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Pollution aux Pesticides

Situation inextricable d'un village sans eau potable depuis trois mois.

LEFFOND, Haute-Saône, petit village comtois et sa centaine d'habitants sont privés d'eau potable depuis la mi août 2011. Le coupable : Anthraquinone corvicide, repulsif pour les oiseaux, interdit depuis 2010. Situation préocupante, pour des citoyens souvent isolés, approvisionnés en eau minérable depuis trois mois par la mairie qui a porté plainte contre X. Une enquête de gendarmerie est en cours. L'Agence Régionale de Santé qui prescrit les interdictions et commande les analyses ainsi que la Préfecture de la Haute Saône s'agacent de l'inefficacité des élus locaux devant cette situation.

Les grands principes écologiques entrent avec force à la campagne.... Pesée des ordures et tri ultra sélectif, gestion de l'eau potable et assainissement sont autant des prestations délivrées par des opérateurs privés dont le choix de départ par la Communauté de communes CC4R à DAMPIERRE sur Salon reste opaque. Quelle qualité pour quelle prestation ? les questions sont entières. Le canton s'est désertifié, l'offre de soins est rare ; le bassin d'emploi est très limité et la population vieillit très vite. Des marchés ainsi s'ouvrent dans des régions ou les petits arrangements entre les uns font les bonnes affaires des autres. L'eau potable infectée, la rivière polluée également (le tout à l'égoût s'y jette sans précaution). S'il est bien admis que la campagne n'est pas une poubelle, il semble urgent que les élus locaux se préoccupent du sort réservé à des villages qui n'ont certainement pas mérité cela. Le résultat assez paradoxal fait qu'il existe actuellement un projet d'implatation d'éoliennes sur les collines du village, sans concertertation avec les habitants, mais que leur rivière est polluée et méconnaissable et que l'eau potable est infectée depuis plusieurs mois par des pesticides. De délégations en délégations, il n'existe pas de réels plans de préservation de l'environnement dans un patrimoine rural durement touché. Sans cohésion, ni cohérence, des initiatives sont prises au mépris d'une vision d'ensemble, sereinement pensée et étudié.

Le secrétaire général de l' UMP, M. COPE, annonce à sa façon toujours aussi pédante qu'il est urgent de fusionner les départements et les Régions. Il semble que les préoccupations quotidiennes des villageois connaissent un jour des délais de réponses encore plus importants. A ce propos, le village cité ci dessus fait partie du bourg nommé CHAMPLITTE, Ville natale d'Alain JOYANDET, Maire de Vesoul, ancien secrétaire d'état au jets privés et proche de Nicolas SARKOZY. Triste coïncidence...


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6 réactions à cet article    


  • jacques lemiere 8 novembre 2011 18:16

    ce n’est pas vraiment un pesticide mais un poison...

    là encore si je ne rejette pas l’idée que préserver la qualité des eaux soit un simple bon sens, il est précipité de penser que le problème premier de la potabilité de l’eau au niveau mondial soit lié aux pesticides...Je pense m^me que la corrélation doit être pas loin d’être inverse là où il y a les plus de pesticides utilisés là se trouve l’eau la plus potable...

    De l’art de jeter le bébé avec l’eau du bain...

    C’est un problème mais c’est un problème de riche...

    Pour le moment, il ne semble pas y avoir d’effet sanitaire sur les populations....alors un peu tôt pour crier au meurtre...
    Je suis partagé si je trouve cette inquiétude légitime, je pense qu’il s’agit encore là d’agiter des peurs...

    tiens une question à l’auteur à méditer pour vous, connaissez vous le nombre de morts imputables au radon ( naturel) en france ?




    • Philippe MULLER 8 novembre 2011 21:12

      Cher Jacques, merci pour ces commentaires, et d’accord à 100% sur le fait que l’anthraquinone corvicide est un poison... raison de plus pour être inquiet. Mes propos étaient sans doute dicté par une forme plus guidée par l’affectif puisque ce village est celui de mes ancêtres. Il reste que, parler de problème de riche et d’absence d’effet sanitaire sur la population me semble presque un peu « parisiano centriste » comme réflexion.. . Nos amis ruraux de la Haute Sâone apprécieront sûrement....Oui nous avons peur de voir sous nos yeux se dégrader l’environnement immédiat du village et de ses alentours. Cela me rappelle, sans nostalgie aucune la chanson de Nino FERRER : La maison près de la fontaine.... Hier des fritures de vérons sur la passerelle de la rivière, aujourd’hui une mousse nauséabonde omniprésente sortie d’une buse....



    • bipdan 9 novembre 2011 11:37

      La haute saone, si bouseuse soit elle vu des grandes agglomérations, reste le département le plus vert de france. En quelque sorte un poumon nécessaire.

      La loue toute proche, dans le doubs, étaient il y a une 20aine d’année le cours d’eau le plus propre de France. Cherchez dont ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Et encore il y a heureusement des amoureux de la nature qui se battent pour limiter les dégâts.

      La haute saone est rurale, et n’aura pas les moyens de se battre a coup d’avocat ou d’expert. Ce qui ne l’empêchera pas de s’exprimer à sa façon quand cela sera nécessaire.


      • marcel 9 novembre 2011 11:55

        Jai quitté un village du 76 dont l’eau du robinet était régulièrement polluée par l’ATRAZINE et son dérivé de dégradation. A des doses plus ou moins importantes mais toujours acceptables aux dires de nos braves « autorités sanitaires ». Sachant qu’il faut que la dose soit quatre fois supérieure à la limite d’alerte pour commencer à prévenir les buveurs d’eau du dépassement.

        Il convient de signaler que ces seuils sont fixés par un organisme dépendant du Ministère de la Santé et dont le rapport en la matière reprend les arguments développés par l’OMS. C’est bien pratique. Ca éparpille les responsabilités, au cas où...

        Bref, ces fameux seuils sont variables selon la nature du pesticide. Quoi qu’il en soit la Ddass (nom de l’époque), qui intervient en premier lieu s’il y a exagération dans la pollution, est portée à rassurer l’usager-consommateur. C’est son rôle, je ne sais pas pourquoi mais c’est comme çà ! 

        Ainsi pendant des années, la note de synthèse annuelle de la Ddass accompagnant une des factures nous faisait un petit commentaire rassurant sur la contamination de la flotte de l’année précédente.

        Du coup, j’ai demandé à Véolia par LR de me garantir l’innocuité de ce poison sur notre santé. Je n’ai jamais eu de réponse.
        Je signale que le contrat de délégation de service public (le Maire refile sa compétence au Syndicat d’eau qui lui-même s’en débarrasse auprès du secteur privé - c’est pratique tout le monde se rince) impose que l’eau distribuée soit CONFORME aux normes en vigueur. Or ce n’était pas le cas. Ainsi par ce courrier, j’informais ce délégataire que par principe de précaution ma famille s’interdisait de boire cette eau potentiellement dangereuse, et qu’en conséquence on compensait cette contrainte par l’achat de bouteilles d’eau de source à raison de trois litres par personne/jour, cout dont nous faisions le plaisir d’opérer la défalcation sur la facture semestrielle.

        Bref pendant plusieurs années et jusqu’à mon déménagement je produisais mon décompte semestriel en compensation de leur facture. 
        Véolia avait tant accumulé de dettes à mon endroit qu’il me doit encore du pognon à ce jour. N’étant d’une nature procédurière, j’ai annulé unilatéralement, et généreusement comme le notera le lecteur, ma créance.

        En conclusion, ce genre d’aventure est directement lié à l’incompétence des élus qui veulent le confort sans les emmerdes. Pareillement pour ces autorités à la noix qui n’existent que pour faire croire au sérieux de leurs avis-recommandations-expertises. Les pesticides, ça rapporte énormément à l’agrochimie (Tva à 5,5) qui fait travailler les entreprises de dépollution, les bureaux d’études, les experts, les administrations préfectorales... en somme ça fait du chiffre d’affaires et des emplois. Et c’est çà qui compte. Tant pis pour l’usager-consommateur qui est aussi contribuable, électeur, administré et bien d’autres choses encore...


        • marie 9 novembre 2011 16:07

          Les chanitois connaissent l’attachement d’Alain Joyandet pour Champlitte, il y retourne très souvent car il n’a pas oublié d’où il vient. Aussi la fin de cet article me semble sans fondement, à moins de vouloir utiliser des raccourcis qui seraient alors regrettable pour l’auteur de l’article, et pour le journalisme en général.


          • Philippe MULLER 10 novembre 2011 22:06

            Bonjour Marie, si M. JOYANDET est si attaché à Champlitte, il faudra qu’il fasse rectifier son lieu de naissance sur WIKIPEDIA. Je pense malheureusement que Champlitte et son canton sont très loin de ses préoccupations. Nous l’avions déjà alerté face à l’horreur de la dégradation de la place de la Gargouille et son rafistolage. Certains Ministres ou hommes politiques se battent pour leur ville natale, leurs racines.... Champlitte et le canton se meurt doucement dans l’indifférence totale de M. JOYANDET (Il n’y a qu’à voir l’état du SALON). Ce n’est donc pas un raccourci, mais bien un constat d’un citoyen, non journaliste, plutôt écœuré par ces faits. Bien cordialement

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