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Parlons de la télévision

Aujourd’hui, je vous livre un propos que je tenterai de vous expliquer ; notre société culturelle québécoise est déplorable parce qu’elle s’enlise dans le misérabilisme, les faux biens (les honneurs, le prestige) et l’inculture.

La société actuelle est affligeante, parce que la télévision est un outil puissant, énormément valorisé et considérablement consommé par la population, ce qui ne me gêne pas a priori. Tous s’imbibent dans cette culture du rêve proposée par la boite à image. Voilà où débute le problème. Les annonces publicitaires télévisées présentent aux auditeurs des idéaux physiques très précis, des idéaux idéologiques encourageant notamment la surconsommation, voire l’endettement, et ce, tout en valorisant l’épargne, ainsi que des idéaux existentiels qui encouragent le travail ardu, acharné – aliénant !- tout en valorisant certains plaisirs de divertissement tels les spectacles d’humour pour outils de compensation – atténuation des maux. De surcroit, les émissions populaires proposent les mêmes idéaux qui ont été cités plus haut, mais aussi, ces programmes renchérissent en ajoutant un crémage amer à l’égo d’artistes non seulement en manque d’estime, mais en manque d’éthique, de jugement et de personnalité. Le culte de l’adoration des artistes du « star-système » québécois rend, à mon sens, l’outil extraordinaire de la télévision en un outil dangereux parce qu’il rend les gens esclaves de ce que les ondes projettent comme modèles idylliques. Réflexion faite, il me semble que la télévision est dévastatrice dans le cas où elle véhicule un abrutissement généralisé comme c’est actuellement le cas.

Que pourrait-on souhaiter ?

Je souhaiterais un média qui ferait évoluer les consciences parce qu’il permettrait aux gens de réfléchir. Savoir que tel ou tel artiste préfère le Mexique à Cuba comme destination voyage ou encore qu’une telle est enceinte de son « p’tit deuxième » n’est pas enrichissant en soi. Toutefois, des émissions pendant lesquelles nous pourrions réfléchir sur des questions fondamentales ou des sujets cardinaux dans un langage accessible à tous m’accrocheraient devant mon téléviseur.

Pourquoi ne discute-t-on pas du capitalisme actuel ? Des zones franches ? De l’importance des marchés boursiers dans le monde ? De l’impact des spéculateurs, des spéculations, sur les ressources naturelles ? De la faim dans le monde et des raisons qui la déterminent ? De la tolérance religieuse ? Des crimes faits sous les signes religieux ? De la qualité de vie dont nous souhaitons ? Des raisons qui justifient la fondation d’une famille ? De la violence faite à l’endroit des peuples ou encore des minorités (homosexuelles, pédophiles) ? Du contrôle des masses, par le biais de la télévision ou par quelconques outils de propagande ? De la très mauvaise redistribution des richesses par l’État ? La liste de questionnements est longue et mérite qu’on s’y attarde. Même si on le fait déjà pour certaines de ces thématiques, c’est l’orientation idéologique dans le traitement critique de ces dernières qui devrait être revu et corrigé.

Une éducation par le biais de cet outil sublime qu’est la télévision serait souhaitable. Il faudrait aussi, en plus des questionnements cités plus haut, proposer des débats sur ces idées oubliées dans l’histoire, entre autre, parce qu’elles ont été écarté par les monothéismes : le plaisir plutôt que la souffrance, la réalisation de soi plutôt que l’asservissement, l’usage de la raison plutôt que la soumission à l’autorité. Apprendre à mieux vivre aux citoyens en leur proposant des modèles de pensée existentiels qui seraient constitutifs de leur être parce qu’ils seraient abordables et fondamentalement bons et épanouissants. Je pense au modèle épicurien qui a été oublié et dénaturé au passage, par plusieurs platoniciens, et qui proposait l’ataraxie, ce qui signifie l’absence de troubles. Épicure proposait une philosophie étoffée, complète et particulièrement intéressante, et ce, parce qu’elle est susceptible d’être vécue au quotidien. Aussi, le modèle de Nietzsche conceptualise le consentement à la volonté de puissance comme chemin menant au Surhomme. Il propose d’aimer notre destin - amor fati- qu’il définit comme tragique notamment parce qu’on y est déterminé. Je crois donc que l’on peut donner aux gens le goût de réaliser une vie qui s’inscrit sous l’hédonisme. Une vie hédoniste a pour objectif la réalisation de plaisirs, car elle place en son centre ce plaisir. Une citation de Chamfort explique très bien ce que signifie l’hédonisme : « Jouis et fait jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, le fondement de toute morale ».

Enfin, j’encouragerais l’exploitation de la philosophie par le biais de la télévision, car je crois qu’elle peut rendre plus heureux ; elle permet de vivre une meilleure vie parce qu’elle fait travailler la raison et le corps en harmonie.

 

Jènie Loiselle


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3 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 21 novembre 2011 10:36

    Concernant un certain nombre de méfaits de la télévision, je recommande le récent livre de Michel Desmurget : TV lobotomie.


    • Gasty Gasty 21 novembre 2011 11:08

      Pas seulement francophone à priori, il semble que ce soit internationale. Mondialisation de l’abrutissement, une pollution des esprits ignorés des BIO-consomateurs.


      • Jipso 21 novembre 2011 12:42

        ce qui est triste c’est qu’il y a néanmoins de bons programmes. Mais ce qui marche, économiquement parlant, ce ne sont pas ceux la...

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