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Accueil du site > Actualités > Société > Pas de justice pour la mémé !

Pas de justice pour la mémé !

Madeleine avait 81 ans et une fille unique, Nicole. Pour l’aider dans son ménage, elle avait contacté une entreprise de services et avait « formé », comme elle disait, une dame, madame X, à ses petits désirs de nettoyage.

Nicole apprit que sa mère pouvait obtenir une aide financière, nommée APA, pour augmenter les deux heures de ménage hebdomadaire.

Mais Madeleine n’avait pas envie de repartir à zéro à « former » une autre dame. Or, des raisons mystérieuses faisaient que l’entreprise de services n’était pas agréée par le Conseil Général. L’assistance sociale proposa alors d’embaucher madame X et de la rémunérer en chèque emploi-service.

GRAVE ERREUR : ne devenez jamais employeur passés soixante-dix ans. Vous vous mettriez un énorme boulet aux pieds : si jamais vous deviez faire un séjour hospitalier, par exemple, vos obligations d’employeur s’ajouteraient à vos frais de séjour ! ….

Et voilà madame X engagée pour 4 heures hebdomadaires. La place est bonne et la mémé, conciliante, ne proteste pas si madame X s’absente et prend même deux mois de congés aux dates qui lui conviennent. Certes, cela ne pose pas problème financier puisque les congés sont inclus dans le chèque emploi-service. Madeleine se plaint bien à Nicole que madame X essaie de profiter de la situation, qu’elle lui quémande de menus cadeaux, mais elle ne veut pas d’histoire et tient à garder son employée de maison, à peu près « formée » !

Et puis, en 2009, les médecins découvrent que Madeleine est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Nicole s’investit du mieux qu’elle peut : elle se rassure que madame X soit au domicile de Madeleine quand cette dernière prend sa douche…

Madame X part en congé fin juin sans avertir Nicole de son retour. Durant l’été, la maladie s’aggrave : chutes, hospitalisation, maison de convalescence. Il apparaît qu’un placement en maison de retraite s’avère incontournable. De longues recherches et démarches se mettent en place… Ultime retour chez elle pour Madeleine avec mise en place d’une équipe coordonnée d’infirmières et d’aide-ménagères.

Quand, en septembre, madame X se représente au domicile de Madeleine, cette dernière ne la reconnaît pas. Nicole, présente à ce moment, révèle à madame X qu’elle n’a pas les compétences pour s’occuper de sa mère dans son nouvel état de santé et, qu’étant donné qu’elle s’est octroyé plus des 5 semaines légales de congés, il y a, à son sens, faute vis-à-vis du code du travail, et elle ne lui donne pas d’indemnités de licenciement.

 GRAVISSIME ERREUR de Nicole ; elle aurait dû consigner cela par écrit en lettre recommandée. Elle fit pourtant un courrier, que lui demanda madame X pour faire valoir ses droits à l’ASSEDIC….

Madeleine entra en maison de retraite fin octobre 2009.

Dix-sept mois plus tard, elle reçut une convocation à une « conciliation » aux prud’hommes. La pauvre femme avait totalement perdu mémoire et usage de ses jambes.

Nicole se dit qu’elle pouvait demander assistance à sa propre mutuelle, la MAIF, au titre de la garantie « défense et recours ». Impossible : c’est Madeleine et son Alzheimer qui est entièrement juridiquement responsable, pas sa fille !!!!!

Nicole se tourna alors vers la mutuelle de Madeleine : la MACIF. NON et NON, l’assurance de cette dame de 84 ans ne prend en compte que la vie privée et, pour la mutuelle, il s’agit là de vie professionnelle !!!

 Des mutuelles qui assurent ! ! !

Nicole alla donc, assez démunie à la conciliation, se disant qu’elle aurait affaire à des conseillers de prud’hommes, des gens qui écoutent et conseillent. Les abus de madame X, il ne fallut pas en parler ; une faute pour prise illégale de congés non plus. Le temps était compté pour la consultation : Nicole n’avait qu’à s’isoler avec le délégué syndical en charge des intérêts de madame X pour trouver une conciliation. Notons, au passage, qu’un mois de travail « normal » rapportait 180€ à madame X.

Le conseiller syndical, roué, fit pression : si Nicole n’acceptait pas de verser 2000€, il y aurait jugement et Madeleine devrait se faire représenter par un avocat dont les honoraires se monteraient à …

Aucun véritable conseil ne fut donné par les deux conseillers de prud’hommes qui ne voulurent rien entendre des abus de congés de madame X ; Nicole craqua ; la santé de Madeleine est très préoccupante ; elle ne voulut pas se charger en plus des tracasseries d’un procès où visiblement on lui disait que sa propre mère, en phase importante d’Alzheimer, serait condamnée…. Pour absence d’un courrier recommandé ! Deux mille euros cash !

Elle est pas belle la justice française ? 


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14 réactions à cet article    


  • lloreen 22 avril 2011 15:11


    Voilà où l’on en arrive lorsqu’on oublie tout simplement qu’un service est gratuit.
    Faire du moindre acte de la vie un business, conduit à ce genre de situation ubuesque.Loin de moi, l’idée de critiquer ces personnes mais il faudrait que la majorité comprenne qu’à force de ne pas s’opposer au tout payant on en arrivera bientôt à acheter l’air que l’on respire.
    Voilà encore un triste exemple de la « libération » de la femme.
    Finir soumise à un patron pour une majorité d’entre elles , confier les enfants à une nounou et laisser les parents devenus âgés dépendants de « services » extérieurs.Et finalement, après avoir cotisé toute une vie, devoir encore payer des assurances qui n’assurent, in fine, pas grand’ chose.
    Quand est-ce que la lucidité l’emportera t-elle donc un jour ?


    • french_car 22 avril 2011 17:37

      Il est clair que de nombreux « employés » de particuliers usent et abusent, prennent des congés inopinés, s’arrogent des horaires à leur convenance, ne font pas le nombre d’heures pour lequels ils sont payés ou glandouillent au lieu de faire le ménage, occuper les enfants ou la mémé.


      • gaijin gaijin 22 avril 2011 18:01

        « Elle est pas belle la justice française ? »
        il faut impérativement arrêter de parler de justice.
        la loi est la loi nul n’est censé ignorer la loi et si la justice est aveugle c’est pour ne pas voir ce qui se trame en son nom.
        le « conseillé » s’était probablement entendu avec le délégué a qui la plaignante a surement glissé un petit quelque chose en remerciement ....... le plus faible et le plus honnête a perdu comme d’habitude.


        • DECQ 22 avril 2011 23:26

          La preuve, mon brave monsieur, y était : écrite de la main même de madame X : elle reconnaissait dans une lettre avoir été licenciée en raison de l’état de santé aggravé de Madeleine et avoir pris 7 semaines de congés (sans solde puisqu’inclus dans le chèque emploi-service).
          Alors, je vous en prie, cessez les insultes !
          Les conseillers de prud’hommes ont eu en main une copie de cette lettre, et n’ont pas daigné la lire : voilà la justice qu’il y a eu !

          DECQ


        • Blé 22 avril 2011 18:06

          Une femme qui travaille pour trois rien à l’ extérieur de chez elle rapportera toujours plus au Capital qu’ une femme qui reste chez elle et fait elle même ce qu’elle doit faire auprès des enfants, parents, maison etc... La valeur d’usage du travail domestique n’est pas considéré comme un travail, elle n’ a aucune valeur marchande, elle n’est donc pas reconnue. Une femme qui a élevé 3 enfants et s’est arrêter pour les élever a moins de retraite qu’une femme (ou un homme) qui n’ a pas eu d’enfant et qui a fait le ménage chez les autres toute sa vie.

          L’individualisme à tout crin dans les milieux modestes n’est pas une liberté mais une contrainte supplémentaire qui se paye très chère.


          • spartacus spartacus 22 avril 2011 19:34

            Les prud’hommes c’est une arnaque. 

            T’es patron tu dois payer, même contre le bon sens.

            En France le salarié « voyou » est un tabou qu’il ne faut dire.
             

            • gaijin gaijin 22 avril 2011 19:56

              salariés voyou versus patrons voyous
              avocats corrompus
              lois ineptes
              la vérité est que nous sommes devenu une société de crapules ou l’intérêt individuel prime sur toute autre notion, morale justice .....
              voilà le tabou


            • DECQ 22 avril 2011 22:09

              Bonsoir kerjean,

              Vous passez pour un donneur de leçons ; je ne ferai pas de même, et pourtant je déplore votre vocabulaire grossier.

              Vous savez mieux lire que moi les conditions de licenciement sur le formulaire du chèque emploi service......  « Engagez, engagez, » dit l’état, ... ça a servi de leçon à Nicole, et aussi à moi-même ... Ne jamais devenir employeur quand on est novice en la matière ! Etre employeur, ça s’apprend et ça demande du temps, c’est la leçon que je voudrais surtout faire passer à nos lecteurs.
              Le deuxième message est que, dans une telle situation, les « assurances » se défilent et qu’il est impossible d’avoir un conseiller. Il eût certes fallu engager un avocat. Je ne savais pas que, pour aller à une « conciliation des prud’hommes », seule la parole d’un avocat était écoutée.

              Je peux vous dire que « faire le ménage chez Madeleine » était une très bonne place et que madame X se l’est « coulé douce », et a abusé de la « mémé » Si j’avais été en cause, il y a longtemps que j’aurais licencié madame X pour abus d’une personne faible.
              C’est bien à partir du moment où il y avait des problèmes d’incontinence que madame X a été remerciée, et il n’a jamais été question de ne pas l’indemniser. Quant à lui donner un préavis , encore eût-il fallu qu’elle soit joignable .... après l’été, elle se représentait quand ça lui « chantait » et n’avait aucun numéro de téléphone possible ....

              Quant aux conseillers de prud’hommes, ils n’ont pas daigné émettre le moindre jugement : la parole a été uniquement au conseiller syndical . Museler la parole du défendeur, je n’appelle pas cela rendre la justice.

              J’espère, pour vous , que vous n’aurez pas à chercher dans l’urgence une place en maison de retraite pour un de vos proches. Vous verrez qu’à ce moment-là « on ne joue pas » à virer une employée de maison !

              Avec mes salutations.
               DECQ


            • french_car 22 avril 2011 23:48

              C’est simple à comprendre : les employés de maison ont été longtemps taillables et corvéables à merci, puis on leur a accordé des droits, désormais ils en usent et abusent, s’accordant des congés, des horaires élastiques et prenant le travail par dessus la jambe. La nature humaine reprend le dessus, l’employeur étant en général terrorisé à l’idée des prud’hommes.


            • Kalevala 23 avril 2011 03:22

              @ kerjean sur fond vous avez raison sur la forme vous avez tord, supposons que du jour au lendemain vous devenez Alzheimer comment vous allez régler vos affaires si vous n’avez plus votre tête ? Cette dame à 81ans, à cet ages là, est vous sur d’êtres encore alerte ? j’ai des doutes vue le ton ordurier de vos propos.


            • french_car 22 avril 2011 23:49

              Pour employer une femme de ménage 2h par semaine on prend une assurance juridique, bah tiens Kerjean quel bon sens ...


            • DECQ 22 avril 2011 23:56

              Re- bonsoir Kerjean,

              J’apprécie votre style plus « posé ». Vous dites :

              « elle aurai du se
              renseigner sur la forme. S’il s’agissait d’une faute pour absence
              infondée(pas si facile à prouver ou à invoquer) elle aurai du suivre la
              procédure adéquat avec mis à pied conservatoire, recommandé, entretien,
              délai , re-recommandé de licenciement. »

              Justement, le propos de mon article est bien de dire. : « Chèque emploi-service. =, facilité d’utilisation, simplicité ... devenez employeur sans problème ! » C’est FAUX. Une majorité des Français ignore les pièges du chèque emploi-service !
               Il faut connaître TOUT ce que vous signifiez là. Et où se renseigne-t-on sur la « forme » pour licencier ? « Mise à pied conservatoire »  : pour moi, c’est la première fois que j’entends ces termes. C’est bien la preuve qu’il faudrait toute une assistance qui aille avec le chèque emploi-service.

              Quant à l’autre côté SCANDALEUX de l’affaire, PERSONNE n’en parle.
              Car, pour la justice, ce n’est pas Nicole la coupable : tout juste si on a toléré sa présence à la « conciliation ». On a demandé à madame X si elle la reconnaissait comme étant la fille de Madeleine ! Comme si les papiers d’identité et le livret de famille que Nicole produisait ne suffisaient pas. Vraiment CHOQUANT !
              Qui est condamnée dans l’affaire ? Une personne de 84 ans atteinte d’Alzheimer !!!

              C’est bien là le côté scandaleux de l’affaire : la justice reconnait coupable et condamne (par défaut, si elle ne se présente pas : c’est noté par le tribunal des prud’hommes) une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.
              J’aimerais voir réagir le sgens sur : Justice et Maladie d’Alzheimer !

              Cordiales salutations.

              DECQ







            • gaijin gaijin 23 avril 2011 18:18

              Kerjean
              "espèce de scélérat imbécile et ignare. Avant de mettre ne cause la probité d’un conseiller prudhommal qui LUI se bouge le cul contrairement à vous.......« 

              on se connait ?
              si c’est le cas venez donc m’expliquer vos propos entre 4 yeux je suis curieux de savoir ce qui les motive
              Si ce n’est pas le cas de quoi et de qui donc parlez vous ?
               »Le mépris et la connerie ça se paye.
              On appelle ça la justice
              ."
              Vous parlez de vous ?
              hélas cette justice la n’est pas souvent appliquée
              Mon commentaire ne visait qu’à dénoncer des pratiques qui sont extrèmement répandues a tous les niveaux je ne le sais que trop bien
              si j’ai heurté en vous un homme honnête qui se bat au quotidien pour la justice (je sais qu’il en existe encore quelques uns ) j’en suis désolé. Cela dit si c’était le cas vous sauriez que j’ai raison.
              dans l’autre hypothèse permettez moi de vous dire que je vous merde et si ce que je dit vous dérange tant mieux.
              Veuillez agréer,monsieur, l’expression de mes sentiments les plus corrosifs


              • gaijin gaijin 23 avril 2011 18:40

                kerjean
                « Il faudrait me dire en quelle époque et à quel endroit il y avait une société idéale.
                Il y a toujours eu des patrons voyous et des salariés tire au cul et profiteurs. »

                il y a toujours eut des voyous voleurs et menteurs
                Ce qui est nouveau c’est que cela devient la norme le fait que vous n’ayez pas l’air de trouver cela anormal montre quel camp vous avez choisit.
                « J’ai viré quelques personnes, j’en ai obligé d’autres à la démission. Je n’ai JAMAIS perdu un prudhomme. »
                Ceux que vous obligé a la démission c’était avec quels moyens ?
                Vous faites visiblement partie de ceux qui confondent justice et lois votre politique : pas vu pas pris.
                Merci d’avoir démontré la validité de mes propos je n’aurais pas fait mieux

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