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Pour la (re)connaissance de la nouvelle orthographe du français en Haïti

Depuis mars 2006, je suis attentivement l’évolution des rectifications orthographiques, communément appelées nouvelle orthographe du français, publiées dans les documents administratifs du Journal officiel (France) du 6 décembre 1990 et recommandées, sans être imposées, par des instances francophones en Belgique, en France, au Québec et en Suisse. Ces nouvelles graphies du français touchent environ *deux-mille mots et visent à clarifier des situations confuses et supprimer des anomalies ou irrégularités.
 
Elles ont été largement prises en compte par le Dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition), suivi par les dictionnaires les plus courants. En ce qui concerne la connaissance de ces règles, les Haïtiens sont discrètement en cinquième position après les Belges, les Suisses, les Québécois et les Français (source : Langues et cité, septembre 2006, numéro 7, p. 3), grâce à l’existence de la CARO (Coalition pour l’application des rectifications orthographiques), fondée le 20 mars 2006 en Haïti (www.caro-renouvo.org), membre du Réseau pour la nouvelle orthographe du français (www.renouvo.org).
 
En tant que fondateur de la CARO et citoyen haïtien concerné, j’ai élaboré, à l’occasion de la quinzaine de la francophonie et du troisième anniversaire de ladite Association, le dossier suivant, empreint de véridicité, dans le but de faciliter une prise de position officielle de la part du ministère de l’Éducation nationale (MENFP) en Haïti comme ses homologues de Belgique, France, Suisse, Québec...
 
I- Contexte :
 
  • Les rectifications orthographiques (nouvelle orthographe du français) sont approuvées par les instances francophones compétentes telles que l’Académie française (cf. : la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française parue en 1992) ;
  • Les rectifications orthographiques sont actuellement intégrées dans les dictionnaires les plus usuels, par exemple le dictionnaire des règles du français (ISBN : 978-2-03-584152-0) ;
  • Les rectifications orthographiques sont enseignées dans les écoles de Belgique, France, Suisse et Québec. Quant à cette dernière province francophone du Canada, on les enseigne au niveau universitaire dans toutes les facultés d’éducation des Universités francophones (Source : L’Actualité, vol. 32 No : 16, p.70, 15 octobre 2007) ;
  • Les rectifications orthographiques sont diffusées en Haïti par la CARO (Coalition pour l’application des rectifications orthographiques), *dument enregistrée au numéro STG-08040 (MAST). Plus d’une cinquantaine d’instituteurs et institutrices sont déjà formés et sensibilisés (à la question) par cette Association (séminaire du 27 avril 2008 / séminaire du 25 février 2009, par exemple). Les francophones informés sont actuellement indénombrables ;
  • Les rectifications orthographiques n’entrainent pas ipso facto l’élimination de l’orthographe traditionnelle. Elles impliquent seulement qu’elles soient acceptées quand elles sont appliquées par des francophones ayant décidé (sans aucune obligation) d’avoir une écriture moderne, vu qu’actuellement ni l’ancienne ni la nouvelle orthographe ne peut être tenue pour fautive, d’après les autorités francophones compétentes en matière de langue française (l’Académie française, le Conseil supérieur de la langue française…).
 
Toutefois, il faudra s’attendre à ce qu’un temps vienne où la nouvelle orthographe sera bien implantée dans l’usage et remplacera, par une conséquence obligée, l’orthographe traditionnelle comme la substitution du è au é en 1740 dans des mots tels que règle, père, règne etc. (cf. : Troisième édition du Dictionnaire de l’Académie française).
 
 
II- Les faits :
 
Autrefois, la diffusion des réformes orthographiques se faisait auprès des imprimeurs et des gens de lettres. Aujourd’hui, l’orthographe concerne toute la population.
 
L’orthographe française n’a jamais cessé d’évoluer. Les rectifications orthographiques ne sont pas les premières réformes de cette orthographe et ne seront pas, sans doute, les dernières.
 
Les rectifications orthographiques datent de 1990 et sont recommandées officiellement par les instances compétentes francophones en matière de langue française (sources : Journal officiel de la République française, décembre 1990 / www.orthographe-recommandee.info).
 
Comme elles ne sont pas imposées, suivant le principe que l’usage détermine la règle, elles sont diffusées jusqu’à date par cinq associations au niveau de la francophonie, regroupées au sein du RENOUVO (Réseau pour la nouvelle orthographe du français / www.renouvo.org), créé en 2001.
 
Mais cela n’empêche pas à des autorités compétentes francophones en matière de l’Éducation de rappeler, chaque fois que l’occasion se présente, que les enseignantes et enseignants doivent en tenir compte. C’est le cas de Madame Catherine Dupont, l’actuelle directrice des programmes au MELS (Ministère de l’Éducation, du loisir et des sports) / Québec, qui, dans une correspondance responsive reçue le 14 janvier 2009 par l’Association québécoise homologue à la CARO, le GQMNF (Groupe québécois pour la modernisation des normes du français), déclaré ceci : « En situation d’évaluation, les élèves ne sont pas pénalisés s’ils utilisent l’une ou l’autre graphie ».
 
Spécifiquement à Haïti, la CARO (Coalition pour l’application des rectifications orthographiques) fait la promotion des rectifications orthographiques depuis sa création, le 20 mars 2006. Actuellement, les francophones informés et formés sont incalculables dans ce pays ! Des articles ont même été publiés dans des journaux de Port-au-Prince (preuve : Le Matin # 32775, jeudi 10 mai 2007 / Le Matin # 32801, p.15, mercredi 20 juin 2007). Mais jusqu’à date, le MENFP ne s’est pas encore prononcé officiellement sur la question, et les enseignants sont conséquemment dans la plus grande perplexité !
 
 
III- Les attentes :
 
Tout ce qui est attendu, pour le moment, des autorités compétentes du ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), au regard du présent dossier, c’est la rédaction d’une circulaire, selon laquelle elles informeraient les enseignantes et enseignants que la nouvelle orthographe du français est acceptée, de même que les parents et les médias (de cette prise de position).
 
IV- Les conséquences :
 
§ Aucun ouvrage n’aura besoin d’être réédité. Les deux orthographes peuvent cohabiter sans problème, jusqu’à ce que l’usage tranche ;
§ Aucun besoin immédiat d’enseigner la nouvelle orthographe du français dans les écoles, vu que les dictionnaires les plus usuels en tiennent compte actuellement ;
§ Aucun chambardement dans le système éducatif, ni chez les imprimeurs ni chez les gens de lettres, les rectifications orthographiques étant des recommandations officielles sans être imposées. S’il y aurait un changement en Haïti, ce serait leur acceptation officielle !
 
 
 V- Accompagnement :
 
Le MENFP ne serait pas seul. En effet, la CARO (Coalition pour l’application des rectifications orthographiques) est prête à animer gratuitement des atelier-conférences à l’intention du personnel directement concerné par le présent dossier. Elle pourrait aussi faciliter le perfectionnement de 2 ou 3 employés ou employées au Canada, dans le domaine des rectifications orthographiques.
 
 
VI- Conclusion :
 
Les rectifications orthographiques ont atteint un point de non-retour. Tout ce qui précède démontre clairement que ces nouvelles règles du français s’implantent de plus en plus dans l’usage. En Haïti, elles sont bel et bien connues, grâce à l’existence de la CARO (Coalition pour l’application des rectifications orthographiques) et en raison du fait qu’elles sont intégrées actuellement dans les dernières publications des dictionnaires.
 
L’orthographe du français concerne, certes, toute la francophonie aujourd’hui, mais il revient à des instances compétentes des ministères francophones de l’Éducation de faire des recommandations officielles et de passer des consignes claires à leur personnel enseignant. Cette Association formule donc le vœu que le MENFP *emboite le pas à ses homologues en Belgique, au Canada (Québec, Saskatchewan, Nouveau –Brunswick, Alberta), en France, en Suisse, d’autant plus que la décision de ce ministère ne lèsera aucun élément du système. Les expériences qu’ont faites ces pays-là en sont des exemples illustratifs.
 
Avez-vous remarqué que ce document était conforme à la nouvelle orthographe du français ?
 
 
 
Bytchello Prévil
Président de la CARO
Spécialiste des rectifications orthographiques 
Site Internet : www.caro-renouvo.org
 

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9 réactions à cet article    


  • Papybom Papybom 3 mars 2009 14:29
    Bonjour,
     
    S’il est des mots qui m’ont de tout temps contrarié
    Le pire est pour moi, ce mot si peut chantant : orthographe.
    Franchement, pourquoi l’employer, avec quoi le faire rimer ?
    Si ce n’est que pour, dans le marbre, graver une épitaphe.
    Il est des textes, comme les lois, ou certes, il faut l’employer.
    Mais ne faite pas boire, l’âne que je suis, et qui n’à pas soif.
     
    Cordialement.
     

    • faxtronic faxtronic 4 mars 2009 10:31

      orthographe, cartographe, cinematographe


    • Internaute Internaute 3 mars 2009 15:45

      Franchement, j’ai lu le résumé des changements de l’orthographe et je me demande bien qu’elle est son utilité. Par exemple, au lieu d’écrire aiguë on écrit aigüe. Cela fait perdre son sens aux signes diacritiques et n’améliore pas l’orthographe. Ceux qui font une faute en écrivant aiguë en feront aussi une avec aigüe. Le vocabulaire ne suit aucune règle standard de construction et il faut apprendre tous les mots par coeur. Qu’ils soient écrits d’une forme ou d’une autre n’y changera rien.

      On y reconnaît la mauvaise influence du laisser aller à la mode qui vise à donner un diplôme de bon français à des analphabètes. Merci on a déjà donné. Le plus dangereux est que la nouvelle orthographe n’est pas obligatoire. Ainsi, à cause de cette réforme, on a maintenant deux écritures possibles ce qui ne fait qu’augmenter la confusion. C’est dans la droite ligne du bac donné à 80% des élèves.

      La vraie réforme sera l’acceptation du langage SMS dans les documents officiels.


      • Krokodilo Krokodilo 3 mars 2009 18:11

        Ecrire "aigü" indique que la voyelle doit être prononcée, à l’inverse de baguette, dague, etc. La position du tréma est maintenant rationnelle et utile, à mon avis c’est une des mesures les plus logiques de la réforme de 1990.

        Par ailleurs, un peu de rationnalisation n’est nullement un nivellement par le bas. L’orthographe ne fait pas la style, ni la richesse du vocabulaire.


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 3 mars 2009 15:54

        Question : au telefon, faudra-t-il aussi tenir compte de l’ortograf ? 


        • Krokodilo Krokodilo 3 mars 2009 18:19

          Intéressant. J’avais moi aussi fait un article sur le sujet : en fait, les instances de l’Education nationale ont enfin fait une circulaire à ce sujet, il y a un an ou deux, il ne leur a donc fallu que 17 ans pour soutenir la réforme !
          Ce qui est politiquement incorrect, c’est de faire remarquer que les enseignants ne connaissent pas toujours cette réforme, et que le niveau en français des PDE n’est pas toujours ce qu’il était du temps des Ecoles normales (trop occupés à imposer l’anglais ?)... Ils comptent parfois une faute aux enfants qui écrivent selon la "nouvelle" graphie, mais ça n’a pas beaucoup d’importance, on note souvent de façon ridicule au dixième de point près dans les écoles primaires, alors que cinq lettres suffiraient, ou rien comme en Finlande.
          C’est sûr que cette coexistence est parfois un casse-tête.


          • Papybom Papybom 3 mars 2009 20:18
            Bonsoir,
             
            Franchement,
            Si décide de faire des fotos, le rendu sera-t-il meilleur que si je fais des photos.
            Si la balle passe entre les potos, c’est plu grave qu’entre les poteaux.
            Définir un homme de salle eau ou de salaud, ou est l’insulte.
            Gaie pas toux con prix.
             
            Cordialement 

            • licorne 4 mars 2009 11:46

              bi1to on ekrira com sa.... vive les sms... je crois que meme si j’ai dut mal avec l’orthographe le sms c’est pire...


              • ZEN ZEN 4 mars 2009 11:55

                Je ne suis pas contre certaines simplifications, mais si on suit cette logique, c’est un processus sans fin...
                Où s’arréter ?

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