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Pédagogie ludique et capacité cognitive

Dans une étude sur 122 élèves, il en résulte que les leçons sont moins bien apprises, lorsque les supports sont trop colorés ou distrayants ! on aurait pu s'en douter, dans distrayant, il y a distraire, et distraire est le contraire, de se concentrer. En fait, la meilleure compréhension, du cours semble obtenue avec des décors pauvres et abstraits, presque rébarbatifs. courage, il faut, un peu, souffrir pour réussir. 

Cerveau et Psycho : n°58 de juillet 2013 : Manuels colorés, leçons oubliées 

Pédagogie ludique et capacité cognitive : Après grandeur et misère des courtisanes, les illusions perdues 

Il y a une quarantaine d'année, les situationistes ont envahi la pédagogie, avec comme conséquence inattendue, l'avènement à l'école, de ce que Guy Debord, lui-même, appelle, ironie de l'histoire, la société du spectacle. La déconstruction de la pédagogie, sans garde fou, ni parapet, s'est engouffrée, dans l'innovation, et ce, sans aucun discernement. Nous continuons, encore, à assumer de nos jours, les conséquences de ces choix, dont la pertinence n'a jamais été vérifiée, ni prouvée .

Dans un Article de la célèbre revue, Cerveau et Psycho, à la rubrique, l'actualité des sciences cognitives, Sébastien Bohler relate les conclusions des psychologues de l'Université de l'Ohio, sur l'attention des élèves, par rapport à la nature spectaculaire et ludiques, des supports pédagogiques. Dans une étude sur 122 élèves, il en résulte que les leçons sont moins bien apprises, lorsque les supports sont trop colorés ou distrayants ! Et Sébastien Bohler d'ajouter, sans ironie, "on aurait pu s'en douter : dans distrayant, il y a distraire, et distraire est le contraire, de se concentrer. En fait, la meilleure compréhension, du cours semble obtenue avec des décors pauvres et abstraits, presque rébarbatifs. courage, il faut, un peu, souffrir pour réussir." Toujours dans le même article, l'auteur de nous rappeler certains versets du credo pédagogiste, en vogue et encensé pendant des décennies, en particulier dans la pédagogie ludique, qui semble, encore, vouloir se métamorphoser, aujourd'hui, dans l'euphémisme des jeux sérieux. "Peut-être avez vous vu de ces manuels scolaires qui enseignent l'accord du participe passé avec un petit personnage qui saute dans la marge, ou des cours de maths où un petit nounours explique qu'il doit tracer un triangle équilatéral multicolore. L'idée de cette iconographie est de capter l'attention des élèves, pour qu'ils s'engagent mieux dans la tâche" Mais qui se souvient des années d'or du pédagogisme, se rappelle, aussi, que nous étions en pleine grandeur et misère des courtisanes. Pour réussir sa carrière, la pédagogie ludique et son cortège d'innovation, étaient un passage obligé ! Le suite de grandeur et misère des courtisanes, dans la Comédie Humaine, se trouve dans le roman des illusions perdues.

Eric de Trévarez

Cerveau et Psycho : n°58 de juillet 2013 : Manuels colorés, leçons oubliées 


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2 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 30 septembre 2013 10:09

    Trop de ludisme nuit à la cognition. Trop peu, aussi.


    • Jean-Philippe 1er octobre 2013 08:20

      Bonjour,

      Ici comme presque partout, le problème n’est pas dans l’outil lui-même, mais dans l’usage qui en est fait.

      Je crois pour ma part qu’il est presque toujours positif qu’un support soit attractif pour l’enfant, et donc ludique. Mais il ne faut pas espérer substituer un support à la pédagogie globale !
      Le rôle de l’apprenant, dans la gestion de l’attention de l’élève, est essentiel.
      Le problème est simple : l’attention est nécessaire à n’importe quel processus d’apprentissage, la capacité de l’enfant à fixer son attention est limitée, et même, avant sept ans, un enfant a du mal à gérer son attention, qui ne se fixera que quelques secondes, et davantage en raison de l’environnement en général que des interventions de l’apprenant.
       Il est donc absurde de concevoir une séance pédagogique en continu, qu’elle soit ludique ou pas. Et plus l’enfant est jeune, et plus c’est absurde.

      L’aspect ludiques peut être un moyen d’attirer l’attention de l’enfant, mais seulement sur une durée très brève, un point précis. Comme le plus souvent, c’est une enchainement causal qui sera à acquérir par l’élève, le ludique ne peut être envisagé en stratégie pédagogique.

      Je l’ai utilisé durant des cours de théorie liée à la voile. Mais comme processus de détente et relaxation, et non en pédagogique. En clair, je tentais de finir chaque point pédagogique par une blague, de manière à « couper » le discours théorique, soulager l’effort d’attention des enfants, et j’attendais autant que nécessaire le retour de l’attention avant de continuer, ici avec des enfants de sept à quinze ans.

      Avec des enfants plus jeunes, c’est le contraire, c’est la non attractivité du support qui est fautive. Car de toutes manières, leur attention se balade, alors le principe à retenir, c’est que plus le support est ludique, et plus elle reviendra à celui-ci.

      Mais non, ludique ou pas, le support ne suffit pas. C’est le travail de l’apprenant qui est essentiel, en ce qu’il contribue à faire coïncider les phases d’attention soutenue de l’enfant avec les points essentiels de compréhension du cours.

      Le meilleur outil d’apprentissage pour l’Homme, c’est l’Homme, même si on tente parfois de vous le faire oublier. 

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