes (femmes, toujours, les mecs sont dans le canapé pendant qu’elles ouvrent les boites de surgelé) qui n’ont pas le temps de faire les courses et ne prennent pas le temps de cuisiner. C’est simplement un argument marketing pour les vendeurs de merde en boîte qu’ils vendent très cher.


            • pierrot pierrot 18 février 2013 17:38

              Je comprend le désarroi des salariés de Spanghero mais s’il se confirme que cette société a commis une vaste arnaque, il est normal et juste que son agrément lui soit retiré.


              • ecolittoral ecolittoral 19 février 2013 12:19

                Plutôt que les trafiquants, on arrête le dealer du coin.

                Qui peut encore croire que les salariés d’une boîte de l’Aude sont responsables de ce qui arrive ?
                Pour éviter de chercher plus loin et plus haut, on se précipite pour occuper le devant de la scène. Occuper la scène le plus vite possible, sinon, les consommateurs pourraient avoir la mauvaise idée de chercher plus loin et de se poser des questions sur les trafics encouragés et financés par l’UE.
                Huile frelatée, OGM, farines animales, bûches « césium » des pays de l’est, champignons aussi, soja toxique, lait à la dioxine etc...
                Le chat, Michel DROUET, ecolittoral même solution.
                Une poêle, une casserole, une petite demi heure et c’est prêt...et pas forcément plus chère !!!
                Le marché, un boucher, pas de déchets ou de gaspillage.
                Allé ! On se revoit dans un mois pour la pâtisserie à la salmonelle.

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