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Accueil du site > Actualités > Société > Ô France, douce France

Ô France, douce France

Le débat sur les sectes fait quelques vagues dans la presse ces derniers temps. Au-delà du débat politique primaire, essayons de comprendre ce phénomène typiquement français.

En voulant faire dire à Mme Mignon que les sectes en France sont un non-problème, le Nouvel Obs’ nous a fait un présent : il nous a forcés à réfléchir sur l’ouverture intellectuelle de la société française.

Secte - objet social non identifié

« Secte », « culte », des mots qui en effraient plus d’un, mais avant de partir à la chasse aux sorcières voyons comment se définit le terme « secte ». Il existe différentes approches. Tout d’abord, Wikipédia, l’encyclopédie dont vous êtes l’expert, nous donne la définition suivante, en français dans le texte :

« Le mot secte a d’abord désigné soit un ensemble d’hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc., soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l’enseignement officiel d’une Église et qui ont créé leur propre doctrine. » Cette définition qui peut tout aussi bien être celle d’un parti politique a le mérite de ne pas être sexiste, vous noterez que l’auteur nous dit « les hommes et les femmes ».

Allons voir un autre expert. Nathalie Luca, chargée de recherche au Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) disait dans une interview au journal Le Monde, à la date du lundi 25 février :

« On peut dire qu’un groupe devient sectaire lorsqu’il se ferme. Il y a plusieurs niveaux sur lesquels un groupe peut se fermer : le mariage, d’abord. Lorsqu’un groupe tout jeune, qui vient d’être fondé, refuse le mariage, les relations sexuelles, il a le plus grand mal à se développer sur le long terme, ce qui peut l’amener à dériver parce qu’il voit qu’il n’a pas d’avenir. Lorsqu’un groupe se ferme sur tout échange économique avec la société, il refuse l’argent, il préfère cultiver ses propres légumes plutôt que d’en acheter, dans ce cas, le groupe empêche ses adeptes de pouvoir se réadapter facilement à la société le jour où ils désirent en sortir.

Enfin, le plus grave certainement : lorsqu’un groupe utilise un langage qui n’est compréhensible que de lui seul, alors il n’y a plus d’échange intellectuel possible entre lui et son environnement social. On constate que les groupes qui se ferment sur ces trois niveaux - le mariage, l’économie, le langage - sont ceux qui ont connu les dérives les plus dramatiques. La plupart du temps, les groupes ne se ferment que sur l’un ou l’autre de ces niveaux. Cela leur permet de rester liés avec la société. »

Une population fermée qui parle une langue que seuls les membres du groupe connaissent et qui font leurs propres légumes ? Cette magnifique définition peut également être celle de la Bretagne profonde, avec tout mon respect pour cette région que j’aime beaucoup et que je n’ai citée que pour le besoin de l’exemple. Tout ça pour dire que nous nageons tous dans le flou absolu quant à la définition d’une secte.

Combattre - oui mais quoi ?

Devant notre incapacité à définir l’ennemi, plusieurs tactiques. La première consistant à tirer sur tout ce qui bouge, ce qui a donné la fameuse liste de 1995, et nous savons aujourd’hui l’efficacité de cette tactique qui a surtout coûté à de pauvres individus de passer quelques jours en prison avant d’être relâchés pour non-lieu.

L’autre tactique consiste à éviter les dérives. C’est encore en projet, il reste à espérer que les paysans bretons ne se verront pas confisquer leurs tomates sous prétexte de pièces à conviction de dérive sectaire.

Le problème dans le combat contre les sectes est le flou absolu de ce que nous cherchons à combattre. Si l’on se concentre sur les dérives sectaires, le mal à traiter prend la forme de l’escroquerie, l’abus de bien social, l’abus de confiance. Or, ces délits ne sont pas caractéristiques des sectes mais de tout système social ou organisme qu’il soit politique, religieux, ou encore humanitaire.

Alors, appelons un chat, un chat, et si nous cherchons à lutter contre ces phénomènes d’abus, qui sont présents dans de nombreux domaines sociaux car caractéristiques de la nature humaine, davantage que la fonction idéologique ou spirituelle que vient remplir ce que l’on classifie comme secte, alors pourquoi une législation spéciale doit-elle venir se placer contre les mouvements idéologiques hors normes ?

Autrement dit, le point qui n’est pas clair, c’est notre acharnement contre les mouvements dont l’idéologie ne peut pas être mise en boîte, classée, cataloguée, étiquetée, et sagement mise sur les étagères du haut afin de ne pas trop servir.

En effet, en France plus qu’ailleurs, tout objet pensant non identifié est automatiquement qualifié de sectaire, et devient par conséquent un ennemi de la société. La liste de 1995 n’est pas tombée du ciel, elle est le résultat de notre propre suspicion contre toute forme de pensée étrangère. Nous ne sommes pas armés contre notre propre incapacité à comprendre l’autre, ce qui nous rend agressifs envers toute forme nouvelle de comportement. La liberté de penser s’arrête là où l’autre cesse de comprendre. En France, cette liberté semble très restreinte.

Une parenthèse sur les sectes qui ont réussi

Cette absence d’ouverture, de débats et de réflexion se révèle dans un autre fait d’actualité, à savoir le débat sur la laïcité. La violence de la levée de boucliers des défenseurs de la laïcité est très similaire à celle d’un mouvement religieux dominant qui se sent menacé. C’est comme si nous avions ici une nouvelle religion, « L’Église de la laïcité ». Ce qui devait être le garde-fou de la pluralité des religions est en train de devenir leur tombe. Certaines réactions qui eurent lieu dans le cadre de ce débat rappellent davantage certains discours antireligieux de l’ex-URSS qui, de façon très politiquement correcte, venaient expliquer que la religion n’est pas l’ami de la société. Le moyen de résoudre le problème de la religion est tout simplement de supprimer cette dernière.

Ces deux débats qui touchent des problèmes spirituels, sont assez caractéristiques de la France.

Pense et tais-toi

Les problèmes du XXIe siècle amènent les gens à réfléchir, et nombreux sont ceux qui s’interrogent. L’homme dès qu’il est un peu évolué ressent le besoin de résoudre ses problèmes existentiels, pour lui-même et pour les autres. Or, aujourd’hui, il existe une tendance qui consiste à interdire le débat sur des sujets qui pourtant sont typiquement humains et s’élèvent un peu au-dessus de notre fonction de robots producteurs, et font de nous des êtres pensants.

Ô France, douce France...


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24 réactions à cet article    


  • nephilim 28 février 2008 11:37

    beurkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk


    • Radix Radix 28 février 2008 13:15

      Bonjour

      Pas mieux !

      Radix


    • Lisa SION 2 Lisa SION 18 mars 2008 06:11

      ... L’homme dès qu’il est un peu évolué ressent le besoin de résoudre ses problèmes existentiels, pour lui-même et pour les autres. Or, aujourd’hui, il existe une tendance qui consiste à interdire le débat sur des sujets ...avez vous écrit...

      André Prévot, académicien, disait : Quiconque écoute sa conscience, ne tarde pas à entrer en conflit avec la société.

      C’est pour cette raison que l’Autorité décourage l’humain à penser. Pourtant, nous devons beaucoup à ceux comme Brassens, longtemps boycotté par les " bien-pensants " qui ont eu le courage de dire ce qu’ils PENSAIENT, ce qui aujourd’hui, s’avère si vrai !


    • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 13:27

      "Une population fermée qui parle une langue que seuls les membres du groupe connaissent et qui font leurs propres légumes ? Cette magnifique définition peut également être celle de la Bretagne profonde, avec tout mon respect pour cette région que j’aime beaucoup et que je n’ai citée que pour le besoin de l’exemple. Tout ça pour dire que nous nageons tous dans le flou absolu quant à la définition d’une secte."

      Vous omettez les caractères les plus importants d’une secte :

      - une idéologie dogmatique (qu’on ne peut remettre en question) et mystique.

      - une église.

      - une morale qui doit être respectée scrupuleusement par tout membre de la secte.

      - un isolement physique, intellectuel et sociald es membres (quiconque ne pensant pas comme eux sont contre eux)

       

      Enfin, si la laîcité est une religion, définissez nous son dogme, son église...

      La laïcité est un principe qui permet la coexistence des différentes croyances, son principe est justement anti-exclusif, puisqu’il interdit à une religion/croyancede prendre le dessus sur les autres, ce qui est tout le contraire des sectes.

      On constate que les bretons ne forment pas une secte.

       


      • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 13:31

         

        Désolé pour le doublon, une partie de disparu :

         

        "Une population fermée qui parle une langue que seuls les membres du groupe connaissent et qui font leurs propres légumes ? Cette magnifique définition peut également être celle de la Bretagne profonde, avec tout mon respect pour cette région que j’aime beaucoup et que je n’ai citée que pour le besoin de l’exemple. Tout ça pour dire que nous nageons tous dans le flou absolu quant à la définition d’une secte."

        - Vous omettez les caractères les plus importants d’une secte :

        - une idéologie dogmatique (qu’on ne peut remettre en question) et mystique.

        - une église.

        - une morale qui doit être respectée scrupuleusement par tout membre de la secte.

        - un isolement physique, intellectuel et social des membres (quiconque ne pensant pas comme eux sont contre eux)

        Nous constatons que les bretons ne forment pas une secte, tous les bretons ne partagent pas les mêmes croyances, idéologies, il n’y a aucune morale ou règle de vie à respecter pour être breton.

         

         

         

        Enfin, si la laîcité est une religion, définissez nous son dogme, son église...

        La laïcité est un principe qui permet la coexistence des différentes croyances, son principe est justement anti-exclusif, puisqu’il interdit à une religion/croyancede prendre le dessus sur les autres, ce qui est tout le contraire des sectes.

        On constate que les bretons ne forment pas une secte.


      • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 13:32

        zut, erreur de copier/coller, ignorez la toute dernière phrase...

         


      • SALOMON2345 28 février 2008 14:27

        La laïcité serait, telle la place centrale du village, neutre, ou toutes religions, fois et croyances, seraient maintenues dans les rues adjacentes, avec interdiction d’y pénétrer, pour la paix villageoise ! Aucun drapeau ou emblème ne devant s’imposer et perturber ainsi ce lieu de rassemblement : qui cela peut-il gêner ? En quoi cet espace ordonné, démocratiquement, est-il "liberticide" ? La question véritable est qui cherche en fait à foutre la m.... ?

         


      • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 14:45

        Pour reprendre votre image, je ne vois pas ca comme une "interdiction d’y pénétrer" mais plutôt une "interdiction à quiconque d’empêcher aux autres d’y pénétrer".

         

         


      • Arthur Carnet Arthur Carnet 28 février 2008 15:02

        selon vos critères, un monastère est une secte : il y a dogme, église, morale, isolement physique et intellectuel. Tandis que d’un autre coté, la scientologie n’est pas une secte : pas vraiment de dogme, pas d’idéologie claire, leur membres ne sont pas isolés (tom cruise est assez libre de bouger), par contre elle se prétend église.

        Evidement que ce n’est pas ce que vous vouliez dire, mais c’est ce que l’on peut conclure des critères que vous posez.

        En fait, je crois que l’article vise à différencier le problème d’amalgame qui existe entre l’existence d’une idéologie hors norme, et manipulation mentale. Comme si les gens n’avaient pas le droit de croire n’importe quoi et qu’en conséquence de quoi, si leur croyance sorte de l’ordinaire, soit il essaye de manipuler leur entourage, soit ils sont le résultat d’une manipulation.

        Or cette corrélation entre secte et arnaque est un apriori infondé.

        Les arnaques existe dans tous les organisations, y compris églises, y compris organisation humanitaire (cf. L’Arc) ou club de foot.

        Tandis que d’autre part, les sectes ne sont pas toujours le lieu d’une arnaque, il s’agit très souvent de gens qui ont besoin de quelque chose d’autre pour vivre mieux, et ni le football ni la messe du dimanche ne leur convient, ils ont donc besoin de quelque chose d’autre qu’ils trouve dans tel ou tel croyance.

        Dès que cette croyance se fédère, elle devient une secte (au sens large du mot)


      • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 15:22

        la scientologie est une bien secte : son mythe n’est pas connu pour le grand public mais il y en a bien un (il me semble qu’il est question d’extra terrestre) et ceux qui ne sont pas d’accord avec eux feraient selon eux partie d’un groupe d’ennemis, les scientologues n’isolent pas leurs membres physiquement mais intellectuellement et socialement : ils défont les liens familiaux et amicaux.

        Quand aux monastères, l’isolement est pleinement choisi par les moine à ma connaissance et un moine est libre de quitter le monastère quand il le souhaite, pour peu qu’il accepte les conséquences.

        Mais on peut voir les moines comme des sectaires. Tant qu’ils ne gènent personne, je ne vois pas de problème : on se rejoint sur ce point je crois.

        Quant à la dangerosité des sectes comme les scientologues, on peut toujours prétexter la liberté de conscience pour affirmer qu’ils ont le droit de croire ce qu’ils veulent et d’exister en tant que religion mais quand on constate qu’un dossier judiciaire contre les scientologues a mystérieusement disparu juste avant leur procès, je crois que cette précieuse liberté de conscience risque d’être en grand péril lorsque toutes les couches du pouvoirs seront infiltrées par les scientologues.


      • SALOMON2345 28 février 2008 16:05

        Je serai bien d’accord avec vous mais hélas, comme tous ne respectent pas cette NEUTRALITE POSITIVE, chaque drapeau voulant supplanter l’autre par croisades successives, le législateur, dans sa grande sagesse, à préféré maintenir cet espace, LA PLACE, neutre, chacun demeurant dans sa maison, priant ou pas qui il veut !

        Sincèrement, je ne vois pas au nom de quoi l’on pourrait transgresser ce dispositif intelligent, avec en arrière pensée et sans perdre cette exigence que la liberté est toujours bornée par celle de l’autre ! Affirmer le contraire voudrait que, l’un ou l’autre des clercs vociférants, ne veut simplement qu’imposer SA religion ! Tout cela me semble tellement évident que je ne m’interroge plus sur le pourquoi de ces attaques contre la laïcité, césame de Paix indiscutable. Sauf à être dictateur et porte - drapeau de ses dogmes que l’on veut par la force, imposer, et détruire ainsi cette PLACE si calme, tous doivent respecter, comme avec le code la route : les feux rouges, voire plus, LES STOP !!!


      • stephanemot stephanemot 28 février 2008 15:14

        Je commence à en avoir assez de ces pseudo articles destinés à entretenir la confusion dans les esprits les moins éveillés de nos concitoyens.

        Non, la "laïcité positive" ne défend pas la laïcité mais s’attaque au fondement même de la république.

        Non, tous les "mouvements cultuels" ne se valent pas, et la démocratie doit en permanence veiller contre les campagnes de manipulation d’opinion.

        Qui se cache derrière ce pseudo "Antoine Korbec", supposé "Comprendre les homo modernus qui pioncent" et qui débarque en plein débat pour justement essayer d’endormir ses concitoyens ?

        Mr "Korbec", dites nous si oui ou non vous considérez la Scientologie comme une secte, et si vous pensez qu’elle présente un danger.


        • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 15:33

          La partialité de l’auteur est flagrante : prétendre prendre wiki comme source qui n’est pas fiable et en plus, il a recopié que partiellement la définition donnée par wiki. Je serai curieux de lire en intégralité la définition donnée par Nathalie Luca.

           

          C’est bien beau de lire que l’homme doit penser, le problème des mouvements sectaires et des religions est qu’ils exigent aux hommes de croire.


        • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 15:37

          ma dernière remarque s’adressait à l’auteur de l’article biensûr


        • Antoine Korbec 28 février 2008 15:37

          1. s’il y a confusion et que l’on clarifie, je trouve personnellement que s’il l’on clarifie les différentes positions alors c’est positif.

          2. Je pense que la scientologie est un mouvement dangereux, dont le but est d’escroquer le bien des individu.

          Seulement, je le pense non pas à cause de l’idéologie de cette organisation, mais bel et bien car il y a état de fait et que le mécanisme est bien connu pour qui prend le temps de se documenter.

          Le but de cette article était précisément de ramener le point de jugement aux faits et non pas de juger le produit (qu’il soit idéologique ou matériel, cela n’importe peu).

          Scientologue ou vendeurs d’aspirateurs, si le but est de voler les individus, cela n’a guère d’importance ce que l’on vous apporte, au final vous êtes sur la paille et je connais des cas d’escrocrie qui vous ferais préférer avoir à faire à la scientologie.

          Si on s’élève au dessus du déli de fascies, et que l’on juge une organisation sur ces fait alors à mon avis le comportement serait à mon avis plus sain d’esprit (sans jeu de mots)

          Le but de l’article était de montrer que les entourloupe qui ont lieu avec les secte ont amené à un amalgame avec le coté croyance d’une organisation.


        • Antoine Korbec 28 février 2008 15:42

          je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes, je dis qu’il faut du discernement.

          On crie vite au loup et on ne refléchie pas assez.

           


        • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 15:53

          Mouais...

          Dis autrement : la scientologie ne serait pas condamnable en tant que secte mais en tant que mouvement mafieux (abus de faiblesse, escroquerie, inflitration dans le pouvoir, corruption)...

          Ceci dit, les difficultés de s’attaquer à des sectes sont bien connues : les adhérants adultes le sont de plein gré et les plaignants sont harcelés et menacés et les preuves disparaissent comme par enchantement. Il faut donc arriver à identifier les mouvements sectaires avant qu’ils sévissent, il y a effectivement un préjugé qui peut être injuste et qui est la voie libre aux débordements mais faut il pour autant laisser fleurir les mouvements sectaires ?

           

           

           


        • Antoine Korbec 28 février 2008 16:14

          En ce qui concerne le problème de poursuite, on a le problème typique d’un réseau mafieu, que ce soit une secte ou un réseau de drogue ou un mouvement politique (lequel permet l’effet réseau).

          Le problème est la clareté des mouvements. En général les motifs sont simple car humains :

          - argent,

          - pouvoir.

          Maintenant si on arrive à cesser de rendre synonyme comportement cultuel atypique de comportement mafieux qui doit être éradiqué, en quoi est-ce un probleme de laisser les mouvement sectaire se développer ?

          Si les gens sont heureux en croyant qu’en communiant avec leur tomate pourquoi leur enlever ce droit ?

          On est près à voter la légalisation du cannabis mais on veut pas laisser les gens croire ce qu’il veulent si ça les rend heureux ?

          On stérilise ainsi le domaine cultuel, c’est ça le coté laic ouvert ?

          C’est ce que je ne comprend pas.

           


        • Mjolnir Mjolnir 28 février 2008 16:32

          Je crois qu’à la base, il y a un problème sémantique pour le mot "secte" qui est utilisé selon le sens péjoratif (groupe intrinsèquement dangereux) pour certains et au sens large pour d’autres (petit groupe religieux/mystique, pas forcément dangereux).

           

          C’est pourquoi, je préfère parler de "mouvements sectaires" qui, certes, ont de nombreux points communs avec les mafias mais on ne peut pas pour autant les assimiler simplement comme tels.

           

          Ce qui est dangereux chez les scientologues, les témoins de jéhovas, etc, ce ne sont pas leurs croyances (qui font plutôt sourire) ni leurs "comportements culturels atypiques", c’est leur prosélytisme extrême et leur volonté de régir la vie des autres.

           

           

          "On stérilise ainsi le domaine cultuel, c’est ça le coté laic ouvert ?"

          La "culture" n’est pas un fourre tout où on pourrait inclure n’importe quoi et devenir un prétexte pour qu’un mouvement soit financé par l’état.

           

           

          "On est près à voter la légalisation du cannabis mais on veut pas laisser les gens croire ce qu’il veulent si ça les rend heureux ?"

          Laissons des gens croire qu’il ne faut pas accepter les transfusions sanguines ou ne pas accepter la médecine "dure" ? Ne pas instruire leurs enfants ?

          Devrait on, par exemple, laisser les gens nier des faits historiques ? Croire par exemple que les chambres à gaz n’ont pas existé ?

           


        • Antoine Korbec 28 février 2008 19:19

          "cultuel" du mot "culte" - croyance/religion.

           medecine/histoire n’apparatiennent pas au domaine cultuel.


        • stephanemot stephanemot 29 février 2008 08:13

          Je me demande si je n’ai pas déjà eu affaire à ce Korbec sous un autre pseudo. Sa réponse-écran-de-fumée n’a visiblement pas convaincu le lecteur.

          En tout cas, Mr Korbec se contente désormais de vouloir "Comprendre les homo modernus" et il admet que la scientologie est un "mouvement dangereux". Il évoque ses escroqueries mais ni le terme de secte ni les manipulations mentales exercées sur ses victimes. Passons...

          Si l’on se place au niveau cultuel au sens large, on est dans le domaine de la foi, des croyances. Dans une démocratie, le politique n’a certainement pas à entrer dans ces considérations, et les associations cultuelles ne sauraient faire l’objet de subventions (sur quels critères juger ?). Préserver la séparation du politique et du religieux est essentiel si l’on veut éviter de revenir au Moyen Age ou de rejoindre le peloton des pays les moins bien partis dans ce XXIe siècle.

          La laïcité ce n’est pas l’athéisme mais bien au contraire la meilleure garantie de l’indépendance d’une religion contre les fondamentalismes, la meilleure garantie de l’indépendance d’une république contre les fondamentalismes. La laïcité défend à la fois la démocratie et les religions.

          La France a avant les autres pays résolu les crises associées aux religions en développant un arsenal efficace au service de la république apaisée et de religions entrées dans la modernité et embrassant le projet démocratique. La liberté de culte est totale et la loi républicaine prévaut.

          Une fois de plus, ceux qui veulent remettre en cause la laïcité aujourd’hui sont les pires ennemis de la foi, ceux qui veulent la détruire de l’intérieur.

          Les lobbies souhaitant la modification de la loi de 1905 et le relachement de la surveillance des sectes suivent tous les mêmes motivations : soit financières (ex megachurches souhaitant reproduire les modèles nord-américains, sectes puissantes style Scientologie), soit politiques (ex fondamentalistes Chrétiens à la reconquête de l’Europe), et au final la plupart du temps les deux à la fois.

          Les petites sectes n’ont pas le pouvoir de peser sur les institutions mais profiteront de l’appel d’air. On voit ce que ça peut donner lorsque les gros poissons ont le champ libre, cf l’histoire récente des Etats-Unis.

          Notre pays est un symbole fort pour les fondamentalistes de tous poils : si nous baissons la garde, les démocraties et les religions en pâtiront autant les unes que les autres.


        • anamo 28 février 2008 15:43

          D’abord, les bretons ne font pas pousser des tomates mais des artichauts !

          La loi de 1905 promulgue la séparation de "l’église et de l’état", mais, de ce fait, accorde une reconnaissance des religions et du fait religieux en France.

          Ce n’est pas la négation des religions mais, leur exclusion du champ politique.

          Reconnaître les religions, c’est aussi admettre un droit de regard par le politique, le juridique, pour le respect de la citoyenneté. D’où le qualificatif de secte pour certains groupes constitués, débordant du strict cadre républicain, constitutionnel ou moral.


          • rochelle 29 février 2008 09:26

            Pour se faire une opinion raisonnée, objective et impartiale sur les "sectes", ces boucs émissaires modernes typiquement français, je recommande particulièrement le site du CICNS (Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités) : http://www.sectes-info.net, dont voici l’une des préoccupations :

            "Il ne s’agit pas de nier d’éventuelles violations de la loi ou certaines activités criminelles, mais de bannir l’amalgame tendancieux qui est fait, à dessein, entre minorités spirituelles et criminalité. Si tout citoyen, indépendamment de ses croyances, doit respecter les lois en vigueur, il est aussi en droit, pour le moins, de bénéficier de la présomption d’innocence. Ce qui n’est plus appliqué actuellement à l’égard des minorités spirituelles qui sont, en vrac, condamnées "a priori" (voir la fameuse liste des 172 "sectes" du rapport parlementaire de 1995) et pour lesquelles nous assistons à une incitation à la haine bien orchestrée et qui a déjà porté ses fruits amers (alors même que les délits au sein des minorités spirituelles sont évidemment, de par la grande rigueur et les aspirations de la grande majorité de leurs membres, en proportion infime par rapport à ce qui se produit ailleurs)."


            • poetiste poetiste 4 mars 2008 16:41

               

              En plusieurs fois. ou : "La montée de l’extrémisme, c’est toujours la sanction de l’inaction"

              Croire-croire en une figure imaginaire que l’on nomme Elohim, Dieu ou Allah, c’est être abusé de soi-même, c’est accepter une affirmation sans la démontrer. Celui qui rencontrerait l’un de ces personnages, ou ce personnage aux trois noms, devrait être logiquement complètement ébloui et ne plus pouvoir donner un nom à cet être unique. Imaginez un mammifère primate humain, insignifiant dans l’univers, rencontrant l’esprit créateur de toutes choses ; un être fini ayant brutalement accès à l’infini. Non ! On ne peut mettre l’océan dans un verre d’eau ! Quelle prétention ! Quelle aberration de l’esprit ! Quel blasphème ! Comme dans chacune de ces religions, on s’approprie cet être unique ; il est bien logique d’en conclure que personne ne l’a jamais rencontré mais que chaque religion l’a déjà « breveté », pour ainsi dire. Nommer un être suprême est une manœuvre pour définir une figure fictive, un esprit dont on présume l’existence et séquestrer cette idée. C’est aussi une manœuvre pour construire cette fiction à l’image de ce que l’on est et qui n’a donc aucune objectivité, aucune réalité. Si donc, on impose une croyance d’un dieu dans tel ou tel pays, c’est ipso facto un dieu politique construit à l’image de ceux qui professent son culte. La définition d’un dieu n’est plus, dans ce cas, qu’une mascotte que l’on invente pour préparer la guerre et dont on se persuade qu’elle nous portera bonheur. Toutes les guerres sont de ce que l’on croit ; toutes les guerres sont de religion au sens large du terme, c’est-à-dire englobant toutes les idolâtries, y compris celles du pouvoir et de l’argent. Qui voudrait définir une différence entre religion et idolâtrie dans l’âme des « croyants », serait plus qu’un fin psychologue. Il est des hommes pour qui la foi dans la vie sur terre ne suffit pas car ils imaginent une rupture entre cette vie et une autre, après la mort. Il y a pourtant bien continuité par la progéniture qui reprend le flambeau et qu’importe que nous soyons mortels puisque nous ne sommes que des particules élémentaires de la vie et c’est elle qui doit continuer dans le temps. Faut-il être stupide pour penser respecter une vie dans l’au-delà et vouloir tuer la vie de ses congénères sur la terre ! C’est là tout le danger de la croyance religieuse tribale et toute sa contradiction. En temps de guerre on s’accroche à l’idée d’un dieu en pensant être épargné et même gagner cette guerre. Les cimetières sont pleins de ces croyants là. Celui qui croyait et celui qui ne croyait pas, disait Aragon. Quel sophisme que de croire en un dieu parce qu’on a gagné à la loterie ou à la roulette russe de la guerre. S’il y a lieu de croire en quelque chose, c’est que l’expérience de cette guerre nous incite à tout faire pour éviter la prochaine. Ne pas présumer d’une vie future et bien vivre sa vie dans le présent empêchent la folle du logis, (l’imagination), de nous raconter des contes de fées qui finissent mal. Si les religieux pouvaient faire un « reset » de leur culte respectif ils découvriraient sans doute un véritable humanisme, une religion universelle dont la première observance serait le respect de la vie. Il est curieux de constater que les tables de la loi de Moïse ne suffisent pas à ces pseudos religieux qui se battent pour cause de traditions chimériques. La spiritualité, c’est-à-dire le respect absolu de la vie sans autres sacralisations, toujours arbitraires ; voilà la panacée ! Dans le creuset de l’humanité, la bête immonde resurgit à tous les instants, toutes les époques. C’est une bête des commencements. Le tyrannosaure n’est plus sur la terre mais il a laissé un héritage dans le cerveau reptilien de l’homme. Quand le reptile se réveille, l’homme ne respecte plus la vie, ne respecte plus l’autre et il ne sait pas qu’il est sous la coupe de ce serpent, il est dans l’obscurité, l’obscurantisme. Nous sommes à l’âge de pierre de la civilisation spirituelle et déjà, nous détruisons la vie dans ce qu’elle a de plus intime, nous polluons la terre. A bien considérer les paramètres de la situation, le vingt et unième siècle ne pourra pas « être ». Pourquoi me direz-vous ? Parce que nous sommes dans le culte de « l’avoir » ; nous nous sommes faits « avoir ». La foi qui sauve, c’est le respect de la vie et donc de l’être. Et cette vie, si intelligente, si créative, aura le dernier mot contre l’homme qui n’a pas la clé de sa survie ; elle ne le laissera pas tout détruire, elle qui a inventé la fleur et l’abeille.

              A.C

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