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Pour la prise en compte des études dans le calcul des retraites

La question des retraites nous concerne pleinement. Aussi, nous, les jeunes, ne devons pas en faire l’impasse. Le plan Fillon, adopté dans un contexte social difficile en 2003, proposait pour faire face au déficit des caisses de retraites, un allongement de la durée de cotisation. F. Fillon, devenu depuis Premier ministre, prévoit de nouvelles discussions dès le début de l’année 2008. C’est l’occasion pour nous, de porter de nouvelles propositions notamment sur la prise en compte des études dans le calcul des retraites. Nous ne pouvons pas nous affranchir de prendre position alors même que nous en serons les cotisants de demain et dans plusieurs générations, les bénéficiaires.

Les personnes de 60 ans et plus devraient passer de près de 12 millions en 2000 à près de 23 millions en 2050. Dans le même temps, le nombre d’actifs, après avoir culminé à près de 33 millions en 2005, devrait baisser très légèrement pour passer en dessous de la barre des 30 millions en 2050. Le rapport entre les actifs et les inactifs va donc modifier sérieusement la donne. A législation inchangée, le conseil d’orientation des retraites a prévu un besoin de financement de l’équivalent de 0,7 % du produit intérieur brut à l’horizon 2020 et de 2 à 5 % à l’horizon 2040 [1].

Pour le gouvernement, les solutions sont simples : allongement de la durée de cotisation, décote plus forte pour un départ avant 60 ans, incitation aux systèmes privés d’épargnes retraites. L’objectif  ? Augmenter les cotisations salariales et diminuer le coût des pensions de retraites.

L’instauration d’un système de décote plus important en cas de départ anticipé à la retraite va provoquer une baisse importante du niveau des pensions.

De même, l’allongement de la durée de cotisation des fonctionnaires parie en réalité sur des départs en préretraites source d’économie puisque aux décotes s’ajoute le fait que le montant de la pension ne sera plus calculé sur le salaire en fin de carrière, généralement meilleur.

Ce soupçon est d’autant plus fort que l’allongement de la durée des études et la multiplication des périodes d’inactivité, ou de temps partiel contraint, ont pour conséquence de repousser l’âge de départ en retraite. Et ça n’est pas la possibilité offerte de racheter les années d’étude qui va résoudre ce problème quand on connaît le montant du rachat. Seuls les salariés qui ont de hauts salaires peuvent se le permettre.

Dans le projet du gouvernement, l’objectif n’est donc pas seulement d’accroître les ressources en faisant cotiser plus longtemps, mais également de baisser le niveau des pensions. Ainsi, le gouvernement fait le choix de faire porter tous les efforts sur les salariés.

D’autres pistes doivent être, elles aussi, examinées : l’élargissement de l’assiette des cotisations à la taxation des stock-options. N’oublions pas non plus que la question de l’emploi est décisive. 700 000 emplois apportent 0,5 point de PIB de financement complémentaire et c’est loin d’être négligeable...


Parce que l’éducation est un investissement pour la société, parce que les étudiants, jeunes ou plus âgés, sont des « travailleurs en formation », nous devons revendiquer la prise en compte de nos années d’étude dans le calcul de la retraite.

Pourquoi le considérer comme une ressource nouvelle ? Parce que la meilleure réponse au chômage, c’est la formation. La prise en compte des années d’étude dans le calcul de la retraites incite les actifs salariés ou au chômage à reprendre leurs études et leur permet, entre autres, de financer les retraites une fois qu’ils ont retrouvé un travail ou qu’ils ont augmenté leur qualification et donc leur rémunération.

A cet égard, le dispositif actuel est injuste. La seule possibilité pour que les années d’études soient prises en compte dans le calcul des retraites est de procéder à leur rachat (de l’ordre de 5 000 € le trimestre). Cette mesure est directement réservée aux plus riches, qui sont aussi ceux qui toucheront la meilleure retraite.

Nous ne pouvons pas pour autant prétendre qu’une année d’étude équivaut à une annuité alors même qu’une année de travail ne correspond pas toujours à une annuité.

Proposons plutôt la reconnaissance de deux trimestres d’annuités par année d’étude réussie. Ainsi, pour un étudiant qui à fait quatre ans d’étude, cela revient à diminuer de deux le nombre d’annuités nécessaires pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein.

Le système aurait l’avantage d’être viable économiquement et d’inciter les jeunes comme les moins jeunes à poursuivre ou à reprendre leurs études.


[1] Source : conseil d’orientation des retraites



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Réactions à cet article

  • Par Teo Toriatte (---.---.---.149) 17 octobre 2007 15:27

    Je ne suis pas d’accord !

    Imaginez :

    Je n’ai pas fait d’études. Je n’ai pas de diplôme.

    J’ai 2 ou 3 fois moins de chance de trouver du boulot que vous ( je ne vous parle même pas d’un temps complet ou d’un CDI).

    Si j’en trouve un, Il y a trés peu de chance que je touche autant que vous à la fin du mois (pendant toute ma vie professionnelle !)

    Il y a trés peu de chance que mon boulot soit aussi interressant que le votre.

    Par contre, il y a de fortes chances que mon boulot soit beaucoup plus dur physiquement, plus pénible que le votre. J’ai beaucoup plus de chance de travailler en horaires décalées.

    Si il y a un problème, je serais parmi les premiers dont on se débarassera.

    Au même age, pendant que vous serez en classe, je ramerai pour essayer de trouver quelquechose. Tant que je ne travaillerai pas, je n’aurai pas droit au RMI, je n’aurai pas droit au assedic, et bien sur, je ne cotiserai pas !

    Je considererais donc comme une injustice si les années d’études comptent pour la retraite. Car ce ne serait pas honnète que des gens encore à l’école aient plus de droits que des gens sur le marché de l’emploi.

  • Par lionprince (---.---.---.61) 17 octobre 2007 15:33
    lionprince

    L’argument souvent avancé pour augmenter la durée des cotisations est celui de l’allongement de l’espérance de vie. Cette dernière, par exemple, est logiqement différente suivant le fait que l’on soit chef d’entreprise ou ouvrier en bâtiment. Est-il normal que ces deux personnes s’arrêtent de travailler au même âge alors que le chef d’entreprise vit statistiquement plus longtemps ? Est-ce cela l’égalité ?

    A défaut d’avoir l’égalité, je propose l’équité. S’appuyant sur des études précises, il faut calculer l’espérance de vie pour chaque catégorie socioprofessionnelle et déterminer ainsi la durée de cotisations pour chacune d’entre-elles.

  • Par Rapetout (---.---.---.31) 17 octobre 2007 23:36

    En voilà une idée qu’elle est super-géniale ! Prise en compte des études.

    Scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, cela nous fait déjà 15 ans de pris en compte, on y est presque ! Il ne suffirait que de la porter à 33 ans pour résoudre ET le problème des retraites (30 ans, hé, c’est pas rien !) ET le chômage (va falloir un méga-rab de profs).

    Et en 2050, avec le vieillissement escompté de la population, on rendra la scolarité obligatoire jusqu’à 77 ans (avec un abonnement gratuit à Tintin).

  • Par haddock (---.---.---.110) 18 octobre 2007 09:12

    On pourrait aussi valider les trois trimestres avant la naissance , moment ou le futur retraité étudie les évolutions de la vie intérieure . Les prématurés seraient pénalisés .

  • Par Yohan (---.---.---.247) 18 octobre 2007 10:29
    Yohan

    Mon pauvre, vous croyez que dans quarante ans on financera encore votre retraite comme aujourd’hui. La retraite, on a que ce mot à la bouche, même à 23 ans visiblement. Le mieux serait de permettre à chacun de partir à temps, c’est à dire lorsque l’heure est arrivée de décrocher, en relation notamment au cumul de la pénibilité des tâches durant la vie professionnelle. Personnellement, je ne veux pas d’une retraite brutale. Je préfère de loin lever le pied, avoir le choix de mon temps mais garder une activité professionnelle de contact avec le monde du travail. J’en connais certains qui développent des maladies mortelles dues en grande partie au vide sidéral de leur nouvelle vie. Tout le monde n’a pas la même aptitude à bien vivre dans la retraite. Le modèle qu’on nous impose tient beaucoup à une organisation du travail de l’entre-deux guerres(sans loisirs) et ce modèle est aujourd’hui dépassé avec les RTT et la 6ème semaine de vacances. Interrogez les retraités. A part quelques-uns qui ont bien mérité de souffler et qui parviennent à en profiter, vous verrez que beaucoup disent s’emmerder. Ce qu’il faut en réalité c’est réinventer le concept même de la retraite et modifier nos représentations sur le rapport travail et vie en dehors du travail. Je déteste d’ailleurs le mot retraite

    • Par farniente (---.---.---.218) 18 octobre 2007 16:18

      BIEN VU GUILLEMAIN,

      et bienvenue dans l’ère du partage des richesses de la croissance.........

      Ca fait bien 15 ans que j’en parle autour de moi.

      Avec la prise en compte d’un an de cotisation retraite par enfant pour les femmes comme pour les hommes,

      pour service rendu à l’Etat au même titre que le service militaire, puisque les enfants seront porteurs de richesse et de croissance.

      Pour ce qui est de la prise en compte des études, c’est d’une évidence criante, mais pas que pour les jeunes : les cinquantenaires sont déjà touchés par le système de décote, et bien souvent, ils ont été invités à faire des études post-bac avant de trouver un emploi.

      Il s’agit donc de valider les études POST-BAC pour la retraite.

      Un exemple parlant à ce sujet : avant la création des IUFM dans les années 1980, les Instituteurs étaient recrutés dès 16 ou 17 ans et formés dans les Ecoles Normales.

      Leurs études et leur formation étaient à la charge de l’Etat, et prises en compte pour leur retraite : un Instituteur partait à 55 ans car il avait effectué 37,5 années de service, décomptées à partir de l’âge de 17 ans.

      Maintenant, qu’en est-il ?

      Le niveau LICENCE Universitaire est exigé, pour passer le concours prof d’école.

      C’est un niveau Bac + 3 ou 4.

      Ca fait 21 ou 22 ans, et même plus, vue la difficulté du concours, et le nombre de candidats ( 70 % des jeunes désirent devenir fonctionnaires ).

      Bon, ces années d’études sont à la charge de l’individu, et ce sont les plus chères de la scolarité. ( livres inscription, sécu, logement, transport pour la fac, etc...)

      Et, double pénalité, elles ne sont pas prises en compte pour la retraite.

      Et il faudrait les racheter à prix d’or ?

      Il faut les payer combien de fois, ces années d’étude ? Pour l’instant, ça fait 2, à la place de l’Etat qui investit ailleurs nos impôts.

      Que les études post-bac soient retenues pour la retraite n’est que juste reconnaissance de l’Etat de l’évolution du monde du travail qu’il gère.

      A moins qu’il n’organise une débâcle générale.

  • Par Fred (---.---.---.49) 20 octobre 2007 14:49

    Et vous payez comment ? En France on part plus tot que la moyenne Europeenne et on vit plus longtemps. Les francais veulent le systeme par repartition mais ils ne veulent pas les inconvenients qui viennent avec. On vit plus longtemps on cotise plus longtemps ; on ne cotise pas pendant les etudes.

    J’ai un doctorat comme quoi je ne parle pas ici pour defendre mes interets.

    • Par farniente (---.---.---.218) 20 octobre 2007 15:17

      Alors là c’est clair : avec le plafonnement des salaires patronaux et des retraites-chapeauX, l’imposition des stock-options, la majoration de l’imposition des bénéfices boursiers entre autre.

      Avec ça, y a de quoi faire...

      Et le retour à leur salaire d’origine de nos ministres qui se sont autodéclaré une augmentation de 70 % dès leur arrivée au gouvernement ( s’ils ont estimé en avoir besoin, il en est de même pour les autres citoyens dont le salaire a stagné depuis 20 ans ).

      — cette augmentation, à l’époque avait été décidée à la demande d’un ministre divorcée qui ne parvenait pas à assumer la pension de son ex-femme. Bien, mais le même problème se pose pour LES SIMPLES CITOYENS DIVORCES, et de façon plus cruciale car ils gagnent moins que nos ministres —

      Et la suppression de la prolongation de l’indemnité de fin de mandat de nos députés qu’ils ont fait passer de 6 mois à 5 ans : car cils ne sont pas des hommes différents des autres, et quel chômeur ne rêve pas de s’auto-déclarer de tels PRIVILEGES ?

      AVEC UNE JUSTE REPARTITION DE TOUS CES PRIVILEGES, ON PEUT AMELIORER LES RETRAITES DU PLUS GRAND NOMBRE, NON ?

    • Par Fred (---.---.---.49) 20 octobre 2007 18:56

      Sachant que 60% des actionnaires des entreprises du CAC40 sont etrangers, augmenter l’imposition sur les profits et vous allez reussir a faire fuir tout le monde et donc non nous ne paierez pas les retraites avec.

      Les privileges des parlementaires meme s’ils doivent disparaitre ne representent rien financierement donc non vous ne paierez pas avec ca non plus.

      C’est pas sorcier de comprendre que 25% de cotisation pendant 37.5 ans ne peut pas payer 20-22 ans de retraite avec un rapport actif/retraite inferieur a 2.

    • Par farniente (---.---.---.218) 20 octobre 2007 20:25

      Que ceux qui votent les lois sur le démantèlement des retraites s’appliquent à eux mêmes ces mesures, on verra après...

      Juste pour l’exemple citoyen...

      A commencer par nos plus hauts fonctionnaires : ministres, Président....

      Et le coup de la fuite des capitaux, on l’a déjà fait : c’est en France qu’actuellement les placements d’argents sont les plus importants d’Europe, accompagnés d’une dégradation du système des retraites : CHERCHEZ L’ERREUR.

    • Par farniente (---.---.---.218) 20 octobre 2007 20:27

      Et, soit dit en passant, le système des stock-options français non imposés scandalise plus d’un pays étranger...

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