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Accueil du site > Actualités > Société > Pour un nouveau modèle socio-économique : le plurialisme

Pour un nouveau modèle socio-économique : le plurialisme

Le socialisme a échoué en 1989.

 

Le libéral-capitalisme est en train d’échouer à son tour.

Ces systèmes manichéens, cherchant à tout résumer en une idée majeure trahie dans le même temps qu’elle est affichée, qui ont cherché à mener le monde, nous conduisent à la faillite, la perte, l’effondrement.

Même si les Etats-Unis réussissent leur sauvetage ultime, il est clair que le modèle néolibéral du marché agissant pour le bien de tous n’a plus de sens. La collectivité est priée de renflouer les manquements de l’oligarchie ploutocratique.

Il ne s’agit ni de crier victoire ni de s’effondrer en larmes. Les choses sont telles qu’elles sont. Le réel est toujours plus vrai que les théories explicatives.

Il faut comprendre les mécanismes en jeu afin de construire une autre alternative évitant les écueils du passé, tout en sachant que de nouveaux surgiront inévitablement.

Quelle peut être cette alternative ?

Tout d’abord essayons de ne pas trancher de suite, de laisser au temps sa capacité à remettre du chaos dans l’ordre, de l’ordre dans le chaos, de l’étrange dans le quotidien.

Il y faut de la patience et de la ténacité, de l’imagination et de la persuasion, du doute et de l’audace.

Quelques pistes se présentent :

  • On peut très bien concevoir un modèle libéral non capitaliste : des entités non capitalistes (coopératives, entreprises d’État, ou régionales, ou municipales) peuvent être mises en concurrence, d’une façon a posteriori par la mise sur le marché, ou a priori par vote des citoyens sur les divers produits fabriqués, par exemple.
  • De même, l’inverse est possible, c’est le modèle du capitalisme monopoliste d’État, par exemple, de certaines entreprises françaises des années 70.
  • De même, on peut concevoir une société hybride, avec des domaines capitalistes classiques pour le secteur marchand, des domaines coopératifs, ou associatifs, pour des secteurs non marchands ou d’échange.
  • Un service public n’est pas forcément privé ou étatique. Il peut être géré démocratiquement par des élus, des citoyens usagers, ou toute autre forme d’organisation.
  • Le secteur marchand peut fonctionner sans cotation boursière, avec des prêts consentis par des banques, garantis par l’État à la place de l’investissement capitaliste. L’avantage étant que, le prêt remboursé, le prêteur n’agit plus sur la gestion de l’entreprise.
  • Comme cela a déjà été tenté, des organisations peuvent être autogérées, sans que cela ne devienne obligatoire.
  • La croissance peut être d’un autre niveau, et se situer sur un plan plus intérieur à l’homme, moins consommateur d’énergie. On peut se passer du délire consumériste actuel sans que la qualité réelle de vie ne soit diminuée au contraire :
    • Développer des produits plus sains par l’agriculture locale, la préférence aux produits frais vis-à-vis des produits transformés, diminuer la part de viande dans la nourriture quotidienne, par exemple.
    • Accepter le ralentissement des déplacements, en faisant l’inverse de ce qui est programmé pour nous : travailler moins pour vivre plus lentement, de façon plus économe en énergie.
    • Etendre le prêt lorsque cela est possible (comme extension de bibliothèques), par exemple pour les meubles.
    • Créer des systèmes gratuits d’échange d’appartement.
  • Des ensembles de la société peuvent fonctionner et échanger hors du système bancaire, il existe déjà des débuts d’un tel fonctionnement via les SEL (Système d’échanges locaux).
  • Etc.

=> Au fond, dans un modèle plurialiste, différents types d’organisation devraient pouvoir cohabiter dans une structure globale plus complexe, avec des parties capitalistes et d’autres non capitalistes, chacune fonctionnant au mieux dans une mégastructure qui l’englobe : il est impossible qu’un hôpital soit géré comme une usine d’automobiles, par exemple. Ce sont ces différentes organisations qui créeront un apport de souplesse, faisant en sorte à la fois de respecter les individus, leur sens de socialisation (certains aimant la compétition, d’autres non), et orientée de façon à préserver l’avenir, y compris comme potentialité diverse. Une sorte de socio, ou d’écodiversité (l’éco nomie rejoignant peut-être l’éco logie) pourrait ainsi voir le jour, avec, comme dans le cadre de la démocratie, certes des conflits, mais régulés, policés, atténués par l’acceptation que l’autre peut avoir des choix différents sans que cela n’interfère avec les siens propres.

La force du capitalisme, par rapport au socialisme, a été que d’une part il poussait les acteurs économiques à créer de la croissance (le capitaliste qui investit et le salarié qui travaille), ce qui tendait à une amélioration généralisée de la richesse globale ; d’autre part sa souplesse lui permettait de se séparer des branches économiques non viables sans que tout s’écroule (les faillites). La conséquence était la pauvreté générale des travailleurs, moteurs de croissance, mais non bénéficiaires de celle-ci, et le délaissement social lors desdites faillites.

Ce système s’est actuellement fourvoyé dans des constructions financières de type pyramidal, oubliant le moteur fondamental qui a été le sien, la création de survaleur par la création de biens (matériels ou immatériels). À l’échelle de la planète, il est à craindre que la crise soit majeure et qu’il faille trouver ailleurs des réponses à la suite de l’aventure humaine : crainte et espoir dans le même instant.

Un modèle de plurialisme, au niveau économique, devrait tout à la fois conserver la souplesse du capitalisme, au moins en partie, et la relative sécurité économique que semblait procurer le socialisme. Le corollaire de cela est la création de limites, tant à la pauvreté, afin que chacun puisse vivre au moins a minima, et à la richesse, afin qu’un petit groupe d’individus ne puisse s’accaparer les richesses d’une nation, voire de la planète.

Au niveau philosophique, il s’agit d’essayer de trouver un moyen terme entre deux hybris (liberté sans égalité ou égalité sans liberté, les deux ayant oublié la fraternité), chercher la médiété aristotélicienne, un système d’équilibre entre les besoins contradictoires de chacun et l’intérêt de tous à ce que l’humanité perdure sur l’espace, non infini, qu’elle occupe.

Cela me semble être une quête souhaitable, où les idées contradictoires doivent se confronter sans s’affronter, où les ego hypertrophiés doivent pouvoir faire place aux réflexions, tant il est vrai que réfléchir les idées d’autrui permet d’enrichir sa qualité d’être, à défaut d’enrichir sa part d’avoir.


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6 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 25 septembre 2008 11:04

    Pourquoi faudrait-il remettre en cause tout le système ? Il est bon à 90% et il faut surtout corriger les excès.

    Le premier excès est la dérégulation à outrance qui a permis aux USA toutes les dérives actuelles sur les marchés financiers. Lehman Brother s’est mis à spéculer avec des fonds empruntés et un effet de levier supérieur à 30. Pendant les 125 années précédentes elle s’était contentée de vivre trés bien en jouant son rôle d’intermédiaire financier. Auparavant, cette même dérégulation a détruit toutes les compagnies aériennes américaines. Est-ce que les américains ont un meilleur service aérien maintenant que Pan-Am, TWA, Braniff, Delta Airlines, United Airlines et j’en oublie ont définitivement disparues ou sont sous le couvert du Chapitre 11 ? Est-ce que les suisses se portent mieux aprés la faillite de SwissAir ? Je ne le crois pas.

    Le deuxième excès est la suppression des frontières. La libre circulation des biens et des personnes ont conduit en trés peu de temps l’économie américaine à sa perte et la notre aussi, sans parler des dégâts sociaux dûs à l’immigration. Les délocalisations sont la conséquence directe des lois votées par les députés. 

    Ces deux excès n’ont rien d’inéluctable et ne sont que le résultat d’un choix politique délibéré.

    On doit se ressaisir et mettre au pouvoir des représentants qui pensent que la nation est encore le meilleur périmètre de défense de nos intérêts. Les mondialistes ont prouvé leur nocivité en cassant un système qui n’était peut-être pas parfait mais en tout cas suffisamment bon pour attirer des millions de personnes.


    • Francis Francis 25 septembre 2008 13:01

      mmh, il me semble bien imprudent de qualifier de "bon à 90 %" un système qui maintient (à dessein) dans la pauvreté une vaste majorité d’habitants de la planète.

      Quand aux dégats de l’immigration, vous me faites tout simplement marrer, allez faire un tour dans des secteurs comme la restauration ou la construction, et vous verrez que nous ne pouvons tout simplement PAS nous passer d’immigration (et je ne parle même pas des effets du vieillissement de la population).


    • foufouille foufouille 25 septembre 2008 16:54

      90% des francais vivent avec moins de 2600 euros
      super le systeme
      il en fait quoi des pauvres internaute ?
      il en met 10 millions ds des camps ou il les delocalisent pour faire des golfs ?


    • sisyphe sisyphe 26 septembre 2008 08:30

      par Internaute (IP:xxx.x01.210.245) le 25 septembre 2008 à 11H04 				
      				

      								
      				
      					Pourquoi faudrait-il remettre en cause tout le système ? Il est bon à 90% et il faut surtout corriger les excès.

      On doit se ressaisir et mettre au pouvoir des représentants qui pensent que la nation est encore le meilleur périmètre de défense de nos intérêts.

      Outre que ces deux propositions sont totalement antinomiques, on sent très bien poindre derrière les relents nauséeux d’un nationalisme raciste et rétrograde. 
      Back to the future...
      Le Pen président ? 
      Je crois que c’est un peu tard....
       smiley


    • jeanclaude 25 septembre 2008 14:35

      Utopie politique concrète, utile pour brasser des idées, mais dont on ne voit pas comment elle pourrait se traduire dans le concret. Jusqu’à présent, l’organisation économique du monde a été le fait d’un évolutionnisme, avec une part importante des sociétés, puis des royaumes, puis des nations dominantes. Les essais de créations à partir d’un concept intellectuel, en rupture avec l’existant, n’ont pas réussi à s’imposer.

      Je cite, sans être complet : les jésuites avec les autochtones en Amérique du sud, après la conquête européenne, les ateliers publics à la révolution française, les phalanstères de Fourrier, les économies dirigées des états communistes.

      Qui détient le noeud du problème ? Jusqu’à nouvel ordre, les citoyens américains. Ou ils continuent à continuer l’existant, en l’amendant par une meilleure régulation ; ou une génération débarrassée du rève américain osera aller plus loin dans la remise en cause. Et forte du leader ship, arrivera à l’exporter.

      Dans l’immédiat, l’union européenne pourrait aussi devenir plus attentive aux excès du libéralisle et s’engager dans l’europe sociale.

      Quant au degré d’ouverture des économies nationales sur le régional et le mondial, je crains qu’il y ait là aussi beaucoup d’espoir utopiste. Jusqu’où ceux qui bénéficient de la mondialisation accepteront-ils d’infléchir leur position ? Surtout ceux qui ont une revanche à prendre sur l’occident, où souvent c’est une ploutocratie qui est au gouvernement comme aux affaires.

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