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Accueil du site > Actualités > Société > Pour en finir avec les 35 heures

Pour en finir avec les 35 heures

Tout le monde le reconnait maintenant, les 35h ont été la cause de tous les maux de la France : baisse de la compétitivité, hausse du chômage, effondrement de l’économie, épidémie de H1N1, 2ème guerre mondiale, extinction des dinosaures, etc…

Plus sérieusement, observons quelques graphiques (source : wikipédia).
 
Le chômage :
Le nombre de chômeurs à baissé après les 35h ! Vous allez dire que la conjoncture était favorable, la preuve ça a baissé aussi partout ailleurs. C’est vrai, mais en tout cas on ne peut pas dire que les 35h ont pénalisé la France. On peut comparer avec ce que peut provoquer une crise du capitalisme en regardant les courbes en 2008.
 
Le CAC40 :
Là aussi pas d’incidence provoquée par les 35h. Il y a bien eu une forte baisse pendant 6 mois, puis c’est remonté comme avant jusqu’à l’éclatement de la bulle internet en 2000 et les attentats du World Trade Center en 2001. Là aussi on peut comparer avec ce qu’il se passe en 2008.
 
La dette :
Pareil, aucune chute causée par les 35h, bien au contraire. On remarque au passage les périodes où la dette augmente le plus : Balladur (1992-1997) et Sarkozy (2007-..), et où elle se stabilise : Jospin (1997-2002)
 
Alors si les 35h n’ont ni pénalisé l’économie, ni mis personne au chômage, pourquoi cette haine ?
 
1) Une idéologie : les loisirs c’est mal, il faut travailler (enfin, les pauvres doivent travailler, les riches peuvent hériter ou toucher des dividendes), tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, réconcilier les français avec l’entreprise, travailler plus pour gagner plus, revaloriser le travail, le travail c’est la liberté (à traduire en allemand ça sonne mieux…) qu’est ce que c’est que ces fainéants qui veulent travailler moins.
 
2) La méthode Coué : à force de répéter quelque chose (les 35h c’est pas bien), les gens finissent par le croire.
 
3) Ca donne une bonne raison pour masquer ses échecs : "C’est la faute des 35h" mais on se garde bien de les supprimer car on n’aurait plus d’excuse.
 
4) Des cas concrets d’inégalité : Les accords étant faits entreprise par entreprise, certains sont passés aux 35h payées 35, d’autres ont gagné 24 jours de RTT sans diminution de paye. Pire, le service public n’a pas donné l’exemple : les hôpitaux n’ont pas embauché et le personnel a du faire le même travail en moins de temps.
 
5) Baisse de la compétitivité : A l’armée pour le cross du régiment, les compagnies prenaient bien soin d’envoyer leurs plus mauvais éléments en vacances ou à l’infirmerie de manière à être plus compétitives. En entreprise c’est pareil, un bon et un mauvais qui travaillent tous les deux 35h, c’est moins efficace que si le bon fait tout avec 70h… mais qu’est ce qu’on fait du mauvais ?
Autre exemple : dans une entreprise où 10 salariés font la même chose en 39h, donc 390h par semaine, on peut facilement faire à peu près la même chose avec 11 salariés fois 35h = 385h. Dans une entreprise où il y a une seule personne qui fait 39h, c’est difficile de faire la même opération.
 
 
Alors certes, on peu dire que ça a été mal fait ; pourtant, la réduction du temps de travail est LA solution.
 
Premièrement parce que ça va dans le sens du progrès. L’histoire de l’humanité a toujours été de chercher à travailler moins, pas plus. On a inventé le tracteur pour ne pas passer des semaines entières à labourer les champs, l’informatique est là pour nous éviter les tâches ingrates, les robots font le travail pénible à notre place.
Deuxième raison : du travail, il y en a de moins en moins. Coluche disait : "Il faut le laisser à ceux qui aiment ça". Le partager serait déjà un progrès.
 

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78 réactions à cet article    


  • frugeky 15 juillet 2010 11:09

    Pour en finir avec les 35 heures, vivement les 32 heures (dans un premier temps).


    • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 15 juillet 2010 16:15

      Oui, mais l’on va compenser en bossant jusqu’à 62 ans. Et puis 65 ans ( dans un deuxième temps )


    • eugène wermelinger eugène wermelinger 15 juillet 2010 17:48

      Bien beau toutes ces théories, mais tenez aussi compte de celle-là :

      « L’oisiveté est mère de tous les vices »


    • le naif le naif 15 juillet 2010 18:29

      @ eugène wermelinger 

      « L’oisiveté est mère de tous les vices »


      Il ne faut pas confondre travail salarié et activité

      Slts


    • le naif le naif 15 juillet 2010 11:43

      @ L’auteur

      Merci pour cet article dont je partage totalement le propos.
      Ce qui est incompréhensible, c’est que nous soyons si peu à défendre cette idée. Même la Gôôôche n’y croit plus.......
      Dans les années 80, je me souviens d’un livre écrit par un collectif de salariés et de syndicalistes , son titre : Travailler deux heures par jour

      Lorsqu’on pense que la grande conquête de 1936 c’était les 40 heures !!!
      70 ans plus tard et malgré les progrès techniques, nous en sommes encore à 35 heures dans le meilleur des cas, pendant que de plus en plus de gens restent sur le bord de la route, Ça laisse rêveur.....

      Cordialement


      • sisyphe sisyphe 15 juillet 2010 13:56

        Oui ; entièrement d’accord aussi. 

        Il faut d’ailleurs rappeler, d’après la dernière étude effectuée en Europe (en 2006) sur le temps de travail, les CHIFFRES ; imparables !!

        La France au-dessus du temps moyen de travail en Europe 

        D’après une étude, la durée du travail moyenne effective pendant la semaine de référence au cours du second semestre 2006, tous types d’emplois et toutes branches confondus, est de 38 heures en France, pour une moyenne de l’Union européenne des vingt-sept de 37,9 heures, une moyenne de la zone euro de 37,4 heures. L’Allemagne est à 35,6 heures, le Danemark à 30,8 heures. Certains pays travaillent plus que la France avec 38,6 heures en Italie, 40,1 heures en Croatie et 42,7 heures en Grèce

         smiley 


      • Halman Halman 15 juillet 2010 16:47

        Ca plane pour vous Le Naïf.

        La réalité dans les services est tout autre que ce que certains écrivent dans leurs articles.

        Des services informatiques aux services hospitaliers, une bonne partie du travail ne peut être faite, par manque de temps et de personnel.

        On ne soigne pas un patient en courant d’une chambre à l’autre.

        On ne peut pas être dans deux chambres en même temps.

        Mais allez expliquer ça à des gens qui décrètent bien tranquillement dans leurs bureaux de la direction générale que pour faire une piqure, quelque soit le patient, il faut 2 minutes 10 secondes, que le patient soit coopérant ou que vous ayez affaire à un dément violent.

        La mise en place des 35 heures a fait supprimer le contact humain avec le patient et l’adaptation des soins personnalisés selon le patient.

        Mais on ne peut connaitre ce genre de choses abrités derrière des graphiques.


      • le naif le naif 15 juillet 2010 18:27

        @ Halman 

        Ca plane pour vous Le Naïf. Oui ça va

        La réalité dans les services est tout autre que ce que certains écrivent dans leurs articles.

        J’ai connu ça en effet faire le boulot de 40h en 35h puis en 30h etc...c’est pas nouveau, ça s’appelle le stakhanovisme seulement si personne ne dit stop à un moment, ça durera jusqu’à le soignant devienne malade....

        Des services informatiques aux services hospitaliers, une bonne partie du travail ne peut être faite, par manque de temps et de personnel.

        Et vous trouvez ça logique de manquer de personnel alors qu’il y a 2.7 millions de chômeurs (chiffres officiels) ???

        On ne soigne pas un patient en courant d’une chambre à l’autre.

        Mais ce n’est plus un patient maintenant, c’est un client. Il n’y a plus de médecine préventive ou presque ( médecine scolaire, médecine du travail, médecin de campagne...) Toute la pression est sur l’hôpital avec les cas les plus lourd que le privé ne veut pas car pas rentable, ensuite on s’étonne que ça ne marche pas

        On ne peut pas être dans deux chambres en même temps.

        Nous sommes d’accord, il y a un manque de personnel flagrant

        Mais allez expliquer ça à des gens qui décrètent bien tranquillement dans leurs bureaux de la direction générale que pour faire une piqure, quelque soit le patient, il faut 2 minutes 10 secondes, que le patient soit coopérant ou que vous ayez affaire à un dément violent.

        Bah oui, nous sommes dirigé par des comptables des « gestionnaires » dont les économies de bout de chandelles coutent au final des fortunes...

        La mise en place des 35 heures a fait supprimer le contact humain avec le patient et l’adaptation des soins personnalisés selon le patient.

        Est-ce le problème des 35 heures ou sa mise en application faute de moyens qui pose problèmes ??? Initialement les 35 heures devaient permettre des embauches, bien souvent on s’est contenté de demander au gens de faire en 35 heures ce qu’ils faisaient avant en 40 et comme on a vu qu’ils y arrivaient, on a continué dans cette voie

        Mais on ne peut connaitre ce genre de choses abrités derrière des graphiques.

        J’ai été chargé de mettre en place les 35 heures dans une boite de sécurité et ça été une belle merde. Les agents de sécurité avait tellement besoin de pognon ( vu qu’il n’y avait plus d’heures sup) que nombreux ont été ceux qui on fait 2 X 35 heures en bossant pour deux boites différentes !!!

        Cordialement


      • The cricri 15 juillet 2010 18:41

        Bjr,

        En fait , c’est du  manque de personnel dont nous souffrons dans les hôpitaux et qui est responsable de ces troubles où le contact humain , le temps disponible pour le patient s’amenuisent...ce ne sont pas les 35 heures...problèmes de recrutement , problème de finances , problèmes de gestion de personnel ..tout cela rejaillit sur les services...mais là encore les 35 heures font office de bouc émissaire , (effectivement c’est plus facile...)
        Bonne journée


      • oncle archibald 16 juillet 2010 11:23

        « La mise en place des 35 heures a fait supprimer le contact humain avec le patient et l’adaptation des soins personnalisés selon le patient. »


        Et itou avec les facteurs en milieu rural .. J’ai eu la stupeur de voir mon facteur faire sa tournée accompagné d’un mec équipé d’un chronomètre .. Il fallait voir si on pouvait ou non lui coller une tournée plus longue ...

        Je reçois (et j’envoie) beaucoup de courrier recommandé, c’est inhérant à mon job ... Donc les duettistes se pointent, le facteur sonne, on se dit bonjour et deux banalités, comme d’hab, le zig coupe son chronomètre .. C’est qu’il est pas payé pour faire la parlotte le facteur ... qui ne se démonte pas et m’explique clairement le but de la démarche devant l’autre, hébahi, chronomètre arreté nous bavardons quelques minutes .. Le facteur m’explique que bientôt les recommandés, il faudra aller se les chercher à la poste ou au bistrot du coin s’il n’y a plus de poste .. bref, un grand homme mon facteur, qui ne se laisse pas impressionner par sa hierarchie .. On se dit au revoir et à demain .. 

        Il a passé trois ou quatre minutes chez moi et le « compteur » en a décompté 1 minute et 16 secondes !! il était mort de rire mon facteur .. on va lui doubler sa tournée !! Il s’en fout, il aime parler, tout le monde l’aime et c’est ca qui lui plait dans son boulot .. Ca c’est le contact humain ... la base élémentaire de la vie en société

      • Pelmato 16 juillet 2010 11:24

        Les agents de sécurité c’est un autre problème à ne pas mélanger avec les 35 h SVP. Personnellement je suis à 35h et j’ai un salaire relativement correcte (au alentour de 10 €/h net). Mon mari est agent de sécurité et il a toujours été très très mal payé (9 €/h en brut !). Donc effectivement ils ne peuvent se contenter des 35 h pour avoir un vrai salaire et mon mari bosse tout le temps (pas de vacances). C’est plutôt une re-évaluation du métier d’agent de sécurité qu’il faudrait voir. Il n’y a pas de raison qu’ils gagnent moins à 35 h que moi qui suis toute la journée assise devant un bureau ! Si on était tous agent de sécurité on serai tous obligé de cumuler 2 boulots !


      • Pelmato 16 juillet 2010 11:30

        Précision : mon mari bosse effectivement pour 2 boites…
        Pas moi.


      • le naif le naif 16 juillet 2010 11:55

        @ Pelmato

        Bonjour,

        Je suis tout à fait d’accord avec vous, je n’ai pas développé.
        Avant les 35 heures, les heures supplémentaires étaient majorées à 25% puis à 50% ce qui permettait assez facilement de mettre du beurre dans les épinards, voir d’acheter des épinards.
        Après les 35 heures et l’annualisation du temps de travail, les majorations n’étaient plus que de 10%, mais le plus souvent, il n’y avait plus de possibilité de faire d’heures supplémentaires du tout, dans la mesure ou on a fait appel massivement aux boites de sous-traitance très douteuses (personnel non déclaré, sous payé, sous-qualifié etc.....) Ceci a permis aux grosses sociétés en place de maintenir les salaires au plus bas, voir de les faire régresser, notament pour le personnel le plus qualifié (IGH, ERP, etc....)

        L’idée des 35 heures était bonne ( quoique 32 heures auraient été meilleure) mais sa mise en application pour les petits salaires a été calamiteuse.

        Slts


      • Rapha-El 3 septembre 2010 04:21

        @Halman

        Mon amis si aujourd’hui vous avez des problème dans les hôpitaux, c’est à cause de ces problème lié au déficit et au martellement qu’il se passe contre le service publique.

        Moi je vois mon cousin est anesthésiste il fait 90 heure par semaine parce qu’il manque de personnel c’est pareil pour les infirmier vu qu’on en ramène d’Espagne apparemment... Il y a un vrai problème de gestion des finance publique alors que sa ne devrais pas être le cas...

        Faute à qui ?! Pas au 35heure ça c’est sur !


      • bluebeer bluebeer 15 juillet 2010 11:51

        Ben oui, en fait.

        Le truc à saisir, c’est ça. Il y a de moins en moins de travail ! Après les chinois et les coréens, il y aura les robots. Et même, un jour, pas si lointain, les robots deviendront créatifs, et se taperont des tâches intellectuelles (il faudrait que je remette la main sur un article de sciences et vie, ou la recherche, je sais plus, mais conceptuellement, ça se tient). Bref, le boulot, c’est de plus en plus pour les machines.

        Tous ces discours libéraux qui se focalisent sur la chasse du chômeur « qui ne veut pas travailler », sur la compétitivité des entreprises moyennant des baisses de salaire et des dégraissages d’effectif, et sur la consommation à outrance comme moteur de l’économie, c’est du flan pour taupe rétrograde. Il y a urgence à concevoir un nouveau contrat social, une nouvelle idée du bonheur et de l’accomplissement, personnel et sociétal. L’utopie devient incontournable.

        Soit dit en passant, est-ce être utopique que d’imaginer des système comme l’allocation de vie, une espèce de smic de base à tout membre de la société, assorti d’un financement complémentaire (un salaire) à tout travailleur en fonction de la quantité et de la qualité des prestations, favorisant l’émulation et la créativité, une détaxation du travail transférable à une taxation de la possession ou de la consommation ? N’aboutirions nous pas à une société plus libre (travailler plus pour gagner plus, et en avoir le choix), plus ouverte, plus dynamique, plus juste ?

        Evidemment, ça voudrait dire que ceux qui ont tout devraient se résoudre à avoir moins, et que les politiques reprendraient le pouvoir de décider. Pas utopique, mais compliqué.


        • Julien Julien 15 juillet 2010 12:38
          Tout à fait d’accord avec vos idées, et avec l’article initial (entre ingénieurs, on se comprend ; quand les ingénieurs vont-ils prendre le pouvoir ? smiley ).
          Bien sûr que les robots vont nous remplacer. Ils ont déjà pris beaucoup de travail, et c’est une bonne chose. Il y a des gens qui disent que la conception de ces robots crée des emplois. Certes, mais combien sont perdus ? Généralement l’aspect quantitatif n’est pas abordé. J’ai quand même vu un économiste sur Agoravox TV qui prétend que le nombre d’emplois créé est supérieur au nombre d’emplois perdus :


          Il faut oser. J’aimerais bien savoir comment il a calculé son truc. Si les robots apportent moins de valeur ajoutée que le travail nécessaire à leur création, à quoi bon s’amuser à les créer ? Bref, son discours ne me semble pas crédible ! Et cela, il en pense quoi, cet économiste :


          Quant à votre idée de SMIC de base, c’est l’idée du « crédit social » (faire une recherche Google). L’idée est que la valeur ajoutée due aux machines doit être redistribuée entre tout le monde (et pas seulement dans le porte-monnaie du capital).
          On vit une époque vraiment grave, puisque le travail paie de moins en moins, et qu’on nous dit de travailler de plus en plus, alors que les machines prennent de plus en plus de travail (les caissières Auchan vivent peut-être leurs dernières années).

          A mon avis, on en est encore aux balbutiements. Lorsque plusieurs révolutions scientifiques arriveront, comme une source d’énergie gratuite, non polluante, illimitée, les robots exploseront, et il y aura de moins en moins de travail !

          Pour imaginer ce que sera l’avenir :

           (prendre la vidéo sur le dernier lien à 10:40, cela dure 5 minutes)
          .

        • Grasyop 15 juillet 2010 13:22

          « Il y a de moins en moins de travail ! »

          À vrai dire, non. Avant de pouvoir nous reposer sur nos transats, il reste encore deux trois trucs à faire tout de même. On n’a pas encore éradiqué toutes les maladies de la planète, des gens continuent de mourir, ils aimeraient sans doute bien qu’on travaille pour y remédier. Et plus de gens y travailleront, plus vite ça avancera. Et c’est pas demain matin que ça sera terminé. Si certains emplois disparaissent, c’est autant de main d’œuvre supplémentaire (et précieuse) disponible pour d’autres travaux, et des choses à faire, il y en a et il y en aura encore longtemps. Peut-être que ça pose un problème de formation, de reconversion ? Eh bien il faut des formateurs, et ça aussi c’est un travail.


        • Grasyop 15 juillet 2010 13:41

          Pour passer à l’extrême, imaginons que des robots soient capables d’accomplir tous les boulots du monde, hormis la recherche médicale. Eh bien ça nous fait donc six milliards de personnes disponibles pour cette recherche (via une formation), et je vois pas pourquoi on cracherait dessus ! On ne va pas dire qu’un million de chercheurs suffisent, si on peut en avoir six milliards. Plus on en a, plus vite la recherche avancera, et c’est bien pour tout le monde, non ?


        • foufouille foufouille 15 juillet 2010 13:51

          « « Il y a de moins en moins de travail ! » »
          ben si
          le QI moyen est pas 120 !


        • Julien Julien 15 juillet 2010 13:56

          @Grasyop


          Certes il reste plein de problèmes à résoudre, et plus on est nombreux à travailler dessus, plus ça a de chances d’avancer vite. Néanmoins, votre idée ne correspond pas à la tendance actuelle, qui est à abandonner ce qui n’est pas rentable, par exemple la recherche sur les maladies rares. Qui paye cette recherche ? Cela pose un problème économique et de répartition des richesses, même si le problème de la formation/reconversion est résolu.

          Notez que ce problème de reconversion est crucial : qui va reconvertir l’ouvrier licencié de son usine pour travailler sur les maladies rares ? C’est pratiquement impossible, eu égard à la durée de la vie humaine, trop courte pour cela. Ce n’est pas pour rien si l’on assiste à une ultra-spécialisation.

          Cette ultraspécialisation est d’ailleurs un frein à la découverte scientifique, à mon avis, et augmenter le nombre de personnes n’est pas forcément garantie de découverte. Cette idée a été argumentée par Jacques Harthong :


        • Grasyop 15 juillet 2010 14:23

          « Qui paye cette recherche ? »

          L’argent est un droit à consommer. Payer le chercher, c’est lui donner le droit de consommer des ressources (nourriture, logement, etc. ) dont on dispose en quantités limitées. Mais si le problème c’est que des robots nous fournissent tout ça en abondance, au point qu’il n’y ait plus de travail dans ces domaines, alors ces ressources (nourriture, logement... ) ne sont plus limitées, et payer le chercheur n’est donc plus un problème. Cette objection montre donc simplement qu’il reste encore du travail de base à faire pour nous procurer toutes ces ressources, avant de pouvoir envisager l’utopie que j’imagine plus haut. Il y a encore du travail !


        • Grasyop 15 juillet 2010 14:33

          Foufouille, faut faire confiance à l’éducation... Et même si une personne contribue peu aux besoins de la société, c’est toujours mieux que de pas contribuer du tout.


        • foufouille foufouille 15 juillet 2010 15:58

          "Foufouille, faut faire confiance à l’éducation... Et même si une personne contribue peu aux besoins de la société, c’est toujours mieux que de pas contribuer du tout.« 

          on ne peut transformer un »idiot« en savant
          il y a des barrieres par palier qu’on ne peut depasser
          sans compter, la facon de penser que necessiste un scientifique
          ou il va faloir les  »branches" sur le net


        • Grasyop 15 juillet 2010 16:17

          En pratique, on ne va pas dire à l’ouvrier licencié d’aller travailler sur les maladies rares.

          On va dire à l’ouvrier licencié d’aller faire un autre boulot (à sa portée, avec éventuellement une légère formation supplémentaire), ce qui va libérer l’emploi d’une autre personne qui pourra à son tour faire un autre boulot, de qualification légèrement supérieure, et ainsi de suite, et à la fin de cette chaîne on aura une personne qualifiée de plus qui sera disponible pour faire un travail de pointe.


        • Halman Halman 15 juillet 2010 16:53

          En pratique cela donne quoi ?

          Que le robot affecté à une personne travaille pour cette personne et lui reverse sa paie ?

          Donc l’agent est responsable pénalement, techniquement de son robot qui travaille pour lui.

          Et si le robot déconne et se plante sur un patient ? Qui va en prison, le robot ou l’agent.

          Parce qu’une société où ce sont les robots qui travaillent, mais comment sont payés les gens à ne rien faire ?

          J’imagine l’anpe pour les robots. L’agent qui court les anpe, petites annonces pour trouver un emploi à son robot.


        • Yaka Yaka 15 juillet 2010 17:06

          L’utopie est de continuer un système dans lequel personne n’est satisfait :
          - Les pauvres parce qu’il vivent dans la misère (misère parfois toute relative, relative par rapport aux riches de la télé).
           - Les riches car il leur manque toujours un billet dans leur poche, car les plaisirs matériels laissent toujours dans l’insatisfaction. Du coup il en veulent toujours PLUS.

          Les illuminés sont ceux qui veulent le remettre sur pattes.


        • bluebeer bluebeer 15 juillet 2010 17:14

          @Julien
          merci pour le commentaire.
          La référence que je cherchais au sujet de la créativité des robots (de leur AI) concernait un robot chercheur ADAM, développé à l’université d’Aberystwyth (Le monde de l’intelligence 16, Août/sept/oct 2009) ou http://www.aber.ac.uk/en/cs/research/cb/projects/robotscientist/. Soit dit en passant, ça rejoint les préoccupations soulevées par Grasyop au sujet de la recherche médicale. En farfouillant, je suis retombé sur Gilberto, un robot-guide d’aéroport et autre lieu public (http://www.bluebotics.com/entertainment/Gilberto/). Ce genre de machine, représentative de la robotique de service (plutôt qu’à la robotique industrielle), serait amenée à occuper 80 % du marché de la robotique dès 2025, selon certaines sources (sciences et avenir, novembre 2008).

          Bref, de toute évidence, bien des boulots vont disparaître purement et simplement. Il est temps de reconsidérer sérieusement le contrat social.


        • Yaka Yaka 15 juillet 2010 17:11

          Je le vois dans ma boite, on fait bosser les techniciens 45 heures par semaine parce que c’est moins cher.

          On a donc d’un côté des gens qui travaillent comme des malades, et de l’autre des gens qui sont malades de chômer.
          Cette loi est une insulte à l’égalité, mais aussi au bon sens.


        • le naif le naif 15 juillet 2010 18:53

          + 1 Yaka

          Sans compter qu’avec l’ordinateur et le portable, la limite temps travaillé / temps libre devient de plus en plus floue. Mon patron ne comprenait pas que je coupe le portable pendant mes heures de repas et rentré chez moi....... a sa décharge, il faut également dire que j’étais le seul à le faire.... On a fini par se séparer à l’amiable

          Slts


        • Marc Viot Marc Viot 15 juillet 2010 12:46

          Vouloir corriger la baisse de compétitivité d’une système à l’agonie, c’est comme essayer de faire courir un mec en phase terminale ...


          Franchement, ça fait très « bavardage d’une floppée de médecins au chevet du malade » de Molière ce genre d’article.

          De grands discours pour justifier une compétence devenue inutile ...

          • patroc 15 juillet 2010 13:17

            Avec ce titre et la phrase d’ouverture, j’étais parti pour vous incendier, mais la suite est sans rapport avec la propagande actuelle du gouvernement. Merci de remettre les choses à leur place d’un point de vue journalistique et sans fioriture !..


            • alphapolaris alphapolaris 15 juillet 2010 15:51

              Pareil pour moi ! Travaillant dans un contexte international, je ne supporte plus d’entendre dire que les français sont des paresseux. Nous sommes les plus productifs du monde. Je le constate à mon travail, et j’estime qu’un français fait le travail de deux ou trois américains et de six à quinze indiens... et je ne parle pas de la qualité du travail accompli... Et coté salaire, nous ne sommes pas récompensés par cette productivité.. Forcément, puisqu’on nous dit qu’on ne fout rien.

              A force de nous dire que nous sommes fainéants, on nous met un pression énorme pour nous faire travailler plus. On en arrive à des France Télécom où les gens n’ont plus d’autres alternatives que le suicide pour échapper à la pression. Stop, ça suffit ! Qu’on arrête avec cette idéologie malsaine !


            • Catherine Segurane Catherine Segurane 15 juillet 2010 13:22

              D’accord avec cette analyse.



              • Verdi Verdi 15 juillet 2010 14:34

                Cela va sans dire... mais çà va tellement mieux en le disant !

                Tout à fait d’accord avec la démonstration de Superyoyo !


                • Kalki Kalki 15 juillet 2010 15:06

                  La seule chose qui limite l’économie et la production actuelle : c’est nos propres idéologies économiques !

                  Changez de vision : et vous aurez tout le PIB que vous voudrait.


                  • fifilafiloche fifilafiloche 15 juillet 2010 15:29

                    En tant qu’ingénieur, on aurait pu attendre un minimum de rigueur dans votre analyse.


                    L’emploi, la valorisation des entreprises et le niveau des dépenses sociales (dette) dépend avant tout de la croissance mondiale en économie ouverte. 

                    Votre syllogisme aurait pu être divertissant s’il s’agissait d’une étourderie, mais à l’évidence, cette erreur d’interprétation est volontairement idéologique.

                    Il aurait été intéressant que vous mettiez en parallèle les résultats des Pays Bas et de la France sur la période, l’un choisissant le des options libérales et l’autre des options dirigistes. On aurait alors pu constater que les taux de chômage et d’endettement de nos voisins du Nord ont largement surperformé les nôtres.

                    Quant aux bulles mobilières et immobilières suite aux politiques de taux bas depuis 2003, sont elles le reflet de la bonne santé de nos économies ou au contraire caractérisent elles la nécessité du recours automatique à l’effet de levier du crédit pour compenser une désindustrialisation rapide.

                    L’honnêteté intellectuelle est décidément une ressource de plus en plus rare.

                    • le naif le naif 15 juillet 2010 16:10

                      fifilafiloche 

                      A l’évidence, cette erreur d’interprétation est volontairement idéologique.

                      Parce que le néo libéralisme que vous défendez à longueur de posts ne résulte pas d’une idéologie peut-être ??

                      Il aurait été intéressant que vous mettiez en parallèle les résultats des Pays Bas et de la France sur la période, l’un choisissant le des options libérales et l’autre des options dirigistes. On aurait alors pu constater que les taux de chômage et d’endettement de nos voisins du Nord ont largement surperformé les nôtres.

                      Mais on s’en fout !!! nous n’en sommes plus à comparer les performances des pays comme on compare les performances de deux bolides. De toute façon superformante ou pas l’économie néerlandaise se cassera la gueule avec les autres.... Le problème est plutôt de réfléchir au post-capitalisme ou post-libéralisme qui nous a mis dans cette merde.

                      Quant aux bulles mobilières et immobilières suite aux politiques de taux bas depuis 2003, sont elles le reflet de la bonne santé de nos économies ou au contraire caractérisent elles la nécessité du recours automatique à l’effet de levier du crédit pour compenser une désindustrialisation rapide.

                      Quel charabia. Le recours massif au crédit est tout simplement le résultat d’une politique salariale qui à fait passer 10% des fruits de le croissance des mains des salariés vers celles des actionnaires, au cours des 20 dernières années. Pas besoin de sortir de St Cyr pour comprendre ça... Même un type comme Ford qui n’était pas spécialement un humaniste avait compris que pour devenir riche, il fallait que ses ouvriers puissent acheter ses voitures. Sinon : Celui qui ne peut pas acheter, ruine celui qui ne peut pas vendre.

                      L’honnêteté intellectuelle est décidément une ressource de plus en plus rare.

                      L’honnêteté intellectuelle consiste plutôt à accepter le fait que tout le monde ne partage pas votre opinion et que le fait d’être en désaccord avec vous n’est pas synonyme de malhonnêteté.

                      Cordialement


                    • fifilafiloche fifilafiloche 15 juillet 2010 16:38

                      Vous vous trompez, Le Naif, je ne suis pas en faveur des bulles de capitaux, je soutient le plein emploi, seule garantie d’un bien être durable et d’une croissance saine.


                      Le fait que nos systèmes sociaux dépendent exclusivement de la valorisation de nos actifs a quelque chose de terriblement angoissant, puisqu’artificiel.

                    • Yaka Yaka 15 juillet 2010 17:36

                      « L’emploi, la valorisation des entreprises et le niveau des dépenses sociales (dette) dépend avant tout de la croissance mondiale en économie ouverte. »

                      Avec de l’honnêteté intellectuelle, on est obligé d’admettre que c’est un drole de système : un système dans lequel il faut continuellement augmenter la production de produits (y compris ceux qui ne servent à rien de bien) pour que le pays se porte bien socialement.

                      Votre syllogisme aurait pu être divertissant s’il s’agissait d’une étourderie, mais à l’évidence, cette erreur d’interprétation est volontairement idéologique.

                      Je vous attends au tournant, car un raisonnement économique sans syllogisme devient aussi rare que le thon rouge en méditerranée.

                      Il aurait été intéressant que vous mettiez en parallèle les résultats des Pays Bas et de la France sur la période, l’un choisissant le des options libérales et l’autre des options dirigistes. On aurait alors pu constater que les taux de chômage et d’endettement de nos voisins du Nord ont largement surperformé les nôtres.


                      Voilà ca commence, comment mesurer l’influence des 35 heures dans ces indicateurs ?
                      De plus, comment peux-t-on mesurer les effets réels d’une politique sur une période aussi courte ? Les politiques libérales semblent faire les même effets que l’alcool (euphorisant le soir, déprimant le lendemain, catastrophique pour des années)

                      Et si par hasard vous avez raison, quelle est la part de responsabilité des Pays-bas dans les mauvais résultats de la France alors ? Un pays qui sacrifie un acquis social pour booster sa compétitivité, qui rend alors obsolète les acquis sociaux de la France ? Pour moi elle est bien réelle (mais c’est le genre d’idée difficile à faire rentrer dans la tête d’un économiste).
                      La politique libérale dans un pays A en libre échange avec un pays B justifie une politique libérale dans le pays B (et oui ils ne sont pas bêtes ces gens), comment enrayer ce processus ?


                    • fifilafiloche fifilafiloche 15 juillet 2010 18:16

                      Comment expliquez vous dans le tableau comparatif à économies comparables que la France ait un taux de chômage en permanence supérieur, si ce n’est pour des raisons structurelles ?


                      Les démocraties d’Europe du Nord nous montrent comment atteindre le plein emploi en période croissance tout en finançant les systèmes de solidarité, pourquoi refuser de suivre un exemple qui remplit des objectifs souhaitables ?

                      Le manque de mobilité sociale, la pression sur les salaires, l’exigence de productivité sont le résultat logique de notre chômage structurel. 

                      La reprise de contrôle des salariés sur leur rémunération passe par le plein emploi.

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