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Accueil du site > Actualités > Société > Petits paysans : la dépossession silencieuse

Petits paysans : la dépossession silencieuse

Le campus de l’Université catholique du Rio Grande do Sul, à Porto Alegre, est l’hôte de la Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural, du 7 au 10 mars 2006. Parmi les enjeux sur lesquels se penchera la conférence : la protection des droits fonciers des plus pauvres et des groupes les plus vulnérables.

Organisatrice de la Conférence, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mise sur la réforme agraire qu’elle voit comme « un espoir pour des millions de paysans pauvres », car elle permettrait de « briser le cercle vicieux de la faim » (La réforme agraire, espoir pour des millions de paysans pauvres).

Il faut dire que les trois quarts des 852 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des ruraux, dont la plupart sont des « paysans sans terre » ou des propriétaires de parcelles trop petites pour assurer leur subsistance.

Petites certes, mais tout de même trop grandes pour les vautours prêts à s’en emparer à la première occasion.

En parallèle à la lutte quotidienne pour la survie qu’ils doivent mener avec de bien faibles moyens, de nombreux petits propriétaires font face, un peu partout dans le monde, à la menace croissante de dépossession de leur lopin de terre.

Beaucoup de ces petits propriétaires n’ont pas de véritables titres de propriété. Quand ils en ont, et qu’ils doivent les faire valoir, ils sont nettement défavorisés : par exemple, ils peuvent difficilement se rendre là où sont les registres, ils n’ont pas les moyens de défrayer les coûts d’accès, ils sont analphabètes ou peu éduqués, ils n’ont surtout pas les moyens de se défendre légalement.

Leur malheur vient du fait que le marché les a rattrapés : « Lorsqu’une ressource tend à diminuer et devient plus rare, et que sa valeur augmente, ceux qui disposent de peu de droits sur cette ressource sont souvent perdants. » (ICARRD. Issue Paper One, en français).

Or la pression du marché n’ira qu’en s’accroissant :

Même s’il existe des différences significatives entre et dans les pays, les pressions sur la terre ne feront qu’augmenter ces prochaines décennies vu l’impact de la croissance continue des populations, l’urbanisation, la globalisation des marchés et le changement climatique.

Idem. Page 1.

Parmi les plus vulnérables : ceux qui vivent dans les zones périurbaines, les peuples autochtones, les femmes, les sociétés où existe un mode de propriété collective des ressources, et ceux qui vivent dans des zones en conflit. Au total, cela fait beaucoup.

Le président Lula sera présent à l’ouverture de la Conférence, lui que plusieurs accusent d’avoir tourné le dos à ses promesses de redistribution de la terre.

Qui défendra les petits paysans contre les vautours ?


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