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Accueil du site > Actualités > Société > Petite Enfance : à la recherche de la place tant attendue

Petite Enfance : à la recherche de la place tant attendue

Avec la rentrée, l’activité reprend, sur Internet comme ailleurs. Ici et là ; fleurissent des billets sur la rentrée et celle concernant les crèches ne font pas exception.

A l’exemple de ladies room qui parle de la galère pour les jeunes mamans de trouver des places de crèches en faisant de la pub pour les entreprises de crèches en passant, ou bien encore de Un bébé dans la ville qui passe carrément une petite annonce de parents via son blog, nous voyons bien que les soucis des parents pour obtenir une place d’accueil pour leur enfant est toujours aussi problématique. Quoi qu’en le secrétariat d’Etat à la Famille qui annonçait très fièrement fin avril la création de déjà plus de 45 000 places de garde (argh ! que je n’aime pas ce mot !) en plein bras de fer avec le collectif "Pas de bébés à la consigne !" contre la parution du désormais célèbre décret Morano qui reforme le cadre législatif des Etablissements d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE).

Pourquoi les parents ont-ils toujours autant de mal à trouver une solution pour accueillir leur enfant pendant qu’ils travaillent (ou non) ? Une première réponse se trouve dans le fonctionnement voulu depuis plusieurs années dans les EAJE qui n’est appliqué que cette année dans la France d’Outre-mer comme la Guadeloupe, la PSU (Prestation de Service Unique). Sous cet acronyme se cache la réalité de fonctionnement des crèches, multi-accueils et autres structures : pour avoir les subventions au taux maximum, il faut que le taux d’occupation réel soit de 70% sur l’année. Ce fonctionnement entraine une deuxième réponse : il faut remplacer les départs des plus « grands » qui vont à la maternelle en septembre. Avec cette obligation d’occupation, il est difficile pour un gestionnaire d’accepter de réserver une place pour octobre, novembre ou plus tard, quand il y a assez de demandes pour « remplir » son établissement directement après le départ des plus grands de la structure. Résultat, si des parents arrivent avec un bébé qu’ils souhaitent faire garder en janvier ou février, ils auront encore plus de difficultés à trouver une solution pour leur bout de choux.

Alors, pour palier à ces difficultés, le gouvernement a demandé un rapport il y a deux ans (LE rapport Tabarot) qui avait quantifié le manque autour de 400 000 places. Nous voyons bien qu’avec 45 000 places annoncées pour cette année (chiffres qui tiennent compte de la meilleure occupation des places… Sic !), nous sommes bien loin du compte. Et quand Mme Morano parle de meilleures occupations des places, de quoi s’agit-il ? De proposer des forfaits des plages horaires libres, c’est-à-dire un 7h/9h ou un 17h/19h ? Quel parent a des besoins sur ces créneaux horaires si restreints ? Est-ce qu’il s’agit d’attendre qu’un enfant soit malade ou absent pour proposer une place de libre la veille au soir ou le matin même pour un parent qui a besoin de garde occasionnelle ? Quel parent peut s’organiser dès lors dans ces conditions ? Qui gardera son enfant le jour où une maman a un rendez-vous chez l’ophtalmologue pris depuis un an ? Faut-il qu’elle attende la veille pour savoir si elle doit y aller ? Alors oui, le surnombre que propose Mme Morano par son décret est une solution pour répondre aux besoins des parents… Mais quelle réponse ! Une réponse qui ne coûte RIEN à l’Etat puisque tout est déjà là mais qui, au niveau de l’accueil de l’enfant, n’est pas sans conséquence. Une publication à ce sujet vient de sortir : Le livre noir de l’accueil de la Petite Enfance, aux éditions Erès, dans la collection mille et un bébés. Il rappelle que la qualité de l’accueil rime avec la disponibilité des adultes en charge de l’accueillir. Comment être disponible pour 6 ou 7 bébés avec le surnombre par adulte ? Comment être correctement disponible pour accueillir sur la même place dans la journée 2 voire 3 bébés avec toutes les particularités que chacun des ses petits êtres ont et dont il s’agit de répondre au mieux pour son bien-être et celui de ses parents ?

Pour les bonnes résolutions de la rentrée scolaire, espérons que la levée de boucliers des professionnels avec le collectif « Pas de bébés à la consigne ! » et des spécialistes de la Petite Enfance face à la dégradation mise en route de l’accueil de jeune enfant soit entendue afin que le tout-petit, avenir de la société, soit préservé et grandisse dans les meilleures conditions possibles pour devenir l’adulte de demain.


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6 réactions à cet article    


  • antonio 7 septembre 2010 09:30

    Je soutiens votre lutte.


    • Elliryc 7 septembre 2010 09:57

      Merci beaucoup


    • titi 7 septembre 2010 10:23

      Moi pas.

      « Comment être disponible pour 6 ou 7 bébés avec le surnombre par adulte ? »
      Il n’appartient pas à l’état d’assumer la responsabilité des parents.
      Ce que vous voulez finalement, ce sont des domestiques payés par l’Etat.




      • Elliryc 7 septembre 2010 11:00

        C’est sûr les enfants se gardent seuls pendant que les parents sont au travail !
        Ou encore mieux, Madame n’a qu’à rester à la maison pour s’occuper des gosses, elle n’a que ça à faire !

        Mais quelle mentalité ! smiley


      • Micheton 7 septembre 2010 11:25

        Avoir des enfants n’est pas une obligation si on ne se sent pas capables de faire face. Pourquoi faire assumer ses choix par les autres ?


      • grincheux 11 octobre 2010 10:50

        « la PSU (Prestation de Service Unique). Sous cet acronyme se cache la réalité de fonctionnement des crèches, multi-accueils et autres structures : pour avoir les subventions au taux maximum, il faut que le taux d’occupation réel soit de 70% sur l’année. »

        Non, vous mélangez plusieurs dispositifs : 

        Le versement de la PSU est porportionnelle à l’activité d’un équipement en nombre d’heures de garde, auparavant c’était le nombre de jours de garde qui était comptabilisé et cette modification me semble une bonne chose pour coller aux besoins des parents (plus d’obligation de payer pour une journée complète si l’enfant n’est présent que quelques heures).

        Ce qui est soumis à un objectif de taux d’occupation réel c’est la PS Contrat Enfance et Jeunesse, un financement complémentaire qui vient remplacer les contrat enfance et contrat temps libre et qui a effectivement un objectif de taux d’occupation. Très concrètement il s’agit d’un financement complémentaire à la PSU qui incite à créer de nouvelles places et à les optimiser afin d’accueillir un maximum d’enfants.

        Concrètement tous les EAJE ont droit à la PSU (sous réserve de l’agrément PMI), si il y a de nouvelles places (agrandissement d’une crèche ou construction d’un nouvel établissement) ils peuvent signer un CEJ avec la CAF et les collectivités locales qui impliquera l’atteinte d’un objectif pour obtenir le financement maximum. Mais encore une fois il s’agit d’un financement complémentaire à la PSU.


        « Et quand Mme Morano parle de meilleures occupations des places, de quoi s’agit-il ? De proposer des forfaits des plages horaires libres, c’est-à-dire un 7h/9h ou un 17h/19h ? »


        La meilleure optimisation des places c’est utiliser mieux les places existantes, sans contrainte de méthode. Cela peut être ouvrir davantage de jours dans l’année, ouvrir davantage d’heures par jour, remplir mieux les places existantes ou un mélange des trois.
        Quelque soit le moyen employé ce qui est dénombré c’est le nombre d’heures d’accueil des jeunes enfants, ainsi la crèche qui ouvrira 2h de plus par jour mais qui n’aura aucun enfant sur ces créneaux ne verra pas son nombre d’heures d’accueil augmenter et cela ne sera pas pris en compte dans cette fameuse optimisation des places.

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