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Accueil du site > Actualités > Société > Pavés dans la mare de l’emploi et de la fac

Pavés dans la mare de l’emploi et de la fac

Petite chronique ordinaire d’un précaire

 Diplômé d’un master fondamental en géologie, je suis aujourd’hui professeur contractuel de SVT en collège, remplaçant le plus souvent des collègues en congé maternité. En parallèle, j’effectue activement une recherche d’emploi pour trouver dans mon secteur où j’ai un an d’expérience.
 
Lorsque je cherche un emploi de niveau bac+5, il faut avoir 5 à 10 ans d’expérience ou avoir un diplôme d’ingénieur et en descendant la barre à bac+3, les recruteurs me trouvent "trop" diplômé alors que je suis prêt à ne pas prétendre au delà d’un certain salaire, ne serait-ce que pour avoir de l’expérience dans mon domaine. Longtemps, je me suis demandé pourquoi, quels étaient les grains de sable dans l’engrenage.
 
Le premier correspond aux suppositions des chargés de recrutement, qui imaginent que les ingénieurs sont forcément les meilleurs alors qu’un étudiant de fac doit être nettement plus autonome et innove beaucoup plus en matière de méthodes de réponse à des projets. Le second est une dissimulation de la crise : ces offres qui demandent tant d’expérience sont là en réalité pour débaucher chez le concurrent. Dans ce marasme, les jeunes diplômés arrivent à grand peine à trouver des postes décalés avec ce qu’ils savent faire. Le grand danger à long terme est le suivant : lorsqu’il y aura des départs à la retraite, il faudra à un moment ou un autre aller chercher dans ce vivier de jeunes dont les compétences auront été stupidement gâchées pour des questions d’efficacité à court terme. Et là, il y aura une perte nette en cadres bien formés qui se traduira par un ralentissement des innovations de notre économie, sans vouloir jouer les prophètes de malheur.
 
Abordons à présent le cas de la formation dispensée en université. Elle n’est pas aussi mauvaise qu’on le prétend, peut être même la meilleure mondiale. Alors pourquoi considère-t-on ceux qui sortent de fac comme des fainéants ? Ce sont justement ces derniers qui ont été écrémés les premières années. Pourquoi laisse-t-on des jeunes s’engager dans des master fondamentaux quand on n’est pas sûr de leur donner un thèse après ? Mieux vaut filtrer à l’entrée du master et avoir des financements pour chacun après tandis qu’on complètera la licence par une année d’insertion professionnelle pour les autres.
 
Telles sont mes suggestions pour améliorer le système actuel.
 
Sources : Ingénieurs emplois, Emploi environnement, BRGM...
 
 

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4 réactions à cet article    


  • Felim Felim 26 février 2010 14:45

    Si vous avez des liens ou pistes précises, je suis preneur car je ne trouve rien de probant sur les sites anglo-saxons que j’ai visité (manque d’expérience !).


  • Radix Radix 26 février 2010 15:23

    Bonjour

    « ...ces offres qui demandent tant d’expérience sont là en réalité pour débaucher chez le concurrent. »

    Pourquoi ? Tout simplement le système économique mis en place ne permet pas de faire un pari sur l’avenir comme avant.
    Dans ces entreprises il n’y a plus de « patron » qui ait une idée, même vague de la façon dont sa boite marche, il n’y a plus que des « gestionnaires » qui ont l’œil fixé sur le bilan annuel !

    Il est plus « économique » de débaucher le gars de la boite d’en face avec son savoir et les infos du concurrent que d’investir dans une approche nouvelle.

    Cela permet de ne pas prendre de risque et de préserver son « petit » parachute doré en cas de grosse boulette.

    Dire que cette méthode aboutie à une sclérose de l’entreprise est une évidence mais ceux qui la mette en œuvre s’en fiche... Ils seront partis quand le bidule se cassera la gueule !

    Radix


    • jak2pad 28 février 2010 02:59

      @ christian navis : parfois il vaut mieux dire la vérité, parce qu’entretenir de faux espoirs n’est pas aider la personne...

      Pour le mastère fondamental, vous avez raison : il faudrait dissuader certains étudiants d’y entrer, c’est un mastère qui « prépare » ( sic) à des carrières de chercheur ou d’enseignant du Supérieur,..... on peut toujours rêver.
      Sinon, la seule issue, à mon sens, est de chercher un ou plusieurs stages qualifiants REELLEMENT, donc plutôt longs, et dans des boîtes un peu connues.
      cela demande une recherche approfondie sur les possibilités d’emploi, un bon CV, et une LM assez percutante. Vous pouvez aller voir sur le réseau EURES ( consultable à l’ANPE-BASTILLE.), sinon c’est assez facile, par Kompass ou autres annuaires, de trouver des entreprises du secteur extractif, de voir si un CDD les intéresse, et sinon de prendre n’importe quelle inscription-bidon en Fac ( je ne citerai pas de nom), et demander une convention de stage.
      Ne vous mettez pas en position de victime ni d’incompris, défendez votre truc et arrêtez de vous comparer aux autres.
      Si par chance vous parlez des langues autres que notre patois national, bravo, sinon apprenez-les, la première étant ce jargon qu’on appelle l’anglais, qui est souvent parlé dans notre monde imparfait.
      Si vous êtes nul, comme moi, (et là je sympathise vraiment), le Centre Charles - Péguy à Londres ( cherchez le site), vous permettra de démarrer.
      Vous avez l’air jeune, profitez-en, ça n’arrive qu’une fois, et ça ne mérite pas de finir remplaçant de prof de SVT en cong éde maladie.

      Good luck !


      • Felim Felim 28 février 2010 12:33

        @jak2pad


             La mention d’un stage sur le CV, même de manière détournée, le fait classer d’entrée dans la catégorie inexpérimenté. Quand à l’anglais, je l’ai beaucoup pratiqué professionnellement, sans compter plusieurs langues asiatiques apprises sur le tas. Pour avoir cherché mon premier boulot pendant 9 mois après l’obtention de mon diplôme, j’ai vu les différences de traitement entre ingénieurs et facards comme moi dans les nombreux salons parcourus. C’est un constat, pas une victimisation, car même les master pro galèrent. Je suis fier d’avoir suivi ma formation qui a eu le bon sens d’inclure des cours sur la prospection des matières premières. Le seul truc qui marche vraiment aujourd’hui est le contact direct et, si ça continue, je prendrai des cours de communication pour mieux me « vendre », puisque les travailleurs sont devenus des consommables que l’on choisit au rayon des agences d’emploi.

              Je compte aussi ouvrir à côté des cours un bureau d’expertise géologique avec deux - trois collègues et, si jamais ça devient rentable, lâcher l’enseignement à temps complet.

            Sachez qu’en parallèle je cherche une thèse en Angleterre où au moins ceux qui ont commencé à bosser ne sont pas morts au monde académique comme en France. 

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