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Accueil du site > Actualités > Société > Pourquoi l’aversion d’une majorité, dans l’opinion, pour (...)

Pourquoi l’aversion d’une majorité, dans l’opinion, pour le mot ’libéral’ ?

L’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais !) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot », en insulte, en repoussoir. C’est aussi l’un des signes les plus inquiétants sur l’état des esprits dans nos démocraties en crise.

Je dis « crise », oui. Une crise économique et sociale, c’est évident. Une crise médiatique et politique : c’est un truisme de le dire. Une crise identitaire : c’est flagrant. Une crise de la pensée, surtout. Une crise qui naît de cette « défaite de la pensée » que Finkielkraut dénonçait voilà près de vingt ans. Une crise qui se traduit bien sûr dans le vocabulaire. Par des détournements sémantiques.

Le mot libéral notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne, comme ses dérivés, libéralisation et libéralisme.

Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses... Il n’est pas « honteux » de s’afficher « libéral » en Belgique, en Allemagne, en Italie. On connaît l’importance du Parti libéral au Canada... Au Parlement européen, il existe un groupe « libéral ». En France, l’étiquette politique « libéral » ne fait pas recette, sans doute pour des raisons historiques. Le mot a été caricaturé, ou détourné, à la fois par ceux qui s’en sont réclamé et par ceux qui l’ont diabolisé.

Piégés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard.

Les difficultés sont aggravées aussi par la confusion des genres : on confond trop volontiers libéralisme politique, libéralisme moral et libéralisme économique. Les trois expressions ont des racines communes, mais elles ne sont pas synonymes. Qui plus est, en France surtout, on leur donne souvent des significations qu’elles n’ont pas.

Le libéralisme moral se fonde sur les vertus de la tolérance : ce qui ne veut pas dire qu’il se traduise par un laxisme sans borne. La tolérance suppose les limites du tolérable. Le fais ce que voudras de l’abbaye de Thélème du bon Rabelais s’arrête au respect de la liberté des autres. L’Homme est un animal social. En cela, le libéralisme n’est pas l’individualisme. « L’humain est un être qui n’est pas a priori indépendant ; il est un être social, intégré dans cette société, et c’est ce caractère social qui est le moteur naturel de l’interaction humaine et de la coopération volontaire. », comme l’écrit Hayek dans Vrai et faux individualisme. Le libéralisme est un humanisme, voire un personnalisme.

Le libéralisme politique n’est pas non plus la loi de la jungle et du plus fort. Avec dépérissement de l’Etat ? John RAWL, par exemple, n’est pas assez lu. Il n’y a pas de libéralisme politique sans droit et sans état de droit. Car c’est le droit qui donne du sens aux valeurs qui fondent le « vivre ensemble ». Or, qui dit droit dit structures, et procédures d’arbitrage, et moyens de les imposer.

Le libéralisme économique est plus difficile à définir, puisqu’il a inspiré des doctrines différentes. Entre sa version classique, qui s’est constituée en théorie aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’influence des philosophes des Lumières, principalement britanniques (John Locke, David Hume, Adam Smith) et français (Turgot, Condillac, Montesquieu), et sa version dite de l’école de Chicago, de Milton Friedman, en passant par l’utilitarisme de Bentham ou par les adeptes du « darwinisme social », qui déformaient déjà, à leur manière, le mot libéral.

Par paresse, on réduit le libéralisme économique aux convictions de l’Ecossais Adam Smith qui, en 1776, dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, voulait que tout se passât comme si une « main invisible » organisait les échanges et harmonisait les intérêts individuels et collectifs, ou aux idées de David Ricardo qui, dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt, (1817), avancera sa célèbre théorie du libre-échange mutuellement avantageux (théorie des avantages comparatifs) pour tous les pays participant au commerce international.

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Mais on oublie une chose essentielle : les règles d’or du libre marché définies par les pères du libéralisme ne se réduisent pas à la suppression des entraves en tous genres. Le « laisser-faire laisser-passer » n’est pas laisser faire et passer n’importe quoi n’importe comment. Ces règles d’or sont de vraies règles du jeu : transparence du marché, bonne information des acteurs, égalité des chances, obligation du meilleur rapport qualité-prix, absence de situation dominante donc monopolistique.

Plus précisément, en termes plus théoriques, ces règles du jeu prennent soin de garantir :


L’atomicité des agents : aucun d’entre eux n’est assez important pour influencer le marché par son seul comportement. Ceci suppose non seulement un nombre élevé d’offreurs ou de demandeurs, mais surtout l’absence, parmi eux, d’un « gros » agent capable d’agir sur le marché

La rationalité des agents : chacun d’entre eux est caractérisé par une « fonction de satisfaction » qui exprime sa satisfaction en fonction des quantités de chaque bien qu’il possède, et son comportement consiste à chercher à maximiser cette fonction

L’homogénéité du produit : seul le prix permet de distinguer les produits qui ont tous des caractéristiques identiques

La transparence du marché : tous les prix sont connus de tous, ainsi que toutes les quantités disponibles : l’information est supposée parfaite

La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose

La mobilité des facteurs : en fonction du prix qui rémunère chaque facteur, les agents peuvent réorienter leurs capitaux ou leur travail vers les secteurs ou les activités les plus rémunérateurs.

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Cela n’entraîne évidemment pas la suppression de l’Etat, de pouvoirs d’arbitrages, de forces de stimulation. La dénonciation de l’étatisme n’est pas la négation de l’Etat. Dans notre pays centralisé, caractérisé par un « césaro-républicanisme », comme le dit Legendre, les vieux débats sur « moins d’Etat ou plus d’Etat » devraient depuis longtemps être dépassés par une question : comment faire un « mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani.

Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » : libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...

Le premier congrès de la « Gauche européenne », qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athènes », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces détournements de sens, ce kidnapping des réalités, et les fuites qu’ils trahissent...

Ce qui est nommé politiques néo-libérales et néo-libéralisme désigne en fait l’ hyper-capitalisme, ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les traditions socialistes, humanistes, personnalistes, qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.

Nous ne le disons pas assez ; Les États-Unis, par exemple, ne sont pas une puissance libérale, mais un empire capitaliste. Les néo-conservateurs de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des libéraux mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes : la Chine l’illustre trop bien.

L’autre confusion bien entretenue en France vient du fait qu’on considère le mot libéral comme un synonyme de conservateur. Pourtant, même Hayek, penseur libéral, traçait radicalement la différence entre les libéraux et les conservateurs : le libéral ne croit pas aux solutions collectivistes, totalitaires, pas plus de « droite » que de « gauche ». « Le libéral n’impose tout simplement pas ses valeurs aux autres ».

Dans cette perspective, l’hyper-capitalisme qui accroît les inégalités et voit la finance devenir une fin en sois et non un moyen, cet « économisme », comme le dit Jean-Claude GUILLEBAUD, qui fait que l’Homme lui-même est « marchandisé », est anti-libéral. La société actuelle « d’individualisme possessif de masse » n’est pas libérale.

Il est temps de réapprendre que le mot libéral se rapporte à la liberté et aux libertés.

Liberté : un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer. Que l’on se situe à droite, à gauche ou au centre.

Si « J’écris ton nom : LIBERTÉ », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « libéral » ou « libéralisme » ? Si les mots sont piégés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...

Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la liberté et des libertés, de droite et de gauche.

L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.

Que la géo-finance internationale et cette « économie casino », favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, portent atteinte à ces mariages de la liberté et de la solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’est une évidence.

Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que l’Homme doit rester -ou être mis- au centre de toute activité, c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au coeur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.

Mais la diabolisation du mot libéral et la mode de l’anti-libéralisme trahissent en fait des peurs et des refus. J’en retiens trois, qui sont souvent tus :

1) Une peur de la LIBERTE, associée à la RESPONSABILITE. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.

2) Une peur de l’économie de marché, une méfiance devant cette économie de marché qui, dans une partie de l’opinion (de récents sondages le confirment), est plus subie qu’applaudie, qu’on accepte avec résignation plus qu’avec conviction.

3) Pire, peut-être, la caricature du mot libéral, en France plus qu’ailleurs, traduit un refus de la démocratie pluraliste. Le philosophe Pierre Legendre a raison de souligner que nous n’avons pas assez approfondi la question de « ceux qui démocratiquement renoncent à la démocratie ». Comme il a raison de dire qu’Hitler a été vaincu par les armes, et non par les arguments. Comme ont raison ceux qui, tel Alain Besançon, soulignent que les mirages des fausses démocraties, dites, faussement, populaires, restent dans bien des têtes qui se rassurent à peu de frais en estimant que le communisme d’Etat né du stalino-impérialisme soviétique n’est qu’un détournement d’idéal. Il suffit de voir, cette semaine, la levée de boucliers déclenchée par l’initiative du Conseil de l’Europe, qui veut enfin condamner les crimes commis au nom du communisme.

Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du mot liberté, sont en fait le reflet d’un détournement du regard : ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités, et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot libéral.

Je finirai en citant John Kenneth Galbraith, économiste, auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004. « La philosophie libérale est profondément humaniste et optimiste, elle croit au potentiel de l’individu et aux bienfaits de la conjonction des actions humaines [...] Le libéralisme est l’antithèse de l’impérialisme, c’est l’humilité de se dire qu’on n’est pas parfait, et qu’on n’a pas à imposer ses valeurs, même celles qui ont trait à la démocratie, aux autres [...] La philosophie libérale est aussi essentiellement créatrice, axée vers l’avenir. » Autant dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, si tant est que ces distinctions aient encore un sens aujourd’hui, alors que les vraies frontières séparent aujourd’hui ceux qui ont confiance en l’Homme et ceux qui fondent leur comportement sur la méfiance, ceux qui ont un esprit d’ouverture et ceux qui un esprit de fermeture, ceux qui pensent que l’Homme est authentiquement une personne, avec tout ce que cela implique. Mais nous entrons là dans un autre débat.

Daniel RIOT
janvier 2006

Extrait d’une conférence donnée dans

les Tribunes et Débats de L’UNGE

Péchine Alysé, Paris (12e)


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41 réactions à cet article    


  • Sylvain Reboul (---.---.188.80) 26 janvier 2006 12:33

    Excellent article auquel il conviendrait d’ajouter une remémoration de ce qu’est et a été l’anti-libéralisme, toutes variantes de droite ou de gauche confondues, et les catastrophes ou désastres dont il a été responsable.

    Si le liberté ne se réduit pas aux libertés économiques, le libéralisme ne se réduit pas au pseudo-libéralisme despotique sauvage du capital financier, sans responsabilité quant aux libertés d’autrui et à l’avenir de l’humanité.

    Est libérale toute position qui affirme que les libertés sont universelles ou ne sont pas et donc que la liberté a nécessairement des règles pour en assurer la garantie à tous.

    PS : On ne peut réduire la position d’A. Smith à la caricature présentée par certains épigones à l’inculture justement dénoncée par M .Rocard qui n’ont retenu que ce qui convenait à leur tentation despotique que l’on peut résumer par l’adage repris par Marx de « la liberté de renard libre dans le poulailler libre »

    Les origines philosophiques de la pensée libérale


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 12:15

      Merci pour votre commentaire et pour le lien que vous faites avec votre site,le « rasoir philosophique » sur lequel je viens de m’attarder. Belle richesse. Belle intelligence dans les analyses. je suis évidemment tout à fait d’accord avec vous sur les indispensables clarifications à (re)faire entre capitalisme et libéralisme, entre libéralisation et dérèglementation.La confusion dans le vocabulaire trahit la confusion dans les pensées. Cordialement


    • Thucydide Thucydide 26 janvier 2006 12:48

      Je vous rejoins en grande partie sur cette analyse, mais pour être objectif, il faudrait admettre qu’il y a eu de nombreuses raisons depuis une vingtaine d’années (dans les années 80, le mot n’était pas encore un épouvantail) pour détourner la perception qui est faite du libéralisme. De même que le communisme, un concept à l’origine généreux, est devenu l’abomination qu’on sait, et que certains réfuteront qu’il s’agisse de vrai communisme.

      En conséquence, il convient d’admettre que ce qui est perçu aujourd’hui comme libéralisme est en décalage avec l’idée de base, comme vous le soulignez, mais ce n’est pas uniquement la faute à ceux qui diabolisent ce terme. Au niveau mondial (et non celui de Bruxelles, comme vous le précisez bien), la vision du libéralisme qui tend à écraser les autres est bien plus celle d’un capitalisme sauvage et, surtout, d’une dérégulation presque totale. C’est cette dérégulation qui est le nœud du problème, car le libéralisme a besoin d’un cadre souple mais bien délimité.

      Et pour en revenir à la gauche, il est vrai que c’est une spécificité bien française qu’elle n’admette pas que le libéralisme soit le système qui fonctionne le mieux, à condition d’en définir les règles adéquates. Ces règles varieront d’un parti à l’autre, d’une tendance à l’autre, c’est le fondement d’une alternance saine et propice aux évolutions et non aux conservatismes. Mais le principe, le moteur, reste le même. C’est le cas pour presque toutes les gauches de gouvernement dans le monde, sauf la nôtre. Ou, plus exactement, la nôtre, lorsqu’elle est au pouvoir, adopte ce principe contrainte et forcée, ce qui la pousse à cacher les problèmes sous les cataplasmes et à pratiquer une pédagogie complètement inversée par rapport à ses actes -eux-mêmes inachevés et insuffisants parce qu’effectués à contrecoeur. Ce qui est non seulement anormal, mais finit par obliger la droite, dans la même ligne de conduite démagogique, à se livrer aux mêmes contorsions néfastes à la prise de conscience nécessaire qui doit impérativement se produire dans ce pays. Et ce qui est le plus à craindre, c’est que faute d’avoir admis un libéralisme « dompté », nous risquons de tomber, contraints et forcés, très prochainement dans le libéralisme de dérégulation que nous fuyons tous.


      • (---.---.103.51) 27 janvier 2006 11:54

        A Thucydide. D’accord avec la première partie de votre commentaire. Mais sur la seconde partie, non. De quelle gauche parlez-vous ? L’extrème-gauche et le PC rejettent le libéralisme « économique » avant tout. Dans leurs rangs, on trouve de nombreux sympathisants et, souvent militants, des mouvements de défense des minorités (immigrés, homosexuelles, féministes, sans logements, chomeurs,écologistes, etc...) et des mouvements de défense des droits du citoyen et de l’Homme en général. Dans ces organisations, il y a bien un libéralisme « philosophique », à l’oeuvre et l’extrème gauche y est présente (même si elle n’est pas la seule : des gens du PS y sont, mais aussi des personnes à forte ou moyenne conviction religieuse, des « plutôt du centre » de l’échiquier politique et des « plus sensibles » à droite. Mais il serait intéressant de voir dans quelle proportion ceux qui se disent « libéraux de droite » sont présents dans ces mouvements de lutte pour une plus grande liberté de TOUS. La plupart de ceux qui se revendiquent « libéral », pensent avant tout à l’économie . Par ailleurs, où avez-vous vu que notre gauche de « gouvernement » le PS en gros ; rejettait le libéralisme « économique » ? Je vous rappelle que la « gauche » du PS apparait encore minoritaire au sein de ce parti. Le PS à partir de 1983, n’a fait que mener une politique économique « libérale » ; non « ultra-libérale » ; mais bien dans la droite ligne des politiques social-libérales telle qu’elles ont été menées dans de nombreux pays ! Par ailleurs les grands ténors du PS ont tenu d’assez nombreux propos dans de nombreux journaux ne laissant aucun doûte quant à leurs acceptations totales et lucides des dogmes du libéralisme en général et du libéralisme économique surtout ! Il n’y a que pendant quelques campagnes électorales que certains veulent nuancer leurs discours, mais cela ne trompe personne quant à leurs « penchants ». Ce n’est que depuis quelques années, que les gauches européennes « de gouvernement » ont accentué leurs politiques économiques dans le sens d’une dérégulation toujours plus grande, les faisant pencher souvent et irrémédiablement vers l’ultra-capitalisme, que vous dénoncez . Bien sûr, on trouvera dans leurs politiques quelques avancées sociales pour certaines catégories. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt ! Souvent il s’agit de mettre la société en ordre pour, premièrement,rendre invisibles les aspects les plus négatifs des économies, comme le chômage, quitte à grossir les rangs des travailleurs pauvres et à faire sortir le maximum de personnes des statistiques . Rendre invisible n’est pas « faire disparaître » ! Deuxièmement,le deuxième objectif consiste à « comprimer » les économies nationales, pour les faire tenir dans un cadre économique européen, pour respecter des critères pré-définis. Donc, on peut dire que les politiques économiques menées par ces gouvernements dits de gauche, nous révelent que ce libéralisme plutôt que d’être dompté, maitrisé, est au contraire de plus en plus sauvage, de plus en plus exigeant, et qu’il a pris le dessus, qu’il a DOMPTE le monde politique qui fait gouverne mais ne décide plus ! Mais si l’économie triomphe et a mis le Politique à la porte, celui-ci pourrait bien rentrer par la fenêtre ! Mais dans quelle prédisposition ? L’inquiètude est là.


      • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 12:20

        Un « libéralisme de dérégulation » est la négation du libéralisme.Celui-ci n’est en rien le dépérissement de l’etat, la suppression des règles, la fin des instances de contrôles et d’arbitrage, la négation et l’abdication du politique devant l’économique.


      • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 12:34

        IL EST CLAIR QUE FEODALISME ET LIBERALISME SONT ANTAGONISTES.


      • Thucydide (---.---.103.205) 28 janvier 2006 14:12

        A ?? (perte de session, je suppose)... Merci pour vos commentaires, que je ne lis que tardivement. Je voudrais juste préciser ce qui suit : en parlant de gauche, c’est vrai que je n’ai pensé qu’à la gauche modérée. Que les autres me pardonnent, mais je ne les considère pas comme des partis de gouvernement, du moins pas avec un tel discours. Quant au PS, en effet, ils se sont convertis à l’économie de marché, et prennent tantôt certaines mesures qui relèvent d’un libéralisme... disons « poussé » , d’autres non. C’est l’ambiguïté que je souligne chez eux, qui les pousse souvent à ne pas aller au fond des choses (en matière de réformes difficiles à faire accepter), d’autant qu’à quelques exceptions près, très peu « assument » cette conversion au libéralisme. Et donc, lénifient leurs électeurs de fausses promesses. L’expert ès écran de fumée est Fabius, dans la droite ligne de son mentor. Alors que dans le fond, c’est (ce serait) quelqu’un de pragmatique. Mais la politique, de nos jours, c’est comme le marketing : il faut occuper une niche, un créneau, et peu importe le contenu.


      • dmx (---.---.8.124) 26 janvier 2006 12:56

        Ce n’est pas le mot qui a été dénaturé en premier mais le mouvemement. Il a été infesté par des capitalistes qui exploitent le principe de la dérèglementation pour casser les Etats et en profitent pour s’enrichir sur le dos des peuples.

        Quand ils parlent de liberté, ils pensent à leur propre liberté d’action. Or les hommes ne peuvent être libres que si des règles communes régissent leurs interactions. Si c’est la loi du plus fort/riche.

        Les Corpocrates veulent reféodaliser le monde parce qu’ils ne font plus partie du même monde que les autres hommes. Ils voyagent en classe « Elite ».


        • Céline (---.---.226.27) 26 janvier 2006 13:15

          Vous avez raison sur beaucoup de point surtout lorsque l’on sait que le libéralisme a été un courant de pensée sous la Révolution à l’encontre de la "monarchie absolue de droit divin. C’était la liberté politique et la liberté d’expression Mais les fondamendalistes du capital se l’ont approprié et dévoyé. Maintenant le libéralisme c’est eux, la liberté d’expression c’est eux en faisant abstraction à la liberté d’autrui L’adage :« ma liberté finie ou commence celle de l’autre » n’a plus cours chez eux Exemple : croyez vous que le contrat nouvelle embauche est une liberté et pour qui ? La liberté est formidable lorsqu’elle est vraiment mis en pratique dans le respect de tout le monde et non pas pour simplement une minorité Céline


          • Sylvio (---.---.161.167) 26 janvier 2006 13:27

            La dérèglementation de l’économie est injustement appellé libéralisme hors ce n’est qu’un certain libéralisme sociaux-économique qui prêne que tout doit être déreglementer pour que les dirigeant ou les actionnaires (indirectement) puissent tous faire (déreglementation économique) sans respecter aucune loi sociale, ethique, environnementale et donc au détriment des populations, de la morale et de la planète. Ce libéralisme est aussi appellé Ultra-libéralisme.

            Elle a été créer par les USA pour être instaurer au niveau mondiale pour que les multinationales américaines puissent profiter sans reglementation mondiale ou nationale de la main d’oeuvre et des ressources de l’ensemble des pays du monde.

            On voit bien ce que ça donne aujourd’hui au niveau disdisparités sociaux-économique tant entre les nations qu’entre les classes sociales (dans tous les pays).


            • quidam (---.---.157.211) 26 janvier 2006 18:10

              Quand on est pas d’accord, il y a toujours un petit malin pour nous expliquer que c’est parce qu’on a pas compris... c’est fatigant.


              • Marc (---.---.141.142) 27 janvier 2006 07:47

                L’idéal de liberté suppose que l’expression soit libre. Dans les régimes socialistes il n’y avait pas de « petit malin ».


              • (---.---.102.65) 26 janvier 2006 18:11

                Ce que critique les gens, ce n’est pas tant le libéralisme, que le NEO-LIBERALISME ambiant, qui est une sorte de liberalisme dévoyé.

                C’est comme de comparer l’idée du Communisme, qui est une belle idée au départ, et la pauvre expression qui en a été appliquée en URSS.


                • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 12:45

                  Neo, ou ultra libéralisme ? C’est du néo- ou de l’ultra-capitalisme. Ce sont précisément ces expressions que je conteste.Parce qu’elles dénature le mot libéral.Parce qu’est libéral celui qui s’oppose à tous les impérialismes, les totalitarismes, les dogmatismes.Dans le désirdre mondial actuel dominé par la géo-finance et l’économie-casino,la loi du plus fort parce que du plus riche n’a rien de « libérale ».Sortons du piège des mots pour renouer avec une pensée éclairée.Qui replace l’Homme au coeur de toute action.Qui permette de lutter contre les effets déshumanisants de l’économisme ambiant.Qui redonne AU politique sa place essentielle.Les « liberals » américains le savent bien.Les libéraux belges aussi.Par exemple..


                • neuromancer (---.---.44.5) 26 janvier 2006 18:59

                  Le communisme, une belle idée au départ ? Je ne vois pas en quoi la création d’une société uniformisée constitue un objectif à atteindre. Vouloir rendre tous les hommes égaux de fait, c’est basculer immédiatement dans une idéologie totalitaire. Car, c’est une vérité qui fait mal, mais : la différence crée nécessairement de l’inégalité.

                  D’autre part, le communisme explique que, s’il le faut, on passera par une phase de dictature du prolétariat ; la dictature, une belle idée ? Et puis je rappelle que partout où on a tenté d’établir le communisme, il a immanquablement viré au mieux, à la dictature, au pire, au totalitarisme. J’aimerais que l’on m’explique comment, une belle idée à la base vire à chaque fois qu’on l’applique, à un régime oppressif.


                  • Philippe (---.---.93.175) 26 janvier 2006 19:57

                    parce que comme tu le dis, elle n’est pas belle. tout nivellement se fait forcément par le bas.


                    • Philippe (---.---.93.175) 26 janvier 2006 20:01

                      La dérégulation est économiquement efficace, car elle oblige les acteurs à s’adapter rapidement aux conditions environnantes, quitte à augmenter leur stress. Personne n’a dit qu’elle était confortable...


                    • dmx (---.---.5.80) 27 janvier 2006 00:43

                      Le fait que la dérégulation soit efficace est discutable. La dérégulation favorise l’externalisation des coûts sur l’ensemble de la société : coûts sociaux, coûts environnementaux. Alors oui elle est efficace pour les bénéfices des corpocrates. Mais la société en bénéficie-t-elle dans son ensemble, c’est une autre question.

                      La dérégulation, c’est un transfert de richesses des classes moyennes et défavorisées vers les riches et les ultra-riches. Quand à ces derniers, leur est-elle vraiment si inconfortable en terme de précarité ? Je n’en suis pas sûr non plus.


                    • un économiste (---.---.145.93) 27 janvier 2006 09:44

                      Je me permets d’écrire ce message afin de nuancer les propos relatifs aux « règles du jeu » du marché dans la pensée économique. L’appel à ces règles du jeu m’apparaît être d’un faible secours pour soutenir la philosophie libérale.

                      En premier lieu, il convient de préciser que les cinq hypothèses de la concurrence pure et parfaite ne sont pas principes normatifs mais des hypothèses que les économistes ont fait afin de représenter une situation de marché pur. Toutes ces hypothèses ont été relâchées à un moment ou un autre dans l’histoire de la pensée économique. L’hypothèse de rationalité parfaite des individus a été relâchée et a par exemple abouti aux concepts de rationalité limitée, rationalité adaptative, rationalité inter-générationnelle, etc. De même, l’hypothèse de gratuité de l’information a été l’objet d’une vaste littérature qui introduit des situations d’asymétrie d’information.

                      Ensuite, la situation de concurrence pure et parfaite telle qu’elle est postulée aboutit selon les modèles de Arrow ou Debreu à une situation optimale au sens de Pareto. L’optimum de Pareto est une situation théorique relativement optimale pour un économiste qui est peut apparaître peu satisfaisante pour tout penseur en sciences sociales. Elle signifie qu’il n’est pas possible d’améliorer la satisfaction d’un individu sans dégrader la satisfaction d’un autre individu. En particulier, cette situation ne dit rien sur la distribution des revenus. Une situation complètement inégalitaire (un individu possède tout, les autres rien) peut être une situation paréto-optimale !

                      Enfin, il est également possible de montrer que le marché pur et parfait n’est pas le seul moyen d’obtenir une situation paréto-optimale et un Etat omniscient, non-couteux pourrait également atteindre cette situation d’efficacité théorique.

                      En somme, il m’apparaissait nécessaire de rappeler que le concept de concurrence pur et parfaite peut difficilement justifier la philosophie d’inspiration libérale. Ce concept est une représentation simplifiée de la réalité, un modèle n’ayant pas a priori de prétentions normatives. Des modèles économiques ont par ailleurs mis en évidence des situations où le marché était défaillant, situations dans lesquelles la concurrence pure et parfaite n’aboutissait pas à une situation paréto-optimale. La subtilité de la science économique est d’avoir cependant noter les défaillances de l’Etat lorsque celui-ci intervient pour palier les défaillances du marché.


                      • Sylvio (---.---.34.158) 27 janvier 2006 18:27

                        La « concurrence pure et parfaite » : la concurrence de 2 entreprises sur le même marché, dans le même contexte, avec la même fiscalité, les mêmes ressources, les mêmes avantages fiscaux, le même nombre d’employé, etc. Bref en gros c’est tellement subjectif que ça ne veut rien dire : quel facteur inclure pour considéré la concurrence. Ex : comment une entreprise de textile française peut être en concurrence parfaite avec un entreprise chinoise qui a la même fiscalité, le même nombre d’employé, etc... Ce n’est pas « parfait » car les ressources humains sont beaucoup moins « couteuses » en Chine.

                        De plus, avec l’ultra-libéralisme, aujourd’hui la concurrence est au niveau des « hommes », on délocalise, car les travailleurs chinois sont de meilleurs concurrents, le prix de leur main d’oeuvre est moins cher. Au lieu d’avancé ensemble pour faire avancer la civilisation, les hommes en reviennent à la loi du plus fort pour écraser son concurrent.

                        Ce modèle est voué à l’échec. Le libéralisme dont on parle qui est de l’ultra libéralisme « économique » ne vaut pas mieux que le communisme, ce sont dans les 2 cas des extremismes de la politiques sociaux-économiques. D’un coté tout le monde a le même salaire et travail ensemble pour le bien commun, de l’autre chacun pour sa gueule (et la loi du plus fort) avec des disparités énormes.


                      • Sylvio (---.---.34.158) 27 janvier 2006 18:27

                        La « concurrence pure et parfaite » : la concurrence de 2 entreprises sur le même marché, dans le même contexte, avec la même fiscalité, les mêmes ressources, les mêmes avantages fiscaux, le même nombre d’employé, etc. Bref en gros c’est tellement subjectif que ça ne veut rien dire : quel facteur inclure pour considéré la concurrence. Ex : comment une entreprise de textile française peut être en concurrence parfaite avec un entreprise chinoise qui a la même fiscalité, le même nombre d’employé, etc... Ce n’est pas « parfait » car les ressources humains sont beaucoup moins « couteuses » en Chine.

                        De plus, avec l’ultra-libéralisme, aujourd’hui la concurrence est au niveau des « hommes », on délocalise, car les travailleurs chinois sont de meilleurs concurrents, le prix de leur main d’oeuvre est moins cher. Au lieu d’avancé ensemble pour faire avancer la civilisation, les hommes en reviennent à la loi du plus fort pour écraser son concurrent.

                        Ce modèle est voué à l’échec. Le libéralisme dont on parle qui est de l’ultra libéralisme « économique » ne vaut pas mieux que le communisme, ce sont dans les 2 cas des extremismes de la politiques sociaux-économiques. D’un coté tout le monde a le même salaire et travail ensemble pour le bien commun, de l’autre chacun pour sa gueule (et la loi du plus fort) avec des disparités énormes.


                      • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 12:52

                        Merci pour cet éclairage. Une remarque, tout de même : l’un des problème vient du fait qu’on parle de science économique...Si l’économie était une science, cela se saurait...et les économistes seraient de meilleur conseil, surtout dans l’évaluation des conséquences des décisions prises. Je regrette l’éopque où l’on parlait d’économie politique. Ce que je dis de l’économie est d’ailleurs vrai pour toutes les disciplines qu’on nomme « sciences humaines ». Cela ne dénigre en rien ceux qui les pratiquent ou les professent. Là encore, la sémantique est révélatrice de bien des choses...


                      • Marc (---.---.245.12) 27 janvier 2006 14:22

                        C’est n’importe quoi, encore un ultra libéral qui veux se faire passer pour un humaniste ! T’es content d’avoir la liberté d’etre licensié du jour au lendemain ?? Les capitalistes j’en ai rien a foutre ils n’ont qu’a se tirer avec leur fric, ils n’apportent rien a la société ! Si nous la gauche on revient au pouvoir en 2007 vous aller en chier tous les bourgeois !


                        • Christophe (---.---.252.125) 27 janvier 2006 20:00

                          Tout d’abord, avant de tenter d’argumenter sur la théorie exposée par « un économiste », je tenais à féliciter l’auteur de l’article ; sachant que nous n’étions pas en accord sur le sujet exposé sur Agoravox qui est cité comme exemple. Cependant, bien qu’il me semble essentiel d’admettre les problèmes sémantiques pour un même terme, je souhaite lever une ambiguité sur le sujet suscité. Au niveau sémantique, il me semble qu’il existe une différence importante entre crimes communistes et crimes commis au nom du communisme.

                          Revenons donc au libéralisme qui est bien cadré dans le sujet d’origine en tant que terme et sémantique associée.

                          Lorsque vous posez la question de savoir pourquoi une telle différence d’interprétation d’un même terme dans des pays différents, je ne peux vous renvoyer qu’aux études anthropologiques dans le domaine précis de l’interprétation des langues dont l’objectif consiste à résoudre le problème de relation entre la langue et la culture.

                          Le rapport qui peut exister entre les catégories culturelles et leurs labels linguistiques est difficile à établir, tant il est difficile de faire la part entre la représentation et le langage qui exprime cette représentation (lire Language, Thought, and Reality : Selected writings of Benjamin Lee Whorf, J. B. Carrol, Ed, MIT Press, 1956 et Selected writings of Edward Sapir in Language, Culture and Personality, D.G. Mandelbaum, Ed, Berkeley : University of California Press, 1963). L’anthropologie a mis en évidence les structures du récit et les relations entre les croyances et les types de symboles usuels d’une culture.

                          Certes, dans un contexte de mondialisation dans lequel il est répété que nous vivons tous dans un monde universel, il est difficile d’admettre que l’universalisme cognitif puisse être remis en cause.

                          Lorsque nous abordons le libéralisme dans une Société, il est difficile de le soustraire au concept d’individualisme ; par la reconnaissance des libertés individuelles qui en découlent. Nous retrouvons cette approche dans les propos d’Amiel (Essais critiques, 1968) : Dans les sociétés civilisées du XIXe siècle, l’extension croissante des droits de la personne humaine et la revendication pour elle d’une indépendance toujours plus entière de ses mouvements, et d’une participation toujours plus complète à tous les biens sociaux est un fait ; cette émancipation raisonnée de l’individu s’appelle l’individualisme. Nous retrouvons le lien entre libéralisme et émancipation dans les carnets de Montherlant : La France par un incoercible libéralisme, donne de l’instruction à ses indigènes, quoique sachant très bien que c’est par cette instruction que les indigènes s’émanciperont d’elles

                          Ce parallèle permet de distinguer les bornes, l’intervevalle admissible du libéralisme au regard de l’individualisme.

                          Au niveau sociologique, nous remarquons que l’étatisme écrase l’individu en otant toute liberté individuelle ; en appliquant des règles, des lois, pour toute chose de la vie. A l’opposé, nous avons l’individualisme absolu, aucune barrière à la liberté individuelle, c’est le principe même de l’anarchie.

                          La doctrine de l’individualisme met l’accent sur le développement des droits et des responsabilités de l’individu, estimant que l’État et les institutions sociales ne sont là que pour le bien des individus (régulation des libertés individuelles) ... en attendant l’âge de raison de la Société ! smiley

                          Ce rôle de l’Etat, dans le libéralisme sociologique, est donc prépondérant. Il évite la dérive anarchique et doit éviter de devenir par trop étatique.

                          Concernant le libéralisme économique, il convient donc d’exposer les limites. Entre un étatisme écrasant et l’anarchie économique, si divergence il y a, elle se situe non pas sur le besoin de l’intervention de l’Etat qui doit, et c’est un de ces devoirs majeurs, protéger les individus qui constituent la Société contre tout débordement du libéralisme ; au même titre que le libéralisme sociologique ; mais quelles sont les limites de l’intervention de l’Etat pour atteindre, ce que Rougier appelait le libéralisme constructeur : Le libéralisme constructeur admet l’ingérence juridique de l’État pour protéger la libre compétition qui seule permet de sélectionner les valeurs (...). Il se refuse à transformer la doctrine (...) du laissez-faire, laisser-passer, essentiellement militante à ses débuts, en une doctrine fataliste de non-résistance aux forces brutales.

                          Or, la problématique ainsi posée, nous pouvons nous poser la question de savoir ce que cherchent réellement les théories économiques. Comme l’écrit « un économiste », et nous retrouvons ces principes dans les théories de Hayek comme de Muller-Armack (économie sociale de marché), l’économie réfute toute intervention de l’Etat.

                          Dans ce contexte là, ces théories économiques prônent, à mon sens, l’anarchie économique. Or, les paramètres majeurs d’une Société sont actuellement les aspects sociologiques et économiques qui tendent à s’équilibrer.

                          Vers quelles sociétés les nouvelles théories du libéralisme économique nous conduiront-elles ?


                          • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 13:00

                            Merci pour ce commentaire. Sur les crimes commis au nom du communisme, je suis d’accord avec vous.Il s’agit même des crimes commis par des régimes dits communistes.Sur l’individualisme, un débat pourrait s’ouvrir. Je préfère la Personne à l’individu. Le Personnalisme à l’humanisme.Une question de phiosophie morale, sans doute et de foi dans l’Homme, peut-être.


                          • Thucydide (---.---.103.87) 28 janvier 2006 03:20

                            Je voudrais obtenir quelques éclaircissements à propos de votre intervention, ô économiste anonyme. On a un peu de mal à interpréter vos modèles. Reprenez-moi si je me trompe, mais vos modèles confirment qu’une dérégulation totale n’est pas forcément ce qui donne les meilleurs résultats. J’aurais envie de dire empiriquement que ça paraît logique, les résultats d’une absence de réglementation pourraient avoir des effets à court terme, mais à moyen ou long terme, se traduire par une rupture qui aboutit à une situation contre-bénéfique (apparition d’un seul acteur dominant, ou de trop peu d’acteurs pour favoriser une réelle concurrence).

                            D’autre part, au sujet de la dérégulation, j’aimerais ajouter que même s’il était avéré que c’était le meilleur facteur de croissance, il y aurait tout de même des objections :

                            1/ Une croissance ininterrompue et incontrôlée peut ne pas être possible indéfiniment. Comme pour des populations animales, cette croissance peut se terminer par un désastre. Dans notre cas, sans parler des désastres boursiers, les désastres écologiques sont là pour nous inciter à modérer notre croissance. 2/ Une croissance qui se fait au détriment du bien-être des individus n’a aucun sens, puisque c’est ce bien-être qui est primordial, pas la fuite en avant.

                            Le problème de la mondialisation, à mon avis, est que les acteurs principaux de cette croissance n’acceptent pas pour le moment le bien-fondé de ces arguments. Ils me paraissent toutefois constituer deux bonnes raisons pour garder le processus sous contrôle -ce qui veut dire, bien sûr, ne pas non plus le tuer à la mode collectiviste.

                            Un dernier point : si j’interprète vos modèles, économiquement, il est impossible de plaire à quelqu’un sans déplaire à un autre. Doit-on interpréter ça comme « il est impossible d’habiller Paul sans déshabiller Pierre », ou plutôt, comme je le suppose : même lorsque le niveau de vie augmente pour tous (en moyenne), les disparités d’augmentation créent des insatisfactions ?


                            • Jean Ploi (---.---.222.126) 28 janvier 2006 20:54

                              La question est en effet très intéressante, mais pour y répondre il n’est peut-être pas nécessaire de remonter aux pères fondateurs du libéralisme philosophique. Pourquoi, ici (en France) et maintenant (au début du 21ème siècle) le libéralisme ne suscite-t-il pas l’enthousiasme ? Peut-être tout simplement parce que les réformes qui sont faites en son nom dégradent la situation d’une majorité de la population...


                              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 29 janvier 2006 10:09

                                Il me paraît nécessaire de tenter d’expliquer en quoi la mondialisation actuelle de l’économie est la cause de la perversion du libéralisme en son contraire : l’ultra libéralisme, authentique despotisme du capital sur le travail. Les causes me paraissent multiples et tiennent moins à la nuisance intrinsèque du capitalisme qu’à son évolution dans un contexte de crise du pouvoir de la régulation de l’économie sociale de marché par les états.

                                Plusieurs facteurs se rencontrent pour faire de cette crise une crise difficile à surmonter dans les états européens de tradition social-nationale.

                                Le premier facteur est la mondialisation de l’économie financière et actionnariale rendue incontrôlable par l’effet de la virtualisation des échanges monétaires et boursiers mondiaux et l’existence de banques (et de pays) off-shore défiscalisées dont les opérations sont totalement opaques.

                                Le second est la segmentation, rendu possible par le premier de la chaîne de valeur qui permet d’optimiser la productivité et la réduction des coûts sur l’ensemble de la planète (délocalisation) faussant du processus de retour sur investissement un processus sans frontière.

                                Le troisième rendu possible par les deux premiers est le pouvoir sans limite sur l’appareil de production et d’échange des investisseurs institutionnels mis en concurrence entre eux et visant un taux de profit à très court terme (3mois en général, le plus élevé possible (15/20%), sans souci de développement à long terme des entreprises et sans responsabilité sociale vis-à-vis des salariés (ex : fonds de pensions), au détriment donc des salariés menacés en permanence de délocalisation, dans les pays les plus développés sur le plan social (aux coûts de production les plus élevés)

                                Le quatrième tient au fait irréversible de l’impossibilité des états nationaux d’intervenir sur un plan local sur ce capitalisme mondial et à l’absence de régulation adaptée sur le plan international et/ou européen à cette nouvelle donne du capitalisme.

                                Le cinquième est le maintien des acquis sociaux adaptés à d’une période antérieure du capitalisme (national) qui fige la situation des travailleurs stables aux dépens des travailleurs précaires en particulier les jeunes. Cette absence de flexibilité du marché de l’emploi fait que les entreprises refusent d’embaucher par peur de ne pouvoir licencier en cas de « retournement » du marché. Enfin le dernier facteur tient au fait que la mondialisation profite aux consommateurs en permettant de réduire les prix et à améliorer la qualité des produits. Ce qui crée un conflit d’intérêts en chaque salarié entre son statut de salarié et celui de consommateur. (voir le succès formidable de certaines entreprises de diffusion de produits textiles telles « Vet-Affaires » ou celles d’électroniques et informatiques)

                                Que faire alors ?

                                S’il est impossible de revenir à un modèle économique national-étatiste et protectionniste qui nous précipiterait dans la débâcle économique et sociale en quelques jours, sinon quelques heures ; ce qu’ont très bien compris les gouvernements sociaux-démocrates dans les pays d’Amérique latine ; la première chose à faire est de mener une politique active d’innovation, ce qui implique des investissement publics européens dans la recherche, le développement et la formation et donc une harmonisation fiscale européenne.

                                La deuxième chose est de développer les entreprises de services, en particulier aux personnes.

                                Enfin, à l’échelon européen, mettre en oeuvre, selon un modèle Nord européen dit social-libéral, une politique de soutien active non aux emplois existants (et menacés) mais aux personnes pour qu’elles soient en position de s’adapter à de nouveaux emplois plus en phase avec les besoins très spécialisés de l’économie de demain. Mais il va de soi qu’une régulation progressive mondiale dans le sens de l’élimination des banques off-shore et d’une réduction du dumping social est indispensable (ex : lutte contre l’esclavage et le travail des enfants, exigences sociales minimales imposées aux échanges économiques selon les règles du BIT).

                                Il n’ y a donc aujourd’hui d’autre choix qu’entre un capitalisme sauvage et monopoliste donc anti-libéral et une nouvelle régulation du capitalisme concurrentiel (ce qui implique le lutte contre le dumping social) à inventer sur le plan mondial et européen.

                                Les origines de la pensée libérale

                                Le rasoir philosophique


                                • Sylvain Reboul (---.---.188.149) 29 janvier 2006 13:31

                                  Le second est la segmentation, rendu possible par le premier de la chaîne de valeur qui permet d’optimiser la productivité et la réduction des coûts sur l’ensemble de la planète (délocalisation) faussant du processus de retour sur investissement un processus sans frontière.

                                  Aulieu de faussant, il faut lire faisant du


                                • dmx (---.---.8.124) 30 janvier 2006 14:28

                                  Bien que je ne conteste pas votre analyse sur le fond, je suis gêné par le fait qu’elle se base sur des critères purement économiques sans tenir compte du facteur humain et de la responsabilité des individus dans les systèmes.

                                  Les systèmes peuvent corrompre les individus mais les individus peuvent aussi utiliser un système à leurs propres fins et finissent par le corrompre, c’est à dire le détourner de l’objectif pour lequel il a été conçu.

                                  Exemple :

                                  Le premier facteur est la mondialisation de l’économie financière et actionnariale rendue incontrôlable par l’effet de la virtualisation des échanges monétaires et boursiers mondiaux et l’existence de banques (et de pays) off-shore défiscalisées dont les opérations sont totalement opaques.

                                  Ce système n’est pas sorti de nulle part. Il a été créer pour financer des opérations secrètes des États pour mener leur politique étrangère en contournant leurs propres lois. Il a ensuite été exploité par ses acteurs pour leurs propres profits. Il est très peu combattu car les États en ont besoin pour continuer « leurs magouilles », bien qu’ils sachent qu’il est notoirement corrompu.

                                  Le second est la segmentation, rendu possible par le premier de la chaîne de valeur qui permet d’optimiser la productivité et la réduction des coûts sur l’ensemble de la planète (délocalisation) faussant du processus de retour sur investissement un processus sans frontière.

                                  Ce système, c’est la délocalisation du travail rendu possible par le coup faible des transports et l’exploitation voir l’esclavage des pauvres. Lors du commerce triangulaire, on délocalisait les travailleurs, aujourd’hui on peut délocaliser la production des biens, mais c’est le même principe : le colonialisme et l’esclavage. Vous me trouvez radical : que pensez-vous de la situation de l’Afrique et son cauchemar Darwinien. Plus cynique encore, les chaines françaises nous montrant les esclaves indiens démantelant des navires dans des conditions moyenâgeuses et nous annoçant fièrement que le Clemenceau allait y être détruit parce que ça coûte moins cher là-bas.

                                  Le troisième rendu possible par les deux premiers est le pouvoir sans limite sur l’appareil de production et d’échange des investisseurs institutionnels mis en concurrence entre eux et visant un taux de profit à très court terme (3mois en général, le plus élevé possible (15/20%), sans souci de développement à long terme.

                                  Le capitalisme prédateur que vous décrivez n’est que l’aboutissement de l’exploitation impériale des pauvres au profit des riches. Les ouvriers deviennent des consommateurs, puis des pauvres, ce qui justifie leur exploitation : c’est le modèle Wal-Mart.

                                  Le quatrième tient au fait irréversible de l’impossibilité des États nationaux d’intervenir sur un plan local sur ce capitalisme mondial et à l’absence de régulation adaptée sur le plan international et/ou européen à cette nouvelle donne du capitalisme.

                                  Pour que l’État ait envie d’intervenir, il faudrait que ses acteurs (hauts fonctionnaires, politiques, bref l’élite dirigeante) se sentent menacée par le capitalisme prédateur. Ce qui n’est pas le cas : ils y participent et en tirent des profits personnels. L’Etat ne protège plus le peuple mais sert ses acteurs les plus influents : c’est évident aux USA, ça commence à transparaître en Europe.

                                  Que faire alors ?

                                  S’il est impossible de revenir à un modèle économique national-étatiste et protectionniste qui nous précipiterait dans la débâcle économique et sociale en quelques jours, sinon quelques heures ; ce qu’ont très bien compris les gouvernements sociaux-démocrates dans les pays d’Amérique latine ; la première chose à faire est de mener une politique active d’innovation, ce qui implique des investissement publics européens dans la recherche, le développement et la formation et donc une harmonisation fiscale européenne.

                                  Par contre là, je ne suis absolument pas d’accord. En effet, vous semblez considérer que la mondialisation est un modèle inévitable. Moi je pense qu’il serait préférable de tout faire pour l’éviter car ce N’EST PAS UN MODÈLE DURABLE : il consomme beaucoup trop de ressources, d’énergie en particulier. Avec l’augmentation inéluctable du coût des transports due à l’arrivée du Peak Oil, les échanges devront se relocaliser et le travail aussi.

                                  Le Peak Oil, c’est la MORT DE LA MONDIALISATION

                                  Les économistes de la terre plate peuvent continuer à nier tant qu’ils veulent la prochaine contraction de l’énergie disponible et la dépression qui s’en suivra nécessairement. Le dénis de la réalité ne suffira pas à remplacer le pétrole et le rôle qu’il joue au niveau global.

                                  Les phénomènes qui se déroulent aujourd’hui sous nos yeux (capitalisme prédateur des élites et effondrement de la puissance américaine, crise de confiance dans les élites françaises et européenes) étaient décrits de manière assez précise dans « Après l’empire » de E. Todd, qui se base sur des analyses sociologiques.


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 janvier 2006 20:04

                                  Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                  Pourquoi ?

                                  Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                  On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                  Ceci dit seule une plus grande intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                  Les conséquences du non au référendum


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 janvier 2006 20:05

                                  Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                  Pourquoi ?

                                  Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                  On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                  Ceci dit seule une plus grande intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                  Les conséquences du non au référendum


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 31 janvier 2006 07:47

                                  Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                  Pourquoi ?

                                  Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                  On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                  Ceci dit seule une plus intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                  Les origines de la pensée libérale


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 31 janvier 2006 07:49

                                  Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                  Pourquoi ?

                                  Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                  On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                  Ceci dit seule une plus intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                  Les origines de la pensée libérale


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 31 janvier 2006 14:05

                                  Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                  Pourquoi ?

                                  Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                  On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                  Ceci dit seule une plus intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                  Les conséquences du non au référendum


                                • Christian Lippi (---.---.180.180) 29 janvier 2006 13:12

                                  Des revues et de nombreux auteurs sont au travail pour redonner son vrai sens au vocable « libéral ». Les Revues « Commentaire », « Débats », « Esprit », « Le Banquet » Des auteurs comme Raymond Boudon, Rozanvallon - La république des Idées -, Emmanuel Le Roy Ladurie, Baverez, etc... N’hésitons pas à les citer ! Tocqueville, le penseur de la Démocratie qui, écrivait-il, n’avait « ni parti, ni tradition, ni cause si ce n’est celle de la liberté et de la dignité humaine »


                                  • Daniel RIOT Daniel RIOT 29 janvier 2006 13:18

                                    Tant mieux et merci de le souligner. je peux aussi ajouter le réseau RELATIO dont la revue mensuelle doit paraître le 1er mai prochain et qui dispose déja de plusieurs sites et blogs : http://relatio.blogspirit.com et EUROPEUS http://www.europeus.org.


                                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 31 janvier 2006 21:59

                                    Nous sommes d’accord sur l’analyse de l’évolution du capitalisme mais pas sur les moyens de la réguler ; ce désaccord vient de ce vous pensez pouvoir renationaliser des entreprises qui sont devenues mondiales et dont les propriétaires sont partout dans le monde ; ce qui est rigoureusement impossible, même si vous (par)veniez au pouvoir.

                                    Pourquoi ?

                                    Parce que vous n’avez pas les capitaux disponibles pour cela et que si vous mettiez la main dessus sans aucune légitimité internationale, le pays serait écarté du marché mondial et acculé à la ruine ; plus d’investissement plus d’emplois et vous seriez chassé du pouvoir dans les 3 mois par des mouvements sociaux irresistibles ; c’est très exactement ce qu’ont compris Lulla au Brésil et même Chavez au Vénézuela qui cause beaucoup mais qui continue à faire des affaires juteuses pour les deux parties avec les pétroliers mondiaux et je ne le critiquerais sur ce point.

                                    On ne fait pas de politique en révant d’un passé disparu et que nul ne peut ressusciter. Si ce n’est en imaginant dans l’opposition disposer d’un pouvoir absolu sur le réel.

                                    Ceci dit seule une plus intégration politique européenne que certains ont mis à mal, en la refusant avec les meilleures intentions dont est pavé l’enfer, pourraient nous donner quelque moyens d’action pour régulariser l’évolution en cours.

                                    les conséquences du non au référendum

                                    Le rasoir philosophique


                                  • Christian Lippi (---.---.180.180) 29 janvier 2006 13:21

                                    N’oublions pas bien sûr Pierre Manent : « Les lébéraux » (Gallimard) et « Histoire intellectuelle du libéralisme » chez Calmann-Lévy !


                                    • Renaud Bouchard (---.---.42.5) 2 octobre 2006 10:33

                                      A propos de votre excellent article intitulé : « pourquoi l’aversion d’une majorité, dans l’opinion, pour le mot Libéral ? » .

                                      La réponse est double : inculture et confusion des sentiments. Veuillez trouver ci-après deux notes qui corroborent votre analyse :

                                      - La première, un paragraphe tiré d’un essai rédigé par Claudio Magris, Trois Orients, récits de voyages , Rivages Poche : Petite Bibliothèque : p. 24 . Voici ce qu’il écrit : « L’actuel anarcho-libéralisme fondamentaliste et ultra - qui aujourd’hui empoisonne la société occidentale avec son irrationalité factieuse et bafoue la pensée libérale en la prenant pour une licence chaotique et une jungle sauvage - fomente la violence parcequ’il mine les règles par lesquelles la civilisation les tient en respect. »

                                      - La deuxième, qui est une dépêche reprise par Reuters et intitulée : « Patrick Artus veut un débat sur »les vrais sujets« pour 2007 », en date du 22 septembre 2006 et sous la plume d’Emmanuel Jarry que je cite in extenso.

                                      PARIS (Reuters) - La fiscalité, les obstacles à l’innovation, la stratégie face à l’appétit d’investissements des pays émergents et la santé devraient être au coeur du débat économique lors de la campagne présidentielle de 2007, estime le chef économiste d’Ixis CIB dans une interview à Reuters. Patrick Artus déplore la faiblesse de ce débat, à moins de huit mois de l’échéance. Il reproche notamment aux candidats potentiels ou déclarés de ne pas hiérarchiser les priorités et de « monter en épingle des sujets mineurs ». « Ils considèrent que parler d’économie ce n’est qu’un truc à prendre des claques », dit-il. « Il est plus facile de dire qu’on va reconduire à la frontière les clandestins ou supprimer les stock-options des grands patrons. Ce n’est pas en réformant le système de retraite de la RATP qu’on va sauver le pays. » « La priorité, c’est de voir que l’on continue à perdre des parts de marché, qu’on n’exporte pratiquement rien qui ait du contenu technologique si on enlève les Airbus, que les emplois que nous créons sont essentiellement des emplois précaires, que l’université fabrique deux-tiers de gens qui ne finissent jamais le premier cycle, etc. » Lever les obstacles à l’innovation doit être un thème au coeur des propositions des candidats, estime Patrick Artus, qui déplore que les gains de productivité en France, évalués à 1% en moyenne par an, soient « tout à fait misérables ». « Il y a un déficit d’innovation, de recherche. On a trois fois moins de chercheurs en entreprise en France qu’en Allemagne ou en Suède. Les entreprises françaises font 10% de leurs investissements en nouvelles technologies, les américaines ou les suédoises 40% », explique-t-il. Le directeur des études économiques et de la recherche à Ixis-CIB appelle également de ses voeux une « vraie réflexion » sur la fiscalité. « Le jour où les Allemands auront amené leur taux d’imposition sur les sociétés à 20% et que L’Oréal, Lafarge et Saint-Gobain installeront leur siège social à Francfort, il faudra bien faire quelque chose », souligne-t-il. Pour Patrick Artus, l’argument du « patriotisme économique », brandi dès qu’un groupe étranger envisage l’acquisition d’une grande société française ou européenne, est une « clownerie » - « On a sauvé Danone et on va laisser filer EADS ! » UNE « AVALANCHE » D’OPA Il prédit une « avalanche » d’opérations de ce type dans les années à venir, quand les milliers de milliards de dollars d’épargne accumulés en Asie se transformeront en investissement. « On va voir des sociétés russes, chinoises, indiennes, souvent soutenues par des capitaux publics, se proposer d’acheter à peu près tout ce qu’il est intéressant d’acheter sur les marchés financiers », explique-t-il. « Qui, à droite ou à gauche, nourrit une réflexion sur cette question ? » Patrick Artus souhaite une « vraie réflexion stratégique » sur ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas, car « le matin où on apprendra qu’il y a un Russe qui est en train d’acheter une entreprise clinquante du CAC 40, il faudra dire que nous avons une doctrine, c’est oui ou c’est non. » « De toute façon », souligne-t-il, « on ne pourra pas tout faire. Nous n’avons pas d’investisseurs en actions. Eux ne savent pas quoi faire de leur argent et ils ne vont pas le prêter à 4% aux Trésors européens jusqu’à la fin des temps ; ils vont venir acheter nos entreprises et nous ne pourrons en sauver qu’une toute petite partie. » « Donc il faut vraiment savoir ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas », ajoute-t-il. « Est-ce qu’il est stratégique de fabriquer soi-même ses avions de transport ? Pas sûr. L’énergie est peut-être beaucoup plus stratégique. » De même, souhaite-t-il voir posée la question du passage d’une logique de rationnement des dépenses de santé à une logique de libre progression de ces dépenses, qui imposerait leur « privatisation » partielle mais contribuerait à augmenter la croissance potentielle de l’économie. « Est-ce qu’on continue à dérationner clandestinement les médicaments pour bricoler ou est-ce qu’on a une vraie réflexion sur le vieillissement et la santé ? » demande-t-il. Autre sujet à ses yeux prioritaire : la politique de redistribution de revenus face aux inégalités créées par la mondialisation. « Dans ce pays, jusqu’à présent, l’instrument de la redistribution c’est le smic, qui a d’énormes inconvénients », explique Patrick Artus, qui prône le recours à l’impôt négatif plutôt qu’à des hausses successives du salaire minimum.

                                      Renaud Bouchard

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