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Accueil du site > Actualités > Société > Pathologie du pouvoir : Psychologie des leaders psychopathes – (...)

Pathologie du pouvoir : Psychologie des leaders psychopathes – Sommes-nous complices ?

« Lorsque tout va bien, les fous sont dans les asiles, en temps de crise ils nous gouvernent. » [Carl Gustav JUNG].

N’en déplaise à ceux qui croient encore au Père Noël, Carl Gustav JUNG ne s’y est pas trompé, car comme le disait Frédéric LORDON dans l’émission radio de Daniel MERMET, Là-bas si j’y suis du vendredi 16 septembre 2011 (partie 3/12 à 3’10) au sujet de la crise qui sévit depuis 2008 : « […] Lorsque l’on est confronté à des phénomènes sociaux bizarres, il faut se rendre aux hypothèses psychiatriques en tout dernier ressort, quand on a épuisé toutes les autres. Mais malgré tout il faut bien dire que toute cette affaire[1] à tous les aspects d’une histoire de fous, et très honnêtement, je ne sais pas comment l’expliquer autrement. Donc j’essaie de résister et de ne pas me rendre à cette hypothèse, mais tout m’y porte… »

Et effectivement, certaines hypothèses psychiatriques expliquent très bien la crise mondiale actuelle au travers du concept de psychopathie – ou son équivalent français : la perversion narcissique (« succesful psychopath ») – qui a tendance à sérieusement interroger certains médias comme en témoigne l’impressionnante série d’articles publiés récemment dans la presse spécialisée et dont voici une liste non exhaustive :

· 6 janvier 2012, Atlantico.fr, La psychiatrie pour expliquer la crise ? Wall Street serait un aimant à psychopathe.

· 21 novembre 2012, Audrey DUPERRON sur EXPRESS.BE, Où trouve-t-on le plus de psychopathes ? Dans les hôpitaux psychiatriques ou dans les conseils d’administration des entreprises ?

· 8 février 2013, Atlantico.fr, Toujours plus nombreux au bureau, comment repérer les psychopathes, les machiavéliques ou les narcissiques ?

· 11 février 2013, Annie KHAN sur LEMONDE.fr, Quand les patrons psychopathes nous empoisonnent la vie.

· 27 février 2013, Nathalie CÔTÉ sur LAPRESSE.CA, Mon collègue, ce psychopathe.

· 7 mars 2013, Sylvia BRÉGER pour Cadre Dirigeant Magazine, Psychopathe en costume et cravate.

· 11 août 2014, Magazine CAPITAL n° 274 du mois de juillet 2014, Le pervers narcissique au bureau, le repérer, le combattre.

· 19 septembre 2014, Manfred Ket de VRIES sur le site de la Harvard Business Review France, Votre chef est-il un psychopathe ?

· Etc.

Précisons toutefois que compte tenu des études actuelles sur le problème psychopathique, et comme maintes fois rappelées au fil de mes écrits, le terme « psychopathie » devrait s’écrire au pluriel, car la perversion narcissique n’en est que la forme la plus « aboutie » correspondant, dans la présentation qu’en fait Gérard OUIMET, au « renard bien cravaché » ou au « psychopathe en col blanc » également appelé « criminel en col blanc ». Ce dernier terme désignant des personnalités qui telle que le tristement célèbre Bernard MADOFF se livre à la criminalité la plus répandue à l’heure actuelle, mais pourtant la plus méconnue et la moins sanctionnée de toutes. Rien d’étonnant à cela, car dans un monde où l’imposture est institutionnalisée, ceux qui s’y livrent le plus sont ceux-là mêmes qui nous dirigent.

Un avis partagé par de plus en plus d’observateurs et de chercheur comme Clive BODDY, ancien professeur de marketing à l’université de Nottingham et auteur de Corporate Psychopaths : Organisational destoyers, pour qui ce sont les psychopathes d’entreprises, notamment ceux que l’on trouve à Wall Street ou sur toutes les places boursières qui sont responsables de la crise actuelle.

Ni plus, ni moins !

Et il faudra s’y faire, car tant que ce problème ne sera pas réglé, les psychopathes qui détiennent actuellement le pouvoir continueront à étendre leur emprise sur la planète entière, car leur désir de puissance ne connaît aucune limite.

S’ils représentent moins de 1% de la population (bien moins en réalité, car sur les 1 % de psychopathes statistiquement présent parmi nous, seule une infime partie occupe des postes stratégiques pouvant influer sur les décisions des États) ils provoquent au minimum deux fois plus de désastres que de bienfaits (cf. les études présentées à la partie 2/3 de cet exposé).

Mais ce que ne révèlent cependant pas les quelques études portant sur le sujet, c’est la permanence des décisions catastrophiques prises par de tels individus et leurs impacts sur le long terme.

De fait, si l’on mesure désormais assez bien l’impact d’une mauvaise décision d’un dirigeant psychopathe, on limite cet impact à la durée du mandat qu’il a exercé. Or, certaines décisions ont des conséquences qui perdurent et continuent à nuire à ceux qui les subissent durant de nombreuses années encore – parfois même des décennies – après les mauvais choix effectués par ce type de leader. Par ailleurs, lorsque nous prenons conscience de la situation, c’est toujours après que le mal ait été fait. Jamais avant.

Subséquemment, si pendant la période de présence à des postes à hautes responsabilités on enregistre deux fois plus de mauvaises décisions que de bonnes chez les leaders au narcissisme pathologique, sur la durée d’influence de leurs mauvaises décisions, on peut estimer leurs impacts dans un rapport d’échelle de dix contre un en moyenne² (les exemples tels que MADOFF & Co sont beaucoup plus fréquents que ce qui nous est présenté dans les médias mainstreams).

Autrement dit, un leader psychopathe génère en moyenne dix (10) fois plus de problèmes qu’ils n’apportent de solutions.

On comprend le cercle vicieux dans lequel s’enferment et nous enferment ces personnalités pathologiques qui suite à une décision prise dans l’unique but de satisfaire leur narcissisme pathologique créent un évènement ou une situation catastrophique qu’ils ont ensuite à charge de devoir corriger compte tenu de leur statut. Mais comme la solution qu’ils apportent aux problèmes qu’ils ont eux-mêmes engendrés est uniquement motivée par leur désir de satisfaction égocentrique, ils génèrent une nouvelle catastrophe. Et ainsi de suite ad vitam æternam jusqu’à ce que la chute – la leur et celle dans laquelle ils nous entraînent tous – les arrête.

C’est la stratégie du pompier pyromane qui en se faisant passer pour le sauveur d’une situation dont il est lui-même responsable, en tire un bénéfice narcissique. Peu importe les dégâts occasionnés à son entourage, seul le plaisir personnel importe pour ses individus au narcissisme pathologique marqué par une absence de limite entre soi et autrui et un déni d’altérité.

C’est dire si le développement de cette pathologie au « carrefour du social, du politique, du juridique et du psychiatrique »[2] peut rapidement conduire à une véritable catastrophe si nous n’y prenons pas garde. C’est dire également combien il est important, comme le disait Frédéric LORDON, de se pencher sur les hypothèses psychiatriques.

Dans les deux premières parties de cette série d’articles, nous avons beaucoup insisté sur le narcissisme et la façon dont cet aspect de la personnalité est désormais envisagé par le nouveau DSM-5. Nous avons également évoqué les nombreuses incidences négatives de ses personnalités tant pour leur entourage que pour eux-mêmes et l’organisation qu’ils dirigent.

Rappelons-en à grands traits les principales caractéristiques :

· autosuffisance ;

· solitude revendiquée, mais non assumée ;

· toute-puissance de la pensée ;

· idéal grandiose de perfection ;

· sentiment d’ennui et de monotonie ;

· angoisses d’engloutissement et/ou d’étouffement ;

· perception de son identité insuffisante[3], floue des limites soi/autrui ;

· besoin constant de s’affirmer vis-à-vis des autres d’où son autoritarisme.

Outre ces aspects quelque peu rébarbatifs de la personnalité narcissique, son système de pensée a ceci de particulier que « la logique du narcissisme pathologique est : le monde et moi nous ne faisons qu’un, tout sera uniforme, tout sera à mon service. »[4]

D’où nous comprenons comment ils organisent le monde autour d’une pensée unique à laquelle ils adhérent. Dans notre société d’aujourd’hui, cette pensée unique porte un nom, c’est celle de l’homo œconomicus qui sans être nommée est bel et bien celle qui prédomine au sein du nouvel ordre mondial actuel (cf. Peut-on se fier à notre jugement, la fiabilité des « experts* » en cause).

Dès lors, de plus en plus de professionnels se posent la question de savoir comment une logique de pensée spécifique s’actualise dans le monde réel en produisant les malheurs que nous pouvons tous constater désormais. L’un de ces chercheurs, Manfred Ket de VRIES, auteur du dernier article cité en lien ci-dessus, a été le premier à mettre en relation le narcissisme pathologique des dirigeants avec les dysfonctionnements de l’organisation qu’ils dirigent. Ses ouvrages peu connus sont d’une remarquable perspicacité. Il y souligne l’extrême difficulté à faire la distinction entre le génie professionnel et le psychopathe (cf. tableau comparatif de chacun de ces deux archétypes) et passe en revue les nombreuses facettes de cette problématique, tant du point de vue des leaders narcissiques que des personnes qu’ils séduisent.

D’un point de vue psychiatrique, les travaux de Manfred Ket de VRIES rejoignent ceux de nombreux auteurs qui se sont penchés sur la clinique de l’imposteur (cf. La fabrique des imposteurs, si le pervers narcissique m’était « compté » ou comment le paradoxe de l’idéologie néolibérale influence nos personnalités) qui sous une autre approche ont donné lieu à la théorie de la perversion narcissique développée sur ce site tout au long de mes articles.

Mais pour qu’une imposture se réalise, il lui faut un public, car « le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion » (Paul VALERY). C’est ainsi que « d’une manière symbolique, les imposteurs semblent assumer le rôle d’une mère archaïque, très protectrice, qui satisfait d’immenses désirs, permettant de réaliser le vœu de capter une totale attention, un vœu qui date de l’enfance, presque oublié, mais auquel on n’a jamais vraiment renoncé. Pour leur public, les imposteurs représentent quelqu’un qui comprend tous leurs besoins, qui peut exprimer leurs désirs les plus profonds et qui se souciera d’eux. Pour l’imposteur, l’avidité similaire du public le stimule constamment. Le monde de rêves du public, une fois que l’imposteur est parvenu à y pénétrer, recèle des demandes infinies. Ainsi, imposteur et public sont liés par des intérêts qui coïncident, pour former une entente inconsciente ; comme l’a dit W.C. FIELDS, “vous ne pouvez pas tromper un honnête homme”. Le public est heureux, car il attend ce qui va satisfaire sa demande. Quant à l’imposteur, il a besoin du public pour neutraliser un sentiment de vide intérieur et réaffirmer une certaine sorte d’identité. Bien sûr, le public est davantage prédisposé en temps de crise et d’agitation, lorsque l’imposture peut atteindre une grande échelle, car il a un besoin, conscient ou informulé, de sauveur. »[5]

En de telles circonstances, de nombreux chercheurs parleront de complicité d’un peuple crédule dans la genèse de l’émergence du leader narcissique. Toutefois, rares sont ceux qui ont également interrogé cette crédulité qu’ils reconnaissent – ou non – au peuple, même lorsque ceux-ci, comme Manfred Ket de VRIES qui parle également de complicité, ont pourtant bien cerné la dualité bourreau/victime comme en témoigne cet extrait : « La plupart des gens rentrent dans le droit chemin et deviennent complices, passivement ou activement, des représailles du leader contre ceux qui ne sont par disposés à rentrer dans le moule. Ce comportement vise à s’autoprotéger de deux façons. D’abord, cela limite le risque de devenir soi-même victime du leader. Ensuite […] s’identifier à l’agresseur est une façon de résoudre son sentiment d’abandon et d’impuissance en face du totalitarisme. Se sentir proche du leader – s’intégrer au système – crée l’illusion de devenir puissant soi-même. Ce processus d’identification à l’agresseur, l’incitation à participer à une forme de pensée commune, cela s’accompagne de certaines exigences. La moins subtile de ces exigences, c’est de participer à la violence perpétrée contre les ennemis désignés de l’agresseur. Partager de cette manière une même culpabilité devient le signe de son engagement. C’est ainsi que le leader fabriquera constamment des traîtres. La majorité des partisans, partagés entre l’amour et la crainte du leader, se soumettront aux demandes qui leur seront faites. Ils ont à leur disposition beaucoup de boucs émissaires commodes sur lesquels venger le groupe, si les choses ne vont pas comme le souhaite le leader – des entités bien réelles sur lesquelles projeter tout ce dont on a peur, tout ce qui est perçu comme le mal et qui menace le système. Une telle démarche peut aboutir à des résultats désastreux. Elle peut conduire à la destruction complète de l’organisation par elle-même ou, dans le cas d’un leader politique, à la perte de la nation tout entière. »[6]

C’est ce mécanisme d’autoprotection qu’avait cherché à saisir Étienne de la BOÉTIE dans son Discours de la servitude volontaire écrit en 1549 à l’âge de 18 ans, sans toutefois parvenir à l’expliquer malgré une brillante analyse psychologique des tyrans au pouvoir.

Mais à la connaissance de ce mécanisme de protection, il convient également d’ajouter la compréhension des conflits intra- et interpsychique que seule la théorie de la perversion narcissique a pu conceptualiser. Ce n’est qu’à cette unique condition que nous pouvons appréhender la destructivité dont sont porteurs les leaders psychopathes, car ils exportent leur propre mal-être dans le monde extérieur du fait de leur absence de limite. Ces techniques très particulières d’export des conflits intrapsychiques sont ce que Paul-Claude RACAMIER qualifie de « rien de plus difficile à comprendre [et] rien de plus important à connaître dans les rouages interpsychiques des familles, des institutions, des groupes et même des sociétés » (cf. Pathologie du pouvoir : Psychologie des leaders psychopathes – Question de narcissisme).

 

Conclusion :

L’importance du narcissisme individuel dans les organisations a longtemps été minorée. Manfred KET de VRIES s’en désole : « il est regrettable de constater que les systèmes de protection, de freins, et de contrepoids, qui fonctionnent dans les grandes organisations, parviennent rarement à déceler les signes d’une personnalité narcissique dangereuse avant que le mal n’ait été déjà fait. »[7]

Quant à Gérard OUIMET, il conclut ainsi l’un des chapitres de sa thèse : « Les ostensibles qualités enjôleuses du leader narcissique camouflent une dynamique psychologique à maints égards socialement dysfonctionnelle. L’engouement collectif suscité par l’étalage d’une saisissante prestance de la part du leader narcissique fait rapidement place à la dérive organisationnelle et à la souffrance humaine. »[8]

Il n’est plus possible aujourd’hui de douter sur les causes de cette souffrance humaine, car nous en connaissons désormais les mécanismes grâce aux importants travaux réalisés ces dernières années depuis l’apparition du concept de harcèlement moral dans les années 90 qui ont abouti en 2002 à une loi et à la mise en place de nombreuses structures luttant contre les risques psychosociaux. Les incidences négatives telles que listées lors de la seconde partie de cette série d’articles sont innombrables et nous en mesurons tous un peu plus chaque jour la gravité. Tout reste encore à faire afin de circonscrire ce fléau qui, quoique l’on puisse en penser nous affecte tous sans exception aucune. À vrai dire, nous ne faisons seulement que commencer à le comprendre.

C’est pourquoi nous pouvons dire avec Gérard OUIMET que : « le choix judicieux d’un leader se doit d’aller au-delà du superficiel vernis maquillant de profonds défauts structuraux… »[9]

Cela remet directement en question le moyen de sélection de nos leaders politiques, car lorsqu’un système tel que celui que nous connaissons à l’heure actuelle, ne nous propose plus que de voter pour des narcissiques pathologiques, cela revient à n’avoir pas d’autres alternatives que celle de choisir entre la peste ou le choléra. Il est donc essentiel de penser à un véritable changement qui laisse place à des organisations ne favorisant pas ce type de personnalité.

Toutefois, si nous sommes certes en droit de nous poser des questions sur le fait que nous laissions agir ces psychopathes en toute impunité. Nous pouvons aussi nous demander pourquoi prolifèrent-ils ainsi au sein de certaines organisations et en particulier les institutions d’États. Nous pouvons même pousser la réflexion jusqu’à nous interroger sur notre responsabilité dans l’apparition de ce phénomène et il semblerait même que ce soit par là qu’il faille commencer, car quelle que soit l’organisation future envisagée, le problème psychopathique leur survivra et menacera toujours d’une façon ou d’une autre toute structure qui sera mise en place.

Gardons toujours à l’esprit que ces personnalités sont de véritables caméléons et que tant que nous n’aurons pas éradiqué la cause des causes de ce fléau qui puise sa source dans les maltraitances infantiles et les traumatismes transgénérationnels, le problème du narcissisme pathologique ne sera pas réglé et son incessante lutte pour le pouvoir perdurera quelle que soit la forme de société qui émergera.

Il est donc primordial, que dis-je… il est donc fondamentalement vital, de se pencher sur cette cause des causes, car comme le disait Nelson MANDELA : « Il ne peut y avoir plus vive révélation de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants » et nous vivons justement dans une société qui a bel et bien perdu son âme.

Ainsi, et pour répondre à la question soulevée par le titre de cet article, s’il est très difficile de parler de complicité, car d’une certaine manière ce terme – pris au sens juridique – est en opposition avec celui de crédulité qu’évoque Paul VALERY, nous pouvons parler de manque de responsabilité ou d'autonomisation  – qu'il faut probablement cherché dans une certaine peur de la liberté – dans la façon dont nous éduquons et instruisons nos enfants. C’est-à-dire que non content de mal investir sur notre avenir, nous le détruisons inconsciemment en le contraignant.

 

Philippe VERGNES


[1] « Cette affaire » fait référence à la crise de 2008 et aux politiques d’austérité qui depuis plombent notre économie.

[2] Rapport d’audition publique de la Haute Autorité de Santé Prise en charge de la psychopathie, p. 169.

[3] Cf. théorie de l’attachement de John BOWLBY.

[4] Alberto EIGUER, La perversion narcissique un concept en évolution, in L’information psychiatrique Vol. 84, n° 3, mars 2008.

[5] Manfred KET de VRIES, Leaders, fous et imposteurs, éditions ESKA, 1995, pp. 106-107.

[6] Ibidem, p. 123.

[7] Ibidem, p. 44.

[9] Ibidem, p. 88.


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47 réactions à cet article    


  • hunter hunter 24 septembre 2014 13:16

    Puis-je poser une question qui va sans doute être considérée comme stupide, mais j’asume :

    Pourquoi y aurait-il toujours besoin d’un « leader », d’un gouvernement, d’un dirigeant ?

    On ne pourrait pas envisager juste 5 minutes, une façon de fonctionner sans ces paramètres ?

    Personnellement, j’en ai toujours eu ma claque de cette hiérarchie perpétuelle, j’accepte volontiers qu’il existe quelqu’un au dessus de moi, mais seulement s’il dispose de réelles connaissances profitables à tous, et qu’il partage gratuitement en plus !

    Sinon, reconnaître des branleurs bombardés chefs pour X raisons, ben non, désolé, j’arrive pas !

    Faut que je consulte sans doute ?

    Adishatz

    H/


    • Philippe VERGNES 24 septembre 2014 13:39

      @ Bonjour Hunter,


      Si quelqu’un trouve votre commentaire stupide, il serait très intéressant de connaître son opinion et ses arguments.

      Votre remarque me fait penser à une citation de Jiddu KRISHNAMURTI : « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade ». Car « Un monde qui veut sombrer inverse tous les signes : ce qui a de la valeur attire le mépris et ce qui est méprisable prend de la valeur. Le mensonge règne et la vérité tue celui qui la prononce. » (Günther SCHWAB, La danse avec le diable).

      Il est sûr que refusant toute forme d’autoritarisme (à ne surtout pas confondre avec l’autorité bien tempérée comme vous semblez la suggérer), c’est que dans ce monde-là (celui que décrit Günther SCHWAB), vous devriez peut-être aller consulter (ironie). smiley !

    • gogoRat gogoRat 26 septembre 2014 11:12

      "Le Président de la République [...] assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État."
      article 5 de la Constitution du 4 octobre 1958 actuellement en vigueur en France 

       

        Notre première complicité, en tant que citoyens lambda, est sans doute de nous prêter à une interprétation de ce rôle d’arbitre en un statut de leader. 
       

        D’autre part, accepter d’avoir « quelqu’un au-dessus de soi » risque de n’être qu’un faux-semblant d’humilité ; pire : une démission de sa responsabilité citoyenne ; et, en tous cas, une entorse à l’égalité en dignité et en droit déclaré dans notre devise nationale.
       Bien entendu, les compétences et les capacités diffèrent grandement entre individus, mais comment pourrait-on envisager qu’un être humain soit en tous points « au-dessus » d’un autre ?
       
       
        Pour prendre une mesure de la volonté générale, les Français avaient expérimenté des cahiers de doléances. Pourquoi en a-t-on abandonné l’idée ? Cela marchait-il si mal que ça ?
       Une remise en question permanente des légitimations en vigueur gênerait certes nos petites et grandes complicités. Mais tant qu’on n’appliquera pas le principe : un citoyen, une voix , on laissera aux leaders les moins scrupuleux le « soin » de traduire ce qui n’est pas dit par ceux qui n’osent parler ou rompre la loi du silence.
       


    • anomail 26 septembre 2014 23:05

      Y’a les bons chefs et puis y’a les autres smiley

      Ce qui est dur c’est d’avoir un supérieur direct qui soit un pur crétin financier qui n’a de cesse de vérifier tout ce que vous faites comme si vous étiez un traître, bonjour l’ambiance !

      Par contre c’est beaucoup plus facile quand il s’agit d’une personne qui connaît mieux le métier que vous et qui accepte la critique.


    • JC_Lavau JC_Lavau 28 mai 2015 22:03

      @gogoRat : « cahiers de doléances ».

      Tu vas voir que ça n’est pas évident à mettre en oeuvre, même si c’est nécessaire.


    • Gollum Gollum 24 septembre 2014 14:04

      A peu près d’accord globalement avec tout l’article sauf ça : S’ils représentent moins de 1% de la population (bien moins en réalité, car sur les 1 % de psychopathes statistiquement présent parmi nous, seule une infime partie occupe des postes stratégiques


      je pense que les psychopathes sont la majorité. Mais il y a celle qui préfère être passive et laisser les 1% diriger.. D’ailleurs la suite de l’article semble aller dans ce sens..

      Il est clair que l’on ne comprend pas l’adoration de certaines personnes pour des Hitler ou des Mussolini tellement la vulgarité de ces personnages saute aux yeux si ceux qui les vénèrent ne sont pas eux-mêmes vulgaires..

      Bref, se pose la question de l’éducation et de l’élévation des âmes des hommes afin de ne plus laisser les loups prendre une place qui ne devrait pas être la leur.
      Cela donne raison globalement à l’attitude religieuse qui veut éradiquer les poisons mentaux, notamment dans le bouddhisme.

      Éradiquer les poisons mentaux permet de ne plus être dupe et donc est la seule et vraie solution pour un monde meilleur au delà des systèmes politiques.

      La démocratie qui encourage et flatte les égos, l’individualisme, accélère cette décrépitude globale.

      Tout ceci donne raison à la pensée indienne qui nous dit que le Temps est qualifié, lié au psychisme, celui-ci se dégradant globalement, siècle après siècle.

      Le devoir de l’homme soumis à cette entropie étant de chercher par tous les moyens à s’en affranchir. Comme c’est l’ego qui est le problème, tout devra être fait pour le neutraliser.

      On ne peut que constater au contraire que toute notre civilisation cherche et encourage exactement l’inverse : flatter les egos, culte des droits de l’homme qui à terme amène revendications et exigences diverses… Flatterie des égos encouragée par les élites ploutocratiques elle-mêmes car elles vivent grassement dessus.

      • Philippe VERGNES 24 septembre 2014 14:20

        Bonjour Gollum,


        Je comprends parfaitement votre désacord. Je n’ai fait ici que reprendre les statistiques du DSM-5 qui de façon très surprenante - ce fait est à relever - et après avoir débattu pour supprimer le trouble narcissique de sa classification des troubles de la personnalité, a profondément remanié son manuel sur cette question confirmant de facto une direction qu’a déjà prise depuis plus de cinquante ans une théorie telle que celle de la perversion narcissique (ce que j’explique dans les deux premières parties de cette trilogie).

        Mais pour ce qui est d’une majorité de psychopathes, c’était en gros le travail de fond de ma précédente série d’articles portant sur l’empathie, la conscience morale et la psychopathie avec la mise en évidence de 6 formes de consciences différentes mais graduelles qui je crois correspondent mieux à votre analyse.

      • foufouille foufouille 24 septembre 2014 17:18

        "Cela remet directement en question le moyen de sélection de nos leaders politiques, car lorsqu’un système tel que celui que nous connaissons à l’heure actuelle, ne nous propose plus que de voter pour des narcissiques pathologiques, cela revient à n’avoir pas d’autres alternatives que celle de choisir entre la peste ou le choléra. Il est donc essentiel de penser à un véritable changement qui laisse place à des organisations ne favorisant pas ce type de personnalité."

        ça me parait difficile vu qu’il a pas mal de charisme et donc beaucoup de larbins.
        même en le filmant 24H/24, il faudrait pas mal de temps.
        c’est comme le mytho, il ne se recoupe pas toujours assez rapidement.


        • Philippe VERGNES 24 septembre 2014 21:34

          Bonsoir foufouille,


          Je ne peux qu’approuver : si nous avions la solution à ce problème cela faciliterait bien des choses. Pourtant il existe bien des signes, ne serait-ce que d’un point de vue rhétorique, mais même les professionnels les ignorent...

          On est pas près de sortir de la moïse dans laquelle nous baignons ! smiley

        • foufouille foufouille 24 septembre 2014 22:13

          c’est l’humain averti qui peut les voir
          savoir lire un visage est utile


        • lloreen 24 septembre 2014 20:59

          Il ne fait aucun doute que Carl G. Jung avait tout à fait raison .
          Tout autant d’ ailleurs que le pasteur Niemöller qui disait  :
          "« Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »


          • lloreen 24 septembre 2014 21:01

            En parlant de folie...
            Voici un article qui en parle très bien.

            http://fr.sott.net/article/23273-De-Kiev-a-Damas-la-meme-folie-pathologique-en-action


            • ELCHETORIX 24 septembre 2014 23:04

              @ l’auteur , très bon article
              voici un article qui illustre bien les manipulateurs que sont les psychopathes arrivés au sommet de la pyramide sociale :
               « lorsque lespsychopathes prennent le contrôle de la société » sur le site  :
               www.legrandsoir.info/lorsque-les-psychopathes-prennent-le-controle_de-la-societe.html
              Bonne lecture pour ceux qui seront intéressés par ce lien .
              RA.

               


              • ELCHETORIX 25 septembre 2014 11:40

                bon le lien ne fonctionne pas , il suffit donc de se rendre sur le site du grand soir et chercher le texte
                 Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société .
                www.legrandsoir.info
                RA.


              • Philippe VERGNES 25 septembre 2014 20:20

                Bonsoir ELCHETORIX,


                Merci pour votre commentaire.

                Je connaissais l’article en question (j’ai une alerte mail pour tous les articles qui paraissent sur le net sur ce sujet depuis des années) : Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société (il semblerait que le lien fonctionne ainsi... enfin, je l’espère).

              • ELCHETORIX 26 septembre 2014 21:38

                Bonsoir Philippe
                Oui vous m’avez l’air très pointu sur ce sujet , disons que je souhaitais faire connaitre ce site aux lecteurs de votre billet , surtout ceux qui ne commentent pas, car je lis beaucoup d’articles sur les sujets qui m’intéressent sans pour autant écrire un avis .
                RA .


              • Philippe VERGNES 26 septembre 2014 22:01

                Oui... pas de souci, j’avais bien compris, c’est la raison pour laquelle j’ai relayé en mettant le lien qui semble fonctionner (en tout cas de mon côté, c’est OK).


                Pointu, je ne sais pas... mais ce dont je suis sûr c’est que j’ai déjà identifier cette problématique depuis près de 20 ans maintenant et qu’il se produit exactement aujourd’hui ce que j’avais identifié à l’époque. Si à cette période on prenait le risque d’évoquer ce sujet hors de certains cercles très éclairés, c’était direct la camisole de force et l’internement d’office.

                On voit aujourd’hui où notre aveuglement nous conduit et pour l’heure, il n’y a aucun signe qui puisse permettre de dire que la situation ne va pas encore empirer. Jusqu’où ? Cela reste le mystère, mais j’ai malheureusement ma petite idée, car ce type de personnalité est gouvernés par des pulsions spécifiques qui n’indiquent vraiment rien de bon pour nous.

              • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 septembre 2014 02:21
                C’est amusant, je tombe sur cet article alors que je viens juste d’écrire ceci sur un autre fil :

                « La politique est en pratique l’art de préserver la population des malades mentaux qui veulent conquérir et conserver le pouvoir. Si pour cela on cherche à conquérir le pouvoir, on détruit soi-même son objectif, comme un médecin qui tue son malade sous prétexte de le soigner en prétendant que la fin justifie les moyens. Il ne faut pas chercher à utiliser l’anneau de pouvoir, il faut le jeter dans le volcan pour l’anéantir, même si l’anneau parle à notre mental pour lui expliquer qu’il pourra faire de bonnes choses s’il est entre de bonnes mains. » 


                • Philippe VERGNES 25 septembre 2014 20:28

                  Bonsoir Qaspard Delanuit,


                  Pas mieux... de la lecture en perspective. J’ai un peu parcouru le lien dont les échanges me paraissent intéressants. J’irais voir ça de plus près.

                • stupeflip 25 septembre 2014 11:09

                  @ l’auteur,

                  Un grand merci pour cet article.

                  J’ai le sentiment que l’arme absolue de ces psychopathes c’est qu’ils utilisent des codes différents des 95% de gens « normaux » (inversions de valeurs par exemple) et que du coup c’est le fait de ne pas arriver à se projeter dans ces systèmes de valeurs totalement brouillés qui empêchent la majorité du peuple de reconnaitre leur pathologie... Et quand on dénonce leurs agissements en partageant leurs actions/intentions néfastes, c’est le messager qui reçoit une réponse du type « Mais tu es complètement cinglé de penser une chose pareille ! »

                  La première étape est donc difficile, il faut que le peuple s’arme de compréhension et arrive à saisir que ces psychopathes (ou pervers narcissiques) ne pensent pas comme la majorité et ont une approche vraiment beaucoup plus tordue qui n’a recours à aucune sorte d’empathie...

                  - Comment faire pour vulgariser les mécanismes pour les démasquer ?

                  Dans le cadre politique, la réponse à tout cela pourrait-elle venir du modèle que tente de déployer Etienne Chouard ? (Réécriture de la constitution et tirage au sort). Cette approche semble utopique ou naive pour certains mais elle aurait l’avantage de faire tourner le pouvoir... Je pense qu’il faudrait ajouter une règle empêchant les psychopathes d’approcher le pouvoir (aussi bien politique que dans les hautes fonctions dans les entreprises), en les neutralisant en quelque sorte !

                  - Comment faire pour les empêcher de nuire ou pour les neutraliser ? Est-ce que si on éduquait la population dans son ensemble pour les reconnaitre illico ils seraient de facto mis à la marge ?

                  Enfin, votre article recoupe un peu ce que j’avais appris en lisant l’article suivant :
                  http://www.mondialisation.ca/sommes-nous-gouvern-s-par-des-psychopathes-dangereux/7266

                  - Que pensez vous de ce livre « Ponérologie Politique » ? (si vous le connaissez).

                  Encore merci pour votre travail !!!
                  Cet axe est à mon avis l’un des plus importants pour changer le monde. Suivi d’une transformation complète du système médiatique et financier (qui sont les complices directs de la mise en place de nos « losers » politiques actuels).


                  • Philippe VERGNES 25 septembre 2014 14:11

                    Bonjour stuperflip,

                    Merci pour votre appréciation et votre commentaire.

                    Ce que je puis en dire, pour répondre à vos questions en les prenant par ordre de difficulté.

                    Vos deux premiers paragraphes posent magistralement bien les difficultés d’appréhension du problème psychopathique. C’est tout bonnement inconcevable pour un esprit sain (mais c’est également inconcevable pour les psychopathes eux-mêmes pour qui nous sommes tous pareils, mais pas tous égaux : « Tous les hommes [animaux] sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres », George ORWELL, La ferme des animaux).

                    OUI  ! Je connais très bien le livre d’Adrew LOBACSZEWSKI, La ponérologie politique : Étude de la genèse du mal appliqué à des fins politiques. J’ai depuis longtemps l’intention de le présenter dans un article en soulignant les points de concordance avec la théorie de la perversion narcissique, mais je n’ai pas encore eu le temps de faire ce travail.

                    Toutefois, il est à noter que ce livre décrit les mêmes mécanismes qui ont été théorisés par l’inventeur du concept de perversion narcissique, mais ce dernier est allé beaucoup plus loin encore dans la description de cette forme de pathologie du pouvoir que n’a pu l’approfondir (avec le peu de moyens dont il disposait alors) Andrew LOBACSZEWSKI.

                    L’interviewée de l’article que vous mettez en lien est l’éditrice du livre d’Andrew LOBACSZEWSKI, La ponérologie politique.

                    « Comment faire pour les empêcher de nuire ou pour les neutraliser ? Est-ce que si on éduquait la population dans son ensemble pour les reconnaître illico ils seraient de facto mis à la marge ? »

                    Ce sont là deux très bonnes questions auxquelles en l’état de mes connaissances et de mon expérience actuelle je répondrais de la façon suivante : pour la première, on ne peut et je ne crois pas que l’on puisse empêcher de nuire ou neutraliser un psychopathe UNE FOIS QU’IL A ACQUIS CETTE PATHOLOGIE. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne puisse rien faire, car en fait, il faut agir en amont, avant que le problème ne se déclenche. Il faut donc en connaître les causes et à ce jour, elles sont désormais indéniables, mais rien n’est fait pour y remédier. La seconde, il me semble qu’une prise de conscience collective est indispensable pour faire bouger les choses, donc oui à une éducation populaire (c’est le but de tous mes articles sur le sujet, plus d’une vingtaine à ce jour), mais non à l’ostracisme. Pourquoi non à l’ostracisme ? Tout simplement parce que lorsque l’on connait les causes de ce fléau, nous découvrons qu’elles ont une origine collective dont nous sommes quelque part tous responsables.

                    Cela me permet d’embrayer sur la question de savoir si la réponse à tout cela pourrait venir du modèle que tente de déployer Étienne CHOUARD (qui recevra par mail cette trilogie d’articles).

                    Appartenant depuis plus d’un an à une association citoyenne qui s’est créée localement pour diffuser les idées d’une nécessité de réformer nos institutions selon le modèle que propose Étienne CHOUARD (deux assemblées, l’une élue, l’autre tirée au sort me paraissant raisonnable à l’heure actuelle), j’en ai profité pour longuement examiner la question, car c’était justement une question que je me posais avant d’adhérer et de m’engager dans cette association.

                    Après un an de réunion hebdomadaire et diverses problématiques soulevées, il m’apparaît clair que le chemin que j’ai emprunté, encore éclectique pour l’heure, est complémentaire à la voie dans laquelle Étienne CHOUARD s’est engagé. Toutefois, j’apporterais une précision extrêmement importante : la cause des causes n’est pas à mes yeux la constitution. On sait qu’elle a été maintes fois modifiée sans l’approbation du Conseil Constitutionnel qui s’en lave les mains. Elle est donc orientée à l’avantage de la pensée hégémonique et totalitaire des véritables dirigeants psychopathes qui tirent les ficelles. Alors la question qui se pose est la suivante : est-ce qu’un texte, même rédigé par des gens sains d’esprit pourrait suffire à nous protéger du problème psychopathique ?

                    À mon sens NON !

                    Pourquoi  ?

                    Parce qu’une telle solution ne résoudra pas le problème. Elle ne fait que l’ignorer. Et c’est se montrer particulièrement naïf que de le croire. Je n’ai pas le temps de développer, mais renversons rapidement les données. Admettons que nous réglions le problème psychopathique dans notre société (ce que nous pouvons faire en nous y penchant sérieusement en moins d’une génération), aurions-nous besoin d’une usine à gaz pour diriger le pays ???

                    Ben non... parce que dans ces conditions n’importe quelle forme de pouvoir ou de représentation ferait l’affaire. Même nos institutions actuelles n’auraient pas besoin de modifications radicales.

                    Bon, je vous l’ai faite courte et je ne dis pas cela pour discréditer le travail d’Étienne CHOUARD auquel je participe activement. Je tiens là un raisonnement par l’absurde qui nous permet simplement de nous pencher sur la cause des causes. Comme à mon sens les difficultés rencontrées dans notre société actuelle sont de plus en plus complexes, elles ne sont pour moi jamais univoques et donc j’inscris ma démarche en parfait complément à celle d’Étienne CHOUARD. Il faudrait à mon sens un effort dans ces deux directions : l’une au niveau individuel (résoudre le problème psychopathique) ; l’autre au niveau collectif (réformer nos institutions pour les rendre plus démocratiques).

                    Deux angles d’attaques qui convergent l’un vers l’autre et là, je pense que l’on pourra parvenir à un résultat. L’un sans l’autre et tout sera un jour ou l’autre à remettre en question.

                    « Comment faire pour vulgariser les mécanismes pour les démasquer ? »

                    J’y travaille, mais c’est peut-être la partie la plus difficile. Sur un plan strictement professionnel, la plupart des praticiens sont incapables de reconnaître ce genre de psychopathes (les pervers narcissiques). Il y a une totale méconnaissance de ce fléau parmi les psys de divers horizons. Actuellement, une association est en train de se monter au niveau national pour tenter de regrouper des professionnels de renoms et faire émerger cette problématique. Je suis informé en direct et je suivrais l’évolution de ce groupement de professionnels. Nous verrons ce qu’il pourra en ressortir.

                    Je tiens à préciser qu’il existe des outils professionnels pour identifier ce problème, mais je n’en ai jamais parlé, car bien trop complexe à manier pour des profanes (les professionnels n’y parviennent pas non plus, c’est dire). Et j’ai bien ma petite idée pour rendre ces notions exploitables par le plus grand nombre, mais pour l’heure je suis encore en phase de test, car les confusions sont courantes et peuvent être dangereuses.


                  • stupeflip 26 septembre 2014 00:27

                    Merci beaucoup pour votre réponse.

                    D’après le livre « Ponérologie Politique », 6% de la population rentrerait des les critères du psychopathe et 14% seraient compatibles pour jouer leur jeu (en collaborant d’une façon ou d’une autre). Je vois ça schématiquement comme 20% de loups et 80% d’agneaux aveuglés (qui voient les loups comme s’ils étaient des agneaux).

                    Dans la réalité j’imagine que les choses sont plus progressives, que chaque cas est unique, que l’empathie peut être plus ou moins proche de zéro, (parfois moins selon les personnes) et donc qu’il y a des loups plus ou moins dangereux que d’autres.

                    Il me semble qu’on peut aussi « apprendre » (en prenant le contrôle de nos émotions) à se blinder et donc que certaines pratiques ou le fait d’avoir vécu certaines situations traumatisantes puisse nous apprendre à perdre de l’empathie pour les autres... Y aurait-il donc dans cette pathologie une composante innée et une seconde composante acquise ?

                    Pour l’ostracisation je suis 100% d’accord avec vous. On ne peut pas enfermer ces personnes ni les mettre à l’écart puisqu’elles sont peut être notre père, notre mère, un frère ou une soeur, ou nos enfants ou un ami proche etc... Quand je parlais de neutralisation c’était en rapport avec le pouvoir - empêcher d’une façon ou d’une autre ces personnes d’approcher de postes de pouvoir, mais je n’ai pas de solution pratique sur comment on pourrait s’y prendre - mais si on peut directement prendre le problème à la base pour éradiquer (ou au moins réduire dans une grande proportion) ce fléau en réalisant un travail sur nous même, alors là ça serait effectivement la meilleure des solutions !

                    Encore merci pour vos travaux de vulgarisation... J’ai encore plusieurs de vos articles à lire (j’ai découvert vos travaux tout récemment). J’ai beaucoup aimé votre analyse sur la société qui devrait évoluer vers un niveau ou l’on accordera de la valeur à ce qui est authentique. J’ai trouvé cela très positif !!!

                    Merci encore !!!


                  • Le Gaïagénaire 27 septembre 2014 19:10
                    stupeflip (---.---.---.200) 26 septembre 00:27

                     « mais je n’ai pas de solution pratique sur comment on pourrait s’y prendre - mais si on peut directement prendre le problème à la base pour éradiquer (ou au moins réduire dans une grande proportion) ce fléau en réalisant un travail sur nous même, alors là ça serait effectivement la meilleure des solutions ! »

                    Faites un pas de plus en amont : c’est à la cause des causes qu’il faut consacrer les énergies ($$$$) pas sur les effets.

                    C’est la matrice qu’il faut perfectionner, pas ce qu’elle produit.


                  • JC_Lavau JC_Lavau 29 mai 2015 01:26

                    @stupeflip. Tu comptes vraiment réussir à faire comprendre que les perverses en toge noire et jabot blanc qui tranchent nos vies, sont des perverses ? Que les journalistes qui vantent "Après le triomphe du misandrisme victimaire, osez le misandrisme triomphal !’ (Slate), sont des perverses ?

                    Bonne chance et bon courage !

                    C’est un des quatre partis de l’étranger, dont les oligarques tirent les ficelles.

                    Que Iatseniouk et Porochenko sont des pervers dangereux ? Tu risques l’assassinat.


                  • howahkan howahkan Hotah 25 septembre 2014 11:18

                    Salut Philippe....

                    sujet délicat, ou un non psychopathe analyse un psychopathe,et inversement...exorcise difficile donc..bien mené je trouve

                    tu dis ceci :

                    Dans les deux premières parties de cette série d’articles, nous avons beaucoup insisté sur le narcissisme et la façon dont cet aspect de la personnalité est désormais envisagé par le nouveau DSM-5. Nous avons également évoqué les nombreuses incidences négatives de ses personnalités tant pour leur entourage que pour eux-mêmes et l’organisation qu’ils dirigent.

                    Rappelons-en à grands traits les principales caractéristiques :

                     . 1 autosuffisance ;

                    · 2 solitude revendiquée, mais non assumée ;

                    · 3 toute-puissance de la pensée ;

                    · 4 idéal grandiose de perfection ;

                    · 5 sentiment d’ennui et de monotonie ;

                    · 6 angoisses d’engloutissement et/ou d’étouffement ;

                    · 7 perception de son identité insuffisante, floue des limites soi/autrui ;

                    · 8 besoin constant de s’affirmer vis-à-vis des autres d’où son autoritarisme.


                    il me semble que peut être les points 3, 5, 6, et 8..sont des constantes pour tous...mais en un je mettrais la toute puissance de la pensée qui me semble être une caractéristique de 100% des humais, sauf comme d’habitude de rares exceptions...la pensée est pour moi le seul outil qu’il nous reste..la pensée qui peut jouer tous les rôles bien sur..


                    je rajouterais à ce tableau la souffrance humaine, en n° 1, là aussi une constante pour tous, ceci sera souvent nié bien sur, avec quelques moments de ciel bleu lors de la réussite d’un désirs ,d’un projet..l’humain est malheureux avec ou sans maître,c’est d’ailleurs pour moi ce qui précède la psychopathie ...je suis malheureux, la pensée ne sait pas pourquoi ni ce qui se passe alors elle imagine l’état idéal qui sera l’opposé du malheur, ce sera le bonheur..la quête de chaque humain c’est cela..celle du psychopathe comme celle du moins psychopathe ou du non psychopathe ...la pensée essaye de fuir le malheur en cherchant le bonheur...toute mon énergie est utilisée a chercher le bonheur , et rien n’est fait pour comprendre,savoir,vivre le malheur, qui ne sera donc jamais compris.


                    A mon avis par expérience je vois que cette quête jamais atteinte,peut être est elle simplement pure illusion en fait,cette quête impossible va créer encore plus de souffrance, que je vais essayer de compenser par une quête de + en + forte de bonheur......l’argent et le pouvoir sont des quêtes de bonheur...qui n’est jamais là...je suis un puisant, j’ai plein de pognon, de pouvoir, je peux acheter tout ce que je veux,y compris des gens, détruire le monde ,manipuler 7 milliards d’humain et je me sens au fond de moi même comme une grosse « merde » qui est dans le malheur....ma souffrance est au maximum, le suicide est une idée qui passe souvent, j’en devient totalement fou, mauvais, ma souffrance devient de la haine,haine de ma vie que j’essaye de faire payer aux autres,car celui qui se connaît un peu sait que « je » ne peut avoir une mauvaise vision de lui même, car « je » est programmé pour ne pouvoir fonctionner que sur ce qu’il décrète être vrai, bon, juste ,exact ..« je » ne se remets pas en question et va alors envahir la vie des autres qui vont payer cher son malheur......et de fil an aiguille..on arrive souvent au pire.....inévitable pire avec comme outil seulement la pensée ,l’intellect

                    Je ne pense pas que l’ensemble des humains soit si différent à la base de ces psychopathes, c’est pour cela que en se connaissant on peut saisir leurs pensées,qui sont extrêmement simplistes..déjà que on accepte leur psychopathie pour finalement travailler pour eux. paralysés que nous sommes par la peur, à laquelle nous ne connaissons rien..


                    nous serions tous sur la même longueur d’onde avec juste des niveaux plus ou moins élevé ..et là je deviens moi même mon propre sujet.....


                    et là je termine avec Krishnamurti que tu as cité et qui a dit ceci : seule la souffrance peut résoudre la souffrance, indiquant par ailleurs , que sans la résoudre les problèmes humains ne seront pas résolus, car l’intellect ,la pensée ne le peut pas...


                    il nous manque « quelque chose »..


                    merci en tous les cas


                    salutations..


                    • Philippe VERGNES 25 septembre 2014 14:30

                      Bonjour howahkan Hotah,


                      Quand je dis dans cet article « à grands traits », c’est vraiment un doux euphémisme pour ne pas avoir à me répéter vu que mes deux articles précédents exposaient une liste interminable de ces grands traits. Dans cet article, c’est plutôt à la tronçonneuse que j’ai cherché à me tailler des tranches fines de jambon Serrano. smiley

                      Il faut comprendre ce genre de raccourci descriptif selon une approche s’inscrivant sur un continuum comme je le précise bien dans la seconde partie de cette série d’articles et dans plusieurs de mes précédents billets en parlant d’intensité, de fréquence et de durée du facteur évoqué. Autrement, grande est effectivement la tentation de s’y reconnaître tous.

                      Entièrement d’accord pour la réduction de souffrance et la recherche de bonheur, à ce titre nous sommes tous égaux, psychopathes y compris. Sauf que ces derniers et pour des raisons bien précises ont emprunté la pire voie de toutes pour y parvenir : écraser son voisin, accumuler les richesses et advienne que pourra même à leur propre progéniture.

                      « Merci en tous cas »

                      Pas de quoi, au plaisir !

                    • howahkan howahkan Hotah 25 septembre 2014 15:14

                       smiley............de même......


                    • Giordano Bruno 25 septembre 2014 11:24

                      Un livre d’Andrew Lobaczewski à connaître sur le sujet  : Ponérologie politique - Etude de la genèse du mal, appliqué à des fins politiques.


                      • stupeflip 25 septembre 2014 12:31

                        Exact, j’ai mis un lien un peu plus haut avec une interview des éditeurs de ce livre.
                        Le livre lui même m’a paru très difficile à lire cela étant dit... Qu’en avez vous pensé ?


                      • Giordano Bruno 25 septembre 2014 12:52

                        Le sujet du livre est très important. Mais le texte souffre de deux problèmes. Tout d’abord, comme vous le remarquez, il est difficile à lire. Il est mal écrit. Qu’il soit la traduction d’une traduction du polonais vers l’anglais explique sans doute en partie ce défaut. Ensuite, l’auteur prétend sur de nombreuses pages avoir fait une étude satisfaisant la rigueur scientifique, sans malheureusement donner d’éléments sérieux pour étayer cette affirmation. Je ne le considère donc pas comme assis sur des bases scientifiques. Je lui reconnais néanmoins la qualité de faire des hypothèses intéressantes.


                      • Philippe VERGNES 25 septembre 2014 14:36

                        Bonjour Giordano Bruno,


                        Même critique. Cependant, la date à laquelle il a été imprimé cet ouvrage et le fait que son auteur ignorait en grande les travaux fait par d’autres chercheurs, il serait utile d’effectuer un rapprochement entre cet essai et la théorie de la perversion narcissique, car les différents constats de ces deux auteurs s’enrichissent l’un l’autre.

                        La seconde apportant les preuves qu’il manque à la première et la première confirmant les faits sociaux que n’a pas étudié la seconde.

                        C’est ce que je souhaiterais faire dans un prochain travail, mais le temps n’est pas extensible à l’infini. smiley !

                      • JL JL 25 septembre 2014 11:50

                        Ma contribution :

                        « Nos plaies ouvertes saignent parce que les gens voient qu’un tas de connards à qui ils ne confieraient même pas un stand de hot-dogs dirigent leurs vies. » (Tim Willocks, les clefs )


                        • marauder 25 septembre 2014 12:02

                          Comme certains l’ont déja dit, si il y a du pathos chez les gens de pouvoir, il y ’en a toujours au moins un petit peu chez les asservis. Chez ces asservis, un certains nombre était sur la grille de départ de chez les gens de pouvoir mais n’ont pas tout réussis et se sont faits évincer par les plus coriaces (les plus dingos ...).

                          J’ai toujours dis que fallait etre un grand malade pour aller dans le sens du systeme, pour ces raisons la.

                          Si je n’appelle pas a voter mais a prendre en main ensemble, son village, sa famille, sa communauté, en démocratie totale, sans leader c’est pas pour rien non plus.

                          Soyez résolus de ne plus servir !

                          Servons nous ensemble, juste ce qu’il faut, quand il le faut.
                          Le pathos se découvre très vite dans une assemblée totalement égalitaire.


                          • howahkan howahkan Hotah 25 septembre 2014 12:20

                            oui le pathos se voit de suite dans une assemblée égalitaire...

                            on survit assez bien sans servir, il y aurait une certaine « chance » qui est là si elle veut,comme elle veut sur ce « non chemin ».....le mot chance utilisé ici, pour moi désigne ici que je ne sais pas ce qui se passe dans des moments que l’on désigne par chance..

                            cela semble être une dimension qui n’appartient pas à la pensée..

                            salut..


                          • stupeflip 25 septembre 2014 12:38

                            Qu’entendez vous par « ne plus servir » ?

                            Les hommes ont besoin de « donner » aux autres, participer en proposant services ou conseils dans les disciplines dans lesquelles ils sont forts ou spécialisés, non ?
                            Et cela me fait penser à « servir » l’autre... Comment faire autrement ?


                            • stupeflip 25 septembre 2014 12:38

                              (c’était en réponse à marauder).


                            • marauder 25 septembre 2014 19:09

                              Nan c’est pas vraiment ca « servir » :

                              http://fr.wiktionary.org/wiki/servir


                            • stupeflip 26 septembre 2014 00:33

                              ah ok, dans la sens « servitude » / servir son maitre... ok, merci.
                              Je suis d’accord avec vous sur ce point.


                            • marauder 26 septembre 2014 06:49

                              Désolé d’insister mais dans les mots, attachons nous a trouver qu’un seul sens, celui qui est définit autant dans le dico qu’éthymologiquement. Comme ca, on évite la confusion.

                              Les mots ont un sens, et c’est rarement le sens que l’on désire qui fait sens, mais celui qui le définit par nature, tout simplement.

                              Qui connait l’origine des mots « passion », « discipline », « travail » ??? Maintenant, je m’emploi a ne plus les utiliser.


                            • bourrak 25 septembre 2014 16:34

                              Il faudra être prudent sur la formation de la masse, le nombre de psychopathes en faisant partie, et qui s’ignorent risque de provoquer une chasse aux sorcières.

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