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Pourquoi la réforme du système de la retraite en France est injuste et inégale ?

DES INEGALITES DE NAISSANCE A L’ECHEC DE L’ECOLE
 
La retraite pour de nombreuses personnes constitue ce qu’on appelle la dernière étape de la vie, après des années d’étude et celles consacrées au travail. Il est certain que la première étape, quoi que l’on dise et quoi que l’on fasse est semée de tant d’injustices. Un enfant issu d’une famille pauvre, dans tous les sens du mot, n’aura jamais le même parcours scolaire et universitaire par rapport à celui issu d’une famille aisée. L’enfant issu d’un milieu défavorable est de ce fait même défavorisé tout le long du processus.
 
Chaque année, des milliers des jeunes ratent des formations d’études faute de trouver une entreprise pour effectuer un simple stage. Ils sont victimes du déficit relationnel de leurs parents. Le manque de relations utiles dans ce cas, doit être interprété comme un indice de la pauvreté. Toutes ces difficultés et beaucoup d’autres rendent la situation des enfants dont les parents sont pauvres très particulière.
 
Seulement 30% parmi eux arrivent à l’université en France. Les 70% autres, ont décroché avant leur 16ème anniversaire soit à cause du système scolaire inadapté, très inadapté dans certains cas, soit à cause des cités difficiles dans lesquelles ils sont enfermés et où aucune perspective n’est envisageable. 50% parmi ces jeunes ne seront jamais salariés de façon formelle. Ils plongeront dans l’économie illégale. Pour le reste, sans formation ni diplôme, ils seront candidats dans des agences d’intérims où ils effectueront et enchaîneront des petits boulots avec leurs lots de pénibilités.
 
Pour les 30% qui, malgré tout, arrivent à l’université, 65% parmi eux y sortiront sans un diplôme universitaire soit à cause du mauvais choix des filières sans débouchés, soit à cause des toutes les formes de discriminations. Enfin, seuls 25% parmi les 30% (qui arrivent à l’université) des jeunes issus des milieux défavorisés sortiront de l’université avec un ou des diplômes universitaires, soit entre 6 et 7 alors que la moyenne nationale est de 45%. Par ailleurs, malgré leurs diplômes, ces jeunes sont rattrapés par le déficit relationnel, ce qui retardera de 2 à 5 ans leur accès dans le monde du travail.
 
Il ressort que pour des multiples raisons, les enfants des familles pauvres n’ont pas les mêmes chances de réussite que leurs collègues qui ont eu des parents non pauvres. Ceci confirme ce que l’on sait déjà, la pauvreté engendre la pauvreté. Ces nombreux jeunes dans beaucoup des cas héritent de la pauvreté de leurs parents et ce malgré le fait que ces enfants ont été scolarisé en France. C’est dans ces conditions que l’école est condamnable ; car dans sa mission républicaine, elle devait réduire les inégalités de naissances et donner à chacun l’opportunité d’avoir les chances d’accès à l’emploi. De ce fait, l’école a échoué. Elle élimine, de façon certes indirecte, dans une grande mesure les candidats, qui au départ n’avaient pas beaucoup de chances de réussite du fait des handicapes sociaux de leurs parents. Par contre, elle est un canal de réussite pour tous les jeunes dont les chances de réussites étaient presque assurées du fait de leurs parents.
 
DES INEGALITES PROFESSIONNELLES
 
Il en résulte deux situations qui deviennent plus que tolérables tellement qu’elles se généralisent et se confirment en s’accentuant. Les enfants des pauvres du fait de multiples discriminations et exclusions sociales, scolaires et aussi du fait de l’auto exclusion formeront la classe des marginaux pour ceux qui n’auront pas eu l’opportunité de se ressaisir. Pour le reste, ils seront confinés dans des secteurs professionnels faits de bas salaires et des métiers pénibles. Dans cette situation, ils n’auront pas beaucoup d’alternatives pour l’avenir de leurs propres enfants qui dans la majorité des cas ne feront pas mieux que leurs parents du fait de la contamination du phénomène de la pauvreté.
 
La reproduction des pauvres par le biais social et professionnel devient un élément qui confirme que l’on continue à naître pauvre en France en plein XXI ème siècle. Cet aspect peut choquer, et pourtant, c’est une constatation qui remet en cause toutes les théories du modèle social français fondé sur l’égalité et la fraternité.
 
Que nous disent les statistiques ? Près de 80% des salariés moins bien payés sont des immigrés, en plus, ils travaillent dans l’ensemble dans des secteurs moins aisés quand ils ne sont pas au chômage.
 
Je considère de ce fait que l’image de la pauvreté en France, est une image d’immigré, tous les immigrés confondus (qu’il s’agisse des ressortissants de l’Europe centrale et de l’Est, de l’Amérique du sud, de l’Asie, de l’Afrique subsaharienne ou de l’Afrique du nord).
 
Toutefois, en raison des certaines pratiques, encore présentent, liées à la couleur de peau, les immigrés originaires d’Afrique "noire" sont plus exposés à la pauvreté par rapport à bien d’autres communautés. Ceci se confirme dans les actes de tous les jours (recherches de logements, recherches d’emplois...). Ignorer cette réalité, c’est faire preuve de mauvaise foi.
 
C’est dans cette inégalité professionnelle qu’il faille chercher l’origine des échecs scolaires des enfants d’immigrés. Les échecs scolaires ne sont nullement liés aux facteurs culturels (donc naturels) d’une communauté comme le pense le devenu célèbre Hugues Lagrange (Lire l’article Culture et violence) qui voit la polygamie dans tous les ménages africains vivant en France. Ces préjugés raciaux qui font bonne presse ont pour objectif d’expliquer et de nous faire croire que les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont prédestinés à être pauvres.
 
Admettre un tel scandale, cautionné par certains scientifiques et journalistes c’est omettre la spoliation et l’expropriation dont des milliers africains sont victimes et ce du XIV ème siècle jusqu’à nos jours. Cette malhonnêteté scientifique cache un problème de fond que la France de Chirac et celle de Sarkozy ont échoué de résoudre : la fracture sociale.
 
Ces inégalités professionnelles se traduisent par une constitution ou un renforcement des classes sociales entre les pauvres d’un côté, qui doivent travailler encore plus longtemps et les riches dont Sarkozy se fait le défenseur d’intérêts.
 
Dans ce cas, la France d’en bas crie au scandale et réclame plus de justice et d’égalité. Car, pour l’essentiel, c’est aux pauvres, déjà appauvris par le poids de la vie, de financer la retraite.
 
DES INEGALITES DES VIES
 
Qu’en est-il exactement ? De nos jours, l’écart est déjà très important entre l’espérance de vie des ouvriers (pour la plus part pauvres, pour la plus part immigrés) et celle des non pauvres (pour la plus part cadres, plus la plus part non immigrés (je ne parle pas des Français, car beaucoup d’immigrés sont des Français) ; par ailleurs, je déteste employer le terme de non immigrés (dans mes autres articles, j’ai démonté ce terme)).
 
Pour tout dire, de façon globale, les pauvres quand ils sont encore en vie vivent en moyenne sept ans après la retraite. Pour les cadres, ils vivent en moyenne 14 ans après la retraite. Cette inégalité de vie due elle même à l’égalité professionnelle est criante.
 
Toutefois, tous les 5 ans, les non pauvres gagnent un an de vie supplémentaire pendant que les pauvres ne gagnent que 6 mois pour la même période. Ce qui inquiète les riches, c’est donc de constater que les pauvres, non seulement, ils ne cotissent pas assez, mais encore, ils ont quelques chance de voir leur vie se prolonger du fait de plusieurs luttes qui ont permis l’amélioration des conditions de travail, la réduction du temps de travail, les congés payés...Ce que l’on nomme les acquis sociaux.
 
Il faut avouer que dans beaucoup des cas, le travail est devenu plus humain, plus supportable. Le travail conçu comme aliénation de l’homme est entrain de disparaître ou à disparu en France. C’est tous ces acquis sociaux que les capitalistes par l’entremise de Sarkozy veulent remettre au cause : que la condition du travail redevienne avilissante. Travailler jusqu’à en mourir ou mourir juste après la retraite, une sorte d’euthanasie sociale.
 
En effet, en travaillant deux ans de plus, les effets évidents sont perceptibles. Du fait de la pénibilité, du stress engendré par l’idée de travailler deux ans de plus, et de la fatigue générale (physique et psychologique) l’espérance de vie des pauvres et des immigrés va connaître une rechute. Pour certains spécialistes, les pauvres vivront à peine entre 3 ans et 4 ans après leur retraite contre 7 ans aujourd’hui. Il se trouve que ces décès accélérés des nombreux pauvres sont autant d’économie sur laquelle mise le gouvernement du fait de non payement de retraites à ces malheureuses victimes. Ce qui bien sûr est évident.
 
Bâtir une stratégie d’économie qui se repose sur l’accélération des cas des décès des pauvres et des immigrés devient inhumain, injuste et immoral. Ils se moquent des pauvres ce gouvernement qui prend le pauvre pour un poids auquel il faut s’en débarrasser après l’avoir "tuer à petit feu".
 
Des pauvres comptent-ils pour les capitalistes ? Oui tant qu’ils peuvent travailler, mais pas après.
 
Travailler deux ans de plus, c’est-à-dire jusqu’à 67 ans est réellement possible ?
 
Déjà, des milliers d’immigrés ne sont pas venus en France pour s’y établir à vie, mais au contraire y travailler et rentrer chez eux. Prolonger l’âge du départ à la retraite, c’est les retenir en France contre leur gré. Les épuiser.
 
Un autre fait qui n’est pas négligeable. Beaucoup d’immigrés sont arrivés en France à l’âge adulte, entre 25 et 45 ans. Ajouté à cela les années passées sans autorisation de travail estimées entre et 5 et 10 ans selon les cas. Dans ces conditions, ils sont nombreux qui rentreront chez eux sans avoir cotisé dans la limite du possible. Le gouvernement le sait, il y a des économies à réaliser sur le dos de tous les partants ; Car, pour ceux-là qui partent, ils perdent toute possibilité de revendiquer leurs cotisations durant le séjours en France. Sans oublier, tous les cas des doubles ou triples cotisants du fait du confiage des papiers.
 
En définitive, il est évident que la reforme des retraites sous sa forme actuelle est une réforme des riches contre les pauvres, une reforme qui va accentuer les inégalités scolaires, professionnelles et les inégalités de vie. Or quand je parle des pauvres, c’est à ces millions d’immigrés que je pense, ceux que les capitalistes et Sarkozy vont détruire en les faisant payer le prix de leur espérance de vie. Le tort pour des nombreux pauvres, c’est l’augmentation de leur espérance de vie qui choque ceux qui sont propriétaires des entreprises et des machines. Pauvres de tous les pays unissez-vous.

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4 réactions à cet article    


  • insomnia insomnia 30 novembre 2010 19:46

    @Brice,

    En accord avec vous : Unissons-nous avant que le rouleau compresseur nous anéantisse.
    Cordialement ;

    Sonia


    • titi 1er décembre 2010 00:42

      Je rebondis sur cela :

      « Chaque année, des milliers des jeunes ratent des formations d’études faute de trouver une entreprise pour effectuer un simple stage. Ils sont victimes du déficit relationnel de leurs parents. Le manque de relations utiles dans ce cas, doit être interprété comme un indice de la pauvreté »
      Faudrait pas non plus mettre le dos de l’absence/présence d’un stage sur la capacité de papa maman a faire jouer le piston.
      Quand on appelle pour un stage/emploi et qu’on oublie les formules de politesse les plus basiques, c’est pas la faute à papa maman (quoi que...)
      Quand on vient pour un stage/emploi et qu’on est habillé en rappeur gangsta, c’est pas la faute à papa maman.


      Tout n’est pas la faute de la société..


      • loco 1er décembre 2010 02:30

         Bonsoir,

         Il faut arrêter avec les âneries de l’égalité des chances. C’est de la merde ce truc : que certains, pas tous, puisque la pyramide des salaires est, justement, une pyramide, parviennent à obtenir des salaires confortables, cela ne nous regarde pas, on s’en fout ! Ce que nous voulons, pour nos enfants, tous nos enfants, c’est que même les moins doués d’entre eux, même ceux que l’eugénisme refuserait, puissent vivre dignement. C’est de justice sociale que nous avons besoin et pas de votre « égalité des chances ».... de quelles chances, au fait ? De la chance de devenir un bankster, un « négrier » quelconque, un promoteur véreux, un affairiste sordide, un ministre plus ou moins renégat, un porteur de rolex plus ou moins quinquagénaire.. ? Non, merci !


        • Brice MATINGOUT 2 décembre 2010 11:46

           Il n’est pas question de fustiger l’inégalité des conditions devant lesquelles nous ne pouvons que nous incliner. Il s’agit de défendre l’égalité en droit qui elle même n’est pas contraire à l’égalité des chances. Que tous les citoyens, quelle que soit leur condition de naissance, aient le droit de rêver mais aussi l’opportunité d’accéder aux portes qui rendent les rêves réalisables. 

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