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Accueil du site > Actualités > Société > Périscolaire à Paris : l’anti-école dans l’école

Périscolaire à Paris : l’anti-école dans l’école

L'année scolaire 2013-2014 va bientôt s'achever, une année scolaire comme je n'en ai jamais vécu en dix-huit ans de carrière à Paris, avec cette désagréable impression que l'on s'est appliqué à défaire systématiquement ce que mes collègues et moi essayions de construire chaque jour.

A l'école, on apprend à parler correctement.

Vous reprenez patiemment leurs tournures de phrases tout au long de la journée, vous sanctionnez systématiquement tous les gros mots prononcés et dès que le périscolaire commence, vous laissez votre classe à une personne qui s’adressera à eux en usant de formules comme : "si t'aurais pas fait ça, j't'aurais pas puni" ou d’expressions très familières.

Des papiers à destination des parents, truffés de fautes d'orthographe, sont distribués aux enfants.

Beaucoup d'animateurs parlent à peine français ou s'expriment avec des accents qui les rendent difficilement compréhensibles, en particulier pour les élèves de maternelle. Des enfants de quatre ans se font hurler dessus parce qu'ils ne font pas ce que l’animateur leur demande alors que moi-même je me demande encore ce qu'on pouvait bien attendre d'eux à ce moment-là.

Beaucoup d'animateurs donnent cette impression de venir "jouer à la maîtresse". On leur donne toute la panoplie : la salle de classe, le matériel, les élèves mais ils n'ont évidemment pas les codes. J'en arrive parfois à me demander quels enseignants ils ont pu avoir comme modèles tant il est évident qu'ils confondent autorité et autoritarisme.

 

A l'école on apprend à respecter ses camarades.

Les règles élémentaires du "vivre ensemble" que nous nous évertuons chaque jour à rappeler et à faire respecter semblent ne plus avoir cours dès lors que le grand basculement dans le temps périscolaire a eu lieu. Les insultes fusent, les coups pleuvent sous les yeux de ces animateurs débordés, qui souvent jettent l'éponge au bout de quelques jours et sont remplacés par d'autres tout aussi incompétents.

" Il t'a tapé, alors tu le retapes, c'est normal" peut-on entendre de la bouche d’animateurs aux écouteurs accrochés aux oreilles et dont on peut lire distinctement la marque du caleçon, quand la loi du Talion viens remplacer le règlement intérieur de l’école.

Et c'est aux enseignants de reprendre tout cela en mains le jour suivant ce qui est pratiquement mission impossible dans les quartiers difficiles.

 

A l'école, on apprend à respecter le matériel.

A Paris, les activités périscolaires se déroulent très souvent dans les salles de classes. Les enseignants se demandent chaque mercredi et chaque lundi dans quel état ils vont retrouver leur outil de travail. Des affichages dégradés, des cahiers griffonnés, des livres avec des pages déchirées, du petit matériel qui disparait ... j'ai pu constater un mercredi matin le résultat de l'activité " s'exprimer librement sur le tableau" : des dizaines de craies gâchées et un tableau couvert de graffitis, dont certains obscènes, le tout agrémenté de gros mots.

Plusieurs fois j'ai dû consoler des collègues qui s'effondraient en larmes en ouvrant la porte de leur classe.

Les tables sont déplacées et il faut prendre quelques minutes supplémentaires sur les apprentissages ( en plus des différents tableaux à remplir pour gérer les heures de sortie et les activités ) pour remettre sa classe en état

 

A l'école on apprend à respecter les locaux.

Les enseignants veillent chaque jour à ce que les élèves ne courent pas dans les couloirs, pour des raisons de sécurité mais aussi par respect des lieux qui doivent être distingués de la cour de récréation. A partir de 15 heures, c'est galopades, glissades et hurlements à foison ! Des affichages se retrouvent décrochés et piétinés sans que personne ne trouve à y redire ou ne pense à les remettre en place.

Dans les écoles maternelles, les asems ( agents spécialisés des écoles maternelles ) qui ont été réquisitionnées pour jouer le rôle d'animatrices n'ont plus le temps de nettoyer la cour de récréation. Résultat, le sol et les jeux ont été toute cette année couverts de fientes de pigeons.

Il est beaucoup plus difficile cette année pour les professeurs des écoles d’obtenir que leurs élèves sortent de l’école dans la calme étant donné qu’un jour sur deux, ces sorties se font dans l’anarchie la plus totale. Combien d’enfants se sont retrouvés seuls dans la rue alors qu’ils étaient censés rester à la garderie après le temps périscolaire ?

 

A l'école, on apprend à respecter ses professeurs.

Les mardis et vendredis, à 15 heures, parfois un peu plus tôt, vous voyez les animateurs débouler dans votre classe et vous prier avec plus ou moins de ménagement de leur laisser la place. Ayant des années durant raccompagné mes élèves vers la sortie de l'école ou bien vers la cour de récréation pour l'étude, jamais je ne m'habituerai à devoir quitter ma classe comme une voleuse, avec ma pile de cahiers dans les bras, devant trouver un petit endroit libre pour les corriger. Impossible aussi de préparer la classe et le matériel pour les cours du lendemain.

Des salles de classe ( souvent dévolues au RASED réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficultés ) sont amputées d’une partie de leur surface au moyen de cloisons montées à la surprise générale des enseignants, afin de réaliser un bureau pour le responsable des activités périscolaires, quand ce dernier ne réquisitionne pas directement le bureau d’un psychologue scolaire qui a eu le malheur de s’absenter quelques jours.

Certains professeurs des écoles ont postulé pour prendre en charge des activités périscolaires ( souvent pour ne pas avoir à laisser leur salle de classe subir ce que je décris plus haut ). Ces collègues se mettent donc sur ce temps périscolaire sous l'autorité du REV ( responsable éducatif ville - chef des animateurs ). J'ai vu des collègues dans cette situation se faire traiter comme des moins que rien par le REV , et cela devant leurs élèves.

Dans une école, des animateurs ont fait écrire par les élèves des articles dénonçant la quantité de devoirs que donnait une enseignante ainsi que le poids des cartables. Outre le fait de créer la confusion entre les activités scolaires et périscolaires, est-ce bien le rôle des animateurs que de « monter la tête » des élèves contre leurs professeurs ?

 

S'il fallait une preuve que "réformer" ne rime pas toujours avec "faire évoluer les choses dans le bon sens", l'exemple de cette réforme des rythmes scolaires en est une bien suffisante.

Et si vous ne croyez pas ce que vous venez de lire, renseignez-vous donc auprès des directeurs et directrices des écoles publiques de Paris.


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45 réactions à cet article    


  • eric 30 mai 2014 10:58

    Plus d’enfants dans ces classes la pour vérifier par moi même. J’espère qu’il y aura d’autres témoignages. Cela semblerait coherent. L’effort des differentes gauches idéologiques de tous poil pour détruire notre école républicaine de l’intérieur et de l’extérieur se poursuivrait. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843

    Paradoxalement, ce qui m’inquiète presque le plus, c’est que si ce genre de chose est avérè, de plus en plus d’enseignants seront tente par les idées du FN. Jusqu’à présent, ce parti était surtout populaire et bien dans la tradition troisième république qui fit les riches heures de notre école. Si y debarque la moyenne et petite intelligentsia mécontente tres politique, il y a un risque que ce parti s’extrémise. Il a su eviter l’entrisme des paria de l’extrême gauche genre Dieudonné Soral, mais l’afflux d’enseignants mecontents a la culture protestataire, de syndicalistes ecoeures serait inquiétante. Toujours et partout, ce sont ce genre de gens qui ont fait les partis vraiment extrémistes


    • Un_lecteur 1er juin 2014 13:52

      Fabuleux !

      Ce qui vous inquiète, ce n’est pas le bilan désastreux pour la génération suivante, mais le fait que des enseignants pourraient voter FN.
      Quel aveuglement, et quel formatage de l’esprit !

    • Abou Antoun Abou Antoun 30 mai 2014 11:00

      La réforme Peillon, comme les précédentes, n’est que budgétaire. il s’agit de remplacer des heures de ’vrais cours’ par du personnel qualifié et (à peu près) payé au tarif, par des gesticulations d’animateurs sans compétence aucune et rétribués en conséquence, des intermittents du spectacle en quelque sorte.
      Par la suite, l’honneur est sauf ; le volume global d’occupation des enfants est conservé, voire augmenté. On peut donc tranquillement continuer à sucrer de ’vraies’ heures de classe.
      Il y a bien sûr tous les effets pervers que les pros voient et que vous dénoncez, mais cela ce gouvernement, comme les autres n’en a strictement rien à foutre. L’éducation n’est pas une priorité, pas plus que la santé (nous verrons un jour, à l’instar de la Chine de Mao les ’instits aux pieds nus’), pas plus que la défense, pas plus qu’aucun service public. L’État se suicide mais l’appareil d’État demeure, la classe politique indolente continue à se vautrer dans le luxe et le fera jusqu’à ce qu’elle soit virée à coups de pieds au cul. Le dernier des ’rois fainéants’ paiera sans doute la facture pour tous ses prédécesseurs de la lignée. Il se peut que ce soit Hollande mais ce n’est pas certain, la classe politique doit avoir encore pire en réserve.


      • Stéphanie 30 mai 2014 12:57

        Et bien sûr, cet enseignant dans son billet est tout à fait objectif et respecte les animateurs... 


        Je ne voudrais pas que mon enfant soit dans la classe d’un enseignant aussi méprisant envers les autres et convaincu de sa « sainte » supériorité ! 

        • jaja jaja 30 mai 2014 13:17

          Haine de classe mâtinée de racisme envers des salariés mal considérés et mal payés... S’en prendre aux classes défavorisées est devenu tendance que ce soit de la part de la droite dure ou de la fausse extrême gauche à la Isga sur Agoravox pourfendant « la classe ouvrière de France obèse et réactionnaire »...

          Il est grand temps de descendre dans la rue pour défendre la classe des prolétaires contre les régressions sociales voulues par la bourgeoisie capitaliste idéologiquement aidée par ses valets sus-nommés....


        • scylax 30 mai 2014 13:34

          Si vous aviez lu Marx, vous sauriez qu’il méprisait le « prolétariat en guenilles » (lumpenproletariat), c’est-à-dire la canaille.

          Aujourd’hui on assiste au déferlement de la canaille.

        • jaja jaja 30 mai 2014 13:41

          Si vous aviez lu Makhaïski vous sauriez ce qu’il pensait de telles affirmations...


        • jaja jaja 30 mai 2014 13:43

          Et de plus là on ne parle même pas de ce que Marx appelait de façon méprisante « lumpenprolétariat »...


        • tf1Groupie 30 mai 2014 14:15

          Mais dans la rue tu y es tous les jours mon pauvre Jaja !

          A force de battre le pavé ce dernier va te détester et un jour il te reviendra dans la gueule (si ce n’est déjà ja fait)


        • cricri 1er juin 2014 18:07

          Qu’est-ce qui vous prouve qu’il n’est pas objectif ? Ah oui, tout ceci est impossible puisque c’est pour le bien des enfants !


        • tf1Groupie 30 mai 2014 14:14

          Faire une réforme dans une administration massive comme l’Education Nationale ne se fait jamais sans difficultés ni ajustements.

          Lister les couacs de cette réforme alors que la première année n’est pas terminée c’est excessif, voire malhonnête.

          On ne s’étonnera pas que faire évoluer le Mammouth soit impossible, de même que la mauvaise réputation des enseignants continue à s’accentuer sans qu’ils veuillent s’en rendre compte.


          • foetusman 3 juin 2014 19:25

            Faire une réforme en expérimentant des idées débiles sur les enfants, sans moyens ni contrôle, c’est sûr que c’est beaucoup plus intelligent !!!
            Un miracle qu’il n’y ait pas eu plus d’accident, d’enfants perdus, voire de kidnappings, vu le nombre d’inconnus qui circulent librement dans les batiments scolaires depuis la rentrée... Mais si vous préférez attendre deux ou trois ans pour faire un décompte, libre à vous.
            Faire évoluer le Mammouth oui, mais si c’était en positif ça serait mieux. Là, c’est juste du bazar organisé pour couler l’école publique. Aucun intérêt pédagogique (journées rallongées et désorganisées). Aucun intérêt pour 90% des enfants (ateliers minables en majorité).
            Alors la mauvaise réputation des enseignants, ne la mêlez pas à ça s’il vous plait, quand ils se fatiguent dans le désert à tirer la sonnette d’alarme face à des sourds dans votre genre.


          • tf1Groupie 3 juin 2014 19:39

            « en expérimentant des idées débiles sur les enfants »

            Avec ce niveau de commentaire on ne va pas aller très loin... sauf dans la critique.
            Allez faites-vous plaisir.


          • njama njama 30 mai 2014 16:04

            Bravo Celine P

            Excellent article on sent le vécu ...
            Il était facile de prévoir que cette réforme ne pouvait que générer le souk dans les écoles, merci d’en témoigner, et, apporter des tonnes de soucis aux municipalités ..., et pas que financiers.
            Au moins, puisque c’est à elles, les municipalités, de la mettre en place, et de la faire tourner, on ne pourra pas reprocher aux enseignants et directeurs (directrices) d’école la Bérézina que produira cette réforme ...
            Rien qu’à la lire sur le projet sur le papier on devinait déjà que cela allait être très ingérable, coûteux, et injuste. En plus comme ces activités sont facultatives, les nouveaux horaires prennent les familles en otages.


            • neutrino38 30 mai 2014 17:15

              Bonjour Céline,


              Etant moi-même animateur bénévole (je n’interviens pas en périscolaire) et papa, je peux confirmer que :

              1- les animations périscolaires ne sont pas toutes de qualité
              2- un animateur mal formé peut faire des dégâts.

              Vos observations me semblent donc justes, au delà de votre animosité visible contre les animateurs en général, comparés aux Professeur(e)s des Ecoles qui sont naturellement parfait(e)s.

              La réforme - telle qu’elle a été menée - n’est donc pas satisfaisante mais elle contenait une idée juste : augmenter le temps scolaire pour avoir un meilleur apprentissage. Une possibilité évidente, qui a sans doute été écartée en une microseconde, est la suivante :

              La règle générale serait revenir à 4 jours 1/2 avec des horaires standards (8h30 - 11h30 / 13h30 - 16h30) assurés par les professeurs des écoles eux-même (cela fait donc 22 heures 30 minutes de présence effective devant les élèves) avec le choix de la demi journée (mercredi matin ou samedi matin) votée par les parents par école tous les quatre ans / cinq ans.

              Les projets périscolaires pourraient être intégrés école par école comme des expérimentations ou des pratiques propres à l’établissement en fonction des partenariats locaux et proposer ainsi qq chose de qualité (si si c’est possible)

              Les enseignants auraient donc plus de temps pour faire le même programme et n’auraient plus à faire du « bourrage de crâne ». On pourrait même imaginer de diminuer d’une ou deux semaine les vacances d’été pour amplifier cet effet et permettre aux plus lents, ceux qui ont des difficultés d’être aidés.

              Cela permettrait aussi de faire plus en classe, moins de devoir (pour permettre à ceux qui n’ont pas de parents capable de les suivre d’avoir leur chances) et de faire des projets créatifs.

              Oui cela impliquerait que les professeurs des écoles acceptent de faire plus d’heures à salaire constant (désolé mais le budget de l’Etat est sous pression ...). Mais c’est dans l’intérêt des enfants n’est-ce pas ? 

              Et les professeurs porte l’intérêt des enfants n’est-ce pas ?

              Au passage si l’on pouvait éviter que formations, réunions et conseils de classe empiètent sur le temps scolaire ça serait une magnifique contribution à l’école républicaine.

              • cricri 1er juin 2014 18:03

                Désolée mais encore une méconnaissance de notre métier. Dans le premier degré aucune réunion ni conseil n’est effectué sur le temps scolaire.


              • foetusman 3 juin 2014 19:30

                Mais bien sûr.. Les enseignants vont venir bénévolement réparer les pots cassés par une réforme en carton...
                1- Ils ont déjà une semaine parmi la plus longue des pays de l’OCDE (eh oui, mystérieusement, les cours ne se préparent pas tout seuls, les copies ne se corrigent pas par magie). Pour les élèves, même chose, ils n’arrivent déjà plus à suivre, alors rajouter quelques heures... Riche idée !
                2- Le problème des apprentissages n’est pas tant une question de durée que de qualité. Mais pour ça, il faut des moyens : diminuer le nombre d’élèves par classe, notamment. Là, bizarrement, aucun politique n’y pense, à part quelques annonces jamais suivies d’effets.
                3- Si vous désirez contribuer à votre superbe idée, je vous ne prie, passez le concours, l’entrée est libre ! On vous attend !


              • valie 4 juin 2014 18:36

                En réponse à votre texte : je suis professeure des écoles en maternelle et nous sommes encore à « l’ancien rythme » donc je ne peux pas encore en parler en connaissance de cause...quoique cette réforme me semble être antisociale au possible (le comble pour un gouvernement socialiste !) mais par contre je ne peux pas vous laisser dire de telles contre vérités : réunions et conseils de classe n’empiètent PAS sur le temps scolaire, (nous avons des heures obligatoires à effectuer en dehors du temps scolaire donc le soir le midi le mercredi ... ) de même que les heures de formations obligatoires (conférences pédagogiques pour les initiés)...Nous avons par contre le droit de demander à participer à des stages sur le temps scolaire (auquel cas nous sommes remplacés) mais c’est un droit pour TOUS les salariés et le nombre de jours est limité comme pour les autres professions... Quant au salaire des enseignants et leur temps de travail effectif (et pas seulement face à la classe !), c’est un débat très vaste et vous seriez sûrement surpris de voir le nombre d’heures réellement effectuées qui pour beaucoup passe les 35 heures par semaine...Pour votre gouverne un enseignant débutant ne gagne même pas 1700 euros net par mois avec bac + 5...il faut quand même être motivé quand on voit qu’avec un CAP boucherie on émarge à plus de 2000 euros (je n’ai rien contre les bouchers, ni contre personne d’ailleurs ) mais il serait quand même bien que l’on arrête de taper sur les enseignants et qu’on les écoute car chacun son métier ! Je ne suis pas plombier, médecin ou électricien et quand j’ai besoin d’un professionnel, j’écoute son opinion...le gouvernement aurait peut être bien fait de demander avant de sortir sa réforme mais à leur décharge, tous les ministres de l’éducation veulent laisser leur trace en nous pondant une réforme, des nouveaux programmes... et ce sont les élèves qui essuient les plâtres !


              •  C BARRATIER C BARRATIER 30 mai 2014 19:50

                PEILLON et toute l’équipe socialiste au pouvoir savaient parfaitement que cette idiotie cassait l’école, mais tel est leur but ! Ils suivent les recommandations de l’OCDE , - casser la qualité pour que les parents cessent d’aimer leur école publique.

                Voir en table des news :

                OCDE, conseils pour casser les services publics et privatiser

                http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=231

                Ils ne sont pas les premiers à organiser cette casse, et il sera impossible de remonter la pente.Hélas ma question était une fausse question

                Ecole publique : Enfin une refondation qui la conforte ?

                http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=217


                • riff_r@ff.93 riff_r@ff.93 1er juin 2014 20:45

                  Merci pour ces liens, c’est incroyable ! le premier intitulé : « La Faisabilité politique de l’ajustement » est d’un cynisme total : à lire asolument. note : ajustement = réforme pour enlever des acqis sociaux ou des services publics


                • 65beve 30 mai 2014 22:06

                  Bonsoir,
                  Dans ma ville, les enfants du CM1 ont appris :
                  -à faire du théâtre,
                  -à faire une présentation Powerpoint,
                  -à faire des exercices de secourisme.
                  -à faire des photos numériques et les classer dans un ordinateur.
                  Donc, rien que du positif dans cette mesure.
                  95% des parents, tous les profs, tous les enfants sont satisfaits.
                  Je propose à CelineP de changer de métier pour éviter un ulcère à l’estomac.

                  cdlt


                  • riff_r@ff.93 riff_r@ff.93 1er juin 2014 20:54

                    Très bien. Tant mieux pour vos enfants. Et peut-être que dans la commune voisine les enfants ont fait garderie dans la cour tout l’hiver avec un ballon de foot. C’est bien un des problèmes de cette réforme : il y a rupture d’égalité sur l’ensemble du territoire. En tant que parent on demande à l’éducation nationale d’assurer la réussite de ses enfants. En tant qu’enseignant on recherche la réussite de ses élèves. En tant que ministre de l’EN on devrait chercher la réussite de tous les élèves et l’égalité de tous sur l’ensemble du territoire. Vous croyez vraiment que cette réforme permet ça ?


                  • Montdragon Montdragon 30 mai 2014 23:41

                    Tout dépend des mairies et de leur politique de recrutement.
                    Apparemment, chez de la noëlle, on aime embaucher des grands frères hip hop-wahhabites pour surveiller les gosses à bobos..gros boomerang dans la face du vivre ensemble.


                    • Jean Keim Jean Keim 31 mai 2014 09:55

                      Les enfants sont à l’image des commentaires mais quel est le rôle de l’école ? 

                      Faire des têtes bien pleines ou permettre l’émergence de personnalités harmonieuses ? Se satisfaire du savoir des enfants est effrayant. Quel peut-être le bon savoir ? Faut-il qu’un modèle de société soit imprimé dans les jeunes esprits qui se trouveront confrontés à d’autres modèles auxquels ils s’opposeront, sans voir l’inanité de leur réaction ? N’est-il pas possible de sortir de cette impasse, d’aller à l’essentiel et de commencer par se demander : de quoi a réellement besoin un enfant pour connaître le sens de sa vie ? Pas du point de vue de truc ou machin mais de par ses propres découvertes.

                      Un piège dans lequel nous tombons tous y compris les éducateurs et les parents, est d’attacher de l’importance aux résultats, cela oblitère ce qui est important.


                      • Raymond SAMUEL Raymond SAMUEL 31 mai 2014 09:56

                        Bonjour,
                        Très intéressant tout ça !
                        C’est presque un condensé social. Où on voit la verrue , que dis-je, le chancre mou qu’est l’école, le formatage des enseignants, la désertification/déliquescence de la vie privée, le morcellement du fameux « vivre ensemble » (fameux ce vivre ensemble alors que l’éducation et la nouvelle culture nous rend impossible la vie en couple et en famille (et aculture nos enfants dans cette culture de la violence, de la guerre contre le masculin, de l’individualisme, de l’égoïsme, de l’égocentrisme, du formatage...).
                        Quels enfants laissons-nous à la Terre ? Nous pouvons en avoir une bonne idée dans les propos à lire ci-dessus (et ailleurs) écrits par ces enciens enfants de notre époque. Sauf un qui semble révéler un milieu social hors école d’une certaine qualité où les enfants, à défaut d’une attention familiale suffisante (impossible dans notre société surconsommatrice) disposent de services municipaux d’une certaine qualité, et peut-être d’une micro-civilisation ?
                        J’espère être bientôt libéré de ce spectacle. Heureusement, j’ai l’âge requis.


                        • Pere Plexe Pere Plexe 31 mai 2014 22:34

                          Mon dieux...
                          Il y aurait donc de la vie en dehors de l’EN ?
                          Vite protégeons nos petites têtes blondes (ou pas..) de cette terrible jungle !
                          Il est de notoriété publique que rien de bon ne peut venir hors du petit monde de l’enseignement estampillé par le ministère.
                          Hors de ce cénacle il n’est que misère intellectuelle et perversion morale.
                          La compréhension du monde ne peut raisonnablement se faire que dans le cadre étroit de la classe et le prisme unique de l’enseignant.
                          Et la réussite de projets éducatifs similaires sous d’autres cieux ne doit pas être le fallacieux argument qui ferait douter de ces vérités premières.


                          • Raymond SAMUEL Raymond SAMUEL 1er juin 2014 10:13


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                            Témoignage  : l’école à la maison

                            par Isabel Estévez

                             

                            Résumé  : À l’école, l’intelligence de l’enfant est contrainte de se soumettre à des programmes absurdes. Témoignage d’une mère qui a choisi d’éviter de pousser ses enfants à se conformer à un modèle.

                             

                            Je suis mère de cinq enfants, de 22 à 7 ans aujourd’hui, et j’ai instruit les quatre aînés à la maison jusqu’à la rentrée 2000. J’ai été membre du conseil d’administration d’une association de familles pratiquant ou s’intéressant à l’instruction parentale. J’ai reçu chez moi, au cours de nombreux séjours, des enfants de ces familles, et j’ai même organisé ou participé à des rencontres internationales à leur intention. Je me suis intéressée à plusieurs approches pédagogiques et psychologiques. Je me suis formée pour pratiquer, puis enseigner à d’autres parents et travailleurs sociaux, une conception " démocratique " de la communication inter-personnelle : la méthode Gordon. J’ai été formatrice dans un GRETA, pour un public de jeunes en difficultés d’insertion de 16 à 25 ans. Enfin, je donne depuis un an et demi des cours particuliers de français, maths, anglais, espagnol et histoire-géographie à une douzaine d’élèves qui fréquentent par ailleurs un établissement scolaire, jusqu’au niveau de la première, ou un institut médico-pédagogique.

                            Mes expériences dans l’accompagnement des jeunes sont donc variées, et mon parcours présente la particularité de n’inclure aucune formation à l’enseignement. On peut dire que je suis une enseignante autodidacte ! C’est à partir de toutes ces pratiques, qui ont contribué à ce que je suis, en tant que personne et mère, et indirectement à ce que sont mes enfants, que j’écris ces réflexions.

                            Je tiens à préciser que je n’ai qu’un bac littéraire, ce qui n’est déjà pas mal, mais rien d’extraordinaire. J’avais opté pour une vie de mère au foyer et des activités à temps partiel, et nous vivions principalement des allocations familiales et d’une pension alimentaire modeste. On ne peut trouver dans notre histoire de privilèges ni matériels ni intellectuels ; plutôt, beaucoup de réflexion et d’engagement, et une grand-mère issue d’un milieu de petits paysans, poussée à étudier par des religieuses, devenue enseignante et toujours intéressée par les innovations en faveur de la liberté d’apprentissage, du respect du rythme des enfants, etc.

                            J’ai choisi d’éviter de pousser mes enfants dans des situations où ils seraient comparés, et invités à se conformer à un modèle. Ils ont beaucoup joué, se sont ennuyés parfois, ont appris au gré de leurs intérêts des choses qu’ils n’auraient pas eu le temps de développer à ce point dans un autre contexte. Mes filles aînées étaient capables, avant l’adolescence, de concevoir et réaliser leurs vêtements, leurs sandales. Mon fils aîné, à douze ans, jonglait dans les rues avec quatre torches enflammées. Ma plus jeune fille lisait et écrivait avec passion, depuis petite. Enfin, ils ont pu se lancer « dans le monde » à leur rythme, voyager, séjourner dans d’autres familles, d’autres milieux, d’autres pays.

                            Persuadée que le désir de grandir et d’apprendre était déjà en eux, j’ai constaté qu’il ne pouvait se manifester pleinement qu’à ces deux conditions : un maximum de liberté et de sécurité affective, c’est-à-dire la certitude d’être accepté et accueilli quoi qu’il arrive. Il est clair que je n’ai pas été en mesure de procurer à mes enfants cette qualité de présence en tous temps, mais je vois que leur disponibilité pour s’investir dans leur vie est en rapport avec ce qu’ils en ont reçu, et en reçoivent aujourd’hui.

                            Tous savaient lire, écrire et compter, mais aucun ne savait, à dix ans, autant d’orthographe que n’en connaît aujourd’hui mon plus jeune fils, à sept ans. Leur intérêt pour cette compétence est venu plus tard, entre le début de l’adolescence et de l’âge adulte.

                            Alors que sont-ils devenus ? Sont-ils asociaux, dépendants, immatures ?

                            Ma fille aînée a travaillé la flûte traversière, puis l’acrobatie, le trapèze et le jonglage depuis l’âge de quinze ans. Elle enseigne maintenant dans une école de cirque à des groupes d’enfants, adolescents et adultes, crée des spectacles et co-organise des festivals. Elle vit en couple avec un jeune ostéopathe. Elle s’est remise à l’orthographe et aux maths. Passionnée de plantes, elle crée aussi des décors floraux magnifiques pour des fêtes et des cérémonies.

                            Ma fille cadette a laissé ses études avec un niveau de seconde, étudié plusieurs instruments : violon, guitare, basson, saxophone et piano. Après une année dans une école de cirque, elle a passé son Bafa, avec des commentaires très positifs tant pour les stages théoriques que pratiques - en particulier pour sa maturité et son sens de l’initiative. Elle a beaucoup voyagé et obtenu deux brevets de plongée. Elle prépare un diplôme équivalent au bac et projette de s’orienter vers une fac de langue, puis l’organisation de voyages.

                            Mon fils aîné est entré en seconde après trois années d’étude régulière à la maison. Il a été félicité pour son travail autant que pour son attitude en classe. Il étudie le solfège et la clarinette avec une assiduité impressionnante et des résultats assortis. Il veut en faire son métier en tant que musicien et professeur. Il joue aussi de la batterie, et participe à des spectacles en tant que jongleur et mono cycliste. Après son unique année au lycée, il prépare cette année un bac scientifique par correspondance.

                            Ma plus jeune fille a beaucoup aimé le théâtre et pratique le violon, la flûte traversière et le piano. Elle est entrée en troisième au collège après quatre années d’étude quotidienne à la maison. Ses résultats sont excellents. Ses professeurs se sont dit enthousiasmés et stupéfaits de la façon dont elle s’est adaptée à la vie du collège. Toutes les sections lui sont ouvertes : littéraires, scientifiques, technologiques ou artistiques. Elle souhaite aussi passer un bac, et elle a choisi de faire une seconde au lycée.

                            J’ai été très émue d’entendre, au cours des réunions parents-professeurs, les éloges de l’ensemble de leurs enseignants. La plupart étaient conscients que mes enfants n’étaient pas différents des autres, au départ. De mon côté, je vois que leurs conditions de vie leur ont permis de développer des qualités qui ne survivent que difficilement à une éducation « classique ». Autonomie, maturité, créativité, enthousiasme et motivation, faculté de s’affirmer sans agressivité, de gérer les conflits, curiosité intellectuelle, personnalité… voilà certaines des qualités qui leur sont reconnues. A tous les enseignants, j’ai indiqué qu’ils étaient à l’école parce qu’ils l’avaient choisi.

                            Je tiens à souligner que nous n’aurions pas pu jouir de cette liberté après le vote de la loi liberticide du 18 décembre 1998 sur le contrôle de l’instruction. Auparavant, trois inspections étaient prévues, utiles pour vérifier si les parents étaient porteurs d’un véritable projet. Aujourd’hui mes amis sont harcelés par les inspecteurs de l’Education Nationale, qui exigent, de la part des parents, des résultats dont leur administration se montre incapable elle-même. Certains de ses représentants sont allés jusqu’à déplorer leur mode de vie " …quel dommage, des enfants si intelligents, si bien dans leurs baskets ! … ", au lieu de saluer les qualités manifestées par ces enfants non scolarisés et l’engagement de leurs parents.

                            Quant à mon plus jeune fils, il a été enlevé et scolarisé à trois ans par son père, contre mon gré, en prologue à un divorce qu’il allait gagner en suggérant, argument particulièrement payant en cette année 1997, mon appartenance à un mouvement sectaire. Après deux années de lutte, le juge dut convenir de mes pleines capacités à élever un enfant, mais il n’était plus question de changer notre fils de résidence, de peur de le " déstabiliser ".

                            J’ai relevé, dans ses bulletins scolaires, plusieurs observations au sujet de ce qui était nommé son « manque de maturité ». Je me suis référée au dictionnaire et, laissant de côté les considérations botaniques, j’ai retenu deux définitions de ce mot :

                            - Période de la vie caractérisée par le plein développement physique, affectif et intellectuel.

                            - Sûreté du jugement (généralement propre à l’âge mûr) ex : manquer de maturité.

                            Si j’essaie d’imaginer ce qui est entendu en parlant de la maturité, forcément très relative, d’un être de 6, puis 7 ans, je vois un enfant qui refuse de se conformer à des injonctions ou à des attentes implicites, ou qui affirme des besoins généralement considérés comme caractérisant des enfants plus jeunes. Je vois une personne qui refuse d’être « raisonnable », c’est-à-dire de refouler ses émotions lorsqu’elles sont déclarées inacceptables par les adultes qui l’entourent. La base de cette appréciation est une comparaison avec une norme, une moyenne des comportements de l’ensemble des enfants fréquentés par son auteur.

                            Au troisième trimestre, l’institutrice a souligné les " progrès " de mon petit garçon, comme s’ils étaient le résultat de ses précédentes exhortations. Mais un enfant ne peut croître que s’il trouve dans son milieu les éléments nécessaires à la réalisation de son potentiel. C’est la prépondérance reconnue des besoins affectifs et relationnels qui a fondé mes choix de vie avec mes enfants.

                            En ce qui concerne celui-ci, à propos duquel l’institutrice parlait « d’allergie à l’écriture », je pense qu’il était prêt à lire, mais pas encore à écrire. Je déplore d’autant plus qu’il y soit contraint que j’ai pu observer chez de nombreux enfants, avec beaucoup de joie, l’éveil de l’intérêt pour la calligraphie d’abord, puis pour l’orthographe. Je crains que ce plaisir soit désormais compromis pour lui, car l’écriture est maintenant associée à une douloureuse obligation.

                            C’est à partir de ces réflexions que je déclarais, dès le premier trimestre, ma préférence pour un redoublement, plutôt que pour un « forçage ». Ce mot peut sembler exagéré, mais je suis en mesure de réaliser, par comparaison, la pression à laquelle cet enfant se trouve soumis, chez son père comme à l’école, pour pratiquer l’écriture et apprendre l’orthographe. Je ne pense pas que l’on puisse, dans ces conditions, parler d’allergie, ce qui laisse entendre qu’il souffre d’une affection dont il convient de le guérir. Cependant, même si tel était le cas, que fait-on pour une personne allergique, sinon supprimer l’élément allergène de son environnement, en attendant de la désensibiliser ? Faudrait-il désensibiliser mon fils ?

                            Je comprends bien qu’en tant qu’institutrice, on ne dispose que d’une marge étroite pour répondre, face aux autorités administratives et académiques et face à l’ensemble des parents, à ce genre de questions : faut-il supprimer l’obligation d’écrire, puisque tous les enfants n’ont pas le désir de le faire au même âge ? Peut-on les inviter à écrire autrement, par exemple avec une machine à écrire ou un ordinateur, ou à enregistrer leurs réponses sur cassettes audio ? Un enfant qui n’est pas obligé d’écrire ou de lire à 7 ans écrira-t-il ou lira-t-il naturellement plus tard ? Peut-on développer des qualités comme la créativité, l’autonomie, l’intelligence, la sincérité, la sensibilité à soi et à autrui, dans un contexte de contrainte ?

                            Mais ce qui me semble plus regrettable, c’est que, visiblement, cette enseignante n’ait même pas l’espace de réflexion pour se poser de telles questions.

                            Elle peut reconnaître l’intelligence d’un enfant, son éveil, et le taxer d’immaturité lorsqu’il refuse de se soumettre, ou d’allergie lorsqu’il manifeste la violence qui est faite à son rythme de développement, sans jamais ne voir aucun lien entre ces différents aspects de sa personne. Les qualités qui lui sont accordées, au lieu de nourrir une saine confiance dans sa capacité d’autodétermination, sont utilisées comme justification pour le contraindre à se plier aux exigences du système, au programme. Or, les programmes changent tout le temps  ; ce qui demeure, c’est l’obligation de s’y soumettre. On voit bien alors quelle est la valeur dominante promue par l’école, sous couvert d’instruction et de socialisation.

                            martinisabel@netcourrier.com

                             



                            • boilingpoint75 1er juin 2014 13:12

                              Ce que raconte cet article est totalement vrai. Je le vis tous les jours dans les écoles de Paris où je travaille.Et personne n’en parle comme si c’était normal qu’une municipalité dépense des millions d’euros pour rendre inefficace une institution qui coûte déjà des milliards à l’état ! donc les contribuables paient deux fois : une fois pour faire, une fois pour défaire ! Et le pire dans tout ça , ce sont les enfants victimes de cette folie !

                              Des dizaines d’articles sont déjà sortis depuis septembre 2013 pour dénoncer ce scandale mais rien ne bouge. L’indifférence générale. C’est une honte !



                              • boilingpoint75 1er juin 2014 13:14


                                http://75.snuipp.fr/?L-important-c-est-l-ecole
                                L’important c’est l’école lettre au DASEN de 419 directeurs et directrices d’école
                                publié le 18 octobre 2013
                                Paris, le 17 octobre 2013

                                A Monsieur Duthy, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale chargé du 1er degré.

                                Copie à : à Monsieur Weill, Recteur de Paris, à Mesdames, Messieurs les Inspecteurs de l’Education Nationale, Inspecteurs de Circonscription chargés du 1er degré.
                                L’important, c’est l’Ecole !
                                Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale, Nous, directeurs d’écoles élémentaires et maternelles de Paris, tenons à vous faire part de notre désarroi et de notre colère après un mois de reprise des classes. Depuis le 2 septembre, l’essentiel de nos préoccupations et de notre temps est consacré au périscolaire municipal décidé par la Ville de Paris. Sa qualité, par ailleurs très inégale, les conditions dans lesquelles il s’exerce, ses modalités d’organisation, les périmètres de responsabilité des uns et des autres dans cette nouvelle organisation de l’école, sont les sujets qui envahissent nos journées. Or, fonctionnaires d’état en charge de mission d’Education Nationale, nous souhaitons affirmer fortement ici qu’à l’école, l’important c’est l’École, autrement dit les apprentissages. Apprentissages qui doivent se construire dans de bonnes conditions, dans la sérénité. Des apprentissages menés sous la responsabilité d’adultes formés, habilités. Des apprentissages qui trouvent leur légitimité dans le cadre de programmes officiels, appliqués sur l’ensemble du territoire national. Contrairement à ce qui est affirmé, nous souhaitons attester que les bonnes intentions qui sous-tendaient cette réforme n’ont pas suffi. Les déclarations « c’est dans l’intérêt des enfants », « les journées scolaires sont trop longues », « il faut réduire les inégalités », « combattre l’échec scolaire », sont des préoccupations partagées par la totalité des enseignants. Elles se heurtent cependant à la réalité de la mise en place de cette réforme. Voici quelques éléments de notre constat :
                                 Les conditions de sécurité mal assurées pour nos élèves aux différentes sorties de l’école,
                                 Un niveau d’hygiène des locaux scolaires dégradé,
                                 L’intervention dans les bâtiments scolaires d’une succession d’adultes dont on ne peut garantir la compétence, à qui sont confiés des groupes d’enfants pour faire des « ateliers » dont on ignore les objectifs, dans les locaux ou hors des locaux de l’école,
                                 Une confusion totale pour les élèves qui ne savent plus se situer par rapport aux adultes référents. Pour ceux de l’école maternelle, la perte de repères spatio-temporels à laquelle ils sont soumis et le non-respect de leur biorythme sont proprement insupportables. La représentation de l’école qui leur est donnée ne leur permet pas de se situer de façon constructive dans l’institution scolaire,
                                 La confusion des finalités du scolaire et du périscolaire, certains ateliers proposés par la ville ayant des appellations équivoques : « lecture », « ateliers scientifiques », « anglais », etc.
                                 Des personnels enseignants exclus des locaux des classes où ils préparaient leur travail pédagogique après 15 heures deux fois par semaine. Il en résulte une perte de motivation des équipes et une interrogation sur les finalités de leur métier,
                                 Des personnels d’animation, souvent plein de bonne volonté, mais désemparés devant l’ampleur de la tâche confiée : animer des ateliers sans matériel, dans des locaux impropres à leur exercice, parfois sans formation, ….
                                 Des agents des écoles maternelles déboussolés qui ont du mal à s’inscrire dans les nouvelles missions imposées par la Ville, sans formation : passer du ménage et de l’assistance aux enseignants à l’animation d’ateliers éducatifs en responsabilité devant les élèves. Depuis un mois, les bâtiments scolaires sont réduits à des lieux d’accueil pour enfants où différents adultes possédant des statuts mal identifiés par les élèves passent faire avec eux des « activités », le scolaire peinant à trouver sa place dans la confusion générale des espaces et des rôles de chacun. Il nous semble particulièrement important que l’institution qui nous emploie réaffirme aujourd’hui la prépondérance de l’École à l’école. En professionnels de l’Education que nous sommes, nous savons que la désorganisation structurelle induite par l’application de cette réforme parisienne, ne sera pas résolue après une « période de rodage » ou après quelques « ajustements » à la marge. Nous vivons douloureusement le fait qu’une expérience mal préparée, sans consensus trouvé entre les différents acteurs, vienne mettre à mal les valeurs de l’école de la République en laquelle nous continuons de croire. Nous vous assurons, Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale, de notre profond attachement au service public d’éducation.


                                • boilingpoint75 1er juin 2014 13:15


                                  http://75.snuipp.fr/?L-important-c-est-l-ecole
                                  L’important c’est l’école lettre au DASEN de 419 directeurs et directrices d’école
                                  publié le 18 octobre 2013
                                  Paris, le 17 octobre 2013

                                  A Monsieur Duthy, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale chargé du 1er degré.

                                  Copie à : à Monsieur Weill, Recteur de Paris, à Mesdames, Messieurs les Inspecteurs de l’Education Nationale, Inspecteurs de Circonscription chargés du 1er degré.
                                  L’important, c’est l’Ecole !
                                  Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale, Nous, directeurs d’écoles élémentaires et maternelles de Paris, tenons à vous faire part de notre désarroi et de notre colère après un mois de reprise des classes. Depuis le 2 septembre, l’essentiel de nos préoccupations et de notre temps est consacré au périscolaire municipal décidé par la Ville de Paris. Sa qualité, par ailleurs très inégale, les conditions dans lesquelles il s’exerce, ses modalités d’organisation, les périmètres de responsabilité des uns et des autres dans cette nouvelle organisation de l’école, sont les sujets qui envahissent nos journées. Or, fonctionnaires d’état en charge de mission d’Education Nationale, nous souhaitons affirmer fortement ici qu’à l’école, l’important c’est l’École, autrement dit les apprentissages. Apprentissages qui doivent se construire dans de bonnes conditions, dans la sérénité. Des apprentissages menés sous la responsabilité d’adultes formés, habilités. Des apprentissages qui trouvent leur légitimité dans le cadre de programmes officiels, appliqués sur l’ensemble du territoire national. Contrairement à ce qui est affirmé, nous souhaitons attester que les bonnes intentions qui sous-tendaient cette réforme n’ont pas suffi. Les déclarations « c’est dans l’intérêt des enfants », « les journées scolaires sont trop longues », « il faut réduire les inégalités », « combattre l’échec scolaire », sont des préoccupations partagées par la totalité des enseignants. Elles se heurtent cependant à la réalité de la mise en place de cette réforme. Voici quelques éléments de notre constat :
                                   Les conditions de sécurité mal assurées pour nos élèves aux différentes sorties de l’école,
                                   Un niveau d’hygiène des locaux scolaires dégradé,
                                   L’intervention dans les bâtiments scolaires d’une succession d’adultes dont on ne peut garantir la compétence, à qui sont confiés des groupes d’enfants pour faire des « ateliers » dont on ignore les objectifs, dans les locaux ou hors des locaux de l’école,
                                   Une confusion totale pour les élèves qui ne savent plus se situer par rapport aux adultes référents. Pour ceux de l’école maternelle, la perte de repères spatio-temporels à laquelle ils sont soumis et le non-respect de leur biorythme sont proprement insupportables. La représentation de l’école qui leur est donnée ne leur permet pas de se situer de façon constructive dans l’institution scolaire,
                                   La confusion des finalités du scolaire et du périscolaire, certains ateliers proposés par la ville ayant des appellations équivoques : « lecture », « ateliers scientifiques », « anglais », etc.
                                   Des personnels enseignants exclus des locaux des classes où ils préparaient leur travail pédagogique après 15 heures deux fois par semaine. Il en résulte une perte de motivation des équipes et une interrogation sur les finalités de leur métier,
                                   Des personnels d’animation, souvent plein de bonne volonté, mais désemparés devant l’ampleur de la tâche confiée : animer des ateliers sans matériel, dans des locaux impropres à leur exercice, parfois sans formation, ….
                                   Des agents des écoles maternelles déboussolés qui ont du mal à s’inscrire dans les nouvelles missions imposées par la Ville, sans formation : passer du ménage et de l’assistance aux enseignants à l’animation d’ateliers éducatifs en responsabilité devant les élèves. Depuis un mois, les bâtiments scolaires sont réduits à des lieux d’accueil pour enfants où différents adultes possédant des statuts mal identifiés par les élèves passent faire avec eux des « activités », le scolaire peinant à trouver sa place dans la confusion générale des espaces et des rôles de chacun. Il nous semble particulièrement important que l’institution qui nous emploie réaffirme aujourd’hui la prépondérance de l’École à l’école. En professionnels de l’Education que nous sommes, nous savons que la désorganisation structurelle induite par l’application de cette réforme parisienne, ne sera pas résolue après une « période de rodage » ou après quelques « ajustements » à la marge. Nous vivons douloureusement le fait qu’une expérience mal préparée, sans consensus trouvé entre les différents acteurs, vienne mettre à mal les valeurs de l’école de la République en laquelle nous continuons de croire. Nous vous assurons, Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale, de notre profond attachement au service public d’éducation.


                                      • boilingpoint75 1er juin 2014 13:44

                                        " Je suis professeur des écoles à Paris depuis 24 ans. Ces dix dernières années, j’ai exercé en tant que titulaire-remplaçante dans un même quartier de Paris. Je passe d’une classe à l’autre pour remplacer mes collègues absents deux jours, une semaine ou plus. Je pense donc être bien placée pour constater les effets de la réforme des rythmes scolaires à Paris de la petite section de maternelle jusqu’au CM2 sur des enfants que je revois d’une année sur l’autre. 

                                         

                                        Le premier constat que je fais, c’est qu’ils prennent plus de temps qu’avant pour effectuer un même travail. Ils s’arrêtent plusieurs fois au cours d’un exercice et se mettent à rêvasser. Je leur demande s’ils sont bloqués dans leur travail, mais ce n’est pas le cas la plupart du temps. Ils s’y remettent en rechignant un peu, de toute évidence ils semblent avoir moins de plaisir à travailler. En conséquence, il n’est plus possible de faire autant de choses qu’avant sur une même plage horaire. Ce qui est nouveau aussi, c’est l’augmentation du nombre d’élèves qui ne vont pas au bout d’un travail. Il s’arrêtent, ils commencent à s’agiter et il n’est plus possible de les remettre au travail. 

                                        Quoi qu’il en soit, à partir du jeudi après-midi, il semble évident que le temps passé en classe ne sert pas à grand chose tant il est devenu difficile de les faire travailler. Même le sport ne les intéresse plus en fin de semaine. Durant les jeux collectifs dont ils ont toujours raffolé, de plus en plus d’élèves demandent l’autorisation d’arrêter pour aller s’asseoir. "


                                        • boilingpoint75 1er juin 2014 13:45

                                          " Jamais je n’avais vu autant de petits de maternelle, de CP et de CE1 s’endormir sur leur table. 

                                          En ce qui concerne les enfants de petite section de maternelle, c’est un véritable crève-coeur devoir les réveiller pendant la sieste afin qu’ils soient prêts pour les activités périscolaires de 15 heures. Le plus ahurissant, c’est quand l’activité en question est la « relaxation » qui demande qu’ils se couchent de nouveau mais à-même le sol cette fois. 

                                          Les élèves de maternelle ont plus de difficultés qu’avant pour se repérer dans le temps. Quatre mois après la rentrée, quand on les fait sortir de la classe, ils redemandent plusieurs fois s’ils vont en récréation, à la cantine, ou si leurs parents les attendent pour repartir. 

                                          Les élèves de maternelle ont toujours été plus agités à la fin du premier trimestre, à l’approche de Noël, mais cette fois ça dépasse tout. J’ai eu des classes incontrôlables par moments, malgré toute mon expérience. 

                                          A Paris, ce sont les asems ( agents spécialisés des écoles maternelles ) qui sont chargées des activités périscolaires. Comme elles ont eu très peu de formation, leur hiérarchie leur demande d’observer ce que font les instits pendant la journée et de faire la même chose le soir. Toutes se plaignent d’avoir été contraintes d’assumer cette nouvelle charge mais elles semblent toutes résignées. 

                                          Certaines rapportent que leur hiérarchie( et même leur syndicat ) leur demande de se préparer à prendre en charge les enfants à la place des instits dans le futur, dans le cadre de la transformation des écoles maternelles en " jardins d’éveil « gérés par la mairie ... Cela rend mes collègues perplexes. »


                                          • boilingpoint75 1er juin 2014 13:47

                                            "En école élémentaire, les activités périscolaires n’ont démarré que début octobre. Avant cette date, les mardis et vendredis, après 15 heures, les élèves ont pu bénéficier de récréations d’une heure trente. Des activités de garderie se sont mises en place, les mêmes que celles des centres de loisirs du mercredi, mais les sorties en moins étant donné la plage horaire limitée. 

                                            Les salles de classe sont utilisées pour ces activités. Les animateurs de la mairie arrivent dans les classes peu avant 15 heures et sans grand ménagement, vous rappellent que vous devez leur laisser la place. Si vous avez le malheur de rester un peu dans la salle pour préparer la classe du lendemain, ils vous font sentir que vous les dérangez, quand ils ne vous demandent pas ouvertement de sortir. Et vous voilà avec vos collègues, errant dans les couloirs, des piles de cahiers sur les bras , cherchant un endroit pour travailler, avant de vous replier sur la " salle des maîtres " rebaptisée depuis septembre sur injonction de la mairie «  salle des adultes » . Beaucoup de collègues se disent totalement démotivés à cause de ce qu’ils subissent depuis la rentrée. Il semble y avoir plus d’arrêts maladie qu’avant car j’entends plus souvent que des absences n’ont pas été remplacées faute de personnel. Pour la première fois cette année, quand j’arrive dans une école, les directeurs m’accueillent « comme le messie ». 

                                             

                                            A partir de 15 heures, je croise dans les écoles tout un tas d’adultes connus ou inconnus qui vont et viennent, avec ou sans enfants. Je croise des groupes d’enfants désoeuvrés qui ne savent pas s’ils doivent sortir ou participer à une activité, et qui finissent par s’agiter entre les monticules des cartables laissés dans les couloirs ou le préau. 

                                            Plusieurs fois, des parents se sont plaints auprès des directeurs de ce que leurs enfants se soient retrouvés seuls dans la rue à 16h30 alors qu’ils auraient dû enchaîner sur l’étude après les ateliers. "


                                            • boilingpoint75 1er juin 2014 13:48

                                              " Selon les écoles, les activités périscolaires semblent se passer plus ou moins bien. Mais dans la majorité des cas, c’est très bruyant. Beaucoup d’agitation dans les classes et parfois des hurlements. Les personnes recrutées n’ont certainement pas l’expérience et l’autorité nécessaires pour prendre en charge des groupes d’enfants. Une fois, une animatrice est sortie d’une salle totalement paniquée pour me demander de l’aide pour faire descendre les enfants des tables. Plusieurs fois on m’a demandé : " mais comment vous faites pour qu’ils vous écoutent ? ". 

                                              Le matin, je retrouve souvent les classes en désordre. Des affichages sont dégradés. On perd du temps le matin à tout remettre en ordre. On perd du temps à remplir les feuilles pour établir les horaires de sortie de chacun. En fait on travaille beaucoup moins. 

                                               

                                              Globalement, les locaux sont moins bien entretenus qu’avant surtout dans les écoles maternelles ( toilettes, fientes de pigeons dans la cour ... ), les asems ne pouvant pas faire le ménage et s’occuper des enfants en même temps. 

                                               

                                               

                                              A l’extérieur de l’école, je croise des groupes d’enfants surexcités qui sont emmenés dans les gymnases par des accompagnateurs à peine plus âgés qu’eux et qui semblent n’avoir aucune autorité sur eux. Je rencontre aussi des élèves qui traînent dans la rue. Ils m’expliquent qu’ils ont demandé à ne plus aller aux activités périscolaires car ils trouvent que « c’est nul ». 

                                               

                                               

                                              Le plus inquiétant, c’est la confusion qui commence à germer entre le travail scolaire (obligatoire) et les activités périscolaire " récréatives " qui n’ont pas, bien sûr, ce caractère obligatoire. Dès le mois d’octobre, j’ai commencé à entendre des réflexions d’élèves comme " C’est obligatoire, ce travail ? « , » Pourquoi je suis obligé de le faire, ça ? «  » J’ai pas envie de le faire, ça m’intéresse pas ! " que je n’avais jamais entendues avant. Le fait que la plupart des activités se déroulent dans les mêmes salles que l’enseignement est certainement la cause de cette confusion. 

                                               

                                              Est-ce que je pense cette réforme est un progrès pour l’école ? Sans hésitation : non . Mais je ne suis ni Chronobiologiste, ni Expert en Sciences de l’Education, ni Ministre de L’Education Nationale. Je suis simplement sur le terrain tous les jours. "


                                              • boilingpoint75 1er juin 2014 13:50
                                                «  Les enseignants souffrent, nous souffrons tous.
                                                Violence inouïe dans le sens où les élèves (et nous-mêmes !) vivent (vivons) dans les cris, le brouhaha, les
                                                hurlements, et les insultes, à partir de 15h. Les aînés en « profitent », se battent, courent, lors de cette
                                                passation entre école et périscolaire lorsqu’ils se rassemblent dans la cour et le préau avant d’aller dans leurs
                                                ateliers respectifs. Tous n’en ont toujours pas à ce jour d’ailleurs.
                                                Les élèves sont heureux de se déplacer à la piscine. « C’est bien avec les animateurs, on peut crier dans la rue
                                                 ! » Les règles ne sont pas les mêmes. Ils s’y perdent. Et nous sommes désavoués.
                                                Atelier slam
                                                (avec droit « de dire des insultes ! ») et hip-hop dans les salles de classe, alors que l’on
                                                demande d’être calme dans ces mêmes locaux, est incompatible.
                                                La vie est devenue beaucoup plus difficile pour nous enseignants, avec ces changements perpétuels de règles
                                                et d’autorité. Même si l’on sait que les règles sont soi-disant les mêmes, elles ne peuvent pas être respectées
                                                de la même façon, les exigences diffèrent, ils sont au centre, au périscolaire, un animateur dans ce cadre n’est
                                                pas un enseignant dans le cadre scolaire, lui il plaisante avec les élèves, son langage est incorrect, tant au
                                                niveau syntaxique que vocabulaire, donc ces mêmes règles ne sont pas appliquées de la même façon.
                                                Fatigue et énervement excessifs. De la part de tout le monde. Neuf dictionnaires neufs déchirés lors de
                                                l’atelier « initiation à l’espagnol » dans la classe de CM2. Les enseignants replacent leurs
                                                chaises d’élèves tous les matins, parce que oui, ils sont pointilleux : on ne commence pas une journée dans le
                                                désordre. Sans parler des tableaux souillés bien que lavés la veille, des outils utilisés.
                                                Manque 2 animateurs quotidiennement. Toujours pas d’individus physique pour les postes de PPS alors qu’il
                                                y a le budget pour ce faire. REV en arrêt maladie depuis le début, un animateur qui a été déchargé a pris cette
                                                charge deux semaines après la rentrée. Il n’a rien pu préparer, arrive
                                                dans l’école, ne me prévient pas lorsqu’il n’est pas là, j’ai tout assumé ou j’assume tout, ou presque. Je ne
                                                peux même plus faire mon travail d’école, réfléchir sur les programmes...
                                                Les élèves sont 50 heures par semaine à l’école dans nos quartiers, moi aussi, on est épuisés, équipe tendue,
                                                tous dans le même état qu’une fin
                                                juin, c’est anormal. Nous crions, ce qui est anormal en septembre.
                                                Les plus jeunes sont perdus (CP). Ils quittent l’école le mercredi à 18h avec le cartable sur le dos,
                                                symboliquement c’est trop dur ! Pour eux, ils sont à l’école, puisque dans le lieu école, et désormais à l’école
                                                ils ont ces droits qu’ils n’avaient pas (règles différentes), la vie est devenue trop difficile
                                                pour
                                                nous tous, enseignants. Les enseignants perdent ½ heure par jour avec ce périscolaire, ces listes qui
                                                changent tout le temps, les mots sur les cahiers de correspondances. Confusion, amalgame entre école et
                                                périscolaire.
                                                L’école n’est plus un lieu d’apprentissage, l’école est « mangée » par le périscolaire : le périscolaire sont les
                                                seules questions qui ont été posées aux enseignants lors des réunions de parents les quinze
                                                premiers jours d’école, rien sur l’apprentissage de la lecture, la méthode, les évaluations, la natation, le
                                                programme, les devoirs, que du périscolaire !
                                                L’école a perdu son âme. Le hall est envahi par les affiches indiquant les inscrits aux 18 ateliers du mardi et
                                                du vendredi, on ne voit plus les dessins d’enfants, on n’accède plus aux armoires. Idem
                                                pour les tableaux dans la rue : les tableaux « école » et « parents » sont envahis par le périscolaire, cela ne
                                                choque personne, seul le périscolaire Est !
                                                NOUS SOUFFRONS. »
                                                Agnès Thill

                                                  • boilingpoint75 1er juin 2014 13:58



                                                    Le Point - Publié le 07/10/2013
                                                    L’application de la réforme Peillon vire à la farce. On a testé ce temps d’école garanti sans école dans une élémentaire parisienne.

                                                    « C’est demain, le truc ? Le péri-machin, là, c’est demain ? » Oui, ma chérie, demain, mardi, c’est TAP - temps d’activité périscolaire. Pas claquettes, non, ni chorale, ni même ce misérable atelier de recyclage créatif dont tout le monde aurait fini par se contenter, mais une heure trente désespérément vide où il faudra, de gré ou de force, aller dans la cour.

                                                    Demain, c’est « machin », car dans cette école élémentaire parisienne où plus du quart des élèves n’a pas eu de place aux ateliers, on se serre deux fois par semaine dans une cour grande comme un mouchoir de poche, sous la surveillance de dames de cantine appelées à la rescousse et d’une REV - responsable éducation ville - qui se tord les mains. "Ils sont beaucoup, beaucoup trop nombreux. Et quand il pleuvra, comment on fera ?" Inutile de suggérer une étude pour qu’ils aient au moins bouclé leurs devoirs, ni même cette fameuse aide personnalisée pour élèves en difficulté prise d’ordinaire sur leur temps de cantine. C’est du TAP, vous répète la REV, du Pé-RI-scolaire : du temps d’école garanti sans école, il faut être ministre pour inventer ça.
                                                    Sans échiquiers
                                                    Allez, c’est peu dire qu’elle se démène, cette REV, constamment pendue au téléphone avec la cellule de crise de la mairie ; seulement voilà, sept des associations sportives et culturelles qui étaient enrôlées ne se sont pas présentées au début de l’année, il a donc fallu dans une cacophonie sans nom réattribuer d’une semaine à l’autre les ateliers aux élèves dont la mine s’est peu à peu allongée. L’association d’échecs est venue... sans échiquiers, on a donc fait, croyez-le ou non, du basket. À l’atelier judicieusement rebaptisé « les mots de la danse », on parle danse, certes, mais on n’en fait pas. Victor, qui se rêvait en Gene Kelly, a hérité de l’atelier modelage mais est verni comparé à Laura, larguée dans un mystérieux atelier égalité filles/garçons qui n’a pourtant été annoncé nulle part. À tout prendre, la cour, après tout... Mais non, ça y est, votre fille est prise une fois par semaine au « théâtre », elle qui n’en voulait pas, et sa copine échappe de justesse à l’égalité des sexes, finalement réservée aux CP/CE1.
                                                    Dans cette maison de fous qu’est devenue cette petite école jadis formidablement tenue, le directeur rase les murs, alpagué en permanence par des parents qui n’y comprennent goutte et auxquels il s’épuise à expliquer qu’il n’y comprend goutte... non plus. Et, surtout, surtout, qu’il n’est pas responsable.
                                                    Les maîtres ne savent rien
                                                    C’est d’ailleurs tout l’absurde de cette réforme : il se passe désormais des choses au sein de l’école dont ni les directions ni les maîtres ne savent rien. Cette institutrice de moyenne section jure ainsi qu’elle n’a pas la moindre idée de ce que font ses élèves, à 15 heures, lorsqu’elle est elle-même sommée de quitter la classe. C’est une dame croisée dans le couloir, trois semaines après la rentrée, qui vous informe qu’elle leur enseigne... l’anglais. C’est drôle, car cette gentille dame, dans vos souvenirs, était l’an dernier animatrice de cantine, d’ailleurs à voir votre tête elle se reprend vite : "Enfin, on écoute des comptines."

                                                    Et puis le niveau sonore, à l’étage des petites sections... Comme pas un jour de la semaine ne ressemble au précédent, et que ces petits réveillés de la sieste ne savent jamais s’ils retrouveront ou non leur maîtresse, ni dans quelle salle on va les emmener, ni si c’est l’heure du goûter, des mamans, ou du TAP, ils hurlent comme de mémoire de maîtres ils n’ont jamais hurlé. Allez courage, demain c’est mercredi. « Y a pas école ? » Si.

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