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Accueil du site > Actualités > Société > Pour un monde sans profit

Pour un monde sans profit

Le capitalisme comme le soviétisme aboutissent à une impasse, tant humaine qu’économique.

Nous sommes à un stade où nous devons limiter l’usage des ressources. Celles-ci ne sont ni renouvelables, ni infinies. Si notre progression continue, c’est notre avenir même qui est en jeu.

La course au profit, est devenue pour les élites la corse à l’extorsion de la masse monétaire mondiale. Ils sont comme le Macbett d’Ionesco, ils veulent tout bouffer. Nous sommes ainsi passés de Macbeth à Macbett, et aujourd’hui Mac Bet.

Le profit dans la stagnation n’est que l’augmentation virtuelle de la masse monétaire pour une poignée d’individus, accompagnée d’une misère par surinflation cachée pour les autres.

Lorsque la cité est laissée aux marchands, ses valeurs s’effondrent, l’être s’épuise dans l’avoir, l’être ensemble dans un être contre l’autre, le bien commun s’effrite, la spoliation devient la règle, les plus malins se substituent aux plus sages, l’intelligence est orientée vers le gain immédiat, la beauté est remplacée par la valeur spéculative. Une guerre de tous contre chacun et de chacun contre tous s’instaure. À la fin du processus, les ploutocrates réclament l’abolition de l’État, dernier rempart à leur hybris sans fin.

Aujourd’hui, avec la crise généralisée, nous sommes au bout de ce processus de décomposition. Plus rien ne tient, la spirale de la dette nous entraîne vers un gouffre sans fond, les seules solutions envisagées en augmentant le poids.

En France, 5 % de la population continue de s’enrichir, et demandent de pouvoir le faire encore davantage sans entrave, sous peine de nous quitter. Qu’ils partent et qu’on socialise leurs biens, notamment leurs entreprises ! Ces ploutocrates fous sous narcotique se moquent des conséquences de leurs actes criminels. Car tuer économiquement une population est un crime.

Et en bas, c’est la frénésie. Le magma économique dans lequel nous sommes est en train de bouillir. Mais nous ne savons pas ce qu’il va en résulter, quand et comment tout va finir par exploser. Les médias de contestation sont en train de disparaître, avec au pouvoir un libéral-socialisme flou, des anticapitalistes radicaux sidérés de leur défaite, et des syndicats aphones.

Là où on aurait pu attendre un foisonnement d’idées, … rien.

L’analyse est pourtant simple : l’extension aux sphères conceptuelles du profit a généré un déséquilibre dévastateur dont nous ne sommes pas sortis. Les taux de profit sont trop élevés et la productivité du travail trop grande. Les flux monétaires s’accumulent à un pôle et se vident à un autre, la demande se déprime et les dettes, compensant l’affaissement des salaires, explosent.

La dette elle-même constitue aujourd’hui une autre source de profit, qui ponctionne les États et génère des taux d’intérêt au service des financiers internationaux qui se servent sur la détresse des peuples.

Il est possible de s’attaquer aux conséquences financières par des mécanismes que d’autres peuvent décrire avec propos, et qui sont absolument nécessaires vue la situation. Comme diminuer la douleur d’une maladie grave.

Mais la réalité de la dette est qu’elle est voulue, dans la mesure où des taux d’intérêt élevés créent des profits élevés et rapides pour les financiers internationaux.

Ils ont donc intérêt (c’est la cas de le dire) à augmenter la dette. Pour cela, les plans de récession généralisés en Europe sont une manne. D’une part ils appauvrissement la population, stoppent la redistribution via l’État, et d’autre part, en cassant la croissance, ils augmentent le déficit par la réduction des entrées fiscales. Les taux montent, et les rémunérations croissent, ceci sans risque du fait des assurances sur le défaut qu’ils contractent par ailleurs.

Le passage de la dette par le privé rend les États au même niveau que les entreprises, soumises à la concurrence entre elles. Il faut à tout prix plaire aux marchés. Sauf que ceux-ci jouent un rôle sournois, favorisant l’austérité, donc l’accroissement de la dette.

Les gouvernements vendent aux peuples que la dette est imprescriptible, et demandent aux pauvres des sacrifices, afin de sauver les riches, qui sont prêts à partir. La vérité est que les riches ont choisi d’appauvrir les pauvres pour augmenter leurs taux de profit.

La création de profit à tout prix, y compris aujourd’hui au prix de la faillite des États, là est le cœur qui s’il nous a un temps fait progresser, s’est emballé aujourd’hui. C’est cette hybris que redoutaient les Grecs, et que par une ironie révélatrice, ils sont les premiers à en subir les conséquences dramatiques Il est donc urgent de diminuer cette création de profit qui aboutit sur le vide et qui est en train de détruire l’humanité et la planète.

Hollande le décevant, a lui aussi choisit d’offrir la France aux marchés, via le MES et le TSCG. Du changement attendu ne transpire qu’une succession de plans d’austérité et de récession, qui ne feront qu’accroître le désarroi des citoyens, et nous mènera au même abîme que les Grecs, les Espagnols, les Portugais et les Irlandais.

L’histoire semble se répéter. La France regarde le naufrage espagnol en se détournant la tête, sans se rende compte que demain la situation sera similaire chez nous. La France semble ne pas se rendre compte que suivre l’Allemagne sur l’austérité pour les peuples nous mène aussi vers le même naufrage.

Tant que nous faisons confiance aux marchés (credo hollandien), que nous ne réduisons pas drastiquement les taux de profit, le même ira au même et l’argent vers l’argent. Ce déséquilibre est fatal pour une économie qui ne repose plus sur l’ensemble des citoyens, mais de plus en plus sur une minorité qui elle-même se rétrécit. Derrière le profit, il y a les profiteurs, qui sont par leur pouvoir les vecteurs systémiques du naufrage.

Bien sûr, il nous faut d’abord refuser le TSCG qui nous tend le piège de la récession via des budgets d’austérité en pleine crise, pour d’une part, ne pas toucher les banquiers, voire les favoriser encore davantage, et d’autre part continuer à soumettre le politique aux financiers, c’est-à-dire le public au privé, la démocratie aux marchands.

Nous devrions par ailleurs avoir comme priorité de ralentir les flux monétaires qui vont de la population réelle vers ces profiteurs, anonymes, qui génèrent le chaos pour augmenter les accumulations financières.

Notamment par le ralentissement via les impôts sur les profits, prenant en compte également le ratio entre la masse salariale et le capital fixe, favorisant les emplois humains. 

Le ralentissement international passe, pour les importations, par des taxes notamment sur le dumping social, mais la relocalisation peut aller jusqu’à être contrainte, en nationalisant, ou socialisant, les entreprises qui délocalisent, cette socialisation pouvant se faire sous forme de coopérative, d’entreprise associative, fonctionnant de façon démocratique avec un contrôle des profits réalisés, ainsi que d’autres mesures du même ordre.

Pour aller plus loin, il nous faudrait penser une société dont le but premier ne serait plus le profit, mais l’épanouissement à long terme des êtres humains, en accord avec les potentialités de notre environnement, et ne plus penser celui-ci comme ressource, mas comme une globalité d’un tout dont nous faisons partie.

Ce serait une mondialisation radicale, où chaque être humain serait considéré comme unique, ayant une valeur infinie, dans un univers qui lui-même serait respecté, sans chercher à tout lui prendre sans rien lui donner.

Au fond, l’idée simple, mais essentielle, que ni les humains, ni les animaux, ni les plantes, ni même les choses, ne nous appartiennent, et que nul ne peut les posséder.


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165 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 4 octobre 2012 08:48

    À l’auteur :
    « Le profit dans la stagnation n’est que l’augmentation virtuelle de la masse monétaire pour une poignée d’individus, accompagnée d’une misère par surinflation cachée pour les autres. »

    « [...] cette socialisation pouvant se faire sous forme de coopérative, d’entreprise associative, fonctionnant de façon démocratique avec un contrôle des profits réalisés, ainsi que d’autres mesures du même ordre. »

    Je crois qu’il est possible de se diriger pacifiquement vers quelque chose se situant au-delà de la « socialisation des entreprises.

    Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat, de manière criminelle, en le focalisant sur la lutte des classes (éradication de la bourgeoisie) et la possession prolétarienne des moyens de production.

    Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

    Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition collective et citoyenne du Pouvoir Économique.

    Bon ou mauvais, le système financier actuel est contrôlé par les actionnaires des banques.
    Les autorités politiques pourraient nationaliser toutes les banques, avec ou sans indemnisation partielle ou totale des actionnaires (en en assumant toutes les conséquences).
    Mais, la gestion calamiteuse d’entreprises ou/et de banques par des politico-technocrates a déjà été expérimentée dans le passé.
    Pour contrôler et réguler le système financier, il convient d’acquérir, collectivement, des minorités de blocage ou/et la majorité absolue au sein du capital des banques.
    Le financement nécessaire ne saurait être constitué que par l’épargne d’une association des citoyens-électeurs-contribuables.
    En ces temps de crise, on ne cesse de parler de déficits budgétaires, de dette, d’inflation, de réduction des charges, d’augmentation des impôts, et cætera...
    Parmi nos »élites« , il n’y a personne pour prononcer ce qui semble être LE gros mot absolu : ÉPARGNE ! ! !
    Pourtant, que ne pourrait-on faire avec de l’ÉPARGNE ? ? ?...

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de »Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne« se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique en vue de la  »Refondation du Capitalisme« .

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le »capitalisme ordinaire« en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la »lutte des classes".



    • JL JL 4 octobre 2012 12:04

      à JP Foscarel,

      comme d’habitude, et pour la 101ème fois sur ce genre d’article, Llabrés est le premier à poster en copiant-collant son trac inique amoureusement peaufiné au fil du temps.

      Pour que l’on croit qu’il a lu l’article, il en copie-colle une phrase, la première qui lui semble convenir et envoie sa sauce, comme on jette désespérément une bouteille à la mer, puisqu’il est incapable de faire lui-même un article. Peut-être a-t-il peur du résultat ?

      Cette misérable pratique est particulièrement visible et risible ici, quand on lit simultanément la phrase de l’article copiée-collée et la première de son tract stupide.

      Même cela, il ne s’en rend pas compte. Bêtise, négligence ? Allez savoir.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 4 octobre 2012 12:36

      jl

      Quelle est donc votre légitimité pour vouloir m’interdire de m’exprimer et de rechercher de nouveaux lecteurs ?...




    • Robert GIL ROBERT GIL 4 octobre 2012 13:34

      tiens Llabré, je te propose quelque chose de plus simple : partager !

      voir : http://2ccr.unblog.fr/2012/09/11/face-a-la-crise-il-faut-partager/


    • JL JL 4 octobre 2012 18:51

      labrès,

      d’autres se sont vus interdire de poster leurs liens auto-promotionnels pour beaucoup moins que ça !

      Mais que fait la modé ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 4 octobre 2012 19:15

      Robert ;


       «  quelque chose de plus simple : partager ! »
      C’est exactement ce que je préconisais plus bas mais que l’auteur semble ne pas vouloir.


    • vieux grincheux 6 octobre 2012 07:26

      Ce n ’est pas une solution, citoyen Llabrés pour la bonne raison qu’ EXPLOITER UN CITOYEN EST INCOMPATIBLE AVEC L’ EGALITE CONSTITUTIONNELLE !!!


      Comment justifier cette domination du salarié soumis au tronpa, ?

      Ce que tu préconises c’est de pomper les 3 francs 6 sous épargnés par les citoyens pour les injecter dans un shitstem qui asservit et fait même travailler des gosses.

      C ’est ce dont rêvent tous les banksters, à commencer par Goldman-sachs qui placent ses pions dans tous les rouages des Etats et executifs. 

      La seule solution c ’est le Revenu de Base :http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0
      qui satisfait au texte constitutionnel :
      « Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

      Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

      La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

      Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp#preamb

      Les tronpas sont victimes de leur Hu(y)bris comme le dit l’ auteur de l’ article, quand ils nous serinent qu’ ils « donnent de l’ emploi » c ’est pour se donner bonne conscience et ne pas avouer qu’ ils exploitent le citoyen egalitaire.

      Quand ils nous disent qu’ ils prennent des risques, ils nous prennent pour des cons. jamais un tronpa, aussi censé que toi et moi et nous, ne va investir tous ses oeufs dans le même panier. De plus beaucoup ont hérité de papa-maman et ne sont pas des « self made men ». Tout dépend de leurs « Habiti ». 

      En ce qui concerne les Fauxcialistes, ils sont eux-mêmes actionnaires du CAC 40, et tronpas de surcroit. Il ne faut rien attendre de ces gens qui ne vont todmême pas casser la poule aux oeufs d’ or.

      Je pense que le peuple français a voulu se débarrasser d’ un parvenu dangereux en votant pour le président actuel, mais les 47% d’ abstention aux Legislatives donneraient à penser que les citoyens ne se font aucune illusion sur leur « représentants ». 

      550.000 élus en France. Et si on leur donnait un Revenu de Base comme tout citoyen ? avec remboursement des faux (et surtout des vrais) frais sur facture...

      Fourier au XVIIIeme avait déjà théorisé, avant Marx, ce que pourrait être une société d’ Harmonie....et elle ne peut être que l’ expression de la GRATUITE.

      « La liberté de chacun n ’existe que si elle étend celle de l’ Autre à l’ Infini » nous a légué Bakounine. KESKONATTEND ?????

      KONSELEDIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISEU !!!!

      VG 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 octobre 2012 08:42

      Par vieux grincheux (xxx.xxx.xxx.131) 6 octobre 07:26
      « Comment justifier cette domination du salarié soumis au tronpa, ? »

      Où, diable, avez-vous trouvé ce genre de choses dans mon commentaire ou dans le texte qui y est lié ?...
      smiley smiley smiley :->


    • kalagan75 4 octobre 2012 10:25

      ton idée d’entreprise associative existe déjà , cela s’appelle les Scop - Sociétés coopératives et participatives - et il n’en existe que 2000 en France . Pourquoi ? Parce que pour créer une scop , il faut amener le capital avec le risque de le perdre ... et là il n’y plus personne .

      Tu expliques qu’il ne faut pas ratifier le tscg qui est logiquement écrit pour nous éviter de nous endetter davantage et de l’autre , tu expliques que la dette nous envoies au fond du trou .


      • Valas Valas 4 octobre 2012 15:49

        Pour information kalagan, ratifier le tscg éviterait au contribuable français de payer plus d’impots et au travailleur français de garder le même mode de vie avec le même salaire pour une année ou deux, mais pendant ce temps là la dette aura justement grandement augmenté à cause de ce tscg. On peut appeler ça « reculer pour mieux sauter », bref c’est du cour terme qui ne résout pas les problèmes et au contraire les alourdit à moyen et long terme.
        Et cela rejoint ce qu’expliques l’auteur à propos de la dette nous envoies au fond du trou.


      • sirocco sirocco 4 octobre 2012 11:07

        Aux grosses têtes d’AV.

        Je suis presque totalement ignorant des arcanes de la finance mondiale. Il y a toutefois une chose que je crois savoir : plus aucune monnaie dans le monde n’est indexée sur l’or. Les devises sont donc de l’argent virtuel.

        Posons maintenant une question folle : imaginons que tous les pays de la planète, même les USA, décident brusquement de se débarrasser simultanément de ces comptes virtuels qui plombent l’existence de la plupart de leurs citoyens, et qu’ils décident de rayer, d’annuler d’un clic de souris, leur dette nationale. Les dettes commerciales (argent contre biens) demeureraient bien sûr. Mais plus les dettes d’Etats, ces conséquences de prêts et d’opérations purement financières.

        QUE SE PASSERAIT-IL, A VOTRE AVIS  ?


        • JL JL 4 octobre 2012 11:56

          sirocco,

          je ne suis guère plus savant que vous et ma tête n’est sans doute pas plus grosse que la votre, mais je crois que vous rêvez.

          Relisez le texte : la réponse y est. Je cite : "La dette elle-même constitue aujourd’hui une autre source de profit, qui ponctionne les États et génère des taux d’intérêt au service des financiers internationaux qui se servent sur la détresse des peuples."

          Ce sont les 5% de très riches et leurs inféodés qui sont l’obstacle.

          A ce sujet, je crois que cette histoire plait bien : un voyageur arrive dans une ville, verse 100€ à l’hôtelier le prix de la chambre ; l’hôtelier qui avait une dette chez le boucher, la rembourse, le boucher qui lui-même ..., etc., ... et de fil en aiguille, l’hôtelier voit un vieux débiteur lui rembourser une vieille dette de 100€. A ce moment le voyageur revient et décide d’annuler son projet, se fait rembourser les 100€.

          La différence entre les deux, l’histoire et la réalité, c’est que dans la réalité il y a des vautours qui prélèvent des intérêts sur toutes ces dettes, au motif que le capital leur appartiendrait. De fait, cet argent est à eux, mais seulement parce qu’ils font l’argent. Autrement dit, leur métier est un métier stratégique dont ils usent et abusent. Et c’est à cela qu’il convient de mettre fin : c’est une question de rapports de force. Nous avons le nombre, il nous manque le mode d’emploi.


        • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 12:03

          Le jour même, rien.

          Mais le lendemain les Etats font défaut. C’est à dire qu’ils cessent de payer leurs fonctionnaires. Car qui irait prêter l’argent si un trait de plume peut tout effacer ? Vous ?


        • JL JL 4 octobre 2012 12:13

          péripate,

          Dans cette occurrence, comme dans les pays communistes, les États créent leur propre monnaie, que ça vous plaise ou non. Vous êtes des terroristes, avec votre TINA. Si un jour ça nous pète dans la gueule, les riches seront bien plus emmerdés que nous, vu que c’est eux qui ont le plus à perdre.


        • jaja jaja 4 octobre 2012 12:18

          Effacer la dette ne peut se faire qu’en ayant pris le contrôle des banques et avoir exproprié les gros actionnaires... Donc après s’être assuré du monopole du crédit.....


        • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 12:26

          Oui, c’est vrai. On paierait les fonctionnaires avec du joli papier et on obligerait les gens à l’accepter en moyen de paiement et on interdirait aussi d’utiliser d’autres moyens de paiements concurrents. Les récalcitrants seraient punis et tout rentrerai dans l’ordre.

          Bon, ça ressemble un peu à ce que on connait déjà et serait l’aboutissement d’une longue évolution : l’état, créateur de tout.


        • JL JL 4 octobre 2012 12:34

          Quand on joue avec le feu, il ne faut pas avoir peur des brûlures.


        • lambda 4 octobre 2012 12:44

          @ sirocco

          L’Europe serait mal face à ce scénario car dans le cas que vous imaginez, c’est l’or qui deviendrait (et redeviendra d’ailleurs) la référence à laquelle s’adosseront les monnaies et il faut savoir que l’or des banques européennes a été GAGE au FMI

          Sarkozy en décembre 2011 a gagé une grosse partie des réserves d’or - ça change la donne

           

           


        • lambda 4 octobre 2012 12:46

           voici le lien concernant Sarkozy a gagé l’or de la France

          http://ladettedelafrance.blogspot.fr/2011/12/scandale-la-france-gage-lor-de-la.html


        • foufouille foufouille 4 octobre 2012 13:09

          "On paierait les fonctionnaires avec du joli papier et on obligerait les gens à l’accepter en moyen de paiement et on interdirait aussi d’utiliser d’autres moyens de paiements concurrents. Les récalcitrants seraient punis et tout rentrerai dans l’ordre."

          ca se passe deja comme ca
          le bankster fabrique du pognon, te le pretes puis le detruit quand tu rembourses, mais conserves les interets


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 13:56

          @ JL

          « Ce sont les 5% de très riches et leurs inféodés qui sont l’obstacle. »

          Je vous suis (merci pour votre histoire du client et de l’hôtelier).
          Les Etats endettés se font donc prêter de l’argent, je suppose, par :
          - des Etats plus riches, créditeurs, au nombre desquels figurent peut-être des pays arabes producteurs de pétrole, la Chine...
          - des banques multinationales
          - le FMI, organisation supranationale - liste non exhaustive.

          Mais si TOUS les Etats endettés décidaient autoritairement de rayer leur dette d’un trait de plume, que pourraient concrètement faire les organismes ou Etats prêteurs (rappelons que les prêts ne sont que des opérations virtuelles) ?


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 14:05

          @ Le peripate

          Le jour même, rien.

          Mais le lendemain les Etats font défaut. C’est à dire qu’ils cessent de payer leurs fonctionnaires. Car qui irait prêter l’argent si un trait de plume peut tout effacer ? Vous ? 

          Moi, non !
          Mais que faites-vous de la planche à billets ?
          Car après tout les dettes nationales sont des histoires financières entre organismes internationaux et Etats prêteurs. Tant que les citoyens d’un pays continuent à utiliser la monnaie-papier pour toucher leur paie et régler leur échanges, il n’y a pas forcément d’effondrement à court terme. Non ?


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 14:10

          @ lambda

          Sarkozy en décembre 2011 a gagé une grosse partie des réserves d’or - ça change la donne

          Pas tant que ça... Car les gages s’effaceraient évidemment comme les dettes !
          Il resterait donc l’or, qui lui est palpable et non virtuel et qui redeviendrait la référence (avec les productions, l’industrie, et tout et tout...) de la richesse nationale.


        • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 14:13

          C’est possible en effet. Il faut alors une monnaie inconvertible et fermer les frontières. Bâtir des murs, des miradors, embaucher des policiers et une police secrète pour traquer les déviants.

          On connait.


        • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 14:17

          Et c’est très curieux que vous oubliez l’homme dans vos vues. La richesse vient des hommes et c’est l’épargne mondiale qui est drainé par les états occidentaux. Au bout du bout de ces lignes de crédit vous trouverez aussi les économies d’un paysan indien, africain...

          Si les mots ont un sens c’est ça « placer l’homme au centre de l’économie ».


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 14:24

          @ foufouille

          "On paierait les fonctionnaires avec du joli papier et on obligerait les gens à l’accepter en moyen de paiement et on interdirait aussi d’utiliser d’autres moyens de paiements concurrents. Les récalcitrants seraient punis et tout rentrerai dans l’ordre."

          ca se passe deja comme ca
          le bankster fabrique du pognon, te le pretes puis le detruit quand tu rembourses, mais conserves les interets

          La petite idée complètement utopique émise au début de cette discussion commence, on dirait, à vous faire sourire.
          Que pourraient faire les prêteurs contre les Etats séditieux ? Leur déclarer la guerre ? Mais ce ne sont pas les pays militairement les plus costauds !

          Bon, ça n’arrivera pas. Mais quand on pense au cauchemar subi par des milliards d’habitants sur Terre en raison des dettes nationales (les Français ne vont pas tarder à en faire partie...) alors qu’une simple entente et une opération informatique concertée permettrait d’annuler toutes ces histoires et de desserrer l’étreinte financière de ces Etats, ça laisse rêveur...


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 14:43

          @ Le péripate

          Et c’est très curieux que vous oubliez l’homme dans vos vues. La richesse vient des hommes et c’est l’épargne mondiale qui est drainé par les états occidentaux. Au bout du bout de ces lignes de crédit vous trouverez aussi les économies d’un paysan indien, africain...

          Si les mots ont un sens c’est ça "placer l’homme au centre de l’économie.

          Vous avez raison, j’ai oublié d’en parler.

          Mais il est sous-entendu qu’à partir du moment où les excès financiers virtuels disparaîtraient, c’est l’homme - élément concret - qui redeviendrait la valeur économique de référence, avec son travail, les ressources et l’or de son pays, etc 

          Mon idée de départ consistait à supprimer des situations issues, pour la plupart, d’opérations financières abusives, de spéculations, d’abus de position dominante, etc... situations qui étranglent de nombreux Etats pour le seul profit d’une infime partie de la population mondiale : les banquiers.


        • Romain Desbois 4 octobre 2012 15:00

          Revoyez le reportage d’ Arte « la fabuleuse histoire du dollar »

          L’indexation du dollar sur l’or a fait plonger les gens dans la crise de 29. Le bankrun !!!!

          Il n’y a pas assez d’or dans le monde, on arrive vite par émettre plus de monnaie qu’il n’y a d’or.

          A cas de trop grosse demande de conversion de sa monnaie en or, les banques servent les premiers et envoient les suivants se torcher avec leur papier monnaie qui n’ont plus que la valeur du PQ.


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 15:12

          @ jaja

          Effacer la dette ne peut se faire qu’en ayant pris le contrôle des banques et avoir exproprié les gros actionnaires... Donc après s’être assuré du monopole du crédit....

          Effacer d’autorité les dettes (opération concertée entre tous les pays débiteurs) ne serait-elle pas justement une façon de prendre le contrôle des banques, comme vous dites, en leur faisant perdre leur emprise sur le monde ?...


        • Hervé Hum Hervé Hum 4 octobre 2012 15:21

          Allez j y vais de mon petit commentaire.

          L’argent papier, indexé sur l’or ou non est basé sur la confiance. Car si vous n’avez pas confiance vous n’avez qu’une seule solution, exiger la contre partie immédiate de votre vente, que ce soit force de travail ou de matière.

          Si l’on s’en tient textuellement à votre scénario, cela signifierai que tous les pays agissent de concert, donc qu’ils ne rompent pas la confiance mais décident d’apurer tous les comptes d’un coups. Créditeurs et débiteurs. Une telle action signifierait qu’au préalable tous les pays se sont mis d’accord pour la création d’une monnaie universelle supra nationale. Ce scénario s’appelle le « big-bang monétaire ». Mais celui ci à des implications telle qu’il ne peut être que la préfiguration d’un changement de paradigme socio-économique planétaire !

          Dans le scénario où la décision est unilatérale entrainant par effet domino les autres pays à faire de même, la confiance est rompu et on se retrouve avec une période de gel total des échanges mondiaux, tensions diplomatiques extrèmes, repli nationaliste avec risque de gueres civiles et épurations en tout genre car il faut bien comprendre que dans ce scénario toute dépendance énergétique et alimentaire soit des besoins primaire sont catastrophiques puisqu’elles aboutissent au rationnement. Seul pourrait subsister les zones d’échanges ayant des accords de partenariats renforcé. L’Europe pourrait résister sauf si les intérêts particuliers de chacun l’emporte sur l’intérêt communautaire.

          Le pays gagnant dans un 1er temps serait les USA vu qu’ils ont la plus grosse dette au monde, mais pour cette raison même ne trouveraient plus d’ouverture à l’extérieur et surtout ne pourraient plus importer de matière sans la contre partie immédiate seule garantie du paiement réel. L’usage de la force serait alors tentante mais s’opposerait aux autres puissances nucléaires qui joueraient alors des coudes. Réapparaitrait les coalitions, et autres pactes... Charmant scénario !

          Voilà pourquoi les gouvernements acceptent les politiques d’austérités !

          Reste qu’il y a d’autres solutions non envisagés

          Notamment celle consistant à séparer la dette extérieure de la dette intérieure. En effet ,rien n’interdit d’apurer la dette intérieure et de créer une monnaie uniquement à usage intérieur et réserver l’usage de l’Euro pour les échanges extérieurs !

          Bref, de conserver la confiance sur la monnaie pour les échanges extérieurs tout en supprimant la dette intérieure. Déclaration de faillite intérieure qui ne concernant que la France des français n’implique que la volonté des citoyens à changer le contrat social.


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 15:32

          @ Romain Desbois

          L’indexation du dollar sur l’or a fait plonger les gens dans la crise de 29. Le bankrun !!!!

          Il n’y a pas assez d’or dans le monde, on arrive vite par émettre plus de monnaie qu’il n’y a d’or.

          Tout dépend du taux de conversion. Si vous évaluez le dollar ou l’euro à quelques milligrammes d’or, c’est sûr qu’il n’y a pas assez de métal précieux sur Terre.

          Mais si vous le fixez à quelques nanogrammes, ça peut éventuellement marcher, au moins la monnaie « représentera » quelque chose... car actuellement, l’argent, ce ne sont que des chiffres qui courent à travers des connexions d’ordinateurs avec la valeur virtuelle que veulent bien lui fixer les traders.

          La monnaie-papier (le PQ, comme vous dites) n’est qu’un support visuel pour les consommateurs - ceux qui subissent la« crise de la dette ».


        • Romain Desbois 4 octobre 2012 15:33

          d’accord avec vous Hervé.

          Et j’ajoute que si l’on parle d’éthique, il serait bon de se préoccuper des conséquences écologiques, de précarité, d’insécurité, de démocratie que la recherche de l’or engendre.


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 15:41

          @ Hervé Hum

          Reste qu’il y a d’autres solutions non envisagés

          Notamment celle consistant à séparer la dette extérieure de la dette intérieure. En effet ,rien n’interdit d’apurer la dette intérieure et de créer une monnaie uniquement à usage intérieur et réserver l’usage de l’Euro pour les échanges extérieurs !

          Oui mais n’est-ce pas la dette extérieure qui, d’après ce que nous serinent les politiques et les médias, plombe les pays européens les uns après les autres ?

          En tout cas merci, Hervé Hum, de vous être prêté au jeu et de nous avoir livré votre vision (assez terrifiante !) de ce qui se déroulerait en pareille circonstance - un scénario que j’ai trouvé très intéressant.


        • Romain Desbois 4 octobre 2012 17:05

          sirocco
          "Tout dépend du taux de conversion. Si vous évaluez le dollar ou l’euro à quelques milligrammes d’or, c’est sûr qu’il n’y a pas assez de métal précieux sur Terre.
          Mais si vous le fixez à quelques nanogrammes"

          Donc ce que vous proposez , c’est la déflation.

          L’or , c’est le gâteau, la monnaie est la part du gâteau.

          Si vous partagez le gâteau en 100 parts au lieu de 10 , le gâteau n’est pas plus gros , ce sont les parts qui sont plus petites.


        • Hervé Hum Hervé Hum 4 octobre 2012 17:12

          Srocco, je ne suis pas expert en la matière, loin s’en faut.

          On parles surtout de dette souveraine soit la dette extérieure + intérieure. Alors je ne sais pas le poids exact de l’une et de l’autre.

          Mais disons que supprimer la dette intérieure aurait pour conséquence de mutualiser la dette extérieure.

          L’idée d’annuler la dette intérieure (dites domestique) ne peut se faire que par une révolution sociale majeure. Un changement de paradigme socio-économique.

          Mais si vous voulez mon avis, le mieux est un big bang économique mondial.


        • sirocco sirocco 4 octobre 2012 17:27

          « Mais si vous voulez mon avis, le mieux est un big bang économique mondial. »

          Merci, Hervé Hum, pour cet avis bien trempé.

          Merci aussi à tous ceux qui ont contribué à cette discussion partie d’une idée loufoque (mais pas inintéressante).


        • Romain Desbois 4 octobre 2012 17:34

          Annuler la dette !
          Qui serait d’accord que quelqu’un qui vous doit de l’argent décide d’annuler sa dette ?

          Il faut assumer les conneries de ceux que nous avons mis au pouvoir.


        • L'enfoiré L’enfoiré 4 octobre 2012 19:21

          sirocco,

           Répondons dans l’ordre.
           
           « plus aucune monnaie dans le monde n’est indexée sur l’or. Les devises sont donc de l’argent virtuel. »
          YES. Le plus souvent. il reste encore des billets tout de même, je signale. Mais la carte de crédit est l’outil qui sert pour beaucoup de transactions financières. L’argent sort d’une poche virtuelle pour entrer dans une autre. 

          « imaginons que tous les pays de la planète, même les USA, décident brusquement de se débarrasser simultanément de ces comptes virtuels qui plombent l’existence de la plupart de leurs citoyens, et qu’ils décident de rayer, d’annuler d’un clic de souris, leur dette nationale. »

          Ce n’est pas la planète mais certains pays comme l’Argentine l’ont fait. Je ne vais pas vous expliquer ici qu’elle en ont été les conséquences. C’est ici.



        • Romain Desbois 4 octobre 2012 20:13

          la carte bleue et .... le chèque !!!


        • L'enfoiré L’enfoiré 4 octobre 2012 20:25

          Non, Romain, même pas le chèque.
          En Belgique le chèque a disparu. Trop peu sécurisé. Trop de chèque sans provisions.
          Mais je sais qu’en France on est encore conservateur de ce côté.

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