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Pourquoi les hommes s’en tirent-ils nettement mieux que les femmes ?

Au rythme où vont les choses, les hommes vont vaincre l’extrême pauvreté. Qui sait même s’ils n’y parviendront pas en 2015, atteignant ainsi le but que se sont fixé les pays membres des Nations Unies en 2000. Au rythme où vont les choses, les femmes vont mettre des années-lumière à les rejoindre. Pourquoi donc sont-elles si défavorisées ? Parce qu’elles sont victimes de discrimination, répond dans son rapport annuel le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Une discrimination qui se manifeste même là où pourtant on ne l’attend pas.

Le rapport cite Wangari Maathai, première femme africaine à recevoir, en 2004, le Prix Nobel de la paix : « un moment arrive où l’humanité est appelée à accéder à un niveau de conscience supérieur, à atteindre une moralité plus élevée. Ce moment est aujourd’hui... Il ne peut y avoir de paix sans développement équitable ».

Nous appelons ce moment de tous nos voeux, mais comment y parvenir ?

Par l’éducation des filles, par l’amélioration de la santé des femmes lors de la procréation, par la participation accrue des femmes aux activités politiques, et par l’exercice plus strict des responsabilités en matière d’égalité des sexes, répondent les auteurs du rapport.

Le parcours de Wangari Maathai est exemplaire à cet égard. Née dans une famille de fermiers pratiquant une agriculture de subsistance, elle a eu la chance d’avoir des parents progressistes, et de pouvoir ainsi fréquenter l’école, contrairement à plusieurs de ses petites amies.

À force de persévérance, elle obtiendra un doctorat, deviendra professeure, puis dirigera un département (à l’Université de Nairobi).

Son parcours se serait arrêté là qu’il serait déjà remarquable. Mais Wangari Maathai voulait rien de moins que changer le monde. Elle a lutté tant pour le respect de l’environnement - fondant le Green Belt Movement, plus grand projet de reboisement d’Afrique - que pour les droits de la femme.

Maathai a aussi participé activement aux activités politiques de son pays, étant plusieurs fois emprisonnée. Encore là, à force de persévérance, elle a accédé au pouvoir, devenant en 2003 ministre-adjoint à l’environnement, aux ressources naturelles et à la faune sauvage.

Les voies du changement sont impénétrables

À mesure que je lisais le rapport, je me demandais qui l’on cherchait à convaincre, et de quoi. Puis j’ai compris, en tombant sur ce qui suit :

de bonnes données sont indispensables pour affecter de manière efficace les ressources, par exemple en calculant les indicateurs de pauvreté selon le sexe plutôt qu’uniquement en fonction du revenu total du ménage, comme c’est actuellement le cas.

Le niveau de conscience supérieur de la discrimination dont sont victimes les femmes n’est pas atteint au sein même de l’appareil de l’ONU : le est surtout affaire d’homme.

L’économiste Fabienne Beauzile l’avait bien compris :

Les politiques actuelles tendent à isoler les femmes par rapport au projet global de développement. Elles ne constituent un centre d’attention qu’en tant que mères ou épouses et ne font l’objet que de mesures d’ordre sanitaire ou social.

F. Beauzile. La sexospécificité dans la dynamique de développement. Page 2.

Pour elle, le développement est porteur d’un accroissement des inégalités : « Quand la possession d’argent devient un critère de distinction sociale, la dépendance des femmes par rapport à leur mari, seul gestionnaire des ressources monétaires de la famille, se consolide. »

De fait lorsqu’un pays se développe, les femmes ne parviennent pas à accumuler des richesses, alors qu’au contraire, pour l’homme, il n’y a pas de contradiction entre sa position sociale et la logique économique de l’accumulation.

Bref, « en matière de redéfinition du statut social [des femmes], les politiques de développement habituelles sont inefficaces. »

Nulle part dans le monde, selon l’indicateur sexospécifique du développement humain (ISDH), les femmes ne bénéficient autant que les hommes de la croissance.

Dans les pays à moyen et faible revenus cependant, l’exclusion des femmes des processus de développement les rend particulièrement fragiles à tout recul de la croissance.

Pour paraphraser Wangari Maathai, un moment arrive où tout l’appareil de l’ONU est appelé à accéder à un niveau de conscience supérieur, à atteindre une moralité plus élevée. Ce moment est aujourd’hui...


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1 réactions à cet article    


  • Roberto (---.---.2.130) 17 octobre 2005 15:31

    Merci pour l’état d’esprit de votre texte.

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