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Accueil du site > Actualités > Société > Pédagogisme, Puérocentrisme et syndrome du glissement

Pédagogisme, Puérocentrisme et syndrome du glissement

Les perversions du système.
 
Ces propos peuvent paraître ironiques. Il ne s’agit pas de critiquer les formidables outils de la communication, mais plutôt de dénoncer des mystifications dangereuses. Ils pointent le doigt vers un minimum de logique et de bon sens et rappelle surtout la mission républicaine de l’école en France… Peut-on envisager un bon citoyen, privé d’un minimum de savoirs et de culture générale ? Peut-on envisager une école qui n’enseigne plus ce minimum ? Peut-on cautionner une école à la solde du consumérisme ? Peut-on enseigner de bonne foi que la vie ne rencontre jamais aucun obstacle, aucune limite ? Depuis une trentaine d’année, quel véritable contenu avons-nous enseigné et comment l’avons-nous fait ? Quel est notre rapport à l’effort, à la persévérance, à la diligence comme l’on disait autrefois ? Peut-on importer le système scolaire Finlandais en France ? Peut-on généraliser les expériences discutables, faites par ci par là, dans des établissements déclarés pilotes ? Au moment où la crise sonne le glas des utopies, et où nos valeurs républicaines seraient un garde fou, il est possible que nous ayons de nouveaux déboires. La faute à qui ? 
Beaucoup s’interrogent sur les changements dont l’école a fait l’objet. En effet, l’école de la République a beaucoup changé, et pas en bien, la mission d’enseigner est devenu souvent impossible. Nous sommes de plus en plus nombreux à accuser le paradigme ambiant. La gestion des élèves et des professeurs se fait maintenant à la façon du marché, dans une vision managériale de l’école. Un groupe d’experts choisis par cooptation, soutenu pendant trois décennies par le pouvoir, a remplacé l’école de la République, par celle des « sciences de l’éducation ». Ce groupe a désorganisé l’intelligence, en vidant les disciplines de leur contenu, et en substituant les compétences aux savoirs.
 
Les conséquences ont été une érosion de la pensée et une dévalorisation du raisonnement au profit d’un bavardage soumis aux affects immédiats. L’école, en même temps, commençait son bouleversement « managérial », en se mettant à la botte de l’entreprise, et en copiant son fonctionnement. Le pédagogisme a vicié deux générations en supprimant la transmission de la culture républicaine de l’école, et en tentant de « fabriquer » un homme nouveau, modulable mais ignorant et diplômé, conforme à une idée de l’homme moderne, que se forgeait le Haut Conseil de l’Education. Se mettait en même temps en place, une structure implacable pour faire plier les enseignants, écarter les réfractaires, et convertir tout le monde aux nouveaux dogmes des « sciences de l’éducation ». Se mettait aussi en place, tout un système de « formation », où tout le monde pouvait devenir formateur de la dernière nouveauté, d’autant plus que c’était l’ascenseur rapide pour une promotion. 
 
 Tout ce que l’on nommait les œuvres classiques ou modernes, jugées trop élitistes, fut retiré des programmes. Le résultat se solda par un arrêt dans l’héritage des savoirs et finalement son oubli. Cette pédagogie du désastre s’est accompagnée de ce que l’on pourrait appeler un « puérocentrisme » , beaucoup plus en accord avec le consumérisme et le règne de « l’enfant roi » qu’avec une quelquonque science humaine, en ayant de graves conséquences à tous les stades du processus éducationnel. Cela nous a conduits à la situation actuelle, et que nous ne pourrons pas redresser en jouant les aveugles. Il est vrai que l’aveuglement de certains, est devenu depuis cécité. L’enfant est au centre de l’école, comme un roi, foulant de ses pieds les savoirs, sur sa tête les écouteurs de son MP3, en guise de couronne … Il règne, il faut le dire, sur l’école et la maison. Les meilleurs avocats de ses carences, se sont ses parents, qui ont été introduits, à renfort, au cœur de l’école !
 
L’école est devenue un tuyau percé par où ont fui effectivement tout les savoirs, tandis que se mettaient en place les éléments phares de la nouvelle pédagogie : le projet de l’élève, son contrat personnel, et l’organisation de la classe en coopérative. La classe singeait le « démocratisme », le « juridisme » et l’« économisme » ambiant. Le professeur devenait un membre de la coopérative. La structure symétrique du maître et de l’élève disparaissait, la leçon magistrale était abolie, vilipendée comme l’aurait été un instrument de torture, tandis qu’était substituée à la culture générale, une prétendue « culture commune », dont on connaît maintenant la nature, une sous culture consumériste « jeune », une mode, faisant les choux gras du commerce mais le désastre de l’école. La culture générale et la discipline furent mises au banc des accusés, puis décapitées, sans autre forme de procés, pour crime d’élitisme ! Conséquence, un arrêt dans l’égalité des chances tandis que certains établissements explosaient à cause de l’indiscipline et de l’incivilité ; le métier d’enseignant devenait extrêmement dur. Malgré un discours édifiant des spécialistes des « sciences de l’éducation », les enseignants perdaient toute visibilité de leur utilité sociale, et le rôle central de l’Education Nationale au sein de la République, s’estompait. La nation commençait à ricaner de son école et de ses enseignants.
 
La grande trouvaille des « sciences de l’éducation » a été la distinction entre les « savoirs savants », et les « savoirs scolaires », mais ce qui est moins avoué, c’est qu’on a substitué, en même temps, l’information à l’instruction ! Un jeune qui naît dans la rue, aujourd’hui, a toutes les chances d’y rester, l’ascenseur social est resté bloqué au troisième sous sol, celui du bricolage ! Le sirop pour faire passer ce chambardement fut un langage codé, « scientifique », connu des seuls « initiés », la Novlangue. Le professeur devenait par la même occasion un animateur et un gestionnaire de la classe. La société de consommation commençait à narguer la République, même dans son sanctuaire, et tout cela dans un enfer pavé de bonnes intentions. Le « tout information » venait à bout de l’instruction, dans un syndrome de glissement. On faisait semblant d’oublier qu’apprendre et comprendre sont étroitement liés depuis la nuit des temps et que la pédagogie est un art avant tout. L’éducation donnait l’impression de sombrer dans le nunuche. La fonction républicaine du professeur était rangée au musée de l’histoire, dépassée nous confiait-on, l’ère de la « Grande Pédagogie » commençait… Quand à la transmission culturelle, c’était une préoccupation de bourgeois, indigne d’un enseignant. L’élève privé du savoir et de la culture, devenait un surfeur sur internet, spécialiste dans l’effleurement des choses. Ce modèle faisait de l’élève, une caricature pré-commerciale, une sorte de « veilleur » de l’information, conditionné par la mode et le marché. Le mythe de l’entreprise s’installait à l’école, dans un cocktail de bienvenue, avec cotillon et paillettes. Ce mythe faisait table rase de la culture, et feignait d’ignorer que la République relève aussi de la culture. L’idéal du Citoyen était évacué avec le contenu des programmes, avec les leçons et les devoirs, tandis que la discipline faisait place à la coopérative. L’approche des choses et la lecture devenaient globales, comme le Coca Cola à l’échelle planétaire. Plus de leçon, plus de devoirs, on avait découvert, grâce aux « sciences de l’éducation », le secret de la pédagogie.
 
On a assisté à la disparition de l’enseignement de l’intelligence critique, au profit de celui de la spectacularisation et de l’innovation à tout prix. La logique s’en est allée avec le bon sens. L’effort était interdit de séjours, il était toujours proposé, puis recommandé, une méthode plus « soft » que la précédente. On nous disait qu’en Finlande, il n’y avait plus de devoirs ni de leçons à la maison, pas de cours l’après midi, que même les cours de physique et de chimie se faisaient au son de la guitare, et que les performances des petits finlandais étaient les meilleures du monde. L’école devenait un lieu de vie, un espace ludique avec un nouveau jouet profilé à l’horizon. L’ordinateur fut très vite détourné par l’élève pour son divertissement personnel, ce qui démontrait qu’il n’était pas nécessaire d’en rajouter. L’ignorance et la démagogie commençaient à gripper la machine tandis que l’on s’orientait vers « le tout compétence » dont on nous rabâchait qu’il devenait indispensable au développement de la société moderne. L’utopie pédagogiste battait son plein, tandis que se vidaient les cervelles, accompagnant et collant au mieux à la spectacularisation et au consumérisme qui envahissaient tous les espaces de la vie. Les nouveaux fondements travestis du consumérisme se mettaient en place, dans un concert d’applaudissements, tandis qu’à l’école, on assistait à une véritable destruction des savoirs. L’école ne fabriquait plus des citoyens mais façonnait des consommateurs. On assistait impuissant à la victoire définitive de la consommation sur notre institution la plus républicaine. Malheur à celui qui osait proférer la moindre remarque. Il était frappé d’anathème, mis à l’écart. Les promotions se faisaient à coup d’innovations spectaculaires, privilégiant toujours la forme, sur le fond. Administrativement, un professeur, bien noté, n’était jamais dans sa classe, mais toujours en sortie pédagogique. Malheur aussi à celui, qui l’année suivante, récupérait ses élèves. Nous n’étions plus à une contradiction prés.
 
A un moment où la crise sonne le glas des dernières utopies, à un moment où des réajustements douloureux vont se faire entre les nations, on ne peut que déplorer la victoire du consumérisme à l’école. L’élève d’aujourd’hui ne conçoit plus que le divertissement. Il ne répond qu’à ses affects, il est compulsif, comme le parfait consommateur. Est-ce vraiment ce que nous voulions ? Est-ce vraiment le citoyen idéal pour demain ? Décidemment, c’est une lapalissade, mais nous ne sommes pas en Finlande, ni dans le grand duché du Luxembourg…

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10 réactions à cet article    


  • docdory docdory 11 février 2009 18:55

     @ Eric de Trevarez 

    Remarquable diagnostic . Pour la thérapeutique , j’ai bien peur que ça risque de ne pas être simple !


    • Eric de Trévarez 12 février 2009 06:35

      Merci. Je crains, hélas, qu’au niveau thérapeutique, le privé n’ait une réponse plus rapide. Il est moins empêtré dans l’idéologie qui soutend le pédagogisme. Ce sera la fin de l’idéal républicain à la Française, dans lequel l’école était l’instrument de l’égalité des chances, et jouait le role de l’ascenseur social.


    • anny paule 11 février 2009 18:57

      Je partage en grande partie cet avis sur l’école et sur ce qu’elle est devenue.
      Je dis, en grande partie et non en totalité parce que vous avez trouvé un "bouc émissaire" facile pour expliquer l’origine des maux (et des mots...) dont souffre notre école... Ce ne sont pas "les sciences de l’éducation" qui ont sonné le glas, c’est bien autre chose. Ce sont les réformes mal pensées et établies à la va-vite, dès 1959 et 1963 qui sont responsables de bien des maux. (Songez que dès 1959, il s’agissait d’adapter l’école à l’économie... sans mettre les moyens nécessaires... Si vous disposez d’un peu de temps, il serait intéressant de lire "l’exposé des motifs" de la réforme Berthoin... c’est éloquent !).
      L’école (dans sa partie "secondaire"), je la connais bien pour y avoir enseigné les Lettres pendant près de quarante ans. Si vous parlez au nom du seul primaire, je ne peux en dire grand chose, sinon ce que j’ai pu constater chez mes élèves et chez mes propres enfants et petits enfants... 
       Ce que je crois, c’est que ce sont certains "pédagos" (qu’on a montés en épingle, type Mérieu), qui ont fait un peu de mal, mais aussi les linguistes qui ont truffé les manuels des enfants de mots savants vides de sens (pour les enfants s’entend !) . Songez, par exemple, qu’on parle de "reprises anaphoriques" dans des manuels de grammaire de sixième, alors que les élèves, pour un grand nombre d’entre-eux, ne connaissent pas les notions les plus élémentaires ! Ce sont encore les directeurs des programmes qui ont supprimé toute notion de lien entre époque et littérature, tout texte "difficile" au profit d’oeuvres sans intérêt... On a bradé notre culture parce qu’on a fait un enseignement de masse sans se donner les moyens d’assumer ce que cela représentait... alors on a baissé le niveau d’exigences et on s’est rabattu (pour se donner l’illusion d’on ne sait quoi !) sur des métalangages abscons qui n’apportent rien et surtout, ne forment pas "l’être" qui est en chaque enfant...
      Et... je ne pense pas que les réformes en cours apportent de meilleures choses !


      • Eric de Trévarez 12 février 2009 06:42

        je vous remercie de votre commentaire. Je vous ferais cependant remarquer, que parmi les techniques de manipulation, se trouvent en bonne place, l’argument "scientifique" ou le vocabulaire complexe.


      • tiptop 11 février 2009 23:19
        J’ai rarement lu un article aussi détaché de la réalité que celui-ci. L’auteur a-t-il seulement été dans des classes pour voir comment elles fonctionnent ? Qu’a t-il lu pour débiter autant d’inepties ?
        « En effet, l’école de la République a beaucoup changé, et pas en bien, la mission d’enseigner est devenu souvent impossible. »
        C’est faux, l’école a peu changé. Beaucoup moins vite que la société en tous cas. Vous devriez lire François Dubet. Elle ne s’est pas adapté, c’est bien le drame, à la massification de l’enseignement. Elle ne s’est pas démocratisée faute de moyens (ils ont été mis là où il ne fallait pas) et de volonté politique. 
        « La gestion des élèves et des professeurs se fait maintenant à la façon du marché, dans une vision managériale de l’école. »
        Oui effectivement, c’est ce que nous prépare Darcos. Les évaluations bilans, les EPEPS, les structures privées de remplacement en sont le prémisse. Mais on en est pas là. La culture enseignante est aux antipodes de la culture managériale (sans aucun jugement ). Accuser les experts des sciences de l’éducation (vous pensez à Meirieu ?) est un contre sens total. Lisez donc Meyrieu avant de balancer des contrevérités.
        « Tout ce que l’on nommait les œuvres classiques ou modernes, jugées trop élitistes, fut retiré des programmes. »
        C’est faux. Du moins à l’école primaire. Les œuvres de littérature sont au programme. Mais elles ne sont plus au centre des désastreux programmes 2008.
         « Le pédagogisme a vicié deux générations en supprimant la transmission de la culture républicaine de l’école, et en tentant de « fabriquer » un homme nouveau, modulable mais ignorant et diplômé, »
        Mais d’où vous viennent tous ces fantasmes ? La critique du pédagogisme à l’école est à mon avis un vaste écran de fumée. Où sont-ils ces « démagogues » , ces « spontanéïstes », ces « jeunistes » ? Existent-ils vraiment de nos jours ? Des dérives existent certainement mais je ne connais dans le pire des cas que des profs usés, dépassés qui ne savent plus quoi inventer pour tenir leur classe. L’immense majorité a depuis longtemps enterrés les utopies soixante-huitardes. Et c’est heureux. Mais la critique contre les « dérives de l’innovation ( ? ? ?) » sont à mes yeux la porte ouverte à des interprétations ouvertement réactionnaires. Je perçois ici et là un amalgame entre les méthodes actives (où l’enfant travaille vraiment !) et les pédagogies du « divertissement » tant décriées où la spontanéité de l’enfant est reine. Où sont-elles ces « méthodes » démagogiques ? Ma question n’est pas faussement naïve. Je n’ai pas l’impression de vivre sur la même planète que l’auteur quand il prétend qu’elles sont au centre du système. Nous sommes dans un monde où l’accès et la gestion des savoirs se posent plus que leur simple accumulation. Outre la problématique de l’accès aux savoirs, ici se pose la question cruciale de la culture scolaire à transmettre. Luc Ferry répond très simplement que l’école a vocation à transmettre un patrimoine, une certaine tradition. Je ne suis pas tout à fait d’accord : l’école a vocation à transmettre une culture commune. Ce n’est pas la même chose. Et cette culture commune est bien ce qui pose problème aujourd’hui. Il y a deux écueils : le plus petit dénominateur commun ou « jeunisme » mais aussi une certaine tradition élitiste qui exclut une bonne partie des élèves.
        Allons à l’essentiel : la formule « l’élève aux centre du système éducatif » (Programmes 1989) a été très mal interprétée et ne doit pas être comprise comme l’aboutissement d’une soi-disant pensée libertaire post 68. Elle a quand même eu le mérite de décentrer un peu les enseignants d’un système qui n’a pas vocation (sauf à l’université) à servir la cause de leur très noble et irremplaçable discipline. Ces derniers ont une mission d’instruction ET d’éducation vis à vis de l’élève. Les deux sont indissociables. Il faut clairement marteler cette double mission dans les IUFMs. Il ne faut plus que des profs sortent de formation en pensant qu’ils vont se contenter d’enseigner leur matière. Gare aux désillusions ! Cette formule est pour moi un rappel au bon sens : on doit prendre l’élève tel qu’il est (avec ses difficultés) si on veut espérer qu’il s’élève, qu’« il devienne autre » et non le prendre tel qu’on aimerait qu’il soit. On me répondra que c’est extraordinairement difficile dans le collège actuel. C’est vrai et c’est pour ça que je suis partisan d’une vrai réforme structurelle du collège unique. Je ne peux entrer dans le détail ici mais je renvoie aux excellentes propositions de Marie Danièle Pierrelée (Principale de Collège et auteur de « Pourquoi vos enfants s’ennuient en classe »). Mais pour Darcos, contre toute évidence, c’est le maillon fort du système. Certains proposent de mettre au centre du système éducatif la relation entre l’élève et le savoir. Mais dans ce cas, le rôle de transmission qui est traditionnellement celui des maîtres ne peut suffire. Il faut construire dès le plus jeune âge un rapport sain au savoir seul garant d’une véritable réussite scolaire (voir les travaux de Bernard Charlot). Les attitudes de « faire semblant » sont à mon sens beaucoup plus responsable de l’illettrisme à l’école primaire que la polémique autour des méthodes ou du nombre d’heures passées à lire ou à écrire. Au collège et au lycée, disons le franchement, ce « faire semblant » me semble être la règle chez les élèves qui sont dans la norme mais en difficulté. La lecture de « Savoir et Banlieue » de Bernard Charlot est très éclairante à ce sujet. Nous vivons une révolution culturelle profonde que cela nous plaise ou non. 

        • Eric de Trévarez 12 février 2009 06:53

          je vous remercie pour toutes ces références bibliographiques, cependant il me semble que vous avez oublié "l’Emile". Je vous avoue que je ne l’ai pas lu. Chez Rousseau, dans le genre roman, j’ai préféré "la Nouvelle Héloise"...


        • tiptop 12 février 2009 13:10

          Curiosité : quel ouvrage de Meyrieu avez-vous lu ?


        • Blé 12 février 2009 05:33

          L’école fait parti intégrente de notre société, ce n’est pas un espace à coté de la société mais bien en plein milieu.

          Depuis la maternelle jusqu’à la fac, chaque année les enfants sont soumis à un rituel : la rentrée des classes.
          L’état n’a pas d’argent mais pour cette rentrée des classes où le rituel veut que les parents liste en main aillent obligatoirement dans les grandes surfaces pour acheter le nécessaire scolaire.

          Pour le commerce, il y a de l’argent. L’état aide les familles, mais cette aide coûte moins cher à l’état que de donner les moyens aux parents par un salaire correcte. L’éducation du futur consommateur commence là, chaque année. L’argent de la C.A.F va directement (ou presque) dans les grandes surfaces.

          Qui en a décidé ainsi ? Un élève ne se souviendra pas de la couleur de sa trousse parcontre, ce qu’il n’a pas reçu de savoir à l’école, il le trimbalera toute sa vie car c’est durant la jeunesse que tout se jour dans notre pays. La capacité de savourer un texte de littérature n’est pas inné, il faut l’apprendre dès le plus jeune âge, mais on n’a trop souvent oublié que l’enfant prend ce que les adultes lui donnent, ce n’est pas lui qui choisi.

          Il ne faut pas plus d’efforts pour lire ce qu’il y a de meilleur que pour lire ce qu’il y a de moins bon. Mais encore faut-il permettre à l’individu de le découvrir, nous en sommes loin pour une bonne partie de nos jeunes.

          Par ailleurs, l’urgence n’est pas de trouver des boucs émissaires, ceux qui décident en trouveront toujours.
          Les pédagogues, les enseignants ne peuvent à eux seuls lutter contre la marchandisation de la transmission des savoirs. Les "entreprises" scolaires sont déjà assez puissantes pour imposer leurs intérêts avec l’aide des classes aisées. Pour notre gouvernement actuel, l’école est toujours trop chère, si les gens veulent apprendre à lire de beaux textes, ils n’ont qu’à payé, sinon il y a la télé pour se distraire.


          • srobyl srobyl 12 février 2009 13:12

            Merci pour cet article, à mon avis empreint d’une grande lucidité et non expression de fantasmes comme un commentateur le dit. Certes, c’est plutôt pessimiste. Alors pour argumenter dans le sens de l’auteur et éclairer quelques optimistes (=pessimistes mal informés), je rapporte les faits suivants : 

            •  dans les années 90 (ce n’est pas si lointain), un IPR (Inspecteur pédagogique régional) en SVT (ex-sciences naturelles) se lâche au cours d’un repas à l’occasion d’un stage de formation :
            "Quest-ce qu’un bon prof ? Moi je vais vous dire...Des profs excellents, c’est rarissime, disons allez, un ou deux par région. Heureusement, il y a une multitude de bons profs : un bon prof, c’est un prof sympa, qui, comme les routiers du même nom "roulent pour leurs élèves". Il y a un mois, je suis allé inspecter un de mes anciens collègues sans le prévenir ; j’arrive à l’établissement pour y apprendre qu’il était en sortie en forêt à VTT (pour étudier la "nature" bien sûr). Je ne suis pas aller le voir, et lui ai mis 18/20 immédiatement."

            Si je n’ai rien contre les sorties pédagogiques, au contraire, il me semble que ces paroles-là incitent plutôt à faire des sorties et surtout que cela se sache : ce qui s’y passe au fond n’a pas d’importance. Sans être tous des arrivistes, il est normal qu’un prof (connaissant surtout son salaire faramineux !) soit intéressé par sa carrière et ait à coeur de faire ce qui est conseillé
            • Second exemple venant d’un principal qui s’inquiétait de ne pas avoir de profs volontaires pour des "PAE" un de ces machins qui ont changé de nom de multiples fois, , "projets d’action éducative, parcours diversifiés, itinéraires de découverte ...(ça sent-y pas le ludique et la promenade champêtre, ça mon cadet ?) Même Jack Lang, confondant un peu les appellations, affirma un jour à Fr2 "on viendra à bout de l’échec scolaire, grâce aux itinéraires diversifiés"...Dans la réalité, ces "actions"servaient surtout aux établissements (et donc à leurs chefs) à être bien notés... Le Principal, ayant devant lui des profs qui ne souhaitaient pas se coltiner du boulot supplémentaire, financé de plus avec des queues de cerise, s’énerva et balança :
             "Alors, c’est ça, vous voulez qu’on soit comme ces collèges "où il ne se passe rien ?!"

            Comprenez "où il ne se passe que des cours . CQFD : les cours = rien. Comment s’étonner alors que la plupart des enseignants se sentent désemparés devantuun tel jugement. Pourquoi feraient-ils autre chose que du show-biz alors que c’est la façon idéale d’obtenir une promotion ?

            Je ne veux en rien dédouaner en bloc tous les collègues, dont certains ont même devancé la mise en application officielle de toutes ces nouveautés novatrices et innovantes, (marquées par le sceau du ludique et de l’interactif,..) mais pour la plupart ils n’ont fait que suivre la mode de l’instant, dont le non respect te rélègue au rang d’obscur, rétrograde et inutile tâcheron Le mauvais exemple vient donc d’en haut, et il existe bel et bien, incite même au mensonge et à l’activisme

            Je tiens à qui le souhaite d’autres éléments d’information du même style, et des propos d’anciens chefs d’établissement qui se sont permis un peu de franchise après leur départ en retraite...




            • Eric de Trévarez 12 février 2009 14:48


              Je vous remercie pour votre "croustillant" témoignage. Je vous invite à d’autres commentaires, surtout avec des avis de qualité comme ceux que vous nous avez présentés. Nous sommes là pour tout dire...
              En fait parmi l’encadrement de l’institution, beaucoup sont passés maître dans l’art des apparences.
              On aurait dû épargner l’école d’une pareille approche.



               

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