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Accueil du site > Actualités > Société > Place et marques de la religion dans la société

Place et marques de la religion dans la société

Il m’a récemment été donné de voir qu’outre les dissensions existant entre différentes confessions, il existe des formes d’intolérance des athées envers toute présence de religion. Le phénomène d’intolérance, bien que regrettable en soi, surtout dans un pays où sont prônés la liberté et le respect des opinions, est naturel puisque chacun souhaiterait voir sa propre pensée acceptée de tous. Qui plus est, pour un athée, la preuve de la foi des autres peut effrayer, causer la peur d’être embrigadé, envahi. Or dans notre pays se côtoient et se confrontent de nombreuses fois et manifestations d’incroyance. Il est donc compréhensible que les membres de chaque groupe cherchent à rallier leurs antagonistes, et que, ce faisant, aient lieu des heurts. Mais ceux-ci sont dus avant tout à un manque de compréhension et d’échange. J’essaie ici de remédier à cette distance pour qu’un vrai dialogue et un meilleur échange puissent naître.

 

J’ai entendu critiquer la présence de la religion dans la société comme si son existence mettait en danger l’existence de l’État laïc ou les autres confessions sous pression. D’ailleurs cette crainte traduit également une méconnaissance du principe de laïcité, qui fait de la religion un tabou et la frappe d’interdit, voire une tare, au lieu d’en faire un sujet de débat et d’échange. Pourtant la religion fait partie de ce qu’on appelle une société, comme quelque chose qui rassemble, comme la langue, la monnaie ou le drapeau. La religion, prise comme une façon de mettre en pratique sa foi, est un marqueur culturel et donc social. En effet, elle se perpétue par tradition, c’est-à-dire par transmission, de génération en génération. En cela, elle est un indicateur identitaire pour une population qui se reconnaît dans ce qu’elle reçoit de ses anciens. Mais la religion se transmet aussi horizontalement, c’est-à-dire au sein d’une même génération, entre membres d’une même communauté mais de fois différentes, ou entre différentes nations ou groupes humains. Par exemple, la diffusion du christianisme au sein de l’Empire Romain, ou la transmission de l’Islam et du Bouddhisme le long de la route de la soie, montrent que les activités sociales et la religion sont indissociables. Religion et culture sont donc intimement liées, comme religion et histoire. Chaque page de notre histoire, des plus sombres comme celles des guerres de religion, aux plus belles, telles les règnes des rois saints. Pour le meilleur et pour le pire, les religions ont imprégné notre histoire et ont donc conduit au monde dans lequel nous vivons. Elles sont donc un legs commun à tous. En particulier, l’histoire de notre pays comporte des moments de terrible confrontation comme de grande tolérance, qui sont connus de tous, et qui menèrent à l’adoption de la liberté d’opinion, d’expression et donc de culte. Ce principe garantit que tous les citoyens, païens, chrétiens ou athées, puissent faire profession de foi ou de non foi sans en être inquiétés.

Cela me conduit vers les marques apparentes de la religion que l’on peut apercevoir un peu partout et qui sont critiquées sous prétexte qu’elles extirpent la religion de la sphère privée, comme si une preuve de foi constituait une agression ou une volonté de subjuguer l’autre. Ces marques sont essentiellement un élément d’identité pour celui qui les arbore. Elles représentent, tout comme des habits, des bijoux ou une coiffure, des facettes de sa personnalité que souhaite mettre en avant la personne qui se dévoile ainsi. Ainsi, il ne s’agit que d’une affirmation, d’une expression de ce que l’on est et de ce que l’on veut que les autres perçoivent. On peut voir aussi une marque religieuse comme un rappel à soi-même de ce que l’on est et de ses devoirs. Le contact ou la sensation d’un signe distinctif pousse à se comporter selon ses convictions, à réprimer des actions ou des pensées inconvenantes. C’est aussi un fier rappel des choix et des sacrifices que l’on est amené à faire par sa foi et dont on veut témoigner la grandeur tout en s’en souvenant en toutes circonstances. Je n’ai eu encore aucun contact avec des marques religieuses brutales ou insultantes pour les non-croyants, mais s’il en existe, je pense qu’il s’agit d’un non-sens. En aucun cas cette profession de foi matérielle ne consiste en une agression ou un empiètement sur les droits d’autrui, ou un manquement aux règles de la vie en société occidentale, mais plutôt en une invitation à la découverte, au partage de ce qui est considéré comme essentiel, voire saint.

Enfin, on arrive au fondement de la question de la présence des signes religieux au sein de la société : le lien entre religion et vie privée. J’ai tâché de montrer plus haut pourquoi la religion était indissociable de la vie en communauté, en société, même quand les membres du groupe ne partagent pas la même confession ou n’en possèdent pas. Or non seulement, la religion est un élément de notre société, mais on la retrouve à tous les niveaux : de l’individu à la famille et de la famille à l’État. Essentiellement, les religions monothéistes sont conçues pour la communauté et non pour un individu solitaire ; le culte doit être vécu à plusieurs, il doit constituer une communion entre ses membres. Ceux-ci doivent exprimer ce qu’ils croient être la vérité, leur bonheur, en espérant le communiquer à d’autres. Rien que de très naturel. En particulier, les fidèles ont souvent la religion comme ligne de conduite et comme trait de personnalité. Cette perception de la religion, en guide des pensées et des actions, en fait un acteur non négligeable de tous les phénomènes sociaux, qui transcende donc le domaine de la conscience et de la vie privée. En fin de compte, la religion peut être considérée comme un lien entre sphère privée et société. C’est la religion qui fait passer de la foi du fond du cœur des fidèles au culte et à la tradition, qui eux sont publics et surtout, communs.

 

En définitive, la place de la religion ne peut être un confinement dans la sphère privée, mais au contraire elle doit s’affirmer au sein de la société, ce qui d’ailleurs sera bénéfique pour les deux. Il conviendrait pour cela que croyants comme non croyants soient mieux éduqués, et apprennent à communiquer entre eux avec respect. En revanche, interdire la présence de signes religieux afin de préserver la neutralité de l’environnement ne peut qu’attiser le ressentiment des fidèles vexés dans l’amour de ce qu’ils tiennent pour sacré. Prohiber les marques apparentes de religion, les habits des membres du clergé ou les accessoires typiques des laïcs devrait s’accompagner, en toute logique, de l’interdit de tout signe distinctif, tels que marques commerciales, uniformes quelconques, voire modes vestimentaires. En fait, cela nous mène à l’impossibilité d’exprimer son identité et ses convictions par notre apparence et donc à l’uniformisation pure et simple de la société, à la dissolution des différences dans une neutralité suspecte.


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24 réactions à cet article    


  • adeline 9 décembre 2015 10:11

    religion, religion et religion, franchement je sature.


    • howahkan howahkan Hotah 9 décembre 2015 10:46

      @adeline

      certes pourquoi pas..cela dit les cause qui créent cela, si on fait disparaître la religion organisée , comme ces causes sont inconnues et bien elle vont produire les même effets ailleurs ,dans d’autres champs de la vie humaine ....

      ce sera alors une autre forme de sectarisme, d’allergie aux autres sauf pour les exploiter là encore....de violence, de refus de collaborer et de partager, et de guerres....

      quelles sont les causes qui amènent tout cela ?
      les humains qui sont terrorisé par ce que la vie est n’en ont rien à cirer....

      dans un état de panique total car la mort rode tout le temps....n’importe quelle planche de pseudo salut fera l’affaire...

      la maître auto proclamé veut ôter cela,car pour gagner totalement il la besoin que chaque humain ne soit que en compétition avec les autres pour gagner, or dans les religions critiquables comme tout l’est aussi, ont quand mème un peu la notion de l’autre , du groupe, de l’entre aide même si cela n’est pas flagrant dans les faits évidemment... etc..

      ce qui est un frein à l’ancien désordre mondial....qui s’appelle lui même nouvel ordre mondial, alors que le projet est millénaire et fut réanimé par le siècle des lumières...retours aux valeurs antiques y compris en architecture...société centralisée à la romaine, ordre militaire,conquête mondiale....totalitarisme absolu par la démocratie ou seuls les élites votaient, le travailleur lui était esclave....

      ce mot démocratie est probablement le seul non mensonge de toute le théorie du NOM......on a réellement ce que ce mot désigne....

      mot hypnotique comme tant d’autres qui déclenche un oui c’est bien automatique conditionné...

      on n’est pas obligé d’être idiot non plus, c’est bien un choix smiley

      salutations...


    • adeline 9 décembre 2015 10:55

      @howahkan Hotah
      Bonjour Howahkan, oui je sais bien , je veux dire sur ce site le débat est forcé vers islam, laicité,religions etc etc alors que dans ma sphère privée justement les problèmes centraux sont l’economie, le chomage la misère sociale. Restaurer (ou tenter de...) le débat sur les religions ne peut conduire qu’aux croisades.


    • Sozenz 9 décembre 2015 14:47

      @adeline
      bonjour,
      je ne pense pas que nous puissions dissocier « économie » , « chômage » , et misère sociale et
       « religions »( j’ insiste sur la mise en parenthèse de tous les termes )
      déjà à mon avis l économie est faussée , elle est totalement subjective , même si nous donnons des raisons pour lui donner Raison.
      L’or par exemple l étalon pour donner une valeur
       http://www.senat.fr/rap/l96-216/l96-2162.html
      Nous détruisons la terre et la polluons pour accroitre des bénéfices. L ’or nous apporte t il de quoi manger fondamentalement ? NON. la relativité de notre économie est flagrante. les différentes valeurs que nous donnons aux choses sont fausses en elles mêmes car elle n est basé que sur un plan horizontal , matériel, et subjectif de l être humain.
      l exploitation de la tere de cette façon insensée, fait que nous l exploitons de façon insensée et que nous donnons une valeur relative à des « objets » ou à des matériaux que nous nous approprions. pour obtenir ces objets bien souvent inutiles , nous allons travailler pour créer une économie . certains emplois sont destructeurs d environnement . nous allons créer des objets qui vont largement au delà de nos besoin , pour créer du travail , pour faire que tous puissions croire à notre rôle dans la société, je pense que c est la raison aussi pour laquelle l homme peut mal se sentir dans son travail , car il y voit quelque chose d inutile fondamentalement et de destructeur.
      Je vois notre système économique comme une immense absurdité .que nous ne pouvons résoudre qu avec une prise de conscience comme jamais nous n avons vu
      . il en va de la résolution des problèmes de notre planète, des relations entre les hommes religieux ou non ( on s en fiche temps que la compréhension de la relation de l interieur/exterieure est recherché et si possible faite, si nous devenons de personnes accomplies , et pas uniquement sur le plan exterieur avec les ambitions que l on nous secoue tout au long de notre vie , le je Veux , au lieu de je Suis)
      Certains me dirons , on ne vit pas d amour et d eau fraiche .. et bien c est par cette libération de nos schémas que nous pourrions voir un autre fonctionnement respectant chaque humain et retirer cette misère sociale.
      La religion telle qu elle est vécue actuellement peut être un poison, si les personnes l’utilisent de façon a établir une suprématie d une vision , se faire l élite de.. ( les élus)... celui qui a déjà cette attitude est déjà dans le faux , dans le mensonge , dans l enfermement.
      j espère dans ce texte faire entrevoir le chemin qu’ il reste a faire ;avoir l humilité qu’ il faudra à tous pour chercher plus loin que ce que nous voyons « aujourd’hui » , en nous ( premièrement) et « avec » l extérieur .

       


    • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 13 décembre 2015 11:44

      @adeline 

      Bonjour Adeline, je comprends bien votre lassitude d’entendre sans cesse parler de religion quand vos problèmes courants sont beaucoup plus pragmatiques, ce qui est parfaitement légitime, vu la conjoncture préoccupante actuelle. Néanmoins, la religion tient une place prépondérante dans notre société comme dans toutes les sociétés, jusque sur les couleurs du drapeau national. C’est pourquoi il est nécessaire de l’évoquer, de s’intrroger sur la place qu’elle doit tenir, de réfléchir au rôle qu’elle doit jouer, puisque de toute manière elle va en jouer un. 

      Vous semblez trouver cela secondaire, pensant que l’on devrait se concentrer sur des problèmes pressants comme l’économie, le chômage et la misère sociale. Je dis qu’au contraire les Eglises et groupes religions ont leur mot à dire et leur rôle à jouer dans ces affaires. Un exemple parmi d’autres : l’Eglise catholique soutient des fonds d’investissements, qui permettent de subvenir à ses besoins d’entretien des lieux comme des ministres du culte, et qui respectent certains critères éthiques dans leur participation à la bourse, somme toute en bâtissant une économie durable, soutenable et sociale. 

      Vous dites également que parler de religion ne peut mener qu’aux croisades. Je me permets de ne pas être d’accord. Dissimuler la foi et le culte, tenir des secrets, des jalousies, mènerait à la discorde et à la lutte interconfessionnale. Mais témoigner, s’ouvrir aux autres, discuter et débattre, cela ne peut qu’apporter la concorde et l’union. C’est le but des rapprochements opérés par l’Eglise catholique en direction des autres confessions chrétiennes, qui sont tout de même, vous le reconnaîtrez, un changement par rapport à la guerre de Trente ans, et aussi des autres religions, notamment monothéistes, ce qui devrait conjurer l’ombre, pesant encore lourdement sur la conscience des chrétiens, de la croisade.

    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 9 décembre 2015 10:48

      Vous avez oublié deux lettres et une apostrophe !


      En définitive, la place de la religion ne peut être qu’un confinement dans la sphère privée !

      • charlie charlie 9 décembre 2015 11:57

        « J’essaie ici de remédier à cette distance pour qu’un vrai dialogue et un meilleur échange puissent naître. »

        Après une attaque au bazooka de l’athéisme dans votre introduction, je doute de votre tolérance pour dialoguer objectivement.

        La suite de la lecture confirmera ma crainte. Un simple panégyrique de la religion qui « doit s’affirmer au sein de la société, ce qui d’ailleurs sera bénéfique pour les deux. » Eh bien non, aucun bénéfice pour la société. Elle tolère, c’est tout.


        ps : « Je n’ai eu encore aucun contact avec des marques religieuses brutales ou insultantes pour les non-croyants, ». C’est évidemment une taquinerie de l’auteur qui connaît évidemment fort bien le crime d’apostat ou les arrestation pour non respect du ramadan en pays musulman......



        • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 13 décembre 2015 12:02

          @charlie

          Bonjour Charlie, permettez moi de remédiez ici à certaines imprécisions dans mon article qui m’embarassent. Premièrement, ce que vous désignez comme une attaque au bazooka contre l’athéisme. En fait ce n’est pas tant l’athéisme que je vise, que la volonté de certains athées de vouloir effacer toute présence de la religion dans la société, de nous ramener en quelque sorte au culte dans les cryptes pour les religions non officielles sous l’Empire Romain. Etant moi-même issu d’un milieu, d’une famille athée, entouré d’amis athées, je ne saurais être aussi intolérant que vous le pensez envers les athées ! Pourtant, c’est de la part de ces dits amis que j’eus à me plaindre d’un manque d’acceptation de ma foi, ceux-là voulant la réduire aux oubliettes. C’est justement dans le but de rétablir le débat et de faire en sorte que tout le monde puisse s’exprimer avec sa raison que j’engendre cette discussion.

          Vous avez entièrement raison dans votre ps ! Mais je ne me suis pas bien fait comprendre, peut-être. Vous parlez de crimes commis contre la liberté de pensée et de confession commis dans des pays où, justement, la laïcité n’existe pas, mais dont on peut aussi trouver des exemples en France. C’est tout à fait exact. Sauf qu’en écrivant ces mots, je pensais à ce que j’avais entendu dans la bouche de mes amis athées, concernant des marques telles que la croix en pendentif, le voile d’une dame musulmane ou d’une religieuse ou d’un T-shirt « Souris, Jésus t’aime », qui selon eux, sont à vouer aux Gémonies. Rien de bien agressif.

        • charlie charlie 13 décembre 2015 13:20

          @Alexis Neuhauser

          Bonjour l’auteur, 

          Le problème de la religion est qu’elle est multiforme et que le laïc que je suis connaît fort bien la duplicité de l’intégrisme qui se cache derrière l’apparence bonhomme et inoffensive des gentils modérés.

          Évidemment que je n’ai rien contre les bonnes soeurs en cornette ni les soeurs Théresa ni les processions quasi folkloriques de nos villages ni les Vierges protectrices des marins ni la tenue du Dalï Lama sur les plateaux télés ni le chamans d’Amazonie en grande tenue à la Cop, ni même le foulard de vieilles musulmanes que je connais et pour qui cet élément vestimentaire est une partie intégrante de leur tenue mais qui papotent sans retenue avec les hommes et éduquent leur filles vers l’université, un bon métier et leur liberté.

          Ok.

          Le problème, évidemment, n’est pas là.

          Le problème est la tendance « totalitaire » des religions, car elles sont toutes politiques et tendent, de toute éternité, à s’immiscer dans TOUS les rouages de la société, à donner une explication, une règle et une injonction morale à TOUS les comportements des gens. Donnons-leur le petit doigts et elle vous dévore le bras.

          Vous le dites d’ailleurs vous-même : « non seulement, la religion est un élément de notre société, mais on la retrouve à tous les niveaux : de l’individu à la famille et de la famille à l’État. »

          Cela me fait froid dans le dos que « la » religion vienne me dire comment vivre, travailler, mourir, qui aimer, qui dessiner, comment rire, comment voter, comment élever mes enfants….. Non. La vigilance est indispensable pour endiguer le débordement structurel du religieux dans la sphère sociale et politique.


        • Vipère Vipère 13 décembre 2015 13:45

          @charlie

          « Le problème, évidemment, n’est pas là. »

          Non le problème est là. En fait, Le problème commence là où débute sa visibilité !

          Si en France, on a vu autrefois des bonnes sœurs, de nos jours on n’ en croise plus que très peu. Une seule en cinq ans.

           Pas de quoi perturber la laïcité. Elles vivent recluses dans leur cloître, ce qui n’est pas le cas des musulmanes mère de familles, sont nombreuses à vaquer à leurs occupations à l’extérieur et que l’on croise tous les jours partout.

          Sauf preuve à l’appui, personne ne me fera croire que les musulmanes voilées, vieilles ou jeunes papotent librement et de surcroit avec des hommes dans la sphère publique.

          Quant au Dalaï lama, il y a fort peu de chance de le rencontrer au coin de la rue, pas plus que les chamans qui n’ont que le petit écran et l’image pour s’exprimer en direction du public, et là l’on est libre d’éteindre son poste où non.


        • charlie charlie 13 décembre 2015 14:11

          @Vipère

          Alors nous sommes en désaccord. 

          J’aime les productions religieuses artistiques et souvent millénaires de ma culture, mais de toutes les cultures. Se promener en Andalousie et découvrir le syncrétisme de l’art chrétien et « maure », ou en Russie et admirer les coupoles et les icônes de l’art orthodoxe, ou au Machu Pichu, ou en Polynésie et s’extasier des grandes structures en pierre des enclos religieux du polythéisme, ou en Grèce antique, à Rome, etc.

          Tout est religieux dans l’histoire. Et la visibilité de l’art religieux est grande, heureusement.


          En revanche, je ne vis pas à l’époque inca ni dans la France de l’Inquisition !

          Pour vous dire que je fais la part des choses.

          Je tiens à garder ce qui est bon du passé (art, traditions folkloriques, fêtes religieuses, etc) et à rejeter l’infâme immixtion totalitaire des religions prosélytes et anti-républicaines, voire terroristes. Les lois républicaines, que ça plaise ou non : l’égalité/liberté des femmes, le droit à l’avortement, la mixité, le droit à l’apostat, à la caricature, au blasphème, à mourir dans la dignité, au divorce et au mariage pour tous, à l’éducation, à l’athéisme, etc etc etc.


          ps : « personne ne me fera croire que les musulmanes voilées, vieilles ou jeunes papotent librement et de surcroit avec des hommes dans la sphère publique. » Bien sûr que oui, en France, c’est courant !



        • pemile pemile 9 décembre 2015 11:59

          "Cette perception de la religion, en guide des pensées et des actions, en fait un acteur non négligeable de tous les phénomènes sociaux, qui transcende donc le domaine de la conscience et de la vie privée."

          Tout est dit ! Acteur de tous les phénomènes sociaux, c’est pas un peu ... intrusif ?


          • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 13 décembre 2015 12:07

            @pemile
            Bonjour Pemile, en effet, cela peut sembler un peu envahissant, intrusif. Mais cela est-il regrettable ? L’Eglise catholique, par exemple, aurait-elle un but caché qui ferait de son iinfluence un danger pour les citoyens ? J’en doute et je crois au contraire que d’autres institutions tout aussi intrusives, comme les réseaux sociaux, l’Etat ou les renseignements généraux,qui sont partout, seraient plus à craindre s’ils étaient dirigés par les mauvaises mains. Je pense en fait que nous, la nation, avons beaucoup à retirer de la présence des groupes religieux dans l’espace de parole comme dans le champ de l’action.


          • sarcastelle 9 décembre 2015 12:54

            Je ne crois à rien mais j’aime beaucoup faire semblant. 


            • christophe nicolas christophe nicolas 9 décembre 2015 13:34

              Comme on ne peut pas interdire les apparitions mariales et les faits miraculeux, l’Athétine est voué à mentir et le mensonge, ce n’est pas bien.... c’est Athésté. 


              Comment voulez vous être Athée, c’est intenable, c’est juste une posture... personne n’est dupe, c’est une mode passagère.

              • ukulele ukulele 9 décembre 2015 13:39

                Ben voyons…

                Étonnant et savoureux, la multiplication de ce genre d’article qui demande un retour en arrière du fonctionnement sociétal.

                Savoureux aussi la comparaison entre les religions et les marques commerciales… C’est le seul passage de bon sens dans votre papier. Après tout, entre dieu et coca-cola, quelle différence ? Pas faux…

                Si les religions ont été confinées à la sphère privée c’est surtout pour les retirer du champ politique afin d’aider les individus à s’émanciper de croyances rétrogrades, contre productives et dangereuses.

                Un vrai sketch que ces culs bénits qui, grâce à la tolérance des athées et des laïcs, ont le droit de prôner des lois ésotérique du moyen âge. Et qui plus est, de se présenter comme des victimes…


                • petit gibus 10 décembre 2015 22:08
                  @ukulele
                  oui,
                  entre coca-cola et les religions
                  aucune différence
                  mêmes méthodes,
                  mêmes résultats
                  qui tendent à faire croire à nos tubes digestifs
                  qu’ils se nourrissent de spiritualité smiley

                • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 13 décembre 2015 13:56

                  @ukulele

                  Bonjour ukulele, je trouve intéressante votre réponse, bien que je sois en total désaccord avec vous, car il illustre parfaitement ce contre quoi je me bats, c’est-à-dire une acception erronée à la fois de la religion et de la laïcité, ainsi qu’un rejet irationnel des idées d’autrui, et surtout de la foi d’autrui.

                  Je vois une différence fondamentale entre Coca-Cola et Dieu : l’entreprise, par essence, a pour vocation de faire du profit, rémunère ses employés, investit et grandit industriellement et financièrement. Dans l’univers de la religion, c’est différent. Prenons l’exemple du christianisme, que je connais le mieux. Dieu vient vers les hommes après les avoir créés, leur offre tout, leur pardonne leur manque d’amitié et leur tendance à se détourner de lui, jusqu’à finalement mourir sur la croix pour eux. Enfin, il propose à ses fidèles (l’équivalent dans ma métaphore, des employés de CocaCola) de tout sacrifier,et parfois leur vie,pour mieux servir son plan, pour le plus grand bien. On n’est pas obligé de croire en tout cela, mais cela illustre une vraie différence, essentielle, entre la religion et le monde de l’entreprise.Les religions n’ont jamais été reléguées à la « sphère privée », c’est bien là l’acception erronée de la laïcité. C’est l’Etat qui s’en est détaché pour rester un acteur neutre de la chose publique et en fait assurer à chacun sa liberté de pensée et de confession. Mais l’Eglise ne s’est jamais vue barrer le chemin de l’agora, et tant mieux puisque elle est conçue pour s’y rendre et y agir.

                  Quant aux « croyances rétrogrades, contre productives et dangereuses », elles façonnent notre univers intellectuel et moral, inspirent tant notre mode de vie que des textes comme la Déclaration des Droits de l’Homme. Elles sont de plus utiles et loin d’être dangereuses, servent à notre sécurité, parfois physique, souvent intellectuelle. Laissez-moi vous donner un exemple : http://fr.aleteia.org/2015/12/10/centrafrique-les-milices-avaient-signe-une-treve-pour-la-visite-du-pape/

                  Enfin, les laïcs sont des personnes qui n’appartiennent pas à un clergé, cela n’a rien à voir avec l’athéisme. Quand à la tolérance des athées, elle est plus que discutable. Et les lois archaïques dont vous parlez, ce qui doit désigner les dix commandements, sont inscrites dans la Déclaration précédemment nommée, ou dans notre Constitution. Essentiellement, on aime et on ne fait pas soufrir l’aute.

                • Vipère Vipère 13 décembre 2015 14:49

                  Belle diatribe ! Le Vatican est un vestige du clergé, car effet qu’y a t’il de changé depuis le moyen âge, si l’on regarde froidement cette institution et sa composante hiérarchique de calotins ? 

                  Des planqués, en soutane éclatante, d’un autre âge qui se tiennent soigneusement éloignés de la vie des pauvres et de la pauvreté, vivant comme des parasites sur les dons des croyants, en riches pachas, sans faire grand chose de leurs dix doigts. Le « bien », le « mal » est filtré et n’entre dans leurs murs que s’il sert leurs intérêts.

                  L’argent tombe avec la régularité d’un métronome, une pluie régulière qui arrose la religion et ses représentants pour finir entassée dans des coffres forts à la banque du Vatican. La Papauté ne confie pas ses deniers à n’importe qui, à des banquiers ordinaires, craignant leurs indiscrétions et leur voracité. Ainsi des fortunes colossales sont fructifiées par des rouages occultes dont le secret est bien gardé et pour financer qui et quoi ? Et là, Dieu seul le sait ! Ma langue au chat.

                  Mettre sur le même pied d’égalité, les bondieuseries vaticanes et Coca Cola qui gagne son argent par le commerce et la vente de produits consommés dans le monde entier est quelque peu grotesque, voir même caricatural.

                   Desproges le disait, il y en qui osent tout. Sans se tromper ; on peut dire que ce ne sont pas les plus futés qui auraient eu le toupet de glorifier les rentiers du veau d’or. smiley


                  • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 13 décembre 2015 17:08

                    @Vipère

                    Je crains que votre vision du Vatican et du clergé dans son ensemble ne soit complètement erronée et je vous invite à vous renseigner davantage sur ces institutions ! Il y a certainement quelques fruits pourris dedans, mais on ne peut pas généraliser, surtout quand on sait tout le travail qui est accompli là-bas, et je ne parle pas de prière mais d’action tangible, concrète !

                  • Vipère Vipère 13 décembre 2015 18:29

                    A l’auteur

                    Ma vision du Vatican erronée ? Non, la réalité, que vous, vous semblez ignorer est bien pire que ce que j’ai pu en dire, et c’est moi qui vous invite et vous aide à remettre à jour vos connaissances !

                    Des dons aux pauvres détournés

                    http://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/scandale-au-vatican-des-dons-destines-aux-pauvres-ont-ete-detournes_1158139.html

                    Ici, les scandales de pédophilie, prostitution, concubinage

                    gahttp://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/scandale-au-vatican-des-dons-destines-aux-pauvres-ont-ete-detournes_1158139.html...

                    Savez-vous que le Vatican détient le plus grand empire immobilier au monde qui lui rapporte une fortune colossale 800 Millions chaque année ?

                    https://www.youtube.com/watch?v=XwBsZL75INE


                    • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 21 février 20:57

                      @Vipère
                      Bonjour, j’ai mis un peu de temps à répondre.... Evidemment, il y a beaucoup de mauvaises choses au Vatican, comme des histoires sexuelles ou financières. C’est un état comme un autre, peuplé d’humains comme les autres, et aussi pécheurs. J’ai entendu parler d’un évèque allemand qui faisait scandale par ses démonstrations de richesses, par exemple. Mais les fautes des individus ne devraient pas permettre de condamner l’institution. Pas d’amalgames. Il y a encore des gens bien qui travaillent là-dedans et font un oeuvre merveilleuse, heureusement, et je pense qu’on avance dans cette direction ; la révélation de ces scandales fait partie de cette évolution.

                      Quant à la fortune colossale de 800M, je vous invite à la relativiser : le Vatican possède des 100aines de millions de sujets spirtuels et des 10aines de milliers de gens à entretenir : prêtres, religieux etc, plus des batiments à rénover sans compter les oeuvres. Par ailleurs, le PIB de la France vaut près de 2000 milliards d’euros : ça, c’est colossal, et pourtant vite englouti.
                      Amicalement vôtre,
                      AN

                    • Vipère Vipère 21 février 21:35

                      @Alexis Neuhauser

                      Merci pour votre réponse, et selon le vieil adage : «  mieux vaut tard que jamais » !

                      S’il existe de bons prêtres, trop peu, l’institution vaticane quant à elle, est une anomalie qui gagnerait à disparaître. Seule sa disparition ferait cesser les scandales perpétrés par des hommes prétendument détenteurs de vérités divines, humainement plus élevés que l’ensemble les hommes ordinaires.

                      Or, il n’en est rien, des hommes et des femmes de la Société Civile, en dehors de la prêtrise , font plus pour leurs prochains et se comportent parfois mieux que ces prélats, « un nid de pourriture » selon l’aveu d’un prêtre défroqué, le père B.

                      Le Vatican a le devoir d’être exemplaire, sans reproche, lorsqu’il a la prétention de se poser en guide suprême et en imposer à l’ensemble de la chrétienté. 

                      L’institution est condamnable, car indissociable des individus qui la compose et, de surcroit qui fait le contraire de ce qui est écrit dans les textes bibliques, une base de référence et de vie indépassable, tout en prêchant pour le communs des mortels, les dogmes religieux rigides.


                    • Alexis Neuhauser Alexis Neuhauser 26 février 15:56

                      @Vipère
                      Vous vous fourvoyez quant à la nature du Vatican ; malgré toutes ses errances, cette institution demeure intrinsèquement bonne et beaucoup de bien pour le reste du monde pourrait être tiré de son amélioration, de la purge de la corruption et des problèmes de sexe en particulier. Quant aux hommes qui la constituent, loin de se trouver au-dessus des autres à cause de la détention de vérités divines, ils sont au contraire les serviteurs de leurs ouailles, et vous avez tout à fait raison quand vous dites qu’ils doivent être exemplaires.

                      Les dogmes que vous dénoncez comme rigides, enfin, le sont parce qu’ils sont déterminés par la révélation, à laquelle on peut, ou pas, adhérer, mais qu’on ne peut certainement pas altérer. Ce serait comme altérer les premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme...

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